Le design permaculturel et les plans du verger

Une partie importante de la permaculture est le design.

Dans le contexte de la permaculture, le Design signifie la planification d’un système autosuffisant et aussi diversifié tout en étant le plus près de la nature possible.

Je cite ici les cinq éléments du design permaculturel, tels que trouvés sur wikipédia:

« Le design permaculturel (…) C’est une manière :

  1. d’appréhender un système ou un problème dans sa globalité ;

  2. d’observer comment les parties d’un système sont reliées ;

  3. de réparer des systèmes défaillants, en appliquant des idées apprises de systèmes durables matures en fonctionnement ;

  4. d’apprendre des systèmes naturels en fonctionnement, pour planifier l’intégration de l’être humain dans les écosystèmes où il s’est implanté et qu’il a abîmés avec ses systèmes agricoles et urbains, par manque de connaissance et d’éthique ;

  5. d’inclure ceux qui n’ont jamais entendu parler de la permaculture. »

C’est à partir de cet optique que, depuis l’hiver, je ne cesse de réviser mon plan de verger.

Il faut le dire, mon plan de départ ressemblait spontanément à l’image d’un verger traditionnel; des rangées d’arbres fruitiers identiques rectilignes, parallèles, triés par espèces. Des pruniers d’abord, les pommiers ensuite et des poiriers surtout.

Je dois désormais en être rendu à ma dixième version de plan/design de verger, au moins.  À chaque mois, je découvre un nouvel élément qui me fait remettre en question mon plan. Et la beauté de tout ça, c’est que sur papier, on peut tout déménager et changer de place sans efforts, et sans déranger les plantes – contrairement à le faire pour vrai, en saison.

Au final, voici les éléments clés qui ont déterminé comment choisir le contenu et l’ordre de mes futures rangs de verger:

  • La période de production (et diversification de ma production). Tant qu’à avoir des fruitiers, pourquoi pas ne pas également ajouter quelques petits fruits et baies, dispersées et plantées aux pieds des arbres, à la limite de la circonférence des branches (dripline).
  • Le contrôle des maladies. D’abord, mes premières expériences de l’an dernier m’ont déjà apprises que dès qu’on regroupe des arbres d’une même espèce ensemble, on incite les maladies et ravageurs à se propager, puisque les arbres d’une même espèces sont tous côte à côte. La permaculture m’a incitée à repenser mon design afin d’alterner mes espèces, plutôt que de les mettre côte à côte. J’opte pour des variétés préférablement résistantes aux maladies et j’alterne toujours avec deux autres variétés entre un pommier par exemple. Je plante; Pommier – Poirier – Fixateur d’azote – Prunier – Pommier.
  • Utilisation de plantes adaptées au climat et la rusticité. Après le -44 ‘C enregistré par mes parents cet hiver, et mon éloignement du Fleuve confirme que je ne suis pas zoné 4a, mais bien 3b. Même si j’ai un microclimat chaud et sec l’été, ce qui détermine avant tout la zone de rusticité, ce sont les extrêmes hivernales. La neige au sol permet d’avoir des plantes vivaces parfois zoné jusqu’à 5, puisque celles-ci sont protégées du froid. Toutefois, tout ce qui dépasse doit être au moins zoné 3b, sinon ne survivra pas. J’ai donc révisé mes attentes à la baisse et plusieurs espèces prévues dans mon vergers se sont retrouvées enlevées. Je me garderai quelques porte-greffe que je laisserai pousser et que je grefferai en surgreffage (top-grafting) sur les branches, en hauteur, afin de ne pas perdre mon arbre si jamais les variétés en évaluation meurent par un hiver très froid.
  • La résistance à la sécheresse. Mon emplacement en montage, dans une vallée souvent sèche m’incite à choisir des porte-greffe pour mes poiriers et pommiers qui seront résistant en zone 3 mais surtout, à la sécheresse. À cet effet, j’ai l’intention d’opter pour des pommetiers de type Dolgo, Baccata et Selkirk, réputés pour bien tolérer le grand froid et la sécheresse (J’ai aussi entendu parler du Ranetka qui ferait bien, mais il est plus difficile à obtenir à peu de frais). Pour les poiriers, ce sera des Ussuriensis Harbin ou semis de Golden Spice (à moitié Ussuriensis). Bien que censé faire de grands arbres, celui de mon père, vu le climat plutôt rude, ne fait qu’une vingtaine de pieds de haut, ce qui sera probablement la hauteur de mes poiriers à venir. Pour les pruniers, je grefferai sur nigra, malgré la tendance au gourmands. Eux aussi, ont fait leur preuve sur le terrain voisin, chez mon père.

En date de la dernière version de design de mon verger, celle de début avril, inclura désormais des pommiers, pruniers et poiriers rustiques des prairies. Voici donc mes derniers ajouts : les pommiers Norkent, Prairie Sensation et September Ruby, ainsi que le poirier Early Gold (semis de Ure) tous zoné 3.

Pyrus EarlyGold de Jeffries Nurseries

La poire Early Gold (ou JefGold) z3 from Jeffries Nursery – http://www.jeffriesnurseries.com/eargld.htm

pommier Norkent (Haralson x Rescue) z2b see http://fruit.usask.ca/apples/norkent.html

pommier Norkent (Haralson x Rescue) z2b http://fruit.usask.ca/apples/norkent.html

Malus September Ruby z3

pommier September Ruby (Rescue x Haralson) z2a http://www.fruit.usask.ca/apples/septemberruby.html

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4 réflexions sur “Le design permaculturel et les plans du verger

  1. Finalement, en date de janvier 2015, plusieurs variétés ont changé. Je n’ai toujours pas mis la main sur les variétés rustiques escomptés, excepté pour William’s Pride, Liberty et Honeycrisp, des zone 3. Le printemps prochain, un nouvel arrivage de boutures de malus rustique est attendu et j’espère bien cette fois obtenir la sélection désirée de pommiers zone 2. J’ai toutefois laissé tomber September Ruby, puisqu’il serait très sensible au feu bactérien. Étant donné que j’ignore encore si mon verger sera à risque ou pas, je préfère laisser tomber ce cultivar pour d’autres reconnus comme résistants au feu bactérien… Et ce n’est qu’au printemps 2016 que je pourrai enfin obtenir des boutures de Prairie Sensation, boutures directement commandés de l’Université de Saskatchewan.

  2. Je n’ai pas encore goûté la plupart de mes variétés greffées, comme pour Early Gold. J’ai obtenu une bouture l’an dernier tard dans la saison. Elle a repoussé, mais j’en ai encore pour un moment avant d’avoir ma première fleur!
    Toutefois, j’ai lu que c’était moins bon que Ure au niveau gustatif, mais que la variété était davantage rustique, ce qui en fait un poirier très précieux pour mon coin. Enfin, un jour…

  3. Pour moi la problématique est différente. Je cherche des arbres précoces car mes été sont court et frais. Un poirier qui donne poires en octobre ne produira jamais chez moi. J’ai remarqué que les arbres précoces sont souvent très rustique. Merci pour votre aide.

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