Conférence de novembre sur l’art de la greffe est en ligne!

Vous avez manqué la conférence sur la greffe en milieu rustique du début novembre dernier à l’Université Laval?

Que cela ne tienne, les gentils bénévoles et organisateurs de VIA Agro Écologie l’ont filmée et le tout est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=BY_fmK5xLNI

Sans prétendre à la science infuse, ni à la vérité absolue, le tout se voulait une conférence présentant le résultat de mes recherches et expérimentations à ce jour. Quand on parle en « Je » et de ses expériences personnelles, d’habitude, c’est difficile de se tromper.

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En gros, j’y présente mon projet de permaculture en zone 3, au Saguenay. J’y aborde les variétés de fruitiers rustiques, les greffes (greffons et porte-greffes) ,et surtout, j’y partage mes sources à ce jour (végétales et bibliographiques).

Bon visionnement!🙂

 

Les poires Cold Snap sont arrivées en magasin!

img_3610J’ai enfin trouvé des poires Cold Snap (Harovin Sundown) en épicerie. Et étonnamment, c’était dans un Walmart, alors qu’on en trouve pas dans les autres marchés d’alimentation.

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La poires son jolies, la couleur est orangée, bronze et jaune. Sa forme est un peu trapue et fait penser à la forme d’une poire asiatique de type Ya Li ou Kieffer.

Le cultivar, initialement nommé HW614, puis ensuite baptisé Harovin Sundown suite à un concours de nom qui ne lui a pas survécu, est issu d’un croisement entre Bartlett et le cultivar US56112-146. Le second est issu d’un croisement résistant au feu bactérien. Cold Snap obtien un pointage de 9.5/10 de résistance au feu bactérien, ce qui est pas mal, quand on compare au maigre score de 4.4/10 pour Bartlett.

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Et puisque c’est la deuxième fois que je trouve des poires de l’Ontario chez Walmart, je devine que la coop de Vineland en Ontario a choisi ce magasin comme principal distributeur. C’est un peu dommage, puisque je n’arrive pas à mettre la main sur ces fruits « locaux » dans d’autres épiceries près de chez moi, en ville à Québec. On y vend plutôt des poires des États-Unis.😦
Comme de quoi c’est souvent difficile de manger local.

 

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Une autre poire de l’Ontario, plus précisément de Jordan Station, précédemment achetée chez Walmart. J’ai aussi acheté d’autres poires de la coop Vineland que je n’ai pas prises en photo. Des Harvest Queen ou Harrow Crisp peut-être?

Côté goût, la poire est pas mal. Peut-être pas la meilleure de la planète, mais c’est tout de même meilleur qu’une Bartlett. Et à 4$ le panier de 2 litre, le prix est compétitif et la poire plutôt jolie.

Pour en savoir plus sur le cultivar:
http://hortsci.ashspublications.org/content/44/5/1461.full

Popote avec les coings japonais – chaenomeless japonica

Première récolte de coings japonais cette année; deux gros sacs de fruits entre 2-5 cm, une production intéressante pour une plante qui ne demande que très peu de soins.
J’avais écrit un article sur ces plantes l’année dernière ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2014/12/21/culture-de-coing-rustiques-et-chaenomeles-coings-japonais/

Les miens proviennent tous de semis récupérés d’un ami, soit d’un plant de « Knapp hill scarlet » qui pousse à Québec.

Au début, j’avais plus de 50 semis; j’en ai conservé une trentaine. Je les ai plantés au pied de mes fruitiers, répartis dans le verger.  Je n’avais pas trop d’attente, étant donné que ces plantes sont supposées être zoné 5. Toutefois, puisque ce sont des arbustes buissonnants qui restent près du sol, la couverture de neige abondante du Saguenay joue en ma faveur. Ça valait donc la peine d’essayer cette plante exotique prometteuse; je savais que son fruit, bien qu’amer, était comestible.

Suite à un hiver avec beaucoup de neige, les plants avaient bien hiverné. Voici de quoi ils avaient l’air en juin dernier. La floraison était magnifique et déjà un succès.

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Et effectivement, plus la saison avançait, et plus je savais que j’aurais droit à une bonne récolte.

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Avant de les récolter, j’avais fait quelques recherches sur Internet et je suis tombé sur ce document très intéressant:

Il s’agit d’une recherche produite par des chercheurs en Espagne et en Suède, sur l’utilisation et la transformation du coing japonais. On y explore les différentes avenues possibles, soit: le jus, les conserves, le sirop, la confiserie, le purée et gelée et même des produits de transformation aussi étonnants que de la crème glacée, du yogourt et dans du pain!

De plus, le fruit est très riche en pectine et possède un arôme extraordinaire; un parfum presque d’agrume, agréable et exotique, qui ajoute à toute confiture ou purée de pomme, poire ou prune.

Voici donc ma récolte 2016! Deux gros sacs d’épicerie, soit beaucoup plus que j’en avais besoin pour une première expérience. J’ai donc fait quelques heureux. Pour les utiliser, il suffit de les couper en deux et d’enlever les pépins. On cuisine tout le reste.

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Mes deux expériences de popote:

1.avec une compote de prunes:

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Le fruit n’est pas très gros, mais quand on sait qu’il suffit d’enlever les graines, c’est moins long à préparer que des pommes ou poires.

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Ma préparation de purée de prunes, avant macération de 12 heures avec du sucre. Miam!

2. en gelée, ça prend beaucoup de sucre. C’est très parfumé! hummm!

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Mise en garde: attention, sachez tout de même que la plante n’est pas parfaite. Certains la déteste, parce que une fois implantée, elle peut être difficile à contrôler et a tendance à envahir. Aussi, la plupart des semis de chaenomeles donneront des plants épineux. Pour un cultivar sans épines, mieux vaut se le procurer ou le cloner. Et pour une bonne pollinisation/fructification, il faut deux variétés différentes. Les chaenomeles ne sont pas auto-fertiles. Dans mon cas, j’ai dû porter des gants lors de la récolte de mes fruits.

Enfin, côté rusticité, la plante survivra à un hiver très froid (au-delà de -25’C) sans neige, mais les boutons floraux sont sensibles aux grands froids. Alors mieux vaut laisser vos branches près du sol et s’assurer que les plants soient bien cachés par la neige pour obtenir des fleurs/fruits.

Autre défaut, les plants produisent des fleurs sur le bois de deux ans, donc les fleurs ne seront pas réparties uniformément sur le plant.

Gare aux épines! Mes semis en possèdent tous. Toutefois, il existe des cultivars sans épines. J’ai présentement le cultivar Yukigoten à l’essai aux fleurs blanches doubles et… sans épines!

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Je termine avec une dernière photo de mes chaenomeles X en fleur, en juin dernier. Bon automne!

Semis de poires et diversité génétique

L’automne est désormais arrivé et les plantes se préparent à l’hiver. Enfin, la plupart d’entre elles! Plusieurs de mes semis de poiriers sont désormais à leur deuxième, voire troisième année et seront maintenant assez grands pour subir les rigueur de l’hiver en dehors de la neige. Ce sera donc au printemps que je pourrai commencer à élaguer mes semis et déterminer lesquels sont assez aptes à survivre en zone 3!

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En bas à gauche, deux semis de poires hybrides (Communis x Ussuriensis) provenant d’un poirier sans nom. Le rouge est très joli, j’ai presqu’envie de le garder comme poirier ornemental (je l’ai fait pousser afin de l’utiliser comme porte-greffe).

D’ici là, je ne peux qu’émettre des hypothèses. Comme celle de penser que les poiriers dont les feuilles changent de couleur et au moins, arrêtent de pousser, seront mieux préparer à survivre.
Il faut l’admettre, je n’ai pas de grosses attentes. La plupart des poiriers communis ne survivent pas au delà de -35’C. Je compte donc sur mes semis hybrides qui contiennent un bagage génétique de poiriers ussuriensis rustiques afin d’augmenter mon taux de survie.

Observation: les poiriers de types asiatiques et ussuriensis ont tendance à avoir un feuillage rouge/pourpre tandis que le feuillage de certains communis et regelii jaunissent.

Je vous partage quelques photos de la diversité des couleurs des feuilles d’automne de mes semis de poiriers.

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Le beau et délicat feuillage du pyrus regelii jaunit en automne. Ceux-ci ne sont définitivement pas vigoureux. Je comprends pourquoi il ne poussent pas au delà de 3 mètres (et pourquoi on ne les utilise que peu comme PG)

 

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Mon semis de Korshiskyi X. Celui-ci a beaucoup poussé cette année, malgré la sécheresse du mois d’août. Son beau feuillage mauve/pourpre semble indiquer un possible croisement avec du pyrus de type ussuriensis.

 

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Mes semis de Starkrimson (clapp’s favorite). Les feuilles d’un seul semis du lot a changé de couleur. Sera-t-il plus rustique pour autant?

 

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Mes semis de Ya Li, poiriers asiatiques. À date, je n’en ai trouvé aucun qui survit aux grands froids.

 

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Un semis de Seckel aux feuilles pourpres. J’ai peinturé son tronc en blanc pour éviter le gel et craquement en hiver.

 

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Mon seul semis de Luscious dont les couleurs ont changé.

 

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Difficile à voir sur la photo, mais il s’agit de semis de John, au centre, on peut voir les feuilles pourpres de plus grand d’entre eux.

 

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Mon Seckel hâtif greffé sur Amélanchier. Ses feuilles deviennent rouges et jaunes presque fluo.

Conférence le 9 novembre prochain sur l’Art de la greffe dans un contexte de verger rustique

Petite invitation à une conférence que je donnerai sur mes expériences avec l’art de la greffe dans un contexte de verger en permaculture au Saguenay zone 3.

Le tout s’est décidé un peu sur le tard, mais si ça vous tente, c’est le mercredi 9 novembre prochain à 17h30, au pavillon Paul Comtois Local 3111 et… c’est gratuit!

J’encouragerai toutefois une contribution volontaire aux organisateurs, soit le groupe étudiant VIA Agro-Écologie, qui m’ont invité.

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VIA Agro-Écologie « fait la promotion et la sensibilisation des alternatives agro-écologiques, pour un environnement sain dans l’optique du développement durable. Plusieurs conférences sont organisées chaque année sous cette trame de fond. On y trouve une bibliothèque détenant des livres sur l’agriculture et le maraîchage biologique, la traction animale, les énergies vertes, la gestion des matières résiduelles, les plantes médicinales, l’agriculture urbaine (et beaucoup d’autres sujets!) pouvant être consultés et empruntés par tous les étudiants de la FSAA. VIA tient aussi un jardin écologique et communautaire situé tout près du Jardin Roger Van den Hende. Une parcelle peut y être louée à coût modique! Informez-vous auprès de la personne responsable.  » source: http://www.agetaac.ulaval.ca/clubs-et-comites/via-agro-ecologie/

La rédemption du poirier John

Grosse surprise en septembre dernier, quelqu’un pas très loin de mon terrain a fait pousser avec succès un poirier John et celui-ci produit abondamment sans aucun autre poirier aux alentours, il est donc autofertile. Mais la plus grande surprise, c’était de me faire dire que les poires étaient bonnes à manger. Il ne m’en fallait pas plus pour essayer d’en savoir davantage et retenter l’expérience afin de me faire convaincre de la chose.

Début septembre, les poires étaient déjà relativement grosses, mais n’étaient pas encore prêtes.

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J’y suis retourné début octobre et après le premier gros gel de la saison, les poires étaient presque toutes tombées au sol. Elles étaient presque mûres et d’un calibre vraiment impressionnant!🙂

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Les belles poires John, prêtes la première d’octobre au Saguenay.

Cette fois, je pouvais enfin goûter aux poires John lorsque mûres. Le goût était sucré et acidulé, juteux. Les poires, bien que beurré, conservent une texture un peu granuleuse ainsi qu’un peu d’âpreté comparable au gout des cerises à grappe, mais en plus doux. Et surtout, les poires sont très parfumées. Wow! On sent bien la présence de l’ancêtre ussuriensis de type asiatique, mais c’est tout à fait comestible. Le seul défaut, la poire se conserve peu une fois prête. Il faut immédiatement la mettre au frigo, sinon elle blettit très vite.

Alors, à ma grande surprise, je constater que les poires en question sont, contrairement à ce que j’avais pu goûter avant, plutôt bonnes (selon mes critères) à manger fraîches. OK, on a déjà vu mieux, mais quelle bonne surprise!

J’ai donc fait un peu de troc avec les propriétaires de l’arbre et échangé des poires pour des tomates.

Devinez ce que j’ai cuisiné ce matin?

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Du bon beurre de poire au miel, recette Ricardo:

https://www.ricardocuisine.com/recettes/2298-beurre-de-poires-au-miel

Bonnes récoltes et recettes d’autmone!

J’ai aussi essayé une recette de poires en tranches dans un bouillon de sucre et miel et c’était vraiment excellent. Cent fois meilleur que les poires en canne vendues à l’épicerie. Pour la recette, j’ai fait une recherche à partir de mot clés en anglais, soit « canned pear » et kieffer, l’équivalent de la poire John en terme d’hybride communis x pyrifolia.

J’ai suivi les instructions au pif pour les quantités de sucre (soit environ moitié fruit en tranche, moitié sucre) et j’ai interchangé le jus de citron par du jus d’orange. Sinon, l’idée de laisser macérer les fruits 12 heures est géniale, car elle permet au liquide (eau/jus) de sortir, ce qui permet de faire mijoter les fruits sans ajouter d’eau. Le syrop de cuisson prend donc beaucoup moins de temps à épaissir.

La recette originale: http://newlifeonahomestead.com/recipe-for-canning-pear-preserves/

 

 

Le temps fort des récoltes et des marchés publics

C’est la saison des récoltes! Je suis passé à mon terrain la fin de semaine dernière et suis revenu avec des caisses de tomates, courges, patates, haricots et quelques fruits de chez mon père, mes arbres n’étant pas encore assez gros pour produire.

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Les récoltes 2016: courges zucchini, spaghetti, butternut et hybrides inattendus.

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Récoltes 2016

En plus, j’ai mis la main sur quelques kiwis pas encore murs (mes kolomiktas). Cette année, je voulais les cueillir avant maturité et les laisser finir de mûrir à l’intérieur, car j’avais lu que ça fonctionnait bien.

Et bien, réussite! C’est effectivement ce qu’il faut faire. C’est donc dire que mes kiwis sont donc assez rustiques et mûrissent suffisamment pour être cultivés au Saguenay! Succès!🙂 Je les avais complètement négligés cette année (aucune taille) et ceux-ci n’ont donc presque rien produit. Toutefois, ce revirement positif est tout ce qu’il me fallait pour me redonner espoir. Je retournerai faire mes devoirs en termes de lecture pour revoir les techniques de taille et espérer une belle production en septembre 2017.

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Une baie de kiwi poussée à Petit-Saguenay!🙂 Le secret, on le récolte encore ferme et on le laisse finir de mûrir à l’intérieur. Il est prêt lorsqu’il ramollit légèrement. Variété: Actinidia Kolomikta X

Et malgré tout ça, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire une saucette au marché public du Vieux-Port, à deux pas de chez nous. C’est le temps de l’année ou l’on peut profiter des récoltes des autres, aux marchés publics locaux; des produits frais cultivés près de chez nous  qui demandent moins d’essence pour le transport, donc on laisse une meilleure empreinte écologique. Et surtout, enfin la chance d’avoir des produits différents de ce qui est vendu le reste de l’année à l’épicerie. Ça, c’est précieux!
Pas plus tard qu’hier, j’ai justement mis la main sur du melon d’eau (variété inconnue), des poires locales sans nom, ainsi que sur des pommes Duchesse et des Zestar!®🙂 Miam!

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Un melon d’eau cultivé à Québec de variété inconnue. Devinez qui a ramassé des graines?

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Une nouvelle pomme à découvrir, Zestar!® de l’Université du Minnesota

Zestar!® a été développée par l’Université du Minnesota, mieux connue pour ses variétés Honeycrisp, Haralson et Sweet 16. Zestar!® a été introduite en 1999 et est le fruit d’un croisement entre State Fair et MN 1691. State Fair est une pomme hâtive, un peu plus « surette », ce qui a certainement joué un rôle dans le gout de Zestar!®; juteux et croquant d’un sucré amer très bien balancé. D’où son nom de « Zest- star »😉 Lorsque j’ai mangé ma première pomme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en prendre une deuxième.

À propos de la pomme Zestar!® – http://mnhardy.umn.edu/varieties/fruit/apples/zestar

J’en profite pour partager un épisode de l’émission l’Épicerie qui vous parle de la vie/réalité de ces petits producteurs de nos marchés publics.

Bonnes découvertes!

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