Faire pousser son jardin intérieur de verdure comestible

D’ici l’arrivée de l’été, c’est toujours agréable de se faire pousser quelques primeurs, c’est à dire de la verdure et des légumes un peu plus tôt que prévu en jardin.
À cet effet, je n’ai pas résisté à l’envie de me planter quelques graines de verdure à l’intérieur, histoire de profiter d’un peu de croquant avant les récoltes du début d’été.

Mon cœur de chou, environ une semaine après sa plantation le 14 avril dernier.

Mes semis et cœur de chou. En haut, du gombo, au centre mon chou déjà repoussé. En bas et à droite, des semis de Kale et de choux à feuillage.

Et pour y arriver, rien de mieux que les membres de la famille des choux: les brassicaceae (https://fr.wikipedia.org/wiki/Brassicaceae) ! Cette vaste famille de plantes comprend les choux, brocolis, radis, navets et choux-fleurs, mais aussi les moins connus légumes à feuillages tels que les bok choy, choux chinois, kale et cie!

Quelques graines de Kale Red russian, de bette à carde et voilà! J’avais déjà une petite réserve à venir de feuillage vert vitaminé dans laquelle je pourrais piger tout le printemps, sans avoir à me soucier des insectes et des vers à choux!

J’en ai profité pour recycler un cœur de choux qui voulait vivre! J’avais un vieux chou au frigo et qui avait commencé à faire des racines. Je l’ai dépouillé de ses feuilles et ne lui ai laissé que sa tête ou presque. Une fois replanté, il a aussitôt repris vie. Bien qu’il essaiera immanquablement de fleurir, d’ici là, je peux déjà récolter un plant de chou frais gratuit qui a repoussé en à peine un mois, alors que je m’apprêtais à le jeter de toute façon.

Mon chou ressuscité: prêt à manger après un mois et demi; à récolter avant qu’il ne prenne toute la place de mon « potager » d’intérieur et surtout, qu’il ne monte en fleur.

Cette idée m’a inspiré à essayer de trouver un article intéressant sur le sujet. L’Internet regorge de liste de légumes à repousser soi-disant facilement à la maison. Toutefois, d’expérience, ce n’est pas toujours le cas et ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le dit. Plusieurs articles vantent la plantation du gingembre par exemple, ou du poireau ou encore du fenouil avec lesquels je n’ai jamais eu bien du succès. C’est donc dire que ce n’est pas si facile qu’on le dit.

Par contre, le céleri vaut la peine d’essayer. Voire mon autre billet sur le sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/09/20/des-nouvelles-du-verger-2/

J’ai trouvé un article intéressant, inspiré du livre de Bernard Lavallée – que je n’ai pas lu – mais dont la liste de légumes qu’on peut faire pousser à la maison parait plutôt réaliste et que je vous recommande (l’article du moins):

Article du Huffingtonpost: « Faire pousser soi-même des légumes… dans sa cuisine! inspiré du livre de Bernard Lavallée http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/24/legumes-cuisine-jardinage_n_6932710.html

PS: À noter que faire repousser les têtes de légumes racines fonctionne assez facilement. Par contre, le plant qui en résultera essaiera quasiment toujours de « monter en fleur ». C’est bien parfait si on veut en récolter les graines, ou encore si on veut en consommer le feuillage et/ou les fleurs. Il ne faut pas s’attendre à une nouvelle production de ladite racine, voilà tout.

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Greffage 101 – sources de PG et de greffons

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Ça y est! C’est déjà terminé. C’était une chouette édition de la fête des semences (deux jours!) et j’ai pu y donner ma conférence express sur le greffage 101. La salle était presque pleine; des gens curieux, allumés et participatifs. J’ai été surpris du nombre de questions pointues et pertinentes. Une très belle expérience quoi! Il y a du potentiel pour un bon futur bassin de greffeur pour échanger.

Toutefois, 45 minutes, c’est très court.

J’ai eu plusieurs question sur mon expérience de greffe de tomate sur patate (deux membres des solonacés). Mon expérience s’était soldé par un résultat moyen. Reste à savoir si le choix du cultivar de tomate y est pour quelque chose… Voici donc un lien vers les deux articles sur ce sujet: https://poirespetitsag.wordpress.com/?s=pomate&submit=Recherche

Pendant ma conférence, j’ai présenté de façon très brève ma liste de sources de porte-greffes ainsi que de greffons. Pour ceux qui n’auraient pas eu le temps de tout prendre en note, tel que promis, je remet l’information ici, sur mon blogue.

Pour les Porte-greffes:

Verger Pépinière Bord du lac: Ils ont de tout et à prix raisonnable (mais je ne les ai pas encore essayé – vous me direz!): https://www.vergerpepiniere.com/porte-greffe

Pommiers: Whiffletree, GreenBarn (variés)
et ArbresEnLigne (malus siberica et Antonovka à partir de semis)
Poiriers :Whiffletree et GreenBarn (OldHome x Farmingdale – OHF 333) et ArbresEnLigne vendent du poirier Ussuriensis (poirier de Mandchourie)
Pruniers :Lafeuillé (lafeuillee.com) ont des prunus nigra et americana

Notez que dans certain cas, il faut contacter les vendeurs car l’information sur la vente des PG n’est pas sur leur catalogue/site.

Pour les greffons (bois à greffer)

Site d’échange:

-Fruitiers.net (davantage d’utilisateurs Français, mais de plus en plus de Québécois)
-Gardenweb canada (en anglais) – http://forums.gardenweb.com/forums/excan

Pépinières :
http://www.appleluscious.com
O’Keefe Grange, Dubbinton Ontario (j’ai déjà passé un commande avec eux et le bois pour greffer était très petit et moyen)
Corn Hill Nursery (pommes et qlqs poiriers)

Germoplasmes: ceux-ci privilégient la recherche, mais sont relativement ouverts aux requêtes du grand public.

GRIN.ca soit le site de Ressources phytogénétiques du Canada
Et le germoplasme de l’Université de Saskatchewan – soit le Prairie Fruit Genebank)

Voilà!

Et si quelqu’un a de l’information à ajouter à cette liste, n’hésitez pas à m’en faire part!

PS: J’ai quand même réussi à trouver un cinq minutes pour me rendre à la pièce d’échange de semis et après m’être délesté de quelques sachets de graines récoltées par moi, j’ai mis la main sur de la courge Potimarron. Une nouvelle variété de hubbard à faire pousser. Super!

Atelier de greffage 101 c’est dans une semaine!

Rappel: C’est bientôt, soit dans une semaine que je donnerai ma conférence sur le Greffage pour débutant!

Quand? dimanche 5 mars 12:30

Où? à la salle « Espace Jardin » de l’Université Laval (carte ici)

Combien? Gratuit!

J’y parlerai de quelques greffes courantes et faciles à faire, qu’on peut pratiquer avec du matériel déjà à la maison.

Le lien: Fête-des-semences-de-quebec-2017

C’est gratuit, venez en grand nombre! Pour plus d’info, voir: http://www.facebook.com/ events/465205413867067

ou http://fete.agricultureurbaine.net/conferences/espace-jardin/

Au plaisir de vous y voir!

Conférence le 9 novembre prochain sur l’Art de la greffe dans un contexte de verger rustique

Petite invitation à une conférence que je donnerai sur mes expériences avec l’art de la greffe dans un contexte de verger en permaculture au Saguenay zone 3.

Le tout s’est décidé un peu sur le tard, mais si ça vous tente, c’est le mercredi 9 novembre prochain à 17h30, au pavillon Paul Comtois Local 3111 et… c’est gratuit!

J’encouragerai toutefois une contribution volontaire aux organisateurs, soit le groupe étudiant VIA Agro-Écologie, qui m’ont invité.

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VIA Agro-Écologie « fait la promotion et la sensibilisation des alternatives agro-écologiques, pour un environnement sain dans l’optique du développement durable. Plusieurs conférences sont organisées chaque année sous cette trame de fond. On y trouve une bibliothèque détenant des livres sur l’agriculture et le maraîchage biologique, la traction animale, les énergies vertes, la gestion des matières résiduelles, les plantes médicinales, l’agriculture urbaine (et beaucoup d’autres sujets!) pouvant être consultés et empruntés par tous les étudiants de la FSAA. VIA tient aussi un jardin écologique et communautaire situé tout près du Jardin Roger Van den Hende. Une parcelle peut y être louée à coût modique! Informez-vous auprès de la personne responsable.  » source: http://www.agetaac.ulaval.ca/clubs-et-comites/via-agro-ecologie/

Des germes étranges qui émergent de mon compost…

Surprise dans mon compost; y’a des trucs qui surgissent!
Ça m’arrive souvent de trouver des pousses de graines qui émergent; cerisiers, pruniers, avocatiers, vigne ou souvent des tomates, concombres ou courges. Mais cette fois, je ne reconnaissais pas le type de pousses.
Solution, il fallait déterrer et trouver la source de ces germes étranges.

Le résultat:

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Ce sont des branches de mes figuiers taillées durant l’été. J’avais tout mis au compost et les branches repoussent.

C’est donc dire que des figuiers, c’est vraiment, mais vraiment facile à multiplier! J’ai essayer différentes façon: boutures dans l’eau, enterrées avec un sac pour conserver l’humidité de la partie hors-terre, des boutures plantées directement au 9/10 en terre. Et cette fois, je confirme qu’une bouture complètement sous-terre, en plein compost, repousse également.

En conclusion, des figuiers, c’est facile à multiplier! 🙂

PS: Bientôt un petit bilan du verger et j’ai aussi l’intention de parler un peu de ce qu’il en est avec mes expériences de Porte-grefffes de poiriers.

Comment réussir la production de figue chez soi (culture à l’intérieur)

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Après trois ans d’essais et erreurs, j’ai enfin une dizaine de figues en route sur mes plants. Étant donné que ça m’a pris pas mal de temps avant d’y arriver, je me suis dit que ça pourrait peut-être aider les autres de partager un peu mon expérience sur le sujet afin d’arriver à de bons résultats plus rapidement.

  1. l’emplacement: SOLEIL! SOLEIL! SOLEIL! Les figuiers ont besoin du plein soleil. Si vous n’avez pas de fenêtre au sud ou à l’ouest, laissez tout de suite tomber. Par contre, si c’est le cas, vous pouvez tenter votre chance et vous essayer à faire pousser un figuier à l’intérieur. Car s’il manque de soleil, votre figuier poussera quand même, produira peut-être quelque chose, mais les figues seront fade et sans sucre, donc sans goût. Donc, autre conseil important, ne tournez pas votre plante lorsqu’elle a commencé à préparer des fruits.

    Le figuier cherchera naturellement à pousser vers le soleil.

  2. la variété: Pour réussir vos figues à l’intérieur, il faut d’abord une variété parthénocarpique (qui produit des fruits sans pollinisation), mais aussi préférablement une variété bifère, soit à deux récoltes, donc qui produit au printemps ET à l’automne. C’est pour maximiser vos chances d’obtenir des résultats. Pour ma part, j’ai de très bons résultats avec Brown Turkey et LSU Gold.

    La variété bifère LSU Gold, LSU pour Louisiana University, production de 2015 à la maison!

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  3. La culture/pot: Le figuier n’est pas trop exigeant pour ce qui est du terrain, mais préfère un sol qui se draine bien et dont l’eau ne stagne pas. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’aime pas l’eau! Autre détail important: le figuier aime être à l’étroit. Donc, ne pas l’installer dans un trop grand pot, sinon il ne produira pas. Pour ma part, je préfère un pot de terre cuite qui s’assèche bien et je laisse toujours sécher entre les arrosages. NOTE: Dans un pot trop grand, la plante ne fera que pousser et ne cherchera pas à produire de fruits. J’ai installé mes figuiers dans un grand pot et ils n’ont presque pas produit pendant trois ans, soit tant qu’ils n’ont pas épuisé les réserves de terre du pot.
    BrownTurkey

    La variété Brown Turkey – mes premiers fruits en 2015 (culture en pot). J’ai tourné la plante et les fruits qui n’étaient plus au soleil n’ont jamais réussi à devenir sucrés et étaient fades.

    Le figuier aime être à l’étroit. Le mien est dans un pot de terre cuite, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’arroser souvent, au contraire!

  4. Fertilisation: Je fertilise mes figuiers à l’engrais à tomate en cristaux qui se diluent dans l’eau avec de très bons résultats. Je laisse les plants se reposer l’hiver et fertilise au printemps et en été jusqu’au début de l’hiver.
  5. L’arrosage: Oui, les figuiers sont des plantes très résilientes. Toutefois, si vous voulez une belle production, il faut arroser régulièrement, surtout lorsque les plants ont commencé leur production fruitière. Une sécheresse subite fera avorter les fruits. Généralement, je laisse la surface du sol sécher entre les arrosages, mais un arrosage régulier est primordial.

Traitements et maladies:

Les deux problèmes que j’ai vécu avec les figuiers, ce sont la pourriture/champignons au niveau du sol et les araignées rouges. Voici comment j’ai réussi à surmonter ces problèmes de façon biologique.

  1. La pourriture/moisissure systémique des racines: En hiver, le sol de mon plus gros pot avait tendance à trop garder l’eau, d’autant plus que les plants en dormants buvaient et absorbaient beaucoup moins l’eau. En conséquence, j’ai donc développé un problème de champignon dans le sol, au grand détriment de mes figuiers qui semblaient dépérir. La solution: le thé! Je leur ai fait un arrosage de thé vert/noir asiatique, dilué dans l’eau d’un arrosoir. Ma recette, préparer une théière de thé vert ou noir en feuilles assez concentré qu’on laisse refroidir. Ensuite, on retire les feuilles et on dilue dans un arrosoir. On arrose simplement les plants « malades » avec ce thé tiède, en aillant préférablement laissé sécher le sol au préalable. Une fois le traitement complété, les racines/motte devrait être complètement « arrosé » d’eau au thé.
  2. Les araignées rouges adorent mes figuiers, plus particulièrement la variété LSU Gold qui semble davantage sensible que les autres. Ma recette bio: Du savon insecticide. J’ai découvert que le savon à vaisselle Palmolive aux pommes fonctionne très bien. Quelques gouttes diluées dans un litre d’eau et je pulvérise sur la plante. Attention, il faut vraiment pulvériser PARTOUT et répéter le traitement deux autres fois à une semaine d’intervalle, pour un total de trois. Pourquoi? Parce que la première fois, le savon tue les insectes vivants. Le deuxième traitement tuera la deuxième génération, soit celle qui n’était pas encore éclose. La troisième, c’est pour ceux qui auraient été échappés. Le truc ultime: pulvériser l’hiver. Pourquoi? parce que en hiver, le figuier perd presque toutes ces feuilles. Personnellement, en décembre-janvier, j’enlève tout ce qui peut rester de feuilles sur les figuiers pour « le mettre en hiver de force ». C’est le meilleur moment pour traiter contre les araignées rouges, puisque sans les feuilles, c’est tellement plus facile d’arroser partout! 🙂
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Je ne sais pas pourquoi, mais le Palmolive aux pommes est efficace contre les acariens.

Attention! Ce n’est pas toutes les sortes de savon à vaisselle qui fonctionnent. Certains ne feront que brûler les feuilles sans vous débarrasser des acariens.

Multiplication et greffes: Les figuiers sont hyper facile à bouturer! Donc c’est une super plante pour partager entre amis. Le figuier se greffe aussi très facilement et j’ai eu de très bons résultats de greffe sur figues d’Izmir (mini-figues séchées achetées au magasin dont j’ai fait pousser les graines).

Pour les boutures, un simple bout de branche de 20-30 cm peut être planté dans le sol en ne gardant que 3-5 cm hors de la terre. Si c’est en vert, on enlève toutes les feuilles sous la terre et on n’en conserve qu’une (ou pas du tout). On installe le tout à l’ombre avec un plastique sur le dessus pour ne pas que ça sèche (cloche) pendant au moins un mois. Ça, c’est pour une bouture en vert. Pour le bois en dormance, donc sans feuilles, on peut bouturer sans cloche de la même façon (enterré) et attendre que ça repousse au printemps. J’ai même fait le test de mettre une bouture dans l’eau et ça fonctionne aussi! Dans l’eau, on met en terre aux premiers signes de racines et ne gardant que les derniers cm hors de terre.

Pour les greffes, j’ai testé la greffe en écusson ainsi que la greffe en Z, les deux fonctionnent très bien. Le seul conseil que je donnerais par contre, c’est qu’il ne faut absolument pas laisser repousser le porte greffe tant que le greffon n’est pas bien repris.

En voici un exemple:

Notes

La technique de la greffe en Z:

La greffe une fois reprise. Il s’agit d’un LSU Gold sur un semis de figue d’Izmir. La feuille du bas est celle du porte-greffe.

La greffe quelques mois plus tard. Le point de contact est bien guéri et il reste de la cire sur le PG, qui partira éventuellement.

Taille et entretien: après quelques années, vous devrez raccourcir les branches pour les rajeunir, sinon le figuier a tendance à pousser ‘en orgueil’. Wiki du comment tailler un figuier et voir aussi comment tailler les arbres pour favoriser la fructification des variétés bifères (en anglais), How to prune figs in cool climate: https://www.youtube.com/watch?v=RB0D_tuKgtQ

***

Le défaut du figuier, car je me dois de le mentionner, c’est que lorsque la plante est en mode croissance au printemps, le plant dégage une odeur qui ressemble à du « pipi de chat », particulièrement lorsque le soleil plombe sur les nouvelles feuilles. La bonne nouvelle, c’est que l’odeur finit par passer, mais est un peu surprenante quand on ne s’y attend pas.

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Pour choisir ou en savoir plus sur les variétés de figues:

https://www.pommiers.com/figue/figuier.htm

Sites pour acheter des figuiers au Québec/Canada:

Brugmansia-Québec

FloraExotica

Adriano’s World of Fig

PS: Certaines variétés de figuiers résistent à l’hiver en zone 5, mais en étant couché au sol et/ou rentrés à l’intérieur. Mon Black Turkey survit depuis deux ans à Petit-Saguenay. Toutefois, la saison est trop courte pour la récolte d’automne, il faut donc impérativement conserver les branches qu’on couche au sol si on espère une production fruitière. J’en reparlerai dans un autre article quand j’aurai réussi à produire des fruits sur mon terrain.

porte-greffe rustique et nanisant pour les pêches

En surfant sur l’internet, je suis tombé sur une étude vraiment chouette qui donne de l’espoir aux crinqués comme moi, qui désirent arriver un jour à faire pousser des pêches en zone très rustique. Il s’agit de la publication d’une recherche sur les porte-greffes nanisants pour les pêchers, pruniers et nectarines en Californie (EVALUATION OF SIZE CONTROLLING ROOTSTOCKS FOR CALIFORNIA PEACH, PLUM AND NECTARINE PRODUCTION) réalisée de 1986 à 1989 par ces messieurs:

Ted M. DeJong, R.S. Johnson D. Ramming
James F. Doyle et Kevin R. Day.

Je sais, nous sommes loin de la Californie, mais ce qui est vraiment intéressant ici, c’est que plusieurs des porte-greffes de l’étude sont des plantes qui résistent bien en zone 3! Je le confirme, j’en fais déjà pousser plus d’un sur mon terrain.

En autre, on y a testé des pruniers tels que le prunier Toka (P. americana x P. simonii),  Crescent, plusieurs variétés d’hybride besseyi (Western sand cherry) aussi appelés Cherry-plums ou chums, ainsi que plusieurs variétés pures, tels que les prunus Tomentosa, spinosa et maritima, davantage zonés 4.

Les gagnants? Bien que les Toka, prunus tomentosa et maritima fonctionnent, selon l’étude, ils finiraient tous au long terme par montrer des signes de déformation ou de maladies. À ma grande surprise, ce sont donc les Prunes-cerises (hybrides de prunus besseyi soit cerisiers des sables x prunier) qui remportent la palme et haut la main!

La bonne nouvelle pour moi, c’est que j’ai déjà trois variétés potentielles à tester, soit les Convoy (p. Besseyi x nigra), Opata (P. besseyi x P. salicina) et Manor (P. besseyi x P. salicina) op. Dans les deux premiers cas, la reprise des bourgeons et la survie long terme du plant de pêche serait à 100% pour l’échantillonnage de l’étude, tandis qu’il serait à 91% de reprise des bourgeons greffés et à 100% de taux de survie des pêcher pour le Manoir.

Ils sont tous naturellement nanisant et résistant au froid. Exactement ce dont j’ai besoin afin de garder des pêcher bas et buissonnants. Comme ça, je n’aurai pas de difficulté à les coucher au sol pour que la neige les isolent.

Par contre, il faudra probablement que je continue d’utiliser le prunus nigra comme porte-greffe au moins pour les racines, puisque le taux d’enracinement de mes candidats (en boutures de bois dur) n’était que de 39 et 41 % pour les Convoy et Manor. Opata ne semblerait pas s’enraciner très bien sans l’aide de porte-greffe. Peu importe, dans mon cas, ce n’est pas mon intention d’en faire une propagation industrielle.

Cet automne, j’ai donc semé une douzaine de graines de pêches, afin de voir si l’un deux survit deux ans, afin de conserver celui qui sera le plus résistant au froid. Enfin, j’ai multiplié plusieurs prunier nigra qui me serviront de porte-greffe pour mes prunes-cerises candidats à affranchir. Je leur donnerai une année afin de se remettre, en prévision de greffe de bourgeon en été ou sinon le printemps suivant. C’est selon.

Ce n’est que le début et j’aurai bien le temps de voir venir… et de m’amuser!

Je me suis bien juré que je finirais par avoir des pêches un jour et je n’ai pas dit mon dernier mot. À suivre!

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le prune-cerise Manoir (cherry-plum/chum Manor), un bon candidat pour la greffe de pêcher en zone très rustique. Sur la photo, mon prunier a été gracieusement taillé par un visiteur de la forêt (mes plantations attirent beaucoup d’amis non-sollicités)

 

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Le chum Opata – un autre bon candidat pour le prunus persica.

Le document en question:

EVALUATION OF SIZE CONTROLLING ROOTSTOCKS FOR CALIFORNIA PEACH, PLUM AND NECTARINE PRODUCTION