Critique des poires EarlyGold ou JefGold et visite de la Cidrerie St-Antoine (pommes bio)

Ça y est, nous sommes en plein coeur de l’automne. Le temps passe très vite et les récoltes sont presque terminées; ne me reste plus que des coings japonais et les nèfles à ramasser. Ensuite, ce sera la mise en hiver du verger.
D’ici là, j’ai visité pour la première fois la cidrerie St-Antoine hier (http://cidreriestantoine.com/)

Celle-ci est à 25 minutes des ponts de Québec, sur la Rive-Sud, le long de la 132.

Le temps était gris, mais peu importe, au moins il ne pleuvait pas et pourquoi pas en profiter!

La cidrerie St-Antoine est un des rares (si ce n’est pas le seul) vergers 100% bio dans les alentours de Québec (que je connaisse). Ils produisent plusieurs variétés de pommes et surtout, du jus et cidre de toutes sortes. J’étais ravi de mettre la main sur une provision de mes pommes préférées, les Honeycrisp. Avec le soleil de cette année et en bio, elles sont les meilleures que j’ai goûtées à vie! Nous avons aussi récupéré un peu de Cortland ainsi que de la Spartan qui n’était pas tout à fait prête. La Lobo, en fin de saison, était exquise. Et autre détail non-négligeable, les prix sont tout à fait raisonnables.

Apparemment, le verger a souffert de vents violents… plusieurs arbres étaient couchés au sol.

Un pommier chargé de Spartan

Un autre pommier, celui-là chargé de délicieuses Honeycrisp

Un minot de pommes bio pour 40$, c’est une bonne affaire!

Nous avons aussi acheté du cidre pétillant, du cidre en bouteille et du cidre de glace prestige. Leurs produits sont tous excellents, le choix était difficile.

Poires Early Gold ou Jefgold:

Et de retour à la maison, j’ai quand même eu envie de faire une saucette au marché du Vieux-Port, des fois que je serais tombé sur une poire que je ne connais pas.

Eurêka! C’est avec grand plaisir que je suis tombé sur des EarlyGold (ou JefGold) vendues par la Ferme François Bélanger de l’Ange-gardien (https://fermebelanger.vpweb.ca/). Moi qui les croyais hâtives, elles ne sont prêtes qu’en octobre à Québec. La ferme qui les vend les donne presque; soit parce qu’ils en ont trop, soit parce qu’ils vont bientôt fermer leur étal. Tout est une question de marketing; la vendeuse était bien étonnée de mon enthousiasme. Elle s’est assurée plus d’une fois de me dire que le goût me surprendrait et que c’était bien loin d’une Bartlett, ce que je savais d’emblée.

EarlyGold est un semis de Ure commercialisé par Wilbert Ronald de Jeffries Nurseries. Le semis est supposé être un croisement avec une poire ussuriensis sauvage.

http://www.jeffriesnurseries.com/earlygold.pdf

J’en avais lu des descriptions peu flatteuses sur les forums et du point de vue gustatif, mes attentes étaient plutôt basses.

Early Gold ou JefGold – De petites à moyennes poires, plus grosses que les Ure et aux couleurs variées: Du jaune pur mât au rousselé voire aux joues orangées.

La dégustation:

Ironiquement, ma première poire n’était pas tout à fait mûre. La chair des EarlyGold n’est pas fondante et demeure ferme. Le goût de la poire en question était acidulée, avec une légère amertume désagréable. Première expérience donc décevante, car la poire goûtait tout juste meilleure qu’une Golden spice.

Ma deuxième poire était déjà meilleure. Sucrée (14,5 brix) et sans amertume. J’étais charmé, on retrouvait le goût sucré de la Ure, mais en version plus ferme avec une belle balance de Sucré/acide, sans trop du goût ou de la saveur musqué de certains fruits presque sauvages de la famille des ussuriensis (comme le John).

Ma troisième poire était une petite poire cuivrée rousselée à la joue rosée. Celle-là était définitivement au soleil et une bonne candidate pour une lecture du taux de sucre. Et comment! La poire était exquise! Je retrouvais enfin ce goût de miel dont on parlait parfois, avec même un petit quelque chose qui rappelle vaguement la Seckel. Wow! 18 brix et aucune amertume. Quel délice! Ça y est, je suis convaincu. J’ai bien fait d’un greffer et la poire mérite un arbre à elle seule.

Du coup, je retourne en chercher une caisse. Vive la ferme François Bélanger de L’Ange-Gardien. 🙂

https://fermebelanger.vpweb.ca/

PS: Notez que la poire Early Gold était sous licence (de protection des obtentions végétales) entre 1995 et 2002, mais que celle-ci a été retirée depuis: http://www.cfia-acia.agr.ca/francais/plaveg/pbrpov/cropreport/par/app00000488f.shtml

Cette variété de poirier peut donc être greffée et multipliée librement.

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Récoltes 2018

Ça y est! Le mois d’août est déjà dernière nous. Les récoltes vont bon train, même si tout n’est pas encore terminé. Les pommiers et les poiriers tardent à produire, mais au moins les petits fruits, eux, sont généreux.
Je vous partage quelques photos des récoltes à ce jour.

href= »https://poirespetitsag.files.wordpress.com/2018/09/img_5707.jpg »> Ma cueillette annuelle de cerises à grappe (prunus virginiana) pour mon vin de cerise[/c

Encore une autre récolte généreuse de petits fruits, cette fois les cassis:

La taille des vignes (en Docteur Guyot), avant et après avec filet anti brouteurs et voleurs. Je suis agréablement surpris par la production de mes Radisson et Frontenac gris (voir photo 2 et 3). Wow!

Avant la taille (conduite en Docteur Guyot simple)

Après la taille – les radisson et frontenac produisent vraiment beaucoup, je suis impressionné.

Mes pommes Norland:

Mon nouvel arbre de Norland greffé sur pommetier donne de superbes pommes. Étrangement, les fruits issus de cet arbre ne sont pas striés comme ceux du vieil arbre de mon père (à gauche sur la photo). C’est pourtant un clone! Quand on dit que le porte-greffe a tout de même une influence…

J’ai aussi une belle récolte de Chum Sapa à venir (pruniers hybrides bessyei x domestique). Sapa et Opata semblent très heureux ensemble, je n’ai jamais eu une pareille quantité de chum sur mes buissons. La pollinisation entre ces deux variété est donc très efficace.

Mon pommier september ruby:

Vitis Baltica à l’essai:

Première cueillette de raisins Baltica. Même sans aucune taille, les quelques raisins produits on pu me confirmer un excellent potentiel gustatif. On le dit plutôt productif, je pourrai tester davantage. Prêt fin août au Saguenay, même avant le Somerset. Je suis impressionné!

J’ai aussi réussi à faire tout de même quelques greffes à œil dormant, étant donné que ça demeure une des meilleures greffes pour assurer le succès de reprise au printemps. Cette année, mon objectif était surtout de me créer une banque de doublons de mes variétés plus rare, afin d’éviter de perdre mes spécimens au cas où il arriverait un pépin.

Greffe d’un œil dormant de pêcher poussé à partir du compost et qui a survécu à un hiver. Le porte-greffe est un chum Convoy.

Bonnes récoltes! 🙂

Les blues de juillet et la dure réalité de la vie de producteur de fruits et petits-fruits

Juillet, c’est un peu déprimant. On passe tout l’hiver à se préparer, le printemps à travailler dur pour essayer de tout planifier au mieux en espérant nos récoltes. On regarde nos plants fleurir, on rêve de fruits. Et là, la météo s’y met: il fait trop froid, trop chaud, gel hâtif, pluie persistante. Les petites bêtes aussi, puis les insectes, les maladies…

Je suis justement tombé sur un vidéo de Stefan Sobkowiak des Fermes Miracles, posté le 27 juillet dernier, qui nous partageait, en toute candeur, qu’il avait les blues et que les déboires de la saison en cours lui donnaient carrément l’envie de tout abandonner (I want to quit): https://www.youtube.com/watch?v=Hhh2PCv_r0E&feature=youtu.be

Comme quoi, ça nous arrive à tous, ce moment de perte de motivation, selon nos attentes et les résultats obtenus.

Cette année, le printemps était presque parfait, mais l’hiver a été dur. Au printemps, pas trop de dommages des mulots, mais plusieurs arbres brisés par la neige ou carrément cramés par le froid.
Ensuite, la sécheresse.

Quand même les adventices crament…


Et malheureusement, je suis à distance. Je visite mon verger du Saguenay aux deux semaines et j’arrose bien un peu, mais mon projet, c’est tout de même de la permaculture et j’aspire à avoir des plantes autonomes le plus possible. Néanmoins, quand même les adventices (mauvaises herbes) ont envie de mourir de sécheresse, c’est un peu extrême. Du coup, j’ai perdu presque tous mes nouveaux pommiers et poiriers greffés de l’année, sans compter plusieurs semis dans mon petit potager qui n’ont pas survécu.

C’est sans compter la constante guerre contre les attaques d’insectes et animaux sauvages. Cette année, y’a un chevreuil particulièrement peu farouche qui s’attaque à tout ce qui pousse même sur le bord de la route. Aucune gêne; il grignote jusqu’aux abords du chalet et des bâtisses. Il me nargue. Celui-là n’a carrément aucun instinct de survie. Comme si ce n’était pas assez, je suis aussi aux prises avec une grosse marmotte beaucoup trop intelligente. Elle contourne systématiquement tous les pièges, les déclenche et se pousse.

Ce qui reste des zucchini après le passage de la *&?%$#?%$# de marmotte.

Côté production, c’est une chance que d’avoir diversifié mes plantations et d’avoir planté des petits fruits: les fraises (j’ai failli les perdre tellement il faisait chaud) ont produit généreusement, les gadelles, groseilles cassis et mûres commencent et produisent, malgré tout. Les framboises s’en viennent. J’ai un peu de petites cerises sûres (de la série Romance) et plusieurs Chum, surtout des Sapa en route (cherry-plum), ce qui sauve un peu la mise.

On peut se fier sur les gadelles!

Super production de Sapa en route. Sapa est un peu moins rustique z3-4; il est un des premier croisement prunus Besseyi x prunier à avoir été fait, mais très productif.

Les pommes, on repassera. Le gros Norland est dans son année de repos alors que mon deuxième commence à produire. Les Norland, on peut s’y fier. J’aurai quand aussi quelques September ruby à goûter.

Le Norland, un arbre sur qui on peut se fier

Et les poiriers se font toujours attendre: mon John a enfin fleuri, mais n’a produit que deux poires, dont une bouffée par le %$#@?@%$G de chevreuil.

Donc, la patience est de mise, mais difficile de ne pas se sentir découragé.

C’est dans ces moments-là que je suis content que mes revenus ne dépendent pas du verger.

Enfin… pas encore!

Mauvaises herbes ou adventices comestibles?

La nuance entre le mot mauvaise herbe et adventice est majeure: une herbe n’est jamais mauvaise intrinsèquement, elle ne fait que pousser à un endroit non désiré, d’où l’utilisation du terme plus juste d’adventice: « Se dit d’une plante qui n’a pas été semée par l’homme et qui nuit à la croissance d’une culture. »

En passant, je consomme déjà depuis plusieurs années la fameuse « poulette grasse » ou chénopode blanc qui se resème un peu partout de lui-même (https://fr.wikipedia.org/wiki/Chenopodium_album). Donc, plutôt que de l’arracher systématiquement, je choisis volontairement d’en conserver quelques-uns. Le chénopode se consomme comme des épinards et est excellent en salade, vapeur ou en soupe. Son seul défaut, c’est qu’une fois cueilli, il se flétrit immédiatement, ce qui explique sa non-commercialisation.

Le chou gras (ou poulette grasse) le chénopode blanc. Source: https://jardinage.ooreka.fr/plante/voir/2085/chenopode-blanc

Sinon, dans mes lectures sur la permaculture et le jardinage, j’avais plusieurs fois entendu dire que les orties (Urtica) étaient comestibles, voire même précieuses de par leurs nombreuses vertus: « toniques, dépuratives, diurétiques, anti-inflammatoires (douleurs rhumatismales) » source Wikipédia.

Talle d’ortie, source blogue de Stéphane Loriot: https://stephaneloriot.wordpress.com/2015/02/18/canapes-orties-ailles/

Détail des poils urticants en silice de l’ortie. Source: http://urticamania.over-blog.com/article-32447995.html

J’avoue que lorsqu’une plante produit des réactions urticaires (comme le fait l’ortie), mon premier réflexe n’est certainement pas de chercher à la manger. Qu’à cela ne tienne, j’étais presque content de découvrir par hasard une talle de celles-ci, bien installées près des pivoines chez mes parents. C’était l’occasion pour enfin tenter l’expérience.

On récolte les jeunes feuilles et on évite les manipulations à main nue. On rince le tout et puis hop! Dans mon cas, le résultat était un potage délicieux apprécié de tous. Nous étions quatre néophytes qui avons été unanimement charmés. Ma seule erreur, j’ai laissé les tiges qui sont franchement trop fibreuses.

ma petite récolte d’orties; il en restera pour une deuxième recette!

Le potage avant le passage au mélangeur.


Recette de potage aux orties:

Ingrédients: Bouillon de poulet ou de bœuf, environ 2 tasses de feuilles d’orties, 1 oignon et 4 tasses de pommes de terres pelées en morceaux.

Cuisson: On fait revenir et brunir les oignons et ensuite hop! On cuit les pommes de terre dans le bouillon. On ajoute les orties et on termine le tout au mélangeur. Et voilà!


Liens utiles

Pour identifier l’ortie:

http://www.lavisdesplantes.fr/ortie-carte-identite/

Des idées de recettes:

http://home.naturopathe.over-blog.com/article-toutes-les-recettes-et-astuces-pour-cuisiner-l-ortie-74281068.html

Pour reconnaître les plantes sauvages comestibles:

http://nomadity.be/blog_santenaturelle/les-plantes-sauvages-comestibles-du-quebec/

Bonne dégustation!

Constat des greffes qui débourrent et des variétés qui ont gelé

De retour du verger ou j’ai pu enfin constater les greffes qui débourrent ainsi que les décès suite à l’hiver – que je n’avais pourtant pas cru si froid.

Plusieurs greffes débourrent comme prévu, alors que d’autres boudent et tardent à débourrer.

Aussi, c’est le temps de l’année ou je peux constater les variétés pas assez rustiques! Dire que cet hiver, le froid n’a pas dépassé la barre des -35 degrés Celsius, j’aurais pensé que tous mes pommiers et poiriers seraient en pleine forme. Erreur! Est-ce la vague de chaleur tardive à l’automne qui a chamboulé la mise en hiver? Ou est-ce les vagues de chaleur en janvier? Je ne le saurai jamais. Néanmoins, force est de constater que j’ai perdu plusieurs variétés et que j’ajouterai désormais leur nom à ma liste des cultivars à éviter.

J’ai plusieurs variétés qui ont gelé et des branches entières de mon pommetier surgreffé qui sont mortes: j’ai complètement perdu mon Scarlett O’Hara, mon Entreprise et mon Belmac, tandis que sur le même arbre, les branches de Sweet sixteen, de Pristine et de September Ruby sont en pleine forme et se préparent à fleurir.
Côté poiriers, mes porte-greffes John et Ure et la plupart des variétés qui s’y trouvent n’ont aucun dommage, excepté pour une variété de France nommée « gras vert » qui est en train de mourir ainsi que mon Parker. Sauvignac et Ste-Julienne ont partiellement gelé, tout comme Beauté Flamande.
Mon shipova greffé sur Sorbier est, lui, complètement mort, alors que celui greffé sur aronia (l’hiver sous la neige) a survécu.
Mon pommier Liberty vivote et William’s pride est mort.
 
Donc, je continue de viser plutôt des variétés zonées 2-3 et laisserai graduellement tomber tout ce qui est zone 4.
Dans ces cas-là, je suis toujours content de faire mes tests à petite échelle plutôt qu’à coup de 100 arbres. Les pertes font moins mal.
 
Sinon, grosse job de plantation, encore environ 80 semis plantés (croisements de pommes et poires principalement). Néanmoins, j’ai commencé à supprimer des semis d’il y a 4-5 ans pas assez rustiques. Principalement des semis d’Anjou et de Bosc, décidément très peu rustiques.
J’ai tout de même pris un peu de temps pour installer mes buttes de courges et concombres, planter une petite douzaine de tomates et une autre de maïs, quelques fines herbes, et haricots grimpants.
 
Nous avons même planté/préparé notre première butte de champignons, soit le strophaire rouge vin. C’est quand même long avant que ça produise, de mémoire, je crois qu’il faut attendre presque 3 mois? Enfin, on verra vers le mois d’août sinon à l’automne le résultat! Et si ça fonctionne bien, j’en propagerai au verger, car pour le moment, c’est installé en sous-bois.

Alors voilà!

Sinon, voici quelques autres variétés à éviter au Saguenay, selon le constat d’un ami, David Joly (Au Verger Ancestral) à St-Didace, dans le coin de Lanaudière (aussi en zone 3-4), qui lui aussi a perdu plusieurs arbres cet hiver:

« (…) notre Golden Russet et Egremont Russet agonisent (heureusement, on a un petit Minnesota Russet qui va bien et j’ai pu faire plusieurs greffes de Morden Russet ! ), nos 2 Liberty ont l’air d’avoir de la misère, notre plus gros William’s Pride semble mort (mais 2 autres semblent ok), tout ce qui était plus limite en rusticité, mais qui avait bien passé les derniers hivers en arrache (heureusement, ce n’est que quelques-uns), notre pommier Entreprise a repris, mais n’a pas beaucoup de feuilles ; plusieurs poiriers sont morts (Luscious, Ste-Sophie, Northbrite, Harrovin Sundown, un petit Savignac, notre gros Savignac de 5-6 ans semble avoir des problèmes – les feuilles sont devenues tombantes et molles, une couple de chaudières 5 gallons d’eau ont replacé les choses, mais les feuilles semblent maintenant endommagées). Une amie horticultrice dans le coin de Joliette a perdu ses 2 pommiers Priam et ses 2 pommiers Freedom alors qu’elle est probablement en zone 5a (ou au pire, 4b).

Heureusement, beaucoup d’arbres sont en pleine forme. Grosso modo, tout ce qui vient du Minnesota (Haralson, Lautz, Chestnut, Sweet 16, Frostbite, Keepsake, Honeycrisp, Red Baron, …) semblent en pleine forme, de même que les variétés qui viennent de la pépinière à Ste-Julienne et toutes les variétés qui ont une pommette comme parent proche. »
Je termine avec quelques photos des greffes qui reprennent. Restera à voir si la greffe ne meurt pas après un mois (incompatibilité) sinon après l’hiver car non-rustique…

Pommier Cox’s Orange sur Bud118. Je n’ai pas pu résister, même si la rusticité ne devrait pas être au rendez-vous.

Pommier Red Baron sur Bud 118

Poirier Korshinskyi sur poirier Ure

Poirier Harvest Queen greffé en latérale sur le tronc du porte-greffe, un poirier John. J’ai hâte de voir si Harvest Queen est aussi rustique qu’il est réputé l’être.

Poirier Thorn sur John

Ici, une double greffe, soit avec intergreffe: un abricotier Debbie’s Gold sur Cherry-Plum Opata (greffé environ un mois à l’avance et conservé au frigo). Le tout regreffé mi-mai sur un prunier americana.

Pommier Norkent sur Bud118

Ici, greffe en écusson dormant qui a sauvé mon Haralson. Celui-ci était sur un M26 depuis plusieurs années et gelait à chaque année. La couverture de neige tardive a complètement eu raison de lui cette année (à gauche). Après cinq ans, mon arbre est complètement mort. Mes bourgeons greffés sur pommetier ont sauvé mon arbre. On reprend tout à zéro.

Prunier salicina Brookgold sur prunus nigra

Bon jardinage! 🙂
PS: Un ami me demandait quel était mon échantillonnage pour déterminer la rusticité d’une plante? Soit, combien d’exemplaire est-ce que je teste. La réponse est: en général, j’essaie toujours d’avoir au moins deux arbres de chaque variété. Néanmoins, dans le cas de variété réputés moins rustiques (genre zone 3b-4 pour moi), je les greffe en tête et ne dispose souvent que d’un seul exemplaire. Je juge que c’est suffisant pour le besoin de la cause, soit suffisamment d’énergie déployée pour tester une plante qui ne survivra probablement pas, à moins d’une heureuse surprise.

C’est beau des fleurs, mais c’est surtout des fruits qu’on veut!

Enfin! C’est le printemps. Les arbres fleurissent; à Québec, les pommiers et pommetiers sont à leur plus beau!

Pommetier hybride en fleur

Malheureusement, certains arbres fruitiers semblent s’entêter qu’à produire que des fleurs sans jamais fructifier – au grand désarroi de ceux qui les cultivent.

On me posait justement cette très pertinente question cette semaine:
« Bonjour, j’ai acheté un poirier Cold snapp et un pommier Jonagold. Je me demande avec quelle variété je peux le polliniser. Quelles sont les compatibilités? »

La réponse simple est la suivante: plantez (ou greffez) deux variétés de pommiers et de poiriers à proximité l’un de l’autre et le tour est joué.

Branche de pommier (fleurs blanches) greffée sur un pommetier de type Royalty. Une façon simple d’assurer une pollinisation réussie; deux variétés à proximité l’une de l’autre.

Néanmoins, je tenais tout de même à couvrir quelques points supplémentaires qui peuvent faire toute la différence entre l’échec et le succès. Voici donc mon analyse point par point:

1. Pollinisation croisée: la plupart des fruitiers produiront davantage avec un autre arbre de la même espèce à proximité. Oubliez les histoires d’autofertilité bien que ce soit parfois vrai, mais la plupart du temps à un degré très décevant.
En gros, plantez deux arbres (ou greffer une branche) de deux variétés pour la pollinisation (comme nous, il faut un papa et une maman):  un pommier avec pommier ou pommetier, un poirier avec un poirier et un prunier avec prunier (je n’entre pas dans les détails ici, car dans ce cas il existe des incompatibilités).

2. Point deux: planter deux variétés identiques ne fonctionne pas. Deux pommiers Liberty ne se polliniseront pas l’un l’autre, puisqu’ils sont tous les deux des clones du même arbre. Et ce même si physiquement, vous en avez deux.

3. Synchronisation: les deux arbres que l’on veut croiser doivent fleurir à peu près en même temps. Au Québec, la saison est tellement courte que c’est rarement un problème pour nous. Sur certains sites européens, on regroupe les variétés par période de floraison, puisque leur printemps dure beaucoup plus longtemps que le nôtre. Selon le site, on utilisera une échelle de A à G ou sinon de 1 à 7, avec comme référence, au centre, la variété Golden Délicious, avec un quatre jours d’intervalle entre chaque groupe. Pour en savoir plus: https://fr.wikipedia.org/wiki/Pollinisation_des_pommiers#Groupes_de_floraison.

Par exemple, le Jonagold est classé dans le groupe de floraison 4 sous OrangePippin: https://www.orangepippin.com/apples/jonagold

4. Distance: les arbres à polliniser doivent se trouver relativement près l’un de l’autre. Je recommande la plantation dans un périmètre de 100 mètres l’un de l’autre si vous avez beaucoup de pollinisateurs (abeilles et bourdons). Néanmoins, certains arbres comme les poiriers produisent peu de nectar et leurs fleurs sont souvent boudées des insectes. Il doit donc y avoir un autre arbre de variété différente se trouvant à proximité, soit davantage dans un rayon de 30m.

pommier Norland en fleur

5. Les triploïdes et autres variétés infertiles: Certains arbres sont classés comme triploïdes puisqu’ils possèdent trois paires de chromosomes plutôt que deux. Il s’agit de variété moins courantes, mais qui nécessitent, comme tous les autres fruitiers, d’obtenir du pollen d’une autre variété pour produire. Néanmoins, les variétés triploïdes en question ont la particularité de ne pas produire du pollen viable pour les autres arbres. Ils sont donc considérés comme peu ou pas fertiles. En cas de doute, je vous invite à consulter la banque de données internationale du GRIN (germoplasme), car celle-ci permet d’identifier avec certitude, au niveau génique, le cultivar concerné.

Si je reprends l’exemple de Jonagold, sur le site du GRIN, on confirme que le cultivar en question est effectivement un triploïde, donc celui-ci ne pourra pas polliniser un éventuel compagnon, alors que l’inverse (selon le cultivar choisi) devrait fonctionner. On constate que c’est un triploïde en consultant le tableau du bas, dans la section Characterization and Evaluation Data, sous Ploidy Level: 3x – Triploid https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/accessiondetail.aspx?id=1005004

6- Enfin, dernier point, malgré tout ça, il existe certaines incompatibilités et celles-ci sont carrément de l’ordre des paires de chromosomes. Sans se rendre à ce niveau de détail, disons que c’est ce qui explique que dans certains cas, on pollinise un cultivar X avec un autre Y, mais sans succès. Je ne connais pas de site qui répertorie efficacement les compatibilités avec autant de précision, pour la simple raison que le « mappage » génétique de tous les cultivars est très long et onéreux. Disons que pour le commun des mortels, se contenter d’avoir plusieurs cultivars et variétés à proximité devrait suffire.

Je vous recommande donc ce site (le GRIN) afin de valider surtout si vous cultivar sont triploïdes:

https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/search.aspx

Quelques ressources supplémentaires:

– Le site de l’OMAFRA, qui survole la question de la pollinisation des pommiers: http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/00-012.htm#emplacement

– Vous pourrez consulter l’outil d’orange-pippin afin de valider la compatibilité de pollinisation de pommier ici (toutes les variétés ne sont pas nécessairement répertoriées): https://www.orangepippintrees.co.uk/pollinationchecker.aspx

– Un autre article d’intérêt, un de mes anciens billets portant sur l’épineux sujet de la pollinisation des pruniers: https://poirespetitsag.wordpress.com/2016/05/08/les-prunes-ces-vilaines-xenophobes/

Et je termine avec une recommandation de ces deux articles du jardinier paresseux qui traite également de la question de la pollinisation:  https://jardinierparesseux.com/2015/05/29/il-faut-souvent-2-fruitiers-pour-obtenir-des-fruits/

Jouez à l’entremetteur pour votre fruitier célibataire

prunier de type américain en fleur

nouvelles du verger – mai 2018

De retour d’un cinq jours bien rempli à préparer le verger pour une nouvelle saison. En gros, beaucoup de plaisir en alternant les menus travaux incontournables d’entretien, soit: détacher les branches des arbres, tailler le bois brisé par la neige, retirer les protecteurs à mulots, remplacer les arbres morts, ajout de fumure (en partie), taille des petits fruits et de la vigne.

Je me suis gardé le meilleur pour la fin: le greffage! 🙂 Comme chaque année, je m’étais dit que j’avais déjà tout ce dont j’avais besoin et n’avais prévu que quelques remplacements au verger… Rien à faire: d’un courriel entre amis à un autre, j’ai récupéré du bois à greffer d’une quarantaine de variétés de poires, pommes et prunes intéressantes à essayer. Impossible de résister! Alors, pourquoi pas ? J’aurai donc des arbres en avance lors de ma prochaine extension du verger dont les travaux sont lentement mais surement en route.

Mes quelques pertes de l’année: mes poiriers Luscious et Summercrisp ainsi que Northbrite. Pour les pommes; c’est mon Ginger gold qui a rendu l’âme, tandis que j’ai aussi perdu mon prunier Stanley et mon abricot Moongold.

Qu’à cela ne tienne, j’ai plusieurs remplaçant en lice.

Voici donc quelques images du verger qui se réveille.

Photo du verger à la mi-mai. Cette année, il reste encore beaucoup de neige, conséquence des tempêtes tardives de fin d’hiver et aux accumulations record; plus de 2m par endroits.

En bas à droite, on voit bien mon prunier Mont-Royal qui se porte à merveille, alors que j’ai du remplacer plusieurs autres pruniers à proximité dont la rusticité laissait à désirer.

Un prunier de remplacement: l’hybride japonais (salicina) Fofonoff ou Homesteader, supposé rustique zone 2.

Au centre, mes semis de pommes Empire, dont j’espère avoir les premières fleurs et peut-être fruits cette année. J’ai bien hâte de voir – après cinq ans – s’ils produiront des pommettes, des pommes et surtout, si ça sera bon au goût! Au pire, ils deviendront d’excellents porte-greffe.

Quelques unes de mes greffes de l’année; dans ce cas-ci, des pommiers sur bud 118; un peu de tout; du Wealthy, Spartan, Red Baron, Collet, Cox’s Orange Pippin, Fall red…

Enfin! des bourgeons floraux de poires. Sur la photo, c’est mon porte-greffe John, auquel j’ai laissé quelques branches qui se prépare à fleurir.

Bon jardinage!