La saison des semis et des ‘tites tabarnouches de mouches des semis

Yééé! C’est la saison des semis. Mais… c’est aussi celle des mouches des semis pourtant bien optionnelle.

À mon grand désarroi, le sac de terrain que je me suis acheté à grand frais (car spécifiquement pour semis) contenait plus que du bonbon, elle était « infestée » de sciarides, ou mouche des semis. Pas impressionné je suis.

C’est un petit insecte plutôt inoffensif d’ordinaire, puisque les larves mangent habituellement des détritus sauf que faute de nourriture, c’est les semis qui y passent.

Je voulais donc une solution bio contre ce fléau des semis, plutôt que d’utiliser de l’insecticide.

Les solutions toruvées, donc:

1- L’insecte a besoin d’un milieu humide: suffit alors de laisser sécher en surface
2-Apparemment que le moucheron et sa larve n’affectionnent pas trop la cannelle.

J’ai donc enfin trouvé un usage à ma vieille cannelle défraîchie…

Autre référence: https://jardinierparesseux.com/2018/01/11/controlez-les-mouches-du-terreau-sciarides/

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Une bonne vieille presse à jus

En attendant le printemps, quoi de mieux que de s’amuser à faire un peu de cidre avec les pommes de fin de saison.

Je me suis un peu – probablement – laissé influencé par ma visite au Mondial des cidres de la fin de semaine dernière, à Montréal. Merci encore à la cidrerie le Somnambule pour les billets!

J’avais prévu me bricoler une presse à jus, mais faute de temps, je craque et m’achète un modèle fait d’avance. Il est justement en spécial sur Amazon.ca 170$ livraison incluse.

Le bon vieux modèle classique de 18 litres (4,75 gallons)

source Amazon: presse EJWOX 17 litres (4,75 gallons) en solde à 170$ livraison incluse

https://www.amazon.ca/Fruit-Gallon-Basket-Berries-Making/dp/B0777VKQPK/ref=pd_sbs_79_8?_encoding=UTF8&pd_rd_i=B0777V1JNB&pd_rd_r=4f35ef7c-428c-11e9-870e-afb0e07225f8&pd_rd_w=M4FgZ&pd_rd_wg=mDahB&pf_rd_p=5dcda75b-8643-4da3-9bb1-5c0233790500&pf_rd_r=H8NW0QE2YSTYAWRM0VVG&refRID=H8NW0QE2YSTYAWRM0VVG&th=1

Tout ça, c’est en attendant mon projet d’achat une coche au-dessus, soit une presse hydraulique du type modèle EJWOX (copie chinoise des classiques Spiedel) : Hydropress Fruit Grape Apple Wine Press 10.5 Gallons (qui fonctionne en branche l’eau du robinet), donc sans effort! 🙂

Pour comparaison: https://www.elnova.ca/fr/equipement/presses/presse-ballon/504-hp40.html

J’en profite pour partager une source québécoise intéressante de matériel professionnel de vinification, située à Rougement:

https://www.elnova.ca/fr

Bon magasinage! 🙂

Des graines plus vites que les autres – la viabilité des fruits restés dans les arbres

Voilà, mes graines ont décidé que c’était le printemps!

Je m’étais mis des pépins de pommes et poires à stratifier au frigo en visant mars comme germination. Surprise! Quelques graines ont germé plus vite que prévues; il s’agit de graines de fruits ramassés en décembre et janvier, en plein cœur de l’hiver (donc qui avaient déjà subi des extrême de température chaud et froid).

J’aurais cru que les pépins qui demeurent dans le fruit et qui subit les affres de l’hiver n’étaient plus fertiles. C’était sans compter sur l’adaptabilité des plantes. En fait, les graines étaient simplement en dormance et avaient très bien survécu. Je le constate avec mon taux de germination, puisque mes graines de pommetier (que j’ai surnommé dragon pour son feuillage dentelé) et les graines de poirier callery germent avec hâte.

Donc, au lieu de germer en deux mois pour les pépins de pomme ou en trois pour les poires, la germination a commencé tout de suite après 3 semaines environ et se continue.

D’ailleurs, j’ai aussi remarqué que les pépins récoltés sur des fruits à l’automne ont tendance à sortir de leur dormance plus rapidement que des graines entreposées depuis un an ou plus.

Bon jardinage!

PS: Si vous cherchez des graines de porte-greffe de poire (rustique en zone 4), il y a des poiriers callery partout à Burlington. Par contre, attention, ce poirier est considéré comme espèce envahissante, donc pour utiliser comme porte-greffe seulement.

Butte de culture, gros bon sens et champignons

Connaissez-vous le terme Hügelkultur ou Butte de culture? On peut traduire le terme par Hill culture en anglais ou donc, culture sur butte. Il s’agit donc de la culture sur un monticule de débris végétaux, mais d’abord de bois raméal qu’on recouvre de terre. Le but premier étant de conserver l’humidité de la pluie dans un contexte de milieu aride tout en apportant de la matière organique en réserve supplémentaire à un milieu pauvre.

Pour de plus amples exemples, voir ici: https://www.ecohabitation.com/guides/1155/hugelkultur-decouvrez-cette-epatante-butte-de-culture-autofertile/

Néanmoins, bien que certains associent obligatoirement ce type de culture aux fondements de la permaculture, il n’en est rien. Il s’est important de voir la butte comme un outil qu’on peut, ou pas, utiliser selon son besoin.

Comme j’avais un endroit dans mon verger dont le sol était très pauvre et surtout sableux, et que mes plantes et arbres y survivaient tout juste sans pousser tellement, je me suis dit que c’était l’endroit idéal pour essayer la technique.

L’été passé, j’ai donc enfin pris le temps de le mettre en œuvre. Je me suis créé des buttes réservoirs d’humus et d’humidité afin d’aider les trois cercles de fruitiers dont le sol était déficient.

L’année précédente, j’avais tout de même pris la peine d’installer un anneau de compost afin de les aider, mais bien qu’aidant un peu à améliorer la fertilité du sol, ça n’avait pas réglé le problème d’humidité.

J’ai donc creusé une digue remplie de petit bois et brindilles recouverts de compost, puis sur laquelle j’ai semé un mélange d’engrais vert: de l’avoine et des gourganes, à faucher en cours de saison.

Voici le résultat:

On voit très bien la différence de couleur entre le sol sableux pauvre et le compost riche et presque noir.

Résultat: Une super croissance cette année! Malgré la canicule et la sécheresse, mes arbres ont bien poussé, sans aucun arrosage. Voir par vous même:

Dans ce cas, les poiriers n’ont pas doublé, mais bien triplé de hauteur!

Et même, je me suis retrouvé avec des agarics en bonus. Car oui, il y avait des champignons de paris dans mes restes de tables et donc dans mon compost. Et apparemment, en quantité suffisante pour que se développe une population spontanée de champignons! 🙂

Mais attention! Il faut ici user du gros bon sens, car pour se servir de buttes de cultures, il faut utiliser du petit bois frais ou pas complètement sec (sinon qu’on a fait tremper) et dont le diamètre n’est pas trop gros. Je vous invite ici à écouter un petit vidéo divertissant d’une critique de biologiste sur les absurdités et aberrations de la culture intensive. Sans être contre la pratique, il faut tout de même être conscient des limites et des défis que ce type de plantation à haute-densité comporte.

Voici une référence d’un bon article sur les pour et les contre de la méthode, car comme pour tout, le poison, c’est la dose (ou trop c’est comme pas assez).

https://www.lejardinvivant.fr/2015/09/28/buttes-de-permaculture-idees-recues/

Autre référence.
https://fermesdavenir.org/fermes-davenir/outils/les-buttes

Ici, une vidéo de Lydia Bourguiguion qui met en garde contre les excès dans l’implantation d’une butte de culture: https://www.youtube.com/watch?v=OHO1eaMdiQQ

Et un autre vidéo des mêmes auteurs à la fois ludique et vitriolique sur les attentes souvent irréalistes de pomiculteurs commerciaux, ainsi que sur les conséquences du consumérisme extrême sur leur pratique.

Perdu dans mes lectures sur le cidre

Bonne nouvelle année!

Je vous souhaite plein de projets et de bonheur dans vos plantations et des récoltes abondantes.

Et désolé si j’ai été un peu absent cet automne. La fin de la saison et la préparation du verger pour l’hiver ont été un peu prenantes et je n’ai pas eu l’énergie d’écrire autant que je l’aurais voulu.

De plus, depuis décembre, je me suis un peu perdu dans mes lectures sur le cidre. J’avais déjà le livre de Claude Jolicoeur sur le cidre, mais dans sa version initiale en anglais, alors pour mon cadeau de Noël à moi de moi, je me suis acheté la nouvelle version française bonifiée et actualisée, que je recommande à tous.

Le livre est intitulé Du pommier au Cidre – Manuel de cidrerie pour l’amateur et l’artisan, de Claude Jolicoeur. Le livre de 398 pages est publié aux éditions de Rouergue.

Le lien vers le livre de Claude Jolicoeur, aux éditions du Rouergue: https://www.lerouergue.com/catalogue/du-pommier-au-cidre

Disons que la lecture en question a ravivé mon intérêt dans la fabrication de cidre, en plus de m’encourager à mieux explorer et comprendre les méthodes utilisées ainsi que l’importance de l’utilisation de différentes variétés afin de développer un assortiment variétal, ou pommage bien balancé.

Définition de pommage: http://www.cnrtl.fr/definition/pommage)

Alors d’ici à ce que je puisse presser mon propre jus, je me suis acheté quelques poches de pommes au marché du Vieux-Port, à côté de chez moi et les ai laissé geler sur notre galerie. Le gel ramollit les pommes et celles-ci seront plus faciles à presser, dès que j’aurai « patenté » un pressoir quelconque et récupéré un kit de titration de l’acidité…

En attendant de pouvoir en dire davantage, je vous souhaite un bon hiver et de belles lectures inspirantes!

L’hiver est là; avez-vous bien préparé vos fruitiers?

L’hiver est là! La neige recouvre déjà le verger pour son repos jusqu’au printemps.

Quand on fait pousser des fruitiers pour la première fois, on a toujours une vision un peu romantique de la chose. On achète un fruitier, on fait un trou, on le plante. Et voilà! Après quelques années, celui-ci produira tout seul des fruits.
Malheureusement, la chose est tout autre.

Ma mère dit toujours que « faire produire un fruitier, ça relève presque du miracle. Il faut se battre contre la nature (sécheresse, vent, hiver, glace), les bêtes (ours, porc-épic, lièvres, mulots, oiseaux) et les maladies. »

Dans ce cas, ce qui m’intéresse est l’hiver. Il faut se méfier de deux choses primordiales: les mulots et la neige/glace.

Pour les mulots: rien de mieux qu’un bon protecteur à mulot en spirale. Par contre, dans mon coin, il tombe suffisamment de neige pour que les mulots grignotent au-dessus du protecteur, je dois donc en ajouter deux.

J’utilise non pas un, mais bien deux protecteurs (spirale) à mulots. Beaucoup de neige veut aussi dire un plus grand rayon d’action pour les rongeurs sous la couche de glace de surface en hiver.

 

Exemple de dégâts de mulots au-dessus du protecteur. Dans ce cas-ci, j’avais essayé (au printemps) la greffe en pont sans succès. Mon arbre a dû repousser presque de la base.

Deuxième point: attacher vos jeunes arbres et les branches.

Encore une fois, beaucoup de neige est un avantage pour la protection du froid, mais c’est aussi un désavantage quand vient la fonte des neiges. Le poids de la croute de glace de surface et de la neige fondante casse et arrache systématiquement les branches perpendiculaires au tronc qui ne sont pas attachées. Et ce, même sur les plus gros arbres.

À Petit-Saguenay, la neige abondante (parfois 2m par endroits) m’oblige donc à couper toute branche d’arbre fruitier en dessous de 1,5 m ainsi que de bien attacher tous mes arbustes (cassis, chum), sinon la neige les écrase et les casse.

Mes chums en hiver: j’utilise de la moustiquaire ou broche à poule pour créer une barrière de protection contre les mulots. Aussi, j’attache les branches en fagot afin d’éviter qu’elles ne soient brisées par la fonte de la neige au printemps.

Bon hiver!

Critique des poires EarlyGold ou JefGold et visite de la Cidrerie St-Antoine (pommes bio)

Ça y est, nous sommes en plein coeur de l’automne. Le temps passe très vite et les récoltes sont presque terminées; ne me reste plus que des coings japonais et les nèfles à ramasser. Ensuite, ce sera la mise en hiver du verger.
D’ici là, j’ai visité pour la première fois la cidrerie St-Antoine hier (http://cidreriestantoine.com/)

Celle-ci est à 25 minutes des ponts de Québec, sur la Rive-Sud, le long de la 132.

Le temps était gris, mais peu importe, au moins il ne pleuvait pas et pourquoi pas en profiter!

La cidrerie St-Antoine est un des rares (si ce n’est pas le seul) vergers 100% bio dans les alentours de Québec (que je connaisse). Ils produisent plusieurs variétés de pommes et surtout, du jus et cidre de toutes sortes. J’étais ravi de mettre la main sur une provision de mes pommes préférées, les Honeycrisp. Avec le soleil de cette année et en bio, elles sont les meilleures que j’ai goûtées à vie! Nous avons aussi récupéré un peu de Cortland ainsi que de la Spartan qui n’était pas tout à fait prête. La Lobo, en fin de saison, était exquise. Et autre détail non-négligeable, les prix sont tout à fait raisonnables.

Apparemment, le verger a souffert de vents violents… plusieurs arbres étaient couchés au sol.

Un pommier chargé de Spartan

Un autre pommier, celui-là chargé de délicieuses Honeycrisp

Un minot de pommes bio pour 40$, c’est une bonne affaire!

Nous avons aussi acheté du cidre pétillant, du cidre en bouteille et du cidre de glace prestige. Leurs produits sont tous excellents, le choix était difficile.

Poires Early Gold ou Jefgold:

Et de retour à la maison, j’ai quand même eu envie de faire une saucette au marché du Vieux-Port, des fois que je serais tombé sur une poire que je ne connais pas.

Eurêka! C’est avec grand plaisir que je suis tombé sur des EarlyGold (ou JefGold) vendues par la Ferme François Bélanger de l’Ange-gardien (https://fermebelanger.vpweb.ca/). Moi qui les croyais hâtives, elles ne sont prêtes qu’en octobre à Québec. La ferme qui les vend les donne presque; soit parce qu’ils en ont trop, soit parce qu’ils vont bientôt fermer leur étal. Tout est une question de marketing; la vendeuse était bien étonnée de mon enthousiasme. Elle s’est assurée plus d’une fois de me dire que le goût me surprendrait et que c’était bien loin d’une Bartlett, ce que je savais d’emblée.

EarlyGold est un semis de Ure commercialisé par Wilbert Ronald de Jeffries Nurseries. Le semis est supposé être un croisement avec une poire ussuriensis sauvage.

http://www.jeffriesnurseries.com/earlygold.pdf

J’en avais lu des descriptions peu flatteuses sur les forums et du point de vue gustatif, mes attentes étaient plutôt basses.

Early Gold ou JefGold – De petites à moyennes poires, plus grosses que les Ure et aux couleurs variées: Du jaune pur mât au rousselé voire aux joues orangées.

La dégustation:

Ironiquement, ma première poire n’était pas tout à fait mûre. La chair des EarlyGold n’est pas fondante et demeure ferme. Le goût de la poire en question était acidulée, avec une légère amertume désagréable. Première expérience donc décevante, car la poire goûtait tout juste meilleure qu’une Golden spice.

Ma deuxième poire était déjà meilleure. Sucrée (14,5 brix) et sans amertume. J’étais charmé, on retrouvait le goût sucré de la Ure, mais en version plus ferme avec une belle balance de Sucré/acide, sans trop du goût ou de la saveur musqué de certains fruits presque sauvages de la famille des ussuriensis (comme le John).

Ma troisième poire était une petite poire cuivrée rousselée à la joue rosée. Celle-là était définitivement au soleil et une bonne candidate pour une lecture du taux de sucre. Et comment! La poire était exquise! Je retrouvais enfin ce goût de miel dont on parlait parfois, avec même un petit quelque chose qui rappelle vaguement la Seckel. Wow! 18 brix et aucune amertume. Quel délice! Ça y est, je suis convaincu. J’ai bien fait d’un greffer et la poire mérite un arbre à elle seule.

Du coup, je retourne en chercher une caisse. Vive la ferme François Bélanger de L’Ange-Gardien. 🙂

https://fermebelanger.vpweb.ca/

PS: Notez que la poire Early Gold était sous licence (de protection des obtentions végétales) entre 1995 et 2002, mais que celle-ci a été retirée depuis: http://www.cfia-acia.agr.ca/francais/plaveg/pbrpov/cropreport/par/app00000488f.shtml

Cette variété de poirier peut donc être greffée et multipliée librement.