Germination d’akène de fraise ; ce faux-fruit-réceptacle charnu

Ça fait drôle à dire, mais quand on mange une fraise, on mange un faux-fruit.
Le vrai fruit est en fait l’akène, les petites graines réparties tout le tour de celle-ci, et dont on ne se soucie pas trop.
C’est que l’été dernier, Pascal a acheté un panier de fraises Cabot, une relativement nouvelle variété de fraises de saison GÉANTES!

La Cabot, une fraise naturellement géante et… contre toute attente, savoureuse!

J’avoue j’étais sceptique: des fraises géantes, pour moi, c’est synonyme de « boost » aux hormones et ça n’a rien de naturel. Pourtant, dans ce cas précis, ces fraises sont naturellement géantes lorsque cultivées en champ. Les plants produisent des monstres, voilà tout. Et en plus, elles ont bon gout!

Les Cabot nous ont tellement surpris, que je me suis laissé convaincre d’en récupérer des graines (des akènes) et d’essayer d’en faire pousser.

Car, mettons une chose au clair, la fraise, ce n’est pas un fruit. La fraise est « un réceptacle charnu sur lequel sont disposés régulièrement des akènes » (source Wikipédia), qui sont, eux, les vrais fruits d’un fraisier. Et c’est justement ça qu’il faut récupérer et stratifier au frigo si on veut faire pousser quelque chose (sinon ça marche peut-être quand même, mais le traitement augmente nos chances).

Gros plan sur les akènes d’une fraise, les vrais fruits (les graines). Source: wikipédia, par Scott Bauer de United States Department of Agriculture

Disons tout de même que j’étais un peu dubitatif et je ne pensais pas obtenir des résultats intéressants avec des graines de fraises du marché, dont la pollinisation est ouverte (parent inconnu). Mais ça, c’était avant de creuser un peu plus et avant de découvrir l’histoire de ce nouveau cultivar.

Cabot a été développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Kentville, en Nouvelle-Écosse et introduit commercialement en 1998. D’ailleurs, le brevet de Cabot arrivait justement à échéance en 2016.

La variété donc, est issue de croisements complexes, cherchant à combiner fermeté (K86-19), grosseur de fruit (K87-5) et résistance au stèle rouge du fraiser (Phytophthora fragariae), un champignon qui infecte les plants jusqu’à les tuer. Ceux-ci se flétrissent et produisent alors pas ou peu de fruits.

J’étais donc très content d’apprendre que la variété était résistante à cette maladie! Un plus, donc, pour mon expérience. Les fruits de Cabot sont tellement gros, que peu importe le résultat; si mes graines sont croisées avec un autre cultivar commercial, j’ai de fortes chances d’avoir de gros fruits. Alors que s’ils sont croisés avec des fraisiers sauvages, même à 50% de 20 grammes en moyenne, j’ai des fruits de 10 grammes, potentiellement hyperparfumées et savoureux, sans compter 10 x plus rustiques et résistants. En gros, que du bon.

Déjà 5 petits plants de Cabot X. Et… probablement plusieurs autres à venir! (après 3 mois de stratification froide)

L’hybridation et la culture de nouveaux cultivars de petits fruits n’étaient peut-être pas dans mes projets, mais en termes de résultats, c’est tout de même beaucoup plus gratifiant, car rapide à fructifier qu’avec le croisement des poiriers.

Pour en savoir plus sur le cultivar Cabot:

http://hortsci.ashspublications.org/content/39/7/1778.full.pdf

Sur la stèle rouge du fraisier:

http://www.omafra.gov.on.ca/IPM/french/strawberries/diseases-and-disorders/red-stele.html

https://www.agrireseau.net/lab/documents/Phytophthora%20petits%20fruits%20E.pdf

Greffage 101 – sources de PG et de greffons

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Ça y est! C’est déjà terminé. C’était une chouette édition de la fête des semences (deux jours!) et j’ai pu y donner ma conférence express sur le greffage 101. La salle était presque pleine; des gens curieux, allumés et participatifs. J’ai été surpris du nombre de questions pointues et pertinentes. Une très belle expérience quoi! Il y a du potentiel pour un bon futur bassin de greffeur pour échanger.

Toutefois, 45 minutes, c’est très court.

J’ai eu plusieurs question sur mon expérience de greffe de tomate sur patate (deux membres des solonacés). Mon expérience s’était soldé par un résultat moyen. Reste à savoir si le choix du cultivar de tomate y est pour quelque chose… Voici donc un lien vers les deux articles sur ce sujet: https://poirespetitsag.wordpress.com/?s=pomate&submit=Recherche

Pendant ma conférence, j’ai présenté de façon très brève ma liste de sources de porte-greffes ainsi que de greffons. Pour ceux qui n’auraient pas eu le temps de tout prendre en note, tel que promis, je remet l’information ici, sur mon blogue.

Pour les Porte-greffes:

Verger Pépinière Bord du lac: Ils ont de tout et à prix raisonnable (mais je ne les ai pas encore essayé – vous me direz!): https://www.vergerpepiniere.com/porte-greffe

Pommiers: Whiffletree, GreenBarn (variés)
et ArbresEnLigne (malus siberica et Antonovka à partir de semis)
Poiriers :Whiffletree et GreenBarn (OldHome x Farmingdale – OHF 333) et ArbresEnLigne vendent du poirier Ussuriensis (poirier de Mandchourie)
Pruniers :Lafeuillé (lafeuillee.com) ont des prunus nigra et americana

Notez que dans certain cas, il faut contacter les vendeurs car l’information sur la vente des PG n’est pas sur leur catalogue/site.

Pour les greffons (bois à greffer)

Site d’échange:

-Fruitiers.net (davantage d’utilisateurs Français, mais de plus en plus de Québécois)
-Gardenweb canada (en anglais) – http://forums.gardenweb.com/forums/excan

Pépinières :
http://www.appleluscious.com
O’Keefe Grange, Dubbinton Ontario (j’ai déjà passé un commande avec eux et le bois pour greffer était très petit et moyen)
Corn Hill Nursery (pommes et qlqs poiriers)

Germoplasmes: ceux-ci privilégient la recherche, mais sont relativement ouverts aux requêtes du grand public.

GRIN.ca soit le site de Ressources phytogénétiques du Canada
Et le germoplasme de l’Université de Saskatchewan – soit le Prairie Fruit Genebank)

Voilà!

Et si quelqu’un a de l’information à ajouter à cette liste, n’hésitez pas à m’en faire part!

PS: J’ai quand même réussi à trouver un cinq minutes pour me rendre à la pièce d’échange de semis et après m’être délesté de quelques sachets de graines récoltées par moi, j’ai mis la main sur de la courge Potimarron. Une nouvelle variété de hubbard à faire pousser. Super!

Atelier de greffage 101 c’est dans une semaine!

Rappel: C’est bientôt, soit dans une semaine que je donnerai ma conférence sur le Greffage pour débutant!

Quand? dimanche 5 mars 12:30

Où? à la salle « Espace Jardin » de l’Université Laval (carte ici)

Combien? Gratuit!

J’y parlerai de quelques greffes courantes et faciles à faire, qu’on peut pratiquer avec du matériel déjà à la maison.

Le lien: Fête-des-semences-de-quebec-2017

C’est gratuit, venez en grand nombre! Pour plus d’info, voir: http://www.facebook.com/ events/465205413867067

ou http://fete.agricultureurbaine.net/conferences/espace-jardin/

Au plaisir de vous y voir!

En quête de mirabelle rustique

La mirabelle – un fruit sucré, juteux et délicat qui pousse bien au Québec – photo source: wikipédia (https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c8/Koogan_2002-08-14-160212.jpg)

Même si les prunes européennes sont délaissées de plusieurs en faveur des prune asiatiques, plus résistantes au nodule noir, je suis tout de même tombé en amour avec les mirabelles européennes. C’est suite à la dégustation d’un panier de celles-ci, au marché du Vieux-Port de Québec, que j’ai découvert ces délectables délicats petits fruits dorés. Celles achetées alors provenaient de l’Île d’Orléans, donc de tout près de Québec. Les mirabelles de Nancy et de Metz sont zonées 4 tout au plus, donc ne tolèrent pas les grands froids de plus(moins) de -40’C.

Malgré tout, mon père a réussi à en faire pousser un. L’arbre a survécu près de vingt ans, même en zone 3 protégée. Malheureusement, il n’a pas produit beaucoup, faute de pollinisation. Il aura tout de même vécu assez longtemps pour prouver que sa culture est possible. Il a rendu l’âme il y a tout juste deux ans, lors du « gros hiver dur » à -45C. C’est donc dire qu’il ne manquerait pas grand chose.

Depuis mon intérêt pour les mirabelles, nous en avons replanté un arbre. Le pauvre n’a pas beaucoup poussé, car il a été la cible répétée d’un chevreuil qui l’avait adopté à notre grand désespoir d’ailleurs.

Depuis deux ans, je fais aussi pousser les graines récupérées de mes prunes de l’Île. Celles-ci étaient plus petites et sucrées, probablement donc des mirabelles de Metz. D’ordinaire, je ne me casse pas trop la tête à essayer de faire pousser des prunes (car comme pour le reste, les semis ne sont pas très fidèles). Mais dans ce cas, j’avais lu que les mirabelles se reproduisaient assez fidèlement par semis. Alors il ne m’en fallait pas plus, des fois que j’obtiendrais quelque chose de bien et surtout, de rustique!

Mirabelle Année 1

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C’est qu’en dehors du prunier Mont-Royal zoné trois, il n’y a pas beaucoup de pruniers européens qui résistent aux grands froids. Je cultive un « damas » ou pruneau d’Ente mini vert/jaune, dont la graine provient de Kamouraska (au Québec), sinon du Damas Européen qui survit tant bien que mal et aussi, un Yellow egg ou Pershore yellow, qui lui aussi survit bien jusqu’à présent, sans avoir encore produit. En résumé, les choix sont limités et tant qu’à choisir, à date, c’est la mirabelle que je préfère au niveau gustatif.

Alors pour être certain de mon coup, en plus de mes semis des mirabelles de l’île déjà décollés depuis deux ans, j’ai aussi mis la main sur pas moins de quatre variétés de pruniers mirabelles directement d’Europe, plus précisément de Normandie. Vive internet et les amitiées virtuelles! Après stratification, mes semences commencent doucement à pousser. Dès ce printemps, je pourrai les planter et les soumettre à l’épreuve du froid. Il s’agit des Mirabelles de Nancy, de mirabelles jaunes (p-ê des fausses mirabelles?), de mirabelles violettes et de mirabelles rouges. Et si je n’obtiens que des pruniers sauvages ou pruneoliers au bout de compte, peu ne m’importe! Ce sera déjà mieux que rien du tout.

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Mon arrivage de noyaux de futures mirabelles boréales!

Je constate déjà que mes semis de « mirabelles jaunes » semblent avoir des cotylédons très rouges, donc avec beaucoup de pigments. Ensuite, un des deux premiers semis à avoir germé dans ce lot, celui de droite sur la photo, ressemble énormément à un prunus spinosa (j’en avais fait germé il y a deux ans). Serait-ce un croisement? Possible. Le futur nous le dira s’il se révèle assez rustique pour produire un jour!

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Dépliant informatif sur la mirabelle, document produit par le Verger conservatoire Hattonville (vraiment bien fait):

Tout savoir sur la mirabelle

Atelier de greffage pour débutant à la fête des semences de Québec – dimanche le 5 mars 2017

Tout frais, tout chaud! Ça y est, la date et l’heure sont sortis.

Ma conférence sur le greffage pour débutant sera le dimanche 5 mars 12:30 à la Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec. Rendez-vous à la salle « Espace Jardin« , à l’Université Laval.

Le lien: Fête-des-semences-de-quebec-2017

C’est gratuit, venez en grand nombre! Pour plus d’info, voir: www.facebook.com/ events/465205413867067

ou http://fete.agricultureurbaine.net/conferences/espace-jardin/

Et d’ici là, voici quelques photos de mes plantations d’hiver.

Mon figuier LSU Gold (greffé sur semis de figue de Turquie) est en pleine forme!

Tellement, que suite à une taille d’automne un peu drastique, il a repoussé et a produit une fructification d’hiver. J’avais une belle figue de prête ce matin. Encore plusieurs à venir. Miam!

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LSU Gold, un bon achat pour moi, il produit bien à l’intérieur; de belles grosses figues sucrées au bon goût de miel.

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Aussi, c’était ma semaine d’embouteillage de ma dernière recette de vin de la saison, mais aussi ma première recette de vin de framboise-cassis. C’est une bonne façon de recycler un surplus de production. La recette: moitié-moitié framboise-cassis, avec un peu de raisin secs ajoutés, tout juste pour aider le moult. Ma production n’aura donné qu’une demi-recette (environ 10 litres). Alors j’ai acheté de jolies petites bouteilles, des fillettes de 375ml. Comme ça, je pourrai étirer un peu la dégustation (sinon ça part trop vite). Rendez-vous en décembre pour déguster le tout, le temps de laisser vieillir.

Jolie couleur, non?

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Et je termine avec mon amaryllis qui se préparer à refleurir. Je suis d’accord, c’est peut-être purement esthétique comme plante, mais de jolies fleurs en hiver, c’est bon pour le moral!

Ce sera sa deuxième année et floraison. J’avais prévu le composter après que les fleurs se soient fanées l’an dernier, mais quelqu’un m’a convaincu de lui donner une chance. Finalement, ça en valait la peine.

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Bon jardinage!

La diversité dans le potager et culture de légumes inusités

Ça y est, j’ai craqué.

Je m’étais pourtant dit que j’attendrais un peu, d’autant plus qu’il y a la Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec qui s’en vient…à l’Université Laval de Québec. J’y assisterai début mars, car j’y animerai un atelier sur la greffe pour débutants (heure et jour à confirmer).

Tant pis, j’ai tout de même craqué, j’ai passé une commande de graines.

Ça a commencé avec une petite lecture anodine de blogues sur la permaculture. De fil en aiguille, je tombe sur un article (que je ne retrouve plus) vantant les mérites du Cyclantera pedata, ou achocha/concombre du Pérou. Dans l’article en question, la personne avait eu une très bonne récolte d’achocha, alors que ses concombres n’avaient rien produit à cause d’une sécheresse en août. La personne clamait haut et fort que le concombre du Pérou était depuis un incontournable de son potager.

Hummm. Prometteur! Il y a souvent des sécheresses en août à mon terrain.

L’Achocha est une grimpante – qu’il faut palisser – qui produit à partir de 90 jours de petits concombres qui se consomment avant maturité, sinon farcis.

source: Alsagarden.com

Le cyclanthère ou Achocha source: Alsagarden.com

Voir l’article ici du site Alsace Garden: http://www.alsagarden.com/blog/cyclanthera-pedata-une-curiosite-pour-votre-potager/

Il ne m’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité.

Et hop! Une visite rapide à mon pusher de semences préféré, Semences Solana (https://solanaseeds.netfirms.com/accueil.html)

Et sur quoi, je tombe… des graines d’achocha! 🙂

Puis, tant qu’à y être. J’explore un peu et me laisse tenter par quelques légumes supplémentaires. Les prix sont abordables et je n’ai pas l’impression de me faire arnaquer.

  • De l’Okra variété Clemson Spineless (hâtive et sans épines)
  • De l’Aubergine Slim Jim (hâtive, résistant à la sécheresse et aux fruits plus petits allongés) – ma dernière tentative de culture d’aubergine géante a été un échec retentissant. J’ai fait pousser de beaux plants qui n’ont fait que du feuillage.
  • Du Kale Red Russian (50 jours, relativement hâtif) – de la belle verdure! 😉
  • Des courges Delicata – des super courges d’hiver qui se mangent à toutes les sauces, mes préférées.
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Une belle présentation et une commande soignée chez Semences Solona de Repentigny, au Québec.

En résumé, de belles cultures prévues et espérons le, des récoltes qui le seront tout autant.

Je termine avec quelques liens:

  • D’abord un lien sur les différentes fêtes des semences du Québec, tiré du site semences du patrimoine:

http://www.semences.ca/evenements?prov=QC

  • Aussi, un lien du Ministère de l’agriculture de l’Ontario sur les légumes spéciaux:

http://www.omafra.gov.on.ca/CropOp/fr/spec_veg/index.html

  • Enfin, un lien de shopping, celui-là avec une liste de différents catalogues de semenciers disponibles, tirée du site du Jardinier paresseux, M. Hodgson en personne:

Catalogue des semences: jardinierparesseux.com/catalogues/

(https://jardinierparesseux.com/catalogues/)

L'Okra ou Gumbo - variété Clemson sans épines. Un fruit méconnu qu'il faut apprêter de la bonne façon.

L’Okra variété Clemson sans épines.

Source: http://renaissancefarms.org/healingharvest/wp-content/uploads/sites/5/2015/08/clemson-spineless-Okra.jpg


L’Okra est de la famille des Hibiscus – Hibiscus esculentus – d’où la ressemblance de ses fleurs avec les variétés ornementales. Source: Wikipédia.org

 

Recherche sur les poiriers rustique

Un petit état de la situation pour ce qui est de mes expériences de rusticité et vigueur en ce qui a trait aux porte-greffes de poirier. En résumé; c’est du long terme, mais d’ici là, j’ai déjà des conclusions de tirées. En bonus, de nouvelles sources en fin de billet.

graines de poiriers en provenance du NCGR-Corvallis

Graines de poiriers reçues du NCGR-Corvallis – automne 2014

Ce billet fait suite la publication de mars 2015 suivante: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/11/pyrus-regelii-et-pyrus-korchinskyi-des-porte-greffes-rustiques-prometteurs-pour-zone-2-et-3/

Les variétés à l’essai à ce jour (comme porte-greffe de poirier):

– semis d’Ussuriensis, graines achetées d’internet (provenance inconnue)
– semis de John (hybrid Ussuriensis x communis Aspa)
– semis de variétés sauvages: p. nivalis (de Russie), p. Korshinskyi (1600m Kyrgyzstan) et p. spinosa (980m d’altitude en Albanie), p. regelii (800m Kazakhstan, -40’C)
-semis de communis de l’épicerie.
-greffe sur amélanchier

Mes semis, pour la plupart, en sont à leur deuxième année, sinon trois. Jusqu’à présent, les constats sont les suivants:

  • les graines d’ussuriensis d’internet (acheté depuis trois ans) n’étaient pas rustiques du tout. Celles-ci provenaient du sud des États-Unis et la pollinisation était ouverte, donc ceux-ci semblent avoir été croisés avec du non-rustique. Au final, il ne me reste qu’un plant et j’ai arraché tous les autres. En résumé, on achète jamais de graines de sources inconnues, pour s’assurer de la rusticité d’une variété, vous procurer quelque chose dans une même zone que vous ou dans les rayons de 100 km encore mieux.
  • les semis de John sont très vigoureux et, tout comme je l’avais lu dans un article sur le web, donnent d’excellents porte-greffes. Ils poussent bien et semblent assez résistants au froid et à la sécheresse.
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Des semis de John à leur deuxième année. Même plantée dans un endroit inhospitalier, ça pousse bien quand même.

Pour ce qui est des variétés sauvages:

Les p. spinosa et nivalis poussent très lentement. Personne de mort à date, mais après deux ans, les semis ne mesurent qu’environ 20 cm au maximum, pas plus. Le feuillage des spinosa est dentelé et fort joli. Eux aussi poussent lentement et sont peu vigoureux. Ils semblent assez bien résister à la sécheresse.

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Mes semis de pyrus nivalis ont bien résisté jusqu’à maintenant, mais poussent très lentement. Leur feuillage d’automne se fond dans le paysage du sous-bois. Les voyez-vous?

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Ici, on voit mes semis de pyrus spinosa d’Albanie. J’ai dû leur mettre des protecteurs contre les lièvres.

Les p. regelii, sensés être très résistants au froid, à la sécheresse et nains, sont effectivement assez résistants à la sécheresse, et nains. Toutefois, ceux que j’ai plantés dans du sable subsistent sans plus et j’en ai même perdu un. Ils semblent avoir quand même besoin d’un sol avec au moins un peu de nourriture/humus et un minimum d’eau pour prospérer. Mon plus gros fait environ 30 cm; c’est celui que j’ai le mieux planté/chouchouté.

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Un semis de regelii arborant ses couleurs jaunes d’automne.

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Mon plus beau plant de p. regelii avant sa coupe de cheveux. Les plants ont une forte tendance buissonnante.

Enfin, je termine avec le pyrus korshinskyi. Je n’ai réussi à faire germer qu’une seule et unique graine sur un lot de 25. Je confirme, celles-ci ne conservent pas leur viabilité longtemps.

Le plant a été déménagé au printemps et je l’ai planté sur le sommet d’une butte en plein soleil pour sa deuxième année. C’était le test ultime, puisque ceux-ci sont réputés être très résistants à la sécheresse et justement, recherchés afin d’être utilisés comme porte-greffe dans leur Russie d’origine.

Le résultat avant/après:

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p. korshinskyi au printemps 2016…

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Mon pyrus  korshinskyi à la fin de l’été (septembre). Il a plus que doublé malgré un mois d’août sans pluie.

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pyrus korshinskyi avec son feuillage d’automne d’un beau violet

Semis de p. communis: Pour avoir fait le test, étant donné qu’il tombe beaucoup de neige chez moi, utiliser des semis de Bartlett, Anjou, Comice ou Bosc comme PG à affranchir ne semble pas un problème pour le moment (ces variétés donnent toutes des semis vigoureux). Toutefois, je pourrais potentiellement avoir des problèmes avec les racines, advenant le cas d’un très gros froid de novembre/décembre sans neige, ou encore avec le feu bactérien. Éventuellement, je pourrais aussi utiliser des graines de mon Old Home, une fois que celui-ci aura enfin fructifié (j’espère des fleurs au printemps…)

Et pour toutes les variétés sauvages à l’essai (spinosa, nivalis, regelii et Korshinskii) je n’ai pas encore fait de tests de greffes, alors je ne sais pas du tout ce qui pourra arriver au niveau compatibilités.

Greffes sur Amélanchier – un suivi:

J’en suis à la troisième année pour mon Early seckel sur amélanchier et j’ai maintenant un Beurré d’Amanlis aussi sur amélanchier. J’espère des fleurs sur mon Early Seckel au printemps. Le résultat est encourant et très nanisant. Toutefois, il semblerait que les plants aient besoin d’amour (arrosage, engrais/humus), puisque dans un verger rustique non irrigué/arrosé, mes plants semblent en mode survie sans plus.

Early seckel sur amélanchier

Early seckel sur amélanchier en automne

Beurré d'Amanlis sur amélanchier

Ressources et bibliographie:

Et je termine avec quelques ressources, trouvées ici et là sur le web, traitant surtout de la recherche sur les porte-greffes pour poirier en climat rustique. Désolé, c’est encore en anglais.

Les deux premiers liens sont des articles de la revue Good fruit grower. Le premier étant sur les expériences de culture sur amélanchier (déjà partagé par le passé). Le second est tout récent et parle plutôt d’un verger au Vermont, celui de Todd Parl de la pépinière WaldnHeightsNursery. Celui-ci a été récipiendaire d’une bourse de recherche afin de tester les cultivars et porte-greffes de pommiers et poiriers rustique. Son site se trouve en altitude avec un climat et terrain montagneux, donc assez proche du mien (USDA zone 3). Son climat semble assez proche d’un zone 4 canadien je dirais.

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Source: Good fruit grower, 15 avril 2015: http://www.goodfruit.com/portfolio-items/april-15-2015/

in-the-hunt-for-cold-hardy-pears-good-fruit-grower (j’ai fait des pdf, car les liens du magazine ne semblent pas toujours bons).

Source: http://www.goodfruit.com/in-the-hunt-for-cold-hardy-pears/

Par curiosité, je suis donc allé voir le site de la pépinière en question et suis tombé sur les résultats de recherches  qui étaient publiés en ligne! Voir plus particulièrement les tableaux 14, 15 et 17.

Le lien: https://waldenheightsnursery.com/category/research/rssf

Le dernier lien est un vieil article de 1996, mais qui fait le point sur la recherche au niveau international en termes de culture fruitière rustique, avec un bon bilan de ce qui se faisait à l’époque en terme de recherche au Canada. J’étais content d’apprendre que le réputé Harrow Queen est supposé être plus rustique. À confirmer donc.

http://www.nrcresearchpress.com/doi/pdf/10.4141/P96-013

(PS: Si vous êtes intéressés par les publications scientifiques sur les poires, je vous conseille de consulter ce qui se fait au niveau international, car un symposium scientifique est tenu mais je ne suis pas certain de la fréquence. Les textes présentés sont listés ici, sous « International Pear Symposium »: http://www.ishs.org/european-and-asian-pears