Faire pousser son jardin intérieur de verdure comestible

D’ici l’arrivée de l’été, c’est toujours agréable de se faire pousser quelques primeurs, c’est à dire de la verdure et des légumes un peu plus tôt que prévu en jardin.
À cet effet, je n’ai pas résisté à l’envie de me planter quelques graines de verdure à l’intérieur, histoire de profiter d’un peu de croquant avant les récoltes du début d’été.

Mon cœur de chou, environ une semaine après sa plantation le 14 avril dernier.

Mes semis et cœur de chou. En haut, du gombo, au centre mon chou déjà repoussé. En bas et à droite, des semis de Kale et de choux à feuillage.

Et pour y arriver, rien de mieux que les membres de la famille des choux: les brassicaceae (https://fr.wikipedia.org/wiki/Brassicaceae) ! Cette vaste famille de plantes comprend les choux, brocolis, radis, navets et choux-fleurs, mais aussi les moins connus légumes à feuillages tels que les bok choy, choux chinois, kale et cie!

Quelques graines de Kale Red russian, de bette à carde et voilà! J’avais déjà une petite réserve à venir de feuillage vert vitaminé dans laquelle je pourrais piger tout le printemps, sans avoir à me soucier des insectes et des vers à choux!

J’en ai profité pour recycler un cœur de choux qui voulait vivre! J’avais un vieux chou au frigo et qui avait commencé à faire des racines. Je l’ai dépouillé de ses feuilles et ne lui ai laissé que sa tête ou presque. Une fois replanté, il a aussitôt repris vie. Bien qu’il essaiera immanquablement de fleurir, d’ici là, je peux déjà récolter un plant de chou frais gratuit qui a repoussé en à peine un mois, alors que je m’apprêtais à le jeter de toute façon.

Mon chou ressuscité: prêt à manger après un mois et demi; à récolter avant qu’il ne prenne toute la place de mon « potager » d’intérieur et surtout, qu’il ne monte en fleur.

Cette idée m’a inspiré à essayer de trouver un article intéressant sur le sujet. L’Internet regorge de liste de légumes à repousser soi-disant facilement à la maison. Toutefois, d’expérience, ce n’est pas toujours le cas et ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le dit. Plusieurs articles vantent la plantation du gingembre par exemple, ou du poireau ou encore du fenouil avec lesquels je n’ai jamais eu bien du succès. C’est donc dire que ce n’est pas si facile qu’on le dit.

Par contre, le céleri vaut la peine d’essayer. Voire mon autre billet sur le sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/09/20/des-nouvelles-du-verger-2/

J’ai trouvé un article intéressant, inspiré du livre de Bernard Lavallée – que je n’ai pas lu – mais dont la liste de légumes qu’on peut faire pousser à la maison parait plutôt réaliste et que je vous recommande (l’article du moins):

Article du Huffingtonpost: « Faire pousser soi-même des légumes… dans sa cuisine! inspiré du livre de Bernard Lavallée http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/24/legumes-cuisine-jardinage_n_6932710.html

PS: À noter que faire repousser les têtes de légumes racines fonctionne assez facilement. Par contre, le plant qui en résultera essaiera quasiment toujours de « monter en fleur ». C’est bien parfait si on veut en récolter les graines, ou encore si on veut en consommer le feuillage et/ou les fleurs. Il ne faut pas s’attendre à une nouvelle production de ladite racine, voilà tout.

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Sol vivant et permaculture – la radis d’hiver (daikon) et l’importance d’un bon couvre-sol

Je suis tombé par hasard sur des graines de radis d’hiver/japonais, ou de daikon (Raphanus sativus var. longipinnatus), dans une grande surface, que je me suis empressé d’acheter.

Radis japonais ou daikon (source: https://i.ytimg.com/vi/nveaDBNbSrQ/maxresdefault.jpg)

C’est qu’au fil de mes expériences de cultures et de défrichage sur mon terrain sec et montagneux, j’ai réalisé que celui-ci ne comportait qu’une très fine couverture de matière organique de surface.

Et malheureusement, lors de ma première expérience de dessouchage et de grattage de racines, presque tout avait été enlevé. On apprend à la dure! C’est là que j’ai appris que le sol est vivant et une plante a besoin de matière organique. Planter un fruitier dans du sable et des roches, il ne fera rien. Survivre tout au plus.

Dans mon cas, j’ai donc du reconstruire la matière organique avec l’aide des couvres-sols. Et c’est possible!

Après avoir expérimenté les bienfaits du trèfle, j’avais lu quelques articles et regardé quelques vidéos sur l’ivraie (ray grass), sur l’avoine, la luzerne et le seigle, ainsi que sur le Daikon, dont j’avais déjà pu lire et constater les bienfaits en utilisation comme couvre-sol. Le radis d’hiver possède une longue racine profonde qui peut « creuser » jusqu’à trois pieds (91 cm) de profondeur. Et n’étant pas vivace, la plante meurt au printemps et se décompose doucement jusqu’en été tout en laissant un trou, qui aère le sol. Dans le cas de cette plante, le processus de décomposition peut paraitre un peu long pour de la culture maraîchère, mais peut-être idéal pour un fruitier, ce que j’ai bien l’intention d’essayer.

D’autant plus que le radis en question est comestible, alors rien n’empêche d’en récolter et manger quelques uns!

D’ici là, voici quelques liens intéressants sur ce sujet:

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/cover.htm

http://articles.extension.org/pages/64400/radishes-a-new-cover-crop-for-organic-farming-systems

http://dirtsecrets.com/2015/03/daikon/

Et quelques vidéos (en anglais):

Bonne année 2017 – le partage en cadeau!

confetti-background-free-vector-139Bonne année 2017!

Je vous souhaite du succès dans vos expériences jardinage, des récoltes abondantes, du plaisir et de la sérénité dans vos projets.
Et surtout, je vous souhaite de tisser des liens forts avec votre famille, vos amis et votre communauté!

Un petit mot sur le partage, puisque c’est la raison d’être de mon blogue. Dans mon cas, même s’il s’agit d’un partage de connaissance, et que j’essaie de faire sauver du temps et de faire profiter aux autres des bons coups et expériences réussies, le partage, c’est le plaisir de donner. Donner sans attendre quelque chose en retour, d’abord. Avec néanmoins cette possibilité, cette surprise du peut-être, d’un éventuel retour de l’autre. Et pour l’avoir pratiqué depuis un petit moment, c’est vraiment gratifiant et satisfaisant.

C’est surtout particulièrement agréable, puisque le parallèle est là, c’est comme de semer une graine. Parfois, rien ne se produit, la plante meurt (sécheresse, maladie, insectes, autres aléas météo). Alors que le plus souvent, c’est l’inverse qui se produit; d’une simple graine surgit une plante parfois immense, et dont la récolte sera généreuse et abondante. Comme quoi les plantes, c’est un peu comme nos relations, il faut les entretenir et souvent, elles nous le rendent au centuple! Mais si on plante une graine dans la forêt dense et qu’on ne s’en occupe pas…

Enfin, au delà de cet élan philosophe de début d’année, je tenais à partager cet état d’être que je trouve tout à fait grisant (et que j’espère, pourra en inspirer d’autres). Le partage, c’est le fun! Depuis le début de mon aventure sur ce blogue, j’ai pu rencontrer plein de gens de divers milieux, des amateurs comme de passionnés. Et ces rencontres ont toujours été très nourrissantes. Merci de me lire!
Alors pour terminer, j’en profite pour partager cette ressource vraiment bien, découverte récemment au hasard de mes explorations sur les réseaux sociaux.

Le site s’appelle Le jardin comestible et en voici une capture d’écran:

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Capture d’écran du site Le Jardin Comestible. Une mine d’or d’information sur la permaculture. http://jardincomestible.fr/

À propos du site:

«  Le Jardin Comestible est un site d’information sur des thèmes qui me sont chers comme la permaculture, l’agro-écologie et la sobriété heureuse. C’est aussi le nom d’une toute nouvelle pépinière de plantes vivaces, utiles et souvent comestibles située dans le Rhône, à côté de Lyon. » (http://jardincomestible.fr/)

Pour en savoir plus: http://jardincomestible.fr/a-propos/

Conférence de novembre sur l’art de la greffe est en ligne!

Vous avez manqué la conférence sur la greffe en milieu rustique du début novembre dernier à l’Université Laval?

Que cela ne tienne, les gentils bénévoles et organisateurs de VIA Agro Écologie l’ont filmée et le tout est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=BY_fmK5xLNI

Sans prétendre à la science infuse, ni à la vérité absolue, le tout se voulait une conférence présentant le résultat de mes recherches et expérimentations à ce jour. Quand on parle en « Je » et de ses expériences personnelles, d’habitude, c’est difficile de se tromper.

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En gros, j’y présente mon projet de permaculture en zone 3, au Saguenay. J’y aborde les variétés de fruitiers rustiques, les greffes (greffons et porte-greffes) ,et surtout, j’y partage mes sources à ce jour (végétales et bibliographiques).

Bon visionnement! 🙂

 

Récolter soi-même ses graines, c’est facile et surtout, gratuit!

La base du jardinage, c’est bien les graines.

Et si c’est quelque chose que la nature produit en abondance, c’est bien ça, les semences. La plupart des plantes en produisent en quantité phénoménale et surtout, celles-ci sont faciles à récupérer. Il suffit de se donner un peu la peine.*

Moi je suis dans la catégorie des gens qui aiment tout faire pousser de zéro. Du coup, je sais que j’aurai toujours besoin de graines pour le printemps suivant et suis toujours à la recherche de graines à ramasser, comme un écureuil qui amasse ses réserves pour plus tard.

Pour la plupart des plantes, il est vraiment, mais vraiment très facile de récupérer des graines, comme c’est le cas pour les tomates. Toutefois, et surtout quand on en plante plusieurs variétés, celles-ci risquent de se polliniser entre elles, soit de se croiser. Peu importe dans mon cas, puisque sur mon balcon, je fais toujours pousser des tomates cerises. Au pire, mes deux variétés préférées seront mélangées, ce qui n’aurait rien de dramatique.

Un exemple d’une récolte de graines de tomates cerises Tiny Tim:

 

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Je récolte toujours des graines de mes tomates chaque année, histoire de garder des graines fraiches qui germeront facilement. Les vieilles graines germent souvent quand même, mais après plus de temps/jours.

Toutefois, même si plusieurs variétés des tomates d’épicerie germent à la maison, j’évite ces inconnues qui sont souvent de type indéterminé et sans aucune résistance aux maladies. Les cultivars du magasin ont été sélectionnés pour leur facilité de culture en serre, souvent presque hydroponiques et ne donnent pas de bon résultat en culture en pleine terre.

Pour une grande majorité de plantes, la récolte des graines est très facile et sans soucis, comme c’est le cas pour l’aneth!

Et dans certain cas, il suffit de partir d’une seule graine afin d’en récolter une quantité phénoménale en retour.

Dans le cas de la plupart des plantes incluant l’aneth, il est préférable d’attendre que les graines soient à maturité, soit lorsqu’elles commencent à noircir ou brunir et qu’elles tombent d’elles-mêmes. Pour les fruits, ceux-ci doivent être très mûrs. Dans le cas de l’aneth pour la consommation, je récolte les hampes lorsqu’elles brunissent, soit avant que les graines ne tombent d’elles-mêmes. Je les laisse un peu plus longtemps si c’est pour resemer.

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Ma récolte d’aneth 2016. Tout ça à partir d’Un seul plant, soit une seule graine!

Dans certains cas, récolter des graines est un peu plus compliqué.

En gros, il faut attendre que le fruit soit le plus mûr possible, afin que la graine soit vraiment prête. Si la graine est recouverte de pulpe, il vaut toujours mieux la nettoyer afin d’en enlever le plus possible à l’aide d’un linge humide. Ceci évitera la formation de pourriture lors de la germination future.

Dans le doute, j’aime bien utiliser un sac. Voici un exemple avec mes choux chinois Choy sum, une variété de chou à feuillage dont la fleur est comestible. Je le cultive à l’intérieur, car le feuillage est très prisé des chenilles et papillons à choux. Les graines de celui-ci sont très faciles à récupérer.

 

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Le chou à feuillage Choy Sum fleurit très rapidement

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Les graines sont presque prêtes lorsque la capsule change de couleur et tourne au brun. Celle-ci va bientôt s’ouvrir pour libérer ses graines

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J’utilise un sac de papier brun, car le papier respire et permet de récupérer les graines lorsque les capsules s’ouvriront. Dans certains cas, les capsules explosent et projettent les graines un peu partout…

Pour vous aider, voici un lien vraiment intéressant à consulter qui explique et donne des trucs sur la production de semence à la maison. J’y ai appris plein de choses utiles, entre autres comment faire pour éviter la pollinisation croisée des courges.

Le lien: https://potagersdantan.wordpress.com/category/production-de-vos-semences/

Bonnes récoltes! 🙂

* Notez que je n’aborderai pas dans ce billet le sujet des multinationales et ou gouvernements qui prétendent s’approprier et édicter les droits/brevets sur les semis de plantes. Ce débat existe et est bel bien d’actualité, toutefois, je me limite à la culture de variétés ancestrales et non OGM.

Le plaisir de la culture des fruits et petits fruits pour le goût

L’avantage de cultiver ses propres fruits et petits fruits, c’est le goût. Bien souvent, les fruits vendus au magasin sont cultivés en fonction de valeurs mercantiles: bonne conservation, résistance aux maladies, au transport, belle apparence.
Malheureusement, ces critères passent souvent au devant de celui qui compte, selon moi, le plus.
Je parle de ce sujet parce que je cherchais depuis un petit moment des framboises jaunes, plus particulièrement des Anne. J’avais lu quelque part que celles-ci était les meilleures gustativement.

Framboisier d’automne Anne – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1498287/raspberry-report-fall-2014 photo de Bob_Z6

Ayant épuisé toutes mes sources d’amis qui auraient bien voulu m’en échanger, Je me suis donc résolu à passer à mon centre jardin préféré pour m’en acheter. Naturellement, ils n’en avait pas en stock. La gentille dame à la pépinière m’a invité à en réserver, ce que j’ai fait.
J’étais un peu déçu de savoir que leur fournisseur ne vendait que du fall gold, une variété de framboise jaune plus ancienne, au fruit plus petit et au goût doux.
Quelle n’était pas ma surprise lorsque j’ai eu un coup de fil dimanche pour m’avertir que ma commande était arrivée. La commis était désolée de m’annoncer que le fournisseur n’avait plus de Fall Gold et avait plutôt livré du Anne, un « équivalent » selon elle. Que nenni! C’était justement cette variété que je cherchais.
Donc, enfin! J’ai mis la main dessus mes Anne. Et pour en revenir au plaisir de la culture des fruits pour le gout. C’est que les fruits de Anne sont exceptionnellement savoureux. Et oui! Rien de moins.
J’ai même un sondage à l’appui, réalisé par l’Université de l’Utah: http://extension.usu.edu/files/publications/publication/Horticulture_Fruit_2013n-01pr.pdf

Mais ce que je trouve admirable dans tout ça, c’est la conclusion du sondage du tableau 2, basé sur quatre critères:

  1. la fermeté (Firmness) 2. l’apparence (Appearance) 3. le goût (Flavor) et 4. la préférence (Preference).

Sur les dix variétés d’automne testées, une seule se retrouve grande gagnante des deux points 3 et 4.

C’est la variété Anne!

Et étonnamment, on s’empresse d’évoquer que la couleur jaune du fruit a peut-être biaisé le résultat du sondage sur le goût et que bien que les fruits de la variété Anne soient les plus gros, c’est peut-être du au fait que Anne produit moins de fruits par plant.

De façon implicite, on vante les mérites des variétés qui produisent plus, même si elles n’arrivent que troisième ou quatrième dans les panels de dégustation, comme c’est le cas de la variété ‘Joan J’. Et au final, on vante la variété Polka, la numéro 2 au niveau gustatif, mais gagnante au niveau productif et apparence.

Même une étude de source universitaire ici, mets de l’avant les critères du marché.

Faire pousser ses propres petits fruits et fruits chez soi, c’est donc ici un avantage. C’est le luxe de pouvoir goûter à ce qu’il y a de meilleur. À un fruit parfois exceptionnel, qui peut-être ne se conserve pas ou peu, produit moins ou encore ne se transporte pas bien.

Et peut-être aussi que c fruit ne répond pas aux standards esthétiques du marché.

Mais on s’en fout si c’est meilleur. Et en plus, si c’est santé, parce qu’en l’ayant fait poussé nous même, on sait qu’il n’y aura pas eu de produits chimiques, pesticides ou fongicides rajoutés.

Alors voilà! C’était mon  petit éditorial du jour.

Et si vous êtes curieux et épicurien(ne) comme moi, et que vous êtes toujours à l’affut des nouvelles variétés exceptionnelles et rares, il reste encore une dizaine de plants de framboisiers Anne chez Bourbeau, à Québec.

À qui la chance?

PS: Dans le forum GardenWeb, un jardiner vante d’ailleurs lui aussi les mérites gustatifs de Anne ici: http://forums.gardenweb.com/discussions/1498287/raspberry-report-fall-2014

 

Comment réussir la production de figue chez soi (culture à l’intérieur)

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Après trois ans d’essais et erreurs, j’ai enfin une dizaine de figues en route sur mes plants. Étant donné que ça m’a pris pas mal de temps avant d’y arriver, je me suis dit que ça pourrait peut-être aider les autres de partager un peu mon expérience sur le sujet afin d’arriver à de bons résultats plus rapidement.

  1. l’emplacement: SOLEIL! SOLEIL! SOLEIL! Les figuiers ont besoin du plein soleil. Si vous n’avez pas de fenêtre au sud ou à l’ouest, laissez tout de suite tomber. Par contre, si c’est le cas, vous pouvez tenter votre chance et vous essayer à faire pousser un figuier à l’intérieur. Car s’il manque de soleil, votre figuier poussera quand même, produira peut-être quelque chose, mais les figues seront fade et sans sucre, donc sans goût. Donc, autre conseil important, ne tournez pas votre plante lorsqu’elle a commencé à préparer des fruits.

    Le figuier cherchera naturellement à pousser vers le soleil.

  2. la variété: Pour réussir vos figues à l’intérieur, il faut d’abord une variété parthénocarpique (qui produit des fruits sans pollinisation), mais aussi préférablement une variété bifère, soit à deux récoltes, donc qui produit au printemps ET à l’automne. C’est pour maximiser vos chances d’obtenir des résultats. Pour ma part, j’ai de très bons résultats avec Brown Turkey et LSU Gold.

    La variété bifère LSU Gold, LSU pour Louisiana University, production de 2015 à la maison!

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  3. La culture/pot: Le figuier n’est pas trop exigeant pour ce qui est du terrain, mais préfère un sol qui se draine bien et dont l’eau ne stagne pas. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’aime pas l’eau! Autre détail important: le figuier aime être à l’étroit. Donc, ne pas l’installer dans un trop grand pot, sinon il ne produira pas. Pour ma part, je préfère un pot de terre cuite qui s’assèche bien et je laisse toujours sécher entre les arrosages. NOTE: Dans un pot trop grand, la plante ne fera que pousser et ne cherchera pas à produire de fruits. J’ai installé mes figuiers dans un grand pot et ils n’ont presque pas produit pendant trois ans, soit tant qu’ils n’ont pas épuisé les réserves de terre du pot.
    BrownTurkey

    La variété Brown Turkey – mes premiers fruits en 2015 (culture en pot). J’ai tourné la plante et les fruits qui n’étaient plus au soleil n’ont jamais réussi à devenir sucrés et étaient fades.

    Le figuier aime être à l’étroit. Le mien est dans un pot de terre cuite, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’arroser souvent, au contraire!

  4. Fertilisation: Je fertilise mes figuiers à l’engrais à tomate en cristaux qui se diluent dans l’eau avec de très bons résultats. Je laisse les plants se reposer l’hiver et fertilise au printemps et en été jusqu’au début de l’hiver.
  5. L’arrosage: Oui, les figuiers sont des plantes très résilientes. Toutefois, si vous voulez une belle production, il faut arroser régulièrement, surtout lorsque les plants ont commencé leur production fruitière. Une sécheresse subite fera avorter les fruits. Généralement, je laisse la surface du sol sécher entre les arrosages, mais un arrosage régulier est primordial.

Traitements et maladies:

Les deux problèmes que j’ai vécu avec les figuiers, ce sont la pourriture/champignons au niveau du sol et les araignées rouges. Voici comment j’ai réussi à surmonter ces problèmes de façon biologique.

  1. La pourriture/moisissure systémique des racines: En hiver, le sol de mon plus gros pot avait tendance à trop garder l’eau, d’autant plus que les plants en dormants buvaient et absorbaient beaucoup moins l’eau. En conséquence, j’ai donc développé un problème de champignon dans le sol, au grand détriment de mes figuiers qui semblaient dépérir. La solution: le thé! Je leur ai fait un arrosage de thé vert/noir asiatique, dilué dans l’eau d’un arrosoir. Ma recette, préparer une théière de thé vert ou noir en feuilles assez concentré qu’on laisse refroidir. Ensuite, on retire les feuilles et on dilue dans un arrosoir. On arrose simplement les plants « malades » avec ce thé tiède, en aillant préférablement laissé sécher le sol au préalable. Une fois le traitement complété, les racines/motte devrait être complètement « arrosé » d’eau au thé.
  2. Les araignées rouges adorent mes figuiers, plus particulièrement la variété LSU Gold qui semble davantage sensible que les autres. Ma recette bio: Du savon insecticide. J’ai découvert que le savon à vaisselle Palmolive aux pommes fonctionne très bien. Quelques gouttes diluées dans un litre d’eau et je pulvérise sur la plante. Attention, il faut vraiment pulvériser PARTOUT et répéter le traitement deux autres fois à une semaine d’intervalle, pour un total de trois. Pourquoi? Parce que la première fois, le savon tue les insectes vivants. Le deuxième traitement tuera la deuxième génération, soit celle qui n’était pas encore éclose. La troisième, c’est pour ceux qui auraient été échappés. Le truc ultime: pulvériser l’hiver. Pourquoi? parce que en hiver, le figuier perd presque toutes ces feuilles. Personnellement, en décembre-janvier, j’enlève tout ce qui peut rester de feuilles sur les figuiers pour « le mettre en hiver de force ». C’est le meilleur moment pour traiter contre les araignées rouges, puisque sans les feuilles, c’est tellement plus facile d’arroser partout! 🙂
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Je ne sais pas pourquoi, mais le Palmolive aux pommes est efficace contre les acariens.

Attention! Ce n’est pas toutes les sortes de savon à vaisselle qui fonctionnent. Certains ne feront que brûler les feuilles sans vous débarrasser des acariens.

Multiplication et greffes: Les figuiers sont hyper facile à bouturer! Donc c’est une super plante pour partager entre amis. Le figuier se greffe aussi très facilement et j’ai eu de très bons résultats de greffe sur figues d’Izmir (mini-figues séchées achetées au magasin dont j’ai fait pousser les graines).

Pour les boutures, un simple bout de branche de 20-30 cm peut être planté dans le sol en ne gardant que 3-5 cm hors de la terre. Si c’est en vert, on enlève toutes les feuilles sous la terre et on n’en conserve qu’une (ou pas du tout). On installe le tout à l’ombre avec un plastique sur le dessus pour ne pas que ça sèche (cloche) pendant au moins un mois. Ça, c’est pour une bouture en vert. Pour le bois en dormance, donc sans feuilles, on peut bouturer sans cloche de la même façon (enterré) et attendre que ça repousse au printemps. J’ai même fait le test de mettre une bouture dans l’eau et ça fonctionne aussi! Dans l’eau, on met en terre aux premiers signes de racines et ne gardant que les derniers cm hors de terre.

Pour les greffes, j’ai testé la greffe en écusson ainsi que la greffe en Z, les deux fonctionnent très bien. Le seul conseil que je donnerais par contre, c’est qu’il ne faut absolument pas laisser repousser le porte greffe tant que le greffon n’est pas bien repris.

En voici un exemple:

Notes

La technique de la greffe en Z:

La greffe une fois reprise. Il s’agit d’un LSU Gold sur un semis de figue d’Izmir. La feuille du bas est celle du porte-greffe.

La greffe quelques mois plus tard. Le point de contact est bien guéri et il reste de la cire sur le PG, qui partira éventuellement.

Taille et entretien: après quelques années, vous devrez raccourcir les branches pour les rajeunir, sinon le figuier a tendance à pousser ‘en orgueil’. Wiki du comment tailler un figuier et voir aussi comment tailler les arbres pour favoriser la fructification des variétés bifères (en anglais), How to prune figs in cool climate: https://www.youtube.com/watch?v=RB0D_tuKgtQ

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Le défaut du figuier, car je me dois de le mentionner, c’est que lorsque la plante est en mode croissance au printemps, le plant dégage une odeur qui ressemble à du « pipi de chat », particulièrement lorsque le soleil plombe sur les nouvelles feuilles. La bonne nouvelle, c’est que l’odeur finit par passer, mais est un peu surprenante quand on ne s’y attend pas.

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Pour choisir ou en savoir plus sur les variétés de figues:

https://www.pommiers.com/figue/figuier.htm

Sites pour acheter des figuiers au Québec/Canada:

Brugmansia-Québec

FloraExotica

Adriano’s World of Fig

PS: Certaines variétés de figuiers résistent à l’hiver en zone 5, mais en étant couché au sol et/ou rentrés à l’intérieur. Mon Black Turkey survit depuis deux ans à Petit-Saguenay. Toutefois, la saison est trop courte pour la récolte d’automne, il faut donc impérativement conserver les branches qu’on couche au sol si on espère une production fruitière. J’en reparlerai dans un autre article quand j’aurai réussi à produire des fruits sur mon terrain.