pyrus regelii et pyrus korchinskyi; des porte-greffes rustiques prometteurs pour zone 2 et 3

Ce n’est pas pour rien que j’ai appelé mon blogue PoiresPetitSag. Je suis gaga des poires! Et depuis que je m’y intéresse, je lis tout, absolument tout ce que je trouve comme info à leur sujet. J’ai déjà mis la main sur une vingtaine de variétés (surtout du communis et des hybride ussuriensis) que j’ai à l’essai sur mon terrain. Aussi, y’a mes semis; environ deux cents graines d’une vingtaine de variétés de poires, plus ou moins rustiques.
Mais la troisième partie de mon projet, et non la moindre, c’est la quête d’un cultivar rustique nanisant. Au sud, on peut greffer sur cognassier. Au nord de la zone 5, cette possibilité n’existe pas… encore.
J’avais mis la main, l’an dernier, sur des graines de deux variétés prometteuses: Le pyrus Regelii ainsi que le pyrus Korshinskyi. Les deux sont des poiriers d’Asie qui poussent naturellement dans la région des montagnes du Kazakhstan, du Kirghizistan ainsi que de l’Ouzbékistan. Mais surtout, les deux ont l’avantage d’être rustiques et de résister à la sécheresse, ainsi qu’aux maladies.
Ce qui m’intéresse par dessus tout, c’est que le Regelii ne fait, au maximum, que 3m de haut, ce qui en fait un arbre idéal comme porte-greffe, comparativement à un poirier Ussuriensis qui peut facilement pousser jusqu’à 10m de haut (30 pieds).

Jusqu’à maintenant, j’ai eu un super taux de succès avec mes Regelii. Les graines, bien que récoltées au Kazakhstan en 1996 (19 ans), étaient tout de même encore 100% viables. Les plants ne poussent pas vigoureusement la première année, mais au moins, ils poussent et se portent bien.

Regelii

Bébés p. regelii se portent à merveille! Difficile à croire que ce sont des poiriers 🙂 Ce sont vraiment de belles plantes.

Le problème était avec les Korshinskyi. Les graines que j’ai reçues en provenance du Germoplasme de Corvalis avaient été récoltées, elles, en 1994. Et celles-ci ne semblaient pas du tout avoir conservé leur efficacité. Vingt-et-un an plus tard, elles l’avaient même plutôt perdu, leur vivacité. C’est maintenant ma deuxième tentative de stratification, la première à l’automne l’an dernier (échec 100%) et cette fois, sur douze graines, je n’ai réussi qu’à en faire germer une. Une seule et unique graine. J’avais presque abandonné et j’ai eu toute qu’une surprise en la voyant se pointer le bout du nez, ce matin.

Korshinskyi

Ma seule et unique graine de Korshinskyi à germer à date. Le plant sera probablement un hybride, puisque l’arbre sur lequel la graine a été récolté était planté seul, entouré de p. communis et de Regelii. J’espère qu’il résistera bien au froid…

IMG_2940

Le même semis de Korshinskyi X – mon seul à avoir germé sur 25 graines – en mai 2015, avant sa plantation en pleine terre.

C’est intéressant aussi, quand on pense que les fruits des Korshinskyi ressemble assez au fruit de pyrus pashia (qui poussent en Afghanistan, Pakistan et Inde, un peu plus au sud). Les fruits de p. pashia sont réputés pour avoir des graines qui perdent vite leur efficacité si non utilisées lorsque fraîches. Jugez par vous-même de la ressemblance !

Pyrus-korshinskyi-fruit-Jalal-Abad

Pyrus-korshinskyi – tiré de http://www.arkive.org/pyrus/pyrus-korshinskyi/

http://www.chadwellseeds.co.uk/rare-himalayan-species

Pyrus pashia ou poirier de l’Himalaya – tiré de http://www.chadwellseeds.co.uk/rare-himalayan-species

Ça serait intéressant de savoir quelle peut être la différence génétique qui justifie une nomenclature différente, alors que les deux sont clairement apparentés.

Sinon, il me reste encore dix graines qui ont été mises en pleine terre en stratification naturelle, à Petit-Saguenay, l’automne dernier. J’avais décidé de varier les techniques, des fois que pour cette variété en particulier, les trois mois de stratification au frigo n’aurait pas du tout fonctionné. On verra si celles-là réussiront mieux que celles stratifiées au frigo pendant trois mois. Au moins, j’ai la satisfaction de dire que j’en ai une qui a réussi.

Et je parlais de permaculture, puisque les deux plants sont décrits comme étant résistant à la sécheresse et parfaitement adaptés à la conduite en sol non irrigué. Voir l’extrait qui suit:

PyrusKorshinkyiEtRegelii-Mansfeld'sEncyclopedia_p467

Description des pyrus korshinkyi et regelii, tiré du Mansfeld’s Encyclopedia of Agricultural and Horticultural Crops – source: https://www.springer.com/gp/book/9783540410171

PS: Je sais que les chercheurs de l’Université de Saskatchewan travaillent eux aussi sur un projet de porte-greffe pour poirier résistants au froid. Sauf que pour le moment, ils n’ont toujours pas rendu de cultivar disponible au grand public. Ils gardent précieusement leurs cultivars… pour eux. Et donc, pour le commun des mortels qui veut cultiver des poires en zone 4 et moins, il n’y a d’autre choix que d’utiliser des poiriers Ussuriensis variété Harbin, qui résistent jusqu’en zone 2. Et ils résistent bien au froid, ainsi qu’à la sécheresse, mais produisent des arbres… immenses.
Sinon, j’ai toujours mes semis de poirier John x Golden spice, deux hybrides de p. ussuriensis x communis qui résistent bien en zone 2.

PS2: J’aime bien le concept de « forest orchards », tel qu’évoqué dans mon extrait du Mansfeld’s Encyclopedia en parlant des greffes pratiquées sur des arbres sauvages de pyrus Korshinskyi. C’est très inspirant, permaculturement parlant. 😉

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3 réflexions sur “pyrus regelii et pyrus korchinskyi; des porte-greffes rustiques prometteurs pour zone 2 et 3

  1. Bonjour !

    Votre blogue est vraiment intéressant ! Nous sommes aussi en démarrage d’un verger inspiré de la permaculture dans Lanaudière. Nous sommes aux limites des zones 4a et 4b. Nous avons planté de nombreux arbres et arbustes fruitiers de cultivars très variés depuis 2 ans et nous sommes donc en train de découvrir ceux qui fonctionnent bien pour nous et ceux qui fonctionnent moins bien.

    Pour les portes-greffes de poires, ça fonctionne bien pour nous sur pyrus ussuriensis, mais il semble très vigoureux. On a de l’aubépine sauvage à certains endroits sur le terrain, alors nous allons essayer ça. Nous avons des greffes qui ont pris ce printemps sur amélanchier, mais je ne sais pas à long terme si ça va bien fonctionner.

    Est-ce que vos portes-greffes de poires à l’essai ont survécu aux derniers hivers ? Est-ce qu’ils se portent bien ?

    Du côté des pommiers, j’aime bien Antonovka qui semble bien rustique dans notre coin. Un petit verger de la région a des arbres sur divers portent greffes et ses cultivars sur Antonovka n’étaient pas tellement plus tardifs à produire que ceux sur M106. J’avais lu qu’il était possible de limiter sa taille à une quinzaine de pieds, ce qui ferait bien mon affaire… on verra !

    Si jamais vous aimeriez échanger du matériel, faites-moi signe par courriel !

    David

    • Bonjour David,

      Merci pour le commentaire.
      J’ai plusieurs poiriers greffés sur Ussuriensis, mais dernièrement, j’utilise davantage les semis du poirier John.
      J’ai l’intention d’écrire un suivi de mes greffes sur amélanchier très prochainement, puisque j’ai du nouveau là-dessus.

      Et pour ce qui est de Antonovka, j’espère éventuellement mettre la main sur une souche/variété d’Antonovka qui aura fait ses preuves en zone 3.
      À bientôt!

      Alain

  2. Pingback: Recherche sur les poiriers rustique – Poires, fruitiers et Permaculture à Petit-Sag

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