Du gingembre au Québec!

Je viens de tomber sur un article for prometteur; celui-ci répond à une question qui me trottait depuis un moment, à savoir : « Est-ce qu’on peut faire pousser du gingembre au Québec? »

Source Wikipédia

Car jusqu’à tout récemment, j’étais convaincu que non. Après tout, le gingembre est une plante tropicale et ne survit pas à nos hivers!

Mais… ça ne veut pas dire pour autant qu’on ne peut pas en faire pousser! On peut très bien le cultiver, mais comme on le fait avec une annuelle. C’est un bulbe, et celui-ci se cultive un peu comme un iris, soit plutôt en surface, dans un sol riche bien drainé. On le décolle à l’intérieur (mars avril) et on le récolte avant les gels, le plus tard possible.

Voici donc le lien qui m’a inspiré et que je vous recommande.

Bonne lecture/culture !

https://56milleidees.ca/faire-pousser-du-gingembre-au-quebec-oui-oui-ca-se-peut/

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Critique des poires EarlyGold ou JefGold et visite de la Cidrerie St-Antoine (pommes bio)

Ça y est, nous sommes en plein coeur de l’automne. Le temps passe très vite et les récoltes sont presque terminées; ne me reste plus que des coings japonais et les nèfles à ramasser. Ensuite, ce sera la mise en hiver du verger.
D’ici là, j’ai visité pour la première fois la cidrerie St-Antoine hier (http://cidreriestantoine.com/)

Celle-ci est à 25 minutes des ponts de Québec, sur la Rive-Sud, le long de la 132.

Le temps était gris, mais peu importe, au moins il ne pleuvait pas et pourquoi pas en profiter!

La cidrerie St-Antoine est un des rares (si ce n’est pas le seul) vergers 100% bio dans les alentours de Québec (que je connaisse). Ils produisent plusieurs variétés de pommes et surtout, du jus et cidre de toutes sortes. J’étais ravi de mettre la main sur une provision de mes pommes préférées, les Honeycrisp. Avec le soleil de cette année et en bio, elles sont les meilleures que j’ai goûtées à vie! Nous avons aussi récupéré un peu de Cortland ainsi que de la Spartan qui n’était pas tout à fait prête. La Lobo, en fin de saison, était exquise. Et autre détail non-négligeable, les prix sont tout à fait raisonnables.

Apparemment, le verger a souffert de vents violents… plusieurs arbres étaient couchés au sol.

Un pommier chargé de Spartan

Un autre pommier, celui-là chargé de délicieuses Honeycrisp

Un minot de pommes bio pour 40$, c’est une bonne affaire!

Nous avons aussi acheté du cidre pétillant, du cidre en bouteille et du cidre de glace prestige. Leurs produits sont tous excellents, le choix était difficile.

Poires Early Gold ou Jefgold:

Et de retour à la maison, j’ai quand même eu envie de faire une saucette au marché du Vieux-Port, des fois que je serais tombé sur une poire que je ne connais pas.

Eurêka! C’est avec grand plaisir que je suis tombé sur des EarlyGold (ou JefGold) vendues par la Ferme François Bélanger de l’Ange-gardien (https://fermebelanger.vpweb.ca/). Moi qui les croyais hâtives, elles ne sont prêtes qu’en octobre à Québec. La ferme qui les vend les donne presque; soit parce qu’ils en ont trop, soit parce qu’ils vont bientôt fermer leur étal. Tout est une question de marketing; la vendeuse était bien étonnée de mon enthousiasme. Elle s’est assurée plus d’une fois de me dire que le goût me surprendrait et que c’était bien loin d’une Bartlett, ce que je savais d’emblée.

EarlyGold est un semis de Ure commercialisé par Wilbert Ronald de Jeffries Nurseries. Le semis est supposé être un croisement avec une poire ussuriensis sauvage.

http://www.jeffriesnurseries.com/earlygold.pdf

J’en avais lu des descriptions peu flatteuses sur les forums et du point de vue gustatif, mes attentes étaient plutôt basses.

Early Gold ou JefGold – De petites à moyennes poires, plus grosses que les Ure et aux couleurs variées: Du jaune pur mât au rousselé voire aux joues orangées.

La dégustation:

Ironiquement, ma première poire n’était pas tout à fait mûre. La chair des EarlyGold n’est pas fondante et demeure ferme. Le goût de la poire en question était acidulée, avec une légère amertume désagréable. Première expérience donc décevante, car la poire goûtait tout juste meilleure qu’une Golden spice.

Ma deuxième poire était déjà meilleure. Sucrée (14,5 brix) et sans amertume. J’étais charmé, on retrouvait le goût sucré de la Ure, mais en version plus ferme avec une belle balance de Sucré/acide, sans trop du goût ou de la saveur musqué de certains fruits presque sauvages de la famille des ussuriensis (comme le John).

Ma troisième poire était une petite poire cuivrée rousselée à la joue rosée. Celle-là était définitivement au soleil et une bonne candidate pour une lecture du taux de sucre. Et comment! La poire était exquise! Je retrouvais enfin ce goût de miel dont on parlait parfois, avec même un petit quelque chose qui rappelle vaguement la Seckel. Wow! 18 brix et aucune amertume. Quel délice! Ça y est, je suis convaincu. J’ai bien fait d’un greffer et la poire mérite un arbre à elle seule.

Du coup, je retourne en chercher une caisse. Vive la ferme François Bélanger de L’Ange-Gardien. 🙂

https://fermebelanger.vpweb.ca/

PS: Notez que la poire Early Gold était sous licence (de protection des obtentions végétales) entre 1995 et 2002, mais que celle-ci a été retirée depuis: http://www.cfia-acia.agr.ca/francais/plaveg/pbrpov/cropreport/par/app00000488f.shtml

Cette variété de poirier peut donc être greffée et multipliée librement.

Mauvaises herbes ou adventices comestibles?

La nuance entre le mot mauvaise herbe et adventice est majeure: une herbe n’est jamais mauvaise intrinsèquement, elle ne fait que pousser à un endroit non désiré, d’où l’utilisation du terme plus juste d’adventice: « Se dit d’une plante qui n’a pas été semée par l’homme et qui nuit à la croissance d’une culture. »

En passant, je consomme déjà depuis plusieurs années la fameuse « poulette grasse » ou chénopode blanc qui se resème un peu partout de lui-même (https://fr.wikipedia.org/wiki/Chenopodium_album). Donc, plutôt que de l’arracher systématiquement, je choisis volontairement d’en conserver quelques-uns. Le chénopode se consomme comme des épinards et est excellent en salade, vapeur ou en soupe. Son seul défaut, c’est qu’une fois cueilli, il se flétrit immédiatement, ce qui explique sa non-commercialisation.

Le chou gras (ou poulette grasse) le chénopode blanc. Source: https://jardinage.ooreka.fr/plante/voir/2085/chenopode-blanc

Sinon, dans mes lectures sur la permaculture et le jardinage, j’avais plusieurs fois entendu dire que les orties (Urtica) étaient comestibles, voire même précieuses de par leurs nombreuses vertus: « toniques, dépuratives, diurétiques, anti-inflammatoires (douleurs rhumatismales) » source Wikipédia.

Talle d’ortie, source blogue de Stéphane Loriot: https://stephaneloriot.wordpress.com/2015/02/18/canapes-orties-ailles/

Détail des poils urticants en silice de l’ortie. Source: http://urticamania.over-blog.com/article-32447995.html

J’avoue que lorsqu’une plante produit des réactions urticaires (comme le fait l’ortie), mon premier réflexe n’est certainement pas de chercher à la manger. Qu’à cela ne tienne, j’étais presque content de découvrir par hasard une talle de celles-ci, bien installées près des pivoines chez mes parents. C’était l’occasion pour enfin tenter l’expérience.

On récolte les jeunes feuilles et on évite les manipulations à main nue. On rince le tout et puis hop! Dans mon cas, le résultat était un potage délicieux apprécié de tous. Nous étions quatre néophytes qui avons été unanimement charmés. Ma seule erreur, j’ai laissé les tiges qui sont franchement trop fibreuses.

ma petite récolte d’orties; il en restera pour une deuxième recette!

Le potage avant le passage au mélangeur.


Recette de potage aux orties:

Ingrédients: Bouillon de poulet ou de bœuf, environ 2 tasses de feuilles d’orties, 1 oignon et 4 tasses de pommes de terres pelées en morceaux.

Cuisson: On fait revenir et brunir les oignons et ensuite hop! On cuit les pommes de terre dans le bouillon. On ajoute les orties et on termine le tout au mélangeur. Et voilà!


Liens utiles

Pour identifier l’ortie:

http://www.lavisdesplantes.fr/ortie-carte-identite/

Des idées de recettes:

http://home.naturopathe.over-blog.com/article-toutes-les-recettes-et-astuces-pour-cuisiner-l-ortie-74281068.html

Pour reconnaître les plantes sauvages comestibles:

http://nomadity.be/blog_santenaturelle/les-plantes-sauvages-comestibles-du-quebec/

Bonne dégustation!

Connaissez vous le champignon compagnon du jardin par excellence, le strophaire rouge vin?

Qu’est-ce qu’on fait quand il tombe une ixième tempête de neige déprimante qui nous tombe sur la tête? On pense au jardinage.

J’ai justement reçu ceci hier:

Ma toute nouvelle trousse de culture facile de Strophaire rouge vin, un des meilleurs champignons compagnon du jardin.

Le strophaire sur le site de mycoquébec: https://www.mycoquebec.org/bas.php?post=Stropharia&l=r&nom=Stropharia%20rugosoannulata%20/%20Strophaire%20%C3%A0%20anneau%20rugueux&tag=Stropharia%20rugosoannulata&gro=35

En résumé, c’est un très gros champignon (jusqu’à 20cm), à la chair ferme et de saveur agréable. Par contre, reste à savoir si les insectes et vers s’y intéressent, j’imagine bien que oui.

Vous n’avez qu’à taper son nom (stropharia rugosoannulata) pour tomber sur une pléiade d’images tout aussi impressionnantes les unes que les autres.

En attendant de pouvoir en récolter moi-même, en voici quelques images pour se mettre l’eau à la bouche:

source Flickr – Roberta Dell’Anno https://www.flickr.com/photos/inner_nature/7257623268

et une autre ici

https://www.flickr.com/photos/inner_nature/7257624724

Source: themushroomforager.com/category/king-stropharia/

Et ici:

Un vidéo ici (en anglais) de Adam Haritan qui publie des vidéos YouTube sous le pseudonyme LearnYourLand. Le vidéo est intitulé Massive Wine Cap Mushroom: https://www.youtube.com/watch?v=cLUy6-i16Cs

Il en a publié un deuxième sur comment identifier le champignon en question: https://www.youtube.com/watch?v=KGh3Ark6JEM

C’est un ami qui m’en avait parlé pour la première fois, aux Fêtes. Ça m’avait bien surpris de ne pas connaître le pourtant réputé « géant des jardins », moi qui m’intéresse à la mycologie depuis des années. En fait, la raison en est fort simple, c’est que ce champignon est originaire d’Europe. Les variétés indigènes de strophaires du Québec sont plutôt indigestes ou beaucoup plus petits que celui-là.

J’avais donc très hâte de me procurer du mycélium (filaments végétatifs du champignon ou hyphes) afin d’inoculer des buttes de culture de courges au printemps. De plus, avec un peu de chance, il produira plusieurs saisons.

Par contre, en janvier, j’avais localisé ce site, soit mycoboutique.com – très bien construit – pour me procurer mon kit. Je vous recommande chaudement mycoboutique.com, car le site est truffé d’information pertinente et de trucs de cultures comme ici:

http://www.mycoboutique.com/fr/documents/culture/exterieur

En suivant ce lien, vous trouverez plusieurs PDF d’instruction de culture extérieure de mycélium de champignons, tels que la morille, la culture sur buche de la pleurote, sur les coprins et le strophaire.

Sauf qu’en retournant pour passer une commande, la semaine dernière, le strophaire était en rupture de stock. Il l’est encore cette semaine. Quelle déception!

J’ai donc dû user de stratégie et faire preuve d’initiative. Je devais trouver un autre fournisseur. En cherchant à nouveau, je suis cette fois tombé sur une autre compagnie québécoise, cette fois de Montréal nommée Champignon Maison (http://www.champignons-maison.com/).

Finalement, c’est de là que provient mon kit. Fiouf! Mission réussie. Et malgré que leur site soit plutôt semi-fonctionnel et qu’ils n’ont pas tenu compte de mon commentaire/consigne, j’ai obtenu ma commande rapidement et en parfait état. De plus, la compagnie possède plusieurs points de vente, dont quatre à Québec, mais aussi répartis un peu partout dans la province. Leurs produits sont donc accessibles facilement.

Voir ici: http://www.champignons-maison.com/index.php/nos-trousses/points-de-vente

De plus, ce qui est particulièrement intéressant dans le cas de ce kit soit de ce champignon-ci, c’est que j’ai lu que le strophaire est un bon champignon pour le compagnonnage.  L’intérêt premier du strophaire réside dans le fait que c’est un champignon saprophyte, soit décomposeur et qui n’entre pas en compétition avec les végétaux. Par opposition à certains champignons qui peuvent soit aider les racines de façon symbiotique (mycorhize ) alors que d’autres vont carrément leur nuire.

Enfin, je termine avec un lien vers un article de bioptère qui «participe à un projet de recherche sur le développement d’un substrat de culture adapté et de stratégies techniques pour la culture du strophaire rouge vin (Stropharia rugosa-annulata), en collaboration avec Saveurs du boisé Choquette.»

Le tout a fait l’objet d’un reportage très intéressant diffusé en 2017 à l’émission La semaine Verte à Radio-Canada ici: http://www.biopterre.com/un-champignon-meconnu/

https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/2016-2017/segments/reportage/9981/champignon-strophaire-rouge-vin

Bon visionnement! 🙂

 

 

Le sol au-delà du médium de croissance

Depuis le début de l’implantation de mon verger, j’ai souvent du être créatif afin de trouver des solutions aux problèmes qui se présentaient. Un des premiers écueil auquel j’ai du faire face, et qui en est un de taille, est par rapport au sol. J’avais toujours considéré celui-ci comme un substrat inerte, de la même façon que le terreau d’empotage d’intérieur qu’on achète dans un sac. Un simple de mélange de sable, terre, argile et humus, en diverses proportions.

C’est que lors de ma première année de culture, ma terre à bois fraichement défrichée a été grattée, ne laissant à peu près que le sable et les pierres comme support à mes fruitiers.

verger juin 2014 (le sol a été gratté et la terre de surface enlevée

Dans ma grande hâte d’obtenir vite et bien des résultats, j’ai fait un trou rempli de fumier que j’ai mélangé sommairement au sol, en conservant ma « terre » de surface à part pour refermer le tout.

Notons ici que mon site de culture est en montagne et que la couche de surface avait été complètement enlevée, ne laissant qu’une mince couche de terre sablonneuse, dépourvue de vie.

Choc d’apprentissage de culture numéro 1:  ce que j’ai planté la première année a tout juste survécu. J’ai même perdu des arbres au cours de ce processus d’apprentissage, à la dure.

Pendant ce temps, soucieux d’apprendre à cultiver mes légumes le plus naturellement possible, je m’étais acheté le livre Michael Phillips; The Holistic Orchard, dont les 18 premières pages traitent de l’écosystème du sol, ce que je trouvais curieux; pourquoi déranger le lecteur avec autant de texte sur le sol, alors que c’était un livre sur les fruitiers.

C’était ma première grande révélation: le sol est vivant. Il est un écosystème fragile et plus qu’un support, il faut le nourrir et l’entretenir. Je constatais alors qu’il y avait des écoles de pensées à ce sujet: le sol est vivant par opposition à la sol est un substrat qu’on alimente à grand coup de chimique. J’apprenais pour la première fois que la technique traditionnelle de défrichage en « grattant » les racines en retirant toute la terre de surface était peut-être efficace pour un « beau terrain » sans repousse, mais que c’était l’inverse de ce qu’il fallait faire pour un verger.

Il me fallut plusieurs années pour « reconstruire » mon sol depuis la plantation de semis de trèfle en passant par l’ajout de plantes feuillages et autres matières organiques telles que la consoude et la bourrache, de bois raméal fragmenté et de compost.

Verger avec premier semis de trèfle blanc comme couvre-sol et raifort au début, afin de reconstruire mon terreau de surface.

Pas pour rien qu’on met tant d’emphase dans les guides de culture sur l’avant-plantation! Et je le confirme; il faut au moins un an de préparation préalable du sol avant de cultiver. Et c’est encore plus important quand c’est une culture permanente!

Le sol est vivant et un arbre, ça ne prospère pas dans du sable. Si vous êtes chanceux, il va survivre, tout au plus.

Voici donc un exemple de ce que j’ai appris à faire: planter des vivaces ou annuelles dont le feuillage est riche en azote au pourtour des racines de l’arbre. On fauche quelques fois dans la saison et on laisse les résidus sur place afin d’enrichir le sol, ce qui fait une bonne source d’engrais naturel pérenne.

La base de mon pommier Priscilla à l’automne 2017 – Trèfle blanc comme couvre-sol du verger, bourrache, consoude et raifort (fauché 2-3 fois par saison) au pourtour des racines et bois raméal fragmenté à la base de l’arbre.

Sources de semence de plantes couvre-sol (au Québec)

Quelques lectures intéressantes:

D’abord, un article d’une grande dame du bio du Québec
Voir l’article Une redéfinition de la fertilité du sol, page 12 dans La Terre Nourricière #104 – 2012
http://gaiapresse.ca/images/UserFiles/File/Bio-bulle/BB104%20GP%5B1%5D.pdf

À propos de l’auteure: Céline Caron « Pionnière dans l’agriculture écologique au Québec, éducatrice et activiste environnementale avec une expertise en horticulture et arboriculture fruitière écologique »
source: https://lesjardinsdeceline.wordpress.com/les-jardins/

Un lien hyper intéressant de l’OMAFRA sur les cultures Couvre-sol « protégeant le sol contre l’érosion et en y ajoutant de la matière organique, ce qui en améliore les propriétés ».

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/covercrops.htm

Un rappel de mon billet de l’an passé sur le Daikon ou radis oléagineux: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/04/09/sol-vivant-et-permaculture-la-radis-dhiver-daikon-et-limportance-dun-bon-couvre-sol/

Le Daikon ou radis Oléagineux – comestible, mais en général on le laisse sur place et il contribuera à engraisser le sol.

Un deuxième article sur la « bonne » façon de démarrer son verger, avec une vision intéressante sur comment préparer le sol et optimiser l’espace de culture des premières années (en attenant les revenus de son verger) – en anglais:

Fall Reminders and Income from a Diverse Young Orchard par C.J. Walke (publication Maine Organic Farmer Gardener, Fall2016.

http://www.mofga.org/Publications/MaineOrganicFarmerGardener/Fall2016/FallReminders/tabid/3219/Default.aspx

Je termine avec le lien du livre et site web (forum) du Holistic Orchard (de holiste, ou « hole » comme un tout ou encore, de la culture en tant que système global) – aussi en anglais:

https://www.groworganicapples.com/organic-orchard-books/

Bonnes lectures!

l’hiver, la saison du shopping – ou comment bien choisir son fruitier

Ça y est! L’hiver et la neige sont arrivés et seront avec nous pour quelques mois.
C’est la saison idéale pour les lectures et surtout, pour le magasinage de nouveaux fruitiers, soit comme nouveaux arbres, soit comme remplacement.

Après quelques essais et erreurs, je me permets de partager quelques critères essentiels à la sélection du bon arbre fruitier. C’est que pour l’avoir vécu, dans notre engouement initial, nous sommes souvent portés à nous laisser séduire au printemps par des coups de cœur en pépinière: des beaux arbres souvent en fleur, dont les branches sont bien formées et qui semblent prêts à produire en un rien de temps.

Par contre, qui n’a pas vécu la triste expérience de voir son arbre tomber malade ou pire encore, mourir gelé au premier hiver venu? Alors au-delà du magasinage, il faut aussi en profiter pour faire un minimum de réflexion sur les achats à venir, ce qui vous évitera bien des déceptions et pertes de temps et d’argent.

Liste des critères essentiels à considérer

pour le choix d’un BON cultivar pour vous!

  1. La rusticité
  2. La résistance aux maladies – et insectes*
  3. Le fruit obtenu (saveur et utilisation).
  4. La saison de fructification
  5. Le temps de conservation
  6. Le bon porte-greffe
  7. La quantité de fruits désirés

Préalable: Avant tout, bien choisir le site, avec un bon sol et un bon ensoleillement et humidité suffisante. Sans élaborer davantage sur ces points, je reviens sur mes critères essentiels que je détaille un peu davantage.

1- La rusticité: la plante doit être rustique selon votre zone de culture, et idéalement, choisir quelque chose une zone en dessous. Par exemple, si vous êtes en zone 4 à Québec, pour être certain qu’un hiver exceptionnellement froid ne vienne pas à bout de vos arbres, il est plus sûr de planter un arbre qui résistera jusqu’en zone 3.

Voir la carte suivante: http://www.planthardiness.gc.ca/index.pl?lang=fr

Les zones de rusticité approximatives au Québec

2- La résistance aux maladies – et insectes*: pour moi, ce critère arrive en second, car je crois à l’agriculture biologique, donc avec un minimum de pulvérisation possible et d’intrants chimiques. Les résistances aux maladies les plus courantes et essentielles, selon moi, sont la tavelure (bien que ce problème soit surtout esthétique) ensuite au feu bactérien. Sachez que pour ce qui est des insectes, il n’existe pas de fruits « résistants »*. Les populations d’insectes devront nécessairement être contrôlées, tout comme les animaux sauvages. La résistance à la sécheresse peut aussi être un critère important, mais surtout pour les francs ou sinon pour le porte-greffe, selon le site de culture choisi.

* Je nuance ici mon point de vue sur la résistances aux insectes: il existe effectivement des variétés de fruitiers, dont de pommes, qui sont plus résistantes – ou moins sensibles – aux carpocapses, aux tétranyques par exemple, tout comme certaines variétés de poires sont plus résistantes aux psylles, aux tenthrède limace ou aux carpocapses. Par contre, au final, je ne pense pas qu’une variété fruitières peut être vraiment considérée immunisée. Il va toujours falloir surveiller les populations d’insectes ou prédateurs, du moins un peu. C’est davantage comme ça que je le vois. Par contre pour l’avoir vécu avec les cassis Ben Conan par exemple avec les tétranyques, certaines variété sont carrément sensible aux insectes et sont alors à éviter.

3- La saveur du fruit: à quoi bon faire pousser un arbre complet d’un fruit qu’on n’aime pas et surtout, dont l’usage ne nous intéresse pas. J’ai vu des gens avec un pommier Lodi (pomme verte à tarte) sur leur terrain dont tous les fruits tombaient au sol dans le plus grand désintérêt total. Ne pas oublier qu’en automne, un arbre produira une grande quantité de fruits. À moins d’avoir une variété de longue conservation et un entrepôt réfrigérées, les pommes seront toutes prêtes en même temps et il faudra gérer cette grande quantité de fruits et surtout, avoir envie de les manger ou le temps et l’envie de les transformer. N’oubliez pas! Un fruit réfrigéré se conservera toujours beaucoup plus longtemps qu’un fruit à température pièce.

4- La saison de fructification: si vous plantez plusieurs pommiers, poiriers ou pruniers, la saison de fructification est un élément important à considérer puisqu’il permet de mieux répartir la production, de la fin de l’été à la fin de l’automne. Si on ne peut avoir que trois pommiers, mieux vaut planter une variété hâtive, de mi-saison, puis tardive. Ceci permet de répartir la production et de pouvoir profiter de pommes plus longtemps, sur une période de trois à quatre mois, voir jusqu’à l’hiver.

5- La période de conservation: cet élément est ici crucial quand on veut avoir le temps de profiter de sa production plus longtemps. Certaines pommes se conservent au plus une semaine, alors que pour d’autres, c’est plusieurs mois. C’est donc un élément très important quand vient le temps de choisir ses variétés.

Le fidèle Norland, à Petit-Saguenay. Bien que sa production soit plutôt biennale, il produit tout de même une quantité phénoménale de pommes qui doivent être mangées, au mieux, en dedans d’un mois.

6- Le bon porte-greffe: cet élément est vital. J’en ai déjà plusieurs fois parlé, mais le choix du bon porte-greffe est essentiel au succès de la bonne croissance de votre arbre. Je ne stresserai jamais assez l’importance de tout d’abord savoir quel est le porte-greffe utilisé pour votre plante; sa vigueur, sa résistance à la sécheresse et aux maladies, la taille (grandeur) qu’il confère. Obtiendrez-vous un arbre de 10 mètres ou de 2 mètres? Une fois le bon porte-greffe trouvé, mieux vaut acheter un petit arbre d’un an ou deux, greffé sur le porte-greffe choisi que de perdre 5 ans à cultiver un arbre qui ne réussira jamais bien, sinon mourra lors d’un hiver plus froid ou lors d’une soudaine éruption de maladie au verger.

7- La quantité de fruits désirée: si vous êtes une personne seule ou que vous êtes deux, combien de fruits pouvez-vous manger ou transformer en une année? Selon le document suivant d’agriréseau, un pommier planté en moyenne densité, soit avec une distance de 12 3,64 m (ou 12 pieds) finira par produire annuellement jusqu’à 65 kg de pommes annuellement, quoique certaines variétés de fruitiers ont tendance à plutôt produire davantage aux deux ans. N’oubliez pas que la météo (printemps pluvieux, gel) peut carrément empêcher la production entière d’une variété X ou d’un type d’arbre ciblé. Au-delà de la quantité, la diversité ne peut être qu’un gage de réussite. Et si vous ne voulez pas planter douze arbres (3 pommiers, 3 poiriers, 3 pruniers, 3 cerisiers), pensez aux greffes! Un seul pommier peut très bien être greffé avec plusieurs variétés sur un seul arbre afin d’optimiser l’espace disponible.

Quelques références:

L’étude de rendement par type de densité de plantation d’agriréseau: https://www.agrireseau.net/reseaupommier/documents/Profitabilit%C3%A9%20selon%20la%20densit%C3%A9%20de%20plantation.pdf

Tableau des variétés recommandées pour la culture en Alaska (APFGA) avec différentes critères, comme la résistance au froid (hardiness) : http://www.apfga.org/fruit_varieties/

Publication sur les cultivars résistants à la tavelure et aux maladies pour l’Ontario (attention à la résistance au froid): http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/scabresist.htm

Cadeau en avance: une formation sur la gestion bio des insectes et maladies en janvier

Ho! Ho! Ho! Ça y est, ça sent le temps des fêtes!
Vous êtes peut-être comme moi; quelqu’un qui ne cherche pas nécessairement un diplôme, mais davantage à parfaire ses connaissances de façon ciblée?  C’est pour ça que je surveille régulièrement ce qui se donne en termes de formation continue, plus particulièrement sur la culture maraîchère.

Cet hiver, je m’étais donné comme mission de trouver comment gérer de façon bio préférablement, mon problème de charançon de la prune. Ceux-ci détruisent presque toutes mes chums (prunes hybrides besseyi) au tout début de la formation des fruits en les perçant et les faisant avorter.

Je me suis donc trouvé une petite formation d’une journée — un peu court malgré tout — qui va couvrir ou plutôt survoler, ce qui peut-être fait comme gestion: Insectes, maladies et mauvaises herbes; moyens biologiques pour les combattre le 20 janvier à Saint-Romuald. Et quoi de mieux que de profiter du dodo des plantes en hiver pour un peu de formation continue!

J’ai su l’existence de cette formation via l’infolettre du portail de formation en ligne suivant, que je vous recommande fortement

Le site: uplus.upa.qc.ca/

L’infolettre: http://uplus.upa.qc.ca/infolettre/

Descriptif tiré de leur site:

« L’organisation

Ce portail de formation a été conçu par l’Union des producteurs agricoles en collaboration avec les Collectifs régionaux en formation agricole. Par cette initiative, l’Union souhaite jouer un rôle plus actif dans la promotion et l’accessibilité de la formation continue pour les productrices et producteurs agricoles et forestiers.

La mission

Le portail de formation U+ est un lieu de référence privilégié pour les productrices et producteurs agricoles et forestiers intéressés à développer leurs compétences et leur entreprise. Vous y trouverez notamment l’offre de formation continue des Collectifs régionaux en formation agricole. Vous découvrirez également des webinaires développés “par et pour les producteurs agricoles”, des événements, ainsi que des outils de références d’intérêt pour votre perfectionnement. »

Le site de formation en ligne de l’union des producteurs agricoles. Une portail vraiment chouette ici: http://uplus.upa.qc.ca

Les autres formations à venir au printemps dans mon coin: La Capitale-Nationale-Côte-Nord:

Insectes et maladies, moyens biologiques pour les combattre le 20 janvier à Saint-Romuald

Introduction à la culture en serre les 20 et 27 janvier à Québec

Introduction à la culture de fraises le 27 janvier à Saint-Romuald

Introduction à la culture de légumes les 3 et 10 février à Saint-Romuald

Introduction à la culture maraîchère biologique commerciale du 13 au 15 février à Québec

Introduction à la culture de framboises et de mûres le 17 février à Saint-Romuald

Introduction à l’agriculture biologique les 21 et 28 février à Saint-Romuald

Introduction à la culture de petits fruits le 24 février à Québec

Cultivez selon le type de sol le 24 février à Québec