Pourquoi mes graines de poires ne germent-elles pas?

C’est Noël et les Fêtes. Joyeux temps en famille et de repos! C’est aussi la saison des cadeaux, du Nouvel An, des résolutions et enfin, des rêves et projets de la nouvelle année à venir.

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Joyeuses période des Fêtes et bonne année 2017 ! Du jardinage et des récoltes abondantes à tous!

Pour moi, c’est le moment ou je m’assoie et regarde mes trouvailles de l’année. Je sors mon coffre à trésor et fais un inventaire de mes récoltes; des graines et pépins de variétés rares ou prometteuses, et me demande ce qui vaudrait la peine d’être cultivé au printemps.

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Poires achetées à l’automne du verger Lakelee Orchards de la vallée du Niagara, en Ontario; ceux-ci font pousser des variétés de poires de la série Harrow, donc potentiellement résistantes au feu bactérien.

Mais pourquoi s’y prendre si tôt? La réponse est simple: le temps de stratification. La plupart des pépins et noyaux de fruitiers ont besoin d’un petit séjour au froid (pour simuler l’hiver) car elles sont programmées pour se réveiller au printemps et ainsi, germer au bon moment.

Un lien sur le sujet:
http://www.agr.gc.ca/fra/science-et-innovation/pratiques-agricoles/agroforesterie/croissance-et-entretien-des-arbres/multiplication/?id=1346183990557

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De toutes les techniques de stratification, je privilégie l’essuie-tout humide au frigo (eau et quelques gouttes de peroxyde). Remplacez régulièrement dès que la moisissure s’installe. Cette technique facilite l’entretien et le suivi des germinations au fur et à mesure puisque les graines sont faciles à repérer (versus mélangées à du sable ou à un autre substrat).

Pour les pommes, les pépins réussissent souvent à germer après un séjour en entreposage (au magasin) et c’est ce qui explique qu’on puisse les faire germer aussitôt sortis du fruit, sauf que pour les poiriers, ça ne fonctionne à peu près jamais.
D’expérience, il faut au poirier entre deux et trois mois de stratification avant que ceux-ci ne germent.

J’ai plusieurs fois trouvé des pépins de pommes déjà germés dans la pomme au printemps (avec les Fameuse et les Empire).

Voici donc ma liste éliminatoire des candidats pour cette année. Mes prunes et poires sont déjà en stratification. Reste le choix déchirant des semis de pommes. C’est que je sais pertinemment que je devrai prendre soin de ceux-ci pendant les années à venir; les transplanter, les protéger des rongeurs et autres périls, les greffer… Disons qu’une petite dose de rationalité aide à me limiter un peu dans mes élans (c’est pas comme-ci je n’en avais pas déjà quelques-uns dont je dois m’occuper).

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Des reinette russet trouvées par hasard et dont j’ai récolté les graines. Elles seraientt plus rustiques que les Golden russet, plus grosses que celles-ci et partiellement résistantes à la tavelure. Source de l’info: http://hortsci.ashspublications.org/content/38/3/479.full.pdf

Pommes (critères – résistantes aux maladies, froid et goût):
Liberty x Norland (Toutes)
Liberty OP (papa)
Reinette Roussette
Honeycrisp OP (Norland ou Liberty)
Zestar
Sweet Tango (Honeycrips x Zestar) x OP
Duchess Colorado creek (hâtive-dessert-coldhardy)
Chautauqua crab
Pommes Verte de Normandie (Plaines d’Abraham)
Ronaldo vertes (Petit-Saguenay)

Poires (critères – résistance aux maladies, froid et goût):
Golden spice X Lada (supposé)
Doyenne Boussoch ou de Mérode (supposé)
Harrow X (Lakelee Orchard)
Cold snapp
Early Seckel
Harrow X Coop (autre que Lakelee)
Conference/Bosc d’Harrow => très productive
Seckel Vrai OP (rond et parfumé wow!)

Prunus variés (résistance au froid, goût, pollinisateurs):
Tomentosa OP
Chum Opata OP
Prune de Kamouraska (damas jaune) op – probablement X Mont-Royal
Mirabelles OP

Autres:
Vigne somerset (récupéré les plus grosses graines – expérience)
Fraises Cabot (fruits géants)
Néflier (1 graine non-vide)
Rhododendron géant (pas de stratification requise)
Kentucky coffee been (pas de stratification; traitement de trempage et à l’eau bouillante)

 

Je termine avec une deuxième référence avec un tableau sur le temps de stratification des arbres et arbustes (en anglais):

Propagating plants froms seeds – incluant un tableau des périodes de stratification (pp 18-19)

http://cru.cahe.wsu.edu/CEPublications/pnw0170/pnw0170.pdf

PS: J’utilise OP pour « Open pollination », soit Pollinisation ouverte

PS: Si quelqu’un a envie de faire pousser des pépins de poires, j’en ai des tonnes, me contacter en privé.

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Le secret du mûrissement parfait d’une poire

On dit de la pomme que c’est la reine de fruits, alors que la poire est le fruit des rois! Ce qui peut être vu comme une qualité est souvent un handicap pour ce fruit méconnu et parfois, malaimé.
La poire, disons-le, est un peu capricieuse.

C’est que contrairement à une pomme, on ne peut pas la cueillir dans l’arbre et la manger sur-le-champ, la plupart des variétés de poire ont besoin d’une période de réfrigération, lorsque cueillies, afin de terminer leur maturation. Ce n’est qu’après cette période de « finition » qu’elles peuvent terminer leur course sur un comptoir et finir de mûrir souvent en quelques jours.

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La majorité des variétés de poires doivent être entreposées au frais afin de terminer leur mûrissement avant leur arrivée au magasin.

Je me dois de préciser quelques exceptions; il existe quelques variétés de poires qui mûrissent sur l’arbre sans réfrigération: c’est le cas de la bien connue Bartlett, de Souvenir du congrès et de quelques autres, tel que Westfort (probablement un croisement OldHome X Bartlett) mais aussi de la plupart des variétés de poires asiatiques.

Un autre facteur de confusion, est le changement de couleur! On ne peut pas s’y fier pour déterminer si la poire est prête à manger ou pas. C’est que puisque plusieurs variétés de poires ne changent pas de couleur et demeurent vertes (ou rouges) une fois mûres. C’est le cas par exemple des variétés Anjou ou Beauté flamande. Cette dernière change parfois de couleur, mais trop tard pour la consommer. Elle sera blette.

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Plusieurs variétés de poires demeurent vertes ou ne changeront de couleur que lorsque blette. Il est alors trop tard pour les manger. C’est le cas de la variété Beauté Flamande.

C’est donc la fermeté qui détermine son mûrissement! Il faut donc palper une poire afin de juger si elle est prête à manger. Une fois à ce stade, la poire ne se conserve plus que quelques jours, à moins de la remettre au réfrigérateur, ce qui retardera (sans stopper) sa maturation finale. C’est souvent à ce moment que la poire atteindra le stade de vinosité optimal, comme c’est souvent le cas avec les Seckel, Anjou, Bosc, Doyenné de Comice ou les Starkrimson (Clapp’s favorite rouges). Miam!

Le secret, c’est donc de tâter un peu le fruit pour voir s’il est prêt à l’achat. S’il est encore très ferme, on le garde sur le comptoir jusqu’à ce que le fruit soit prêt. J’en achète toujours 5-6 en même temps et lorsqu’il y en a une de prête, je transfère tout au frigo pour me donner le temps de terminer les autres.

Donc, en conclusion, même si la poire est un peu plus exigeante que d’autres fruits, le résultat en vaut largement la peine. Profitez-en! Il reste encore des Comice et des Seckel en magasin. Appréciez une poire à son meilleur et vivez enfin la vie de rois et de reines avec des poires à point au menu! 🙂

Quelques références sur le sujet:

Une introduction: http://fr.chatelaine.com/cuisine/trucs-et-conseils-cuisine/faire-murir-des-poires/

Un peu plus technique: http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/12-042.htm

Un article vraiment chouette et concis, mais en anglais (et en Fahrenheit):

http://www.filoli.org/downloads/garden/gardeners-reference-sheets/pear-ripening.pdf

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PS:En passant, ce billet n’est rien de moins que mon 100e article sur mon blogue. Je suis plutôt fier. 🙂