Quel est le lien entre diversité et le vin de groseille?

J’ai embouteillé, il y a quelques jours, une de mes deux recettes de vin maison annuelle, fait à partir de petits fruits du verger.

Du coup, je me suis dit que je devais parler de pas un, mais de deux sujets importants: la diversité dans la permaculture et… le vin de petits fruits, une manière de recycler les surplus de dame nature.

Depuis quelques années déjà, j’ai pris l’habitude de me faire au moins une recette de vin de cerises à grappe par automne (mon grand classique). Et ensuite, de compléter par une deuxième recette, inspirée par les surplus de saison.

L’an dernier, j’avais essayé un excellent vin de carottes/tisane de solidago/riesling (en concentré), avec une infusion d’Achillée. L’année précédente, c’était un vin de pommette, rhubarbe et riesling. J’ai même déjà essayé un vin de navet (plutôt moyen, je l’avoue). Cette année, vous l’avez deviné, c’était une recette de vin de groseilles à maquereaux.
J’avoue, j’ai un peu triché, j’ai pigé dans la « talle » du jardin de mes parents, qui sont mes voisins, puisque mes plantations ne produisent pas encore assez… pour le moment.
L’été dernier, leur plantation de groseille avait tellement produit, que même après s’en être gavé pendant plusieurs jours consécutifs, les plants en étaient toujours chargés. Je me suis donc permis un petit ménage. Non sans me piquer les doigts, j’ai récolté et congelé le tout, en attendant l’automne. Un énorme sac d’une dizaine de kilos. Il m’a alors suffit de quelques recherches pour mettre la main sur des recettes dont je me suis inspiré. Car la plupart des recettes de vin maison sont comme des recettes de cuisine. On en prend, on en laisse. Pour ma part, étant un œnologue audacieux (après vingt ans, y’a aussi un peu l’expérience), je me permet donc de modifier ici et là, à mon gré.
Cette fois, j’ai fait un moité Groseille, moitié Riesling (en concentré) avec tisane de feuilles de chêne, pour donner un vin semi-sucré. Et même après un mois, le mélange avait déjà un goût plutôt prometteur.

Et la diversité?

Quand j’ai commencé mes premiers croquis et plans de verger, j’avoue que mon modèle initial était plutôt celui d’une monoculture – de poiriers. J’en avais commandé une douzaine de variété et c’était tout ce qui m’intéressait.

À l’automne 2013, mon père, qui a une belle plantation d’une bonne quinzaine de pruniers, ne récoltât rien du tout en terme de prune. Printemps pluvieux, pas de pollinisation. À l’opposé, ses trois pommiers furent chargés à bloc.

C’est pendant l’hiver dernier, alors que je visionnais des films et lisait tous les livres que je pouvais trouver sur la culture de verger que je suis tombé sur la notion de permaculture. Et c’est à ce moment que je me suis enfin dit qu’il valait peut-être (certainement) mieux varier un peu ce que je plantais si je voulais m’assurer une récolte minimale. Car le bon vieux diction dit vrai, « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ».

Dame nature peut nous jouer de sacrés tours.

En 2014, tout l’inverse, les pruniers sont chargés et c’est les pommes qui boudent. Deux douzaine de pommes, tout au plus, et des paniers de prunes à s’en rendre malade. Et cette année, les amélanchiers n’ont rien produit, courte sécheresse et les fruits ont séché, tandis que pour les groseilles, c’était la corne d’abondance.
Il faut mélanger les cultures, varier, afin d’essayer de reproduire un écosystème plus naturel. Si les pommiers sont répartis à différents endroits (séparés par deux ou trois arbres), les maladies et insectes nuisibles auront plus de mal à se propager, tandis que pour la pollinisation, ce n’est pas un problème.

Encore là, en 2013, j’avais tout planté en pouponnière mes arbres en transition, en attendant de terminer mes travaux. J’avais une centaine de poiriers (dont plusieurs semis) côte à côte lorsque je me suis rendu compte que j’avais des plantes qui avaient des insectes nuisibles. Le pire scénario possible arrivait. L’insecte se propageait sur toutes mes plantes et il n’avait aucune barrière naturelle pour l’arrêter.

Heureusement, j’ai pu traiter au souffre mouillable ainsi qu’avec de l’huile de dormance. Et au printemps, mon problème à pattes était disparu. Sauf que j’avais bien hâte de tout replanter, éparpillé et en alternance dans mon verger, pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise.

Enfin voilà. C’est donc un mot pour vous encourager à diversifier vos plantations. C’est, selon moi, la meilleure façon de s’assurer une récolte et une récompense minimale pour nos efforts.

Et quand on a de la chance, on peut même récupérer un petit surplus à mettre en bouteille, afin de se réchauffer pendant les froides soirées d’hiver.

Sinon, d’ici là, bonne planification hivernale et surtout, bonnes recherches, documentation et lectures hivernales! 🙂

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