Avez-vous déjà entendu parler de la greffe des melons et cantaloups?

Ce matin, c’était le temps de greffer mes plants de melons et cantaloups.
Depuis l’an dernier, j’ai découvert qu’en Asie, plus particulièrement en Chine, 90% des melons produits sont greffés.
Pourquoi greffer le melon, puisqu’il peut très bien arriver à produire sans?
Parce qu’on choisit des porte-greffes plus résistants à la sécheresse, aux maladies, et surtout, beaucoup plus vigoureux, ce qui améliore de beaucoup les chances de voir nos plants produire.
J’en ai fait le test l’an dernier. Voyez par vous-même:

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Plant de melon sans greffe (en août) Il survit tout juste, aucun fruit.

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Autre plant de melon (planté en même temps) mais celui-ci greffé. Il est vigoureux et productif!

Il ne m’en fallait pas plus pour reprendre l’expérience. Cette année, j’ai greffé deux plants de melon d’eau ainsi que deux de cantaloups. Le melon d’eau, c’est du sweet siberian et pour la cantaloup, je ne sais pas quelle est la variété, puisque c’était une cantaloup du Québec, acheté au marché l’automne dernier. Il était particulièrement bon. Miam!

Sinon, pour la greffe plusieurs techniques existent. J’ai choisi de refaire celle que je considère « la plus simple » même si elle est un peu plus longue que les autres.  Comme porte-greffe, j’utilise mes graines issues d’un croisement entre des Grey Hubbard x citrouille Grey Ghost. Le mélange me donne des plants très très vigoureux et qui produisent bien même en sol sec (testé l’an dernier).

Les étapes, en gros:

1- planter les graines deux semaines avant la greffe. Il faut que les PG (Porte-greffes) aient développé leur première paire de vraies feuilles.

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Les PG doivent avoir développé leur première paire de vraies feuilles avant de pouvoir procéder. À droite, mon greffon de cantaloup.

2- La greffe (dans mon cas, celle de côté): après deux semaines donc, on étête le PG à la hauteur des cotylédons. Ensuite, on greffe en faisant une entaille remontante sur un, et une descendante sur l’autre (voir l’exemple):

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On étête à la hauteur des cotylédons

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On pratique deux entailles qui s’emboîteront

3-On emboite le tout et on les maintient avec des pinces à greffe de tomates (trouvées sur internet pour trois fois rien).

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4- On rempote le tout et on les mets dans une mini-serre bien aérée au frais, le temps que tout ça guérisse (pour plus ou moins une semaine).

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Le résultat

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On garde le tout au frais, dans une mini-serre semi-aérée et à la mi-ombre, le temps que nos amis guérissent et se marient! 🙂

5- On réhabitue nos plantules graduellement au soleil avant de les replanter en pleine terre (environ 2 semaines après la greffe).

PS: C’est facile, mais prévoir des plantules en plus, au cas ou on « passerait tout droit » avec les petites entailles.  Je parle d’expérience…

PS2: Et ça n’altère pas du tout le gout. Pas assez pour que je le remarque en tout cas.

Bon jardinage! 🙂

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Un melon greffé de l’automne dernier

Plus d’information sur le sujet(en anglais):

http://www.growingproduce.com/uncategorized/what-you-need-to-know-about-melon-grafting/

Plusieurs vidéos sont disponible sur Youtube en cherchant avec les mots clés « melon grafting ».

En voici un:

https://www.youtube.com/watch?v=6MVQYRo1WhQ

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framboises noires, framboises pourpres, framboises jaunes

Les framboises de couleur. Mon coup de cœur dans la culture des petits-fruits.

framboises de couleur – image tirée de http://www.gardeningshopuk.co.uk/fruit/raspberries.htm

Je n’ai appris que dernièrement que le framboisier, ou rubus idaeus, existait en une très grande variété de saveurs, de forme, ainsi que de couleurs! Du blanc au jaune, à l’orangé, par le rouge – classique – pour passer par le pourpre jusqu’au noir. Autant de couleurs, jumelées à des avantages culturales incontournables pour les jardiniers en petits vergers. Des avantages qui finissent même par convaincre les ceux qui ne s’intéressaient d’abord qu’aux fruitiers (je ne parle pas du tout de moi ici).

Les framboisiers sont bourrés de qualités indéniables; ils sont rustiques, productifs et ne demandent que peu de soin. C’est surtout ce qui m’a charmé. Comme on dit au Québec, des framboises, ça veut! Ma seconde surprise était encore plus grande. C’est que je pensais que les variétés de type « remontants » ou d’automne (appelés aussi bifère, à deux saisons et en anglais primocane fruiting raspberry) étaient rares. Que ces variétés, en plus d’être fragiles, étaient compliquées à faire pousser. Que nenni! 🙂 Il m’a suffit d’une dizaine de petites boutures, quelques petites repousses prélevées sur la ‘talle’ de mon père, pour me décoller mon propre rang. Deux-trois mois plus tard, il produisait déjà. Miam!

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Mon rang de framboise – En août de la première année

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Deux mois et ils produisent déjà!

C’était tout ce dont j’avais besoin pour me donner la piqure. J’en voulais d’autres. Inspiré par cette belle lancée, l’été dernier, je me suis récolté quelques graines de variétés au goût remarquable; des framboises noires sauvages, trouvées à Lévis, ainsi que des framboises pourpres (Royalty) achetées en magasin, mais cultivées près de Québec, aux serres Demers de St-Nicolas.

Par contre, ces deux variétés sont des framboisiers de type « retombants » traditionnels ou unifère, qui ne produisent que sur les tiges de l’année précédente. Ça n’enlève rien à leur intérêt, au contraire puisque l’un deux, les pourpre, sont un des cultivars aux plus gros fruits en plus d’avoir un goût exquis. Ce sont les framboisiers Royalty. Ces grosses framboises pourpres produisent en août, soit un peu plus tard que les framboises traditionnelles, car elles sont croisées en partie avec des mûres et/ou des framboises noires.

La grosse nouvelle, c’est que pas plus tard que cette semaine, j’ai réussi à faire germer quelques graines de Royalty, mais aussi de framboises noires. Je les avais stratifiées au frigo de décembre à février (trois mois) et plantées en mars. Mais il m’a fallut attendre début mai pour que les graines se décident à germer. Comme de quoi, la nature est bel et bien programmée! Elles ne sont pas niaiseuse (connes), les graines! Elles savent – sinon se doutent – bien que dans la nature, germer en mars serait mortel. C’est surtout une belle surprise puisque j’avais perdu espoir et pris pour acquis que ma stratification avait échouée.

Semis de Royalty en date du 23 mai 2015

Semis de Royalty en date du 23 mai 2015

Même chose pour mes graines de framboises noires, récoltées l’automne dernier, à Lévis. Celles-ci se sont soudainement mises à pousser, au même moment que celles de Royalty – et à mon grand bonheur. J’aurai donc deux nouvelles variétés à essayer de cultiver à mon verger.  Je sais, ce sont des semis et ça va certainement donner autre chose. Mais dans mon cas, ça fait partie du plaisir de l’expérimentation et de la surprise de découvrir quelque chose de nouveau, de neuf et d’inédit!

Le framboisier Royalty, image tirée de http://www.pepiniereaiken.com

Et c’est sans compter mes framboises jaunes que je devrais recevoir sous peu. Dans ce cas, c’est un échange avec un ami jardiner qui habite en Ontario. Des Fall gold, supposément douces, mais savoureuse, et surtout, de type d’automne. Je pourrai donc espérer en gouter quelques unes dès la fin de l’été.

Les framboisiers Fall Gold – de type d’automne – source: http://www.pepinierelavenir.com

Car pour ce qui est de mes semis de noires et de pourpres, ils ne produiront que l’an prochain, peut-être même dans deux ans. Il faut être patient, mais dans ce cas, deux ans, ce n’est rien à comparer de la culture et hybridation de fruitiers. Ça peut prendre dix ans…

Mes semis de framboises noires en date du 23 mai 2015

Mes semis de framboises noires  – 23 mai 2015

Pour en savoir plus, je vous recommande les hyperliens suivants. Le second, très bien écrit, porte sur la culture des rubus idaeus en tunnel, une technique fort prometteuse que je mettrai peut-être un jour à l’essai. Le texte est de Jonathan Roy et est écrit dans le contexte de la culture au Québec. Bonne lecture et bon jardinage!