Prêt pour ma présentation sur l’implantation d’un verger en permaculture

Ça y est! J’ai travaillé fort, mais mon powerpoint est prêt. Je suis désormais fin prêt à donner ma première présentation sur l’implantation d’un verger permaculturel, lundi prochain.
C’est toujours fou comment ça prend douze heures pour préparer une présentation qui a durera trois; le choix du contenu, les déchirements entre ce qui est le plus important et l’ordre des sujets. Et puis on change d’idée…


Faute de partager ma présentation sur mon blogue, l’exercice m’a permis de trouver plusieurs sources intéressantes et pertinentes, néanmoins souvent biaisées: soit l’approche était commerciale, soit la source venait de France ou des États-Unis.

Au final, on ne s’en sort donc pas, il faut adapter et personnaliser, ce qui fait la richesse d’une présentation, non? Sinon, à quoi bon.

Alors voilà! Je partage mes trouvailles d’intérêt sur l’établissement d’un verger:

En français:

À savoir à tout prix avant de planter ses arbres fruitiers ou Les conseils techniques de la cellule Vergers du PCDN de Viroinval

https://pnvh.files.wordpress.com/2014/09/pcdn_vergers_1asavoiravantdeplanterweb.pdf

et

Des pommes sans intrants de synthèse – magasine Farmers2Farmers (Belgique): https://fr.farmers2farmers.org/case_study/neonics-fruits-bioschuurke/

En anglais…

Small Orchard Development – Varieties and Rootstock (Extension Illinois) – https://web.extension.illinois.edu/bcjmw/downloads/57279.pdf

Income from a diverse young orchard – de C.J. Walke (Maine Organic Farmer & Garden Journal – Fall 2016: http://www.mofga.org/Publications/MaineOrganicFarmerGardener/Fall2016/FallReminders/tabid/3219/Default.aspx

Je termine avec un vidéo:

Planning and operating a mixed fruit orchard – Bob Tritten (Michigan State University): https://mediaspace.msu.edu/media/Planning+and+operating+a+mixed+fruit+orchard++April+24+2017/1_f1zcd6lt

Publicités

Le sol au-delà du médium de croissance

Depuis le début de l’implantation de mon verger, j’ai souvent du être créatif afin de trouver des solutions aux problèmes qui se présentaient. Un des premiers écueil auquel j’ai du faire face, et qui en est un de taille, est par rapport au sol. J’avais toujours considéré celui-ci comme un substrat inerte, de la même façon que le terreau d’empotage d’intérieur qu’on achète dans un sac. Un simple de mélange de sable, terre, argile et humus, en diverses proportions.

C’est que lors de ma première année de culture, ma terre à bois fraichement défrichée a été grattée, ne laissant à peu près que le sable et les pierres comme support à mes fruitiers.

verger juin 2014 (le sol a été gratté et la terre de surface enlevée

Dans ma grande hâte d’obtenir vite et bien des résultats, j’ai fait un trou rempli de fumier que j’ai mélangé sommairement au sol, en conservant ma « terre » de surface à part pour refermer le tout.

Notons ici que mon site de culture est en montagne et que la couche de surface avait été complètement enlevée, ne laissant qu’une mince couche de terre sablonneuse, dépourvue de vie.

Choc d’apprentissage de culture numéro 1:  ce que j’ai planté la première année a tout juste survécu. J’ai même perdu des arbres au cours de ce processus d’apprentissage, à la dure.

Pendant ce temps, soucieux d’apprendre à cultiver mes légumes le plus naturellement possible, je m’étais acheté le livre Michael Phillips; The Holistic Orchard, dont les 18 premières pages traitent de l’écosystème du sol, ce que je trouvais curieux; pourquoi déranger le lecteur avec autant de texte sur le sol, alors que c’était un livre sur les fruitiers.

C’était ma première grande révélation: le sol est vivant. Il est un écosystème fragile et plus qu’un support, il faut le nourrir et l’entretenir. Je constatais alors qu’il y avait des écoles de pensées à ce sujet: le sol est vivant par opposition à la sol est un substrat qu’on alimente à grand coup de chimique. J’apprenais pour la première fois que la technique traditionnelle de défrichage en « grattant » les racines en retirant toute la terre de surface était peut-être efficace pour un « beau terrain » sans repousse, mais que c’était l’inverse de ce qu’il fallait faire pour un verger.

Il me fallut plusieurs années pour « reconstruire » mon sol depuis la plantation de semis de trèfle en passant par l’ajout de plantes feuillages et autres matières organiques telles que la consoude et la bourrache, de bois raméal fragmenté et de compost.

Verger avec premier semis de trèfle blanc comme couvre-sol et raifort au début, afin de reconstruire mon terreau de surface.

Pas pour rien qu’on met tant d’emphase dans les guides de culture sur l’avant-plantation! Et je le confirme; il faut au moins un an de préparation préalable du sol avant de cultiver. Et c’est encore plus important quand c’est une culture permanente!

Le sol est vivant et un arbre, ça ne prospère pas dans du sable. Si vous êtes chanceux, il va survivre, tout au plus.

Voici donc un exemple de ce que j’ai appris à faire: planter des vivaces ou annuelles dont le feuillage est riche en azote au pourtour des racines de l’arbre. On fauche quelques fois dans la saison et on laisse les résidus sur place afin d’enrichir le sol, ce qui fait une bonne source d’engrais naturel pérenne.

La base de mon pommier Priscilla à l’automne 2017 – Trèfle blanc comme couvre-sol du verger, bourrache, consoude et raifort (fauché 2-3 fois par saison) au pourtour des racines et bois raméal fragmenté à la base de l’arbre.

Sources de semence de plantes couvre-sol (au Québec)

Quelques lectures intéressantes:

D’abord, un article d’une grande dame du bio du Québec
Voir l’article Une redéfinition de la fertilité du sol, page 12 dans La Terre Nourricière #104 – 2012
http://gaiapresse.ca/images/UserFiles/File/Bio-bulle/BB104%20GP%5B1%5D.pdf

À propos de l’auteure: Céline Caron « Pionnière dans l’agriculture écologique au Québec, éducatrice et activiste environnementale avec une expertise en horticulture et arboriculture fruitière écologique »
source: https://lesjardinsdeceline.wordpress.com/les-jardins/

Un lien hyper intéressant de l’OMAFRA sur les cultures Couvre-sol « protégeant le sol contre l’érosion et en y ajoutant de la matière organique, ce qui en améliore les propriétés ».

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/covercrops.htm

Un rappel de mon billet de l’an passé sur le Daikon ou radis oléagineux: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/04/09/sol-vivant-et-permaculture-la-radis-dhiver-daikon-et-limportance-dun-bon-couvre-sol/

Le Daikon ou radis Oléagineux – comestible, mais en général on le laisse sur place et il contribuera à engraisser le sol.

Un deuxième article sur la « bonne » façon de démarrer son verger, avec une vision intéressante sur comment préparer le sol et optimiser l’espace de culture des premières années (en attenant les revenus de son verger) – en anglais:

Fall Reminders and Income from a Diverse Young Orchard par C.J. Walke (publication Maine Organic Farmer Gardener, Fall2016.

http://www.mofga.org/Publications/MaineOrganicFarmerGardener/Fall2016/FallReminders/tabid/3219/Default.aspx

Je termine avec le lien du livre et site web (forum) du Holistic Orchard (de holiste, ou « hole » comme un tout ou encore, de la culture en tant que système global) – aussi en anglais:

https://www.groworganicapples.com/organic-orchard-books/

Bonnes lectures!

Petit vidéo inspirant sur la permaculture en Normandie

En ce dimanche de printemps, je vous partage une petite vidéo très inspirant sur un projet de permaculture en Normandie.
Je n’en dis pas plus et vous invite à regarder par vous même. Bon jardinage! 🙂

L’article (avec la vidéo)

La Micro-ferme

La vidéo seulement:

http://www.youtube.com/watch?v=LRQ8MCz6u6M

Quel est le lien entre diversité et le vin de groseille?

J’ai embouteillé, il y a quelques jours, une de mes deux recettes de vin maison annuelle, fait à partir de petits fruits du verger.

Du coup, je me suis dit que je devais parler de pas un, mais de deux sujets importants: la diversité dans la permaculture et… le vin de petits fruits, une manière de recycler les surplus de dame nature.

Depuis quelques années déjà, j’ai pris l’habitude de me faire au moins une recette de vin de cerises à grappe par automne (mon grand classique). Et ensuite, de compléter par une deuxième recette, inspirée par les surplus de saison.

L’an dernier, j’avais essayé un excellent vin de carottes/tisane de solidago/riesling (en concentré), avec une infusion d’Achillée. L’année précédente, c’était un vin de pommette, rhubarbe et riesling. J’ai même déjà essayé un vin de navet (plutôt moyen, je l’avoue). Cette année, vous l’avez deviné, c’était une recette de vin de groseilles à maquereaux.
J’avoue, j’ai un peu triché, j’ai pigé dans la « talle » du jardin de mes parents, qui sont mes voisins, puisque mes plantations ne produisent pas encore assez… pour le moment.
L’été dernier, leur plantation de groseille avait tellement produit, que même après s’en être gavé pendant plusieurs jours consécutifs, les plants en étaient toujours chargés. Je me suis donc permis un petit ménage. Non sans me piquer les doigts, j’ai récolté et congelé le tout, en attendant l’automne. Un énorme sac d’une dizaine de kilos. Il m’a alors suffit de quelques recherches pour mettre la main sur des recettes dont je me suis inspiré. Car la plupart des recettes de vin maison sont comme des recettes de cuisine. On en prend, on en laisse. Pour ma part, étant un œnologue audacieux (après vingt ans, y’a aussi un peu l’expérience), je me permet donc de modifier ici et là, à mon gré.
Cette fois, j’ai fait un moité Groseille, moitié Riesling (en concentré) avec tisane de feuilles de chêne, pour donner un vin semi-sucré. Et même après un mois, le mélange avait déjà un goût plutôt prometteur.

Et la diversité?

Quand j’ai commencé mes premiers croquis et plans de verger, j’avoue que mon modèle initial était plutôt celui d’une monoculture – de poiriers. J’en avais commandé une douzaine de variété et c’était tout ce qui m’intéressait.

À l’automne 2013, mon père, qui a une belle plantation d’une bonne quinzaine de pruniers, ne récoltât rien du tout en terme de prune. Printemps pluvieux, pas de pollinisation. À l’opposé, ses trois pommiers furent chargés à bloc.

C’est pendant l’hiver dernier, alors que je visionnais des films et lisait tous les livres que je pouvais trouver sur la culture de verger que je suis tombé sur la notion de permaculture. Et c’est à ce moment que je me suis enfin dit qu’il valait peut-être (certainement) mieux varier un peu ce que je plantais si je voulais m’assurer une récolte minimale. Car le bon vieux diction dit vrai, « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ».

Dame nature peut nous jouer de sacrés tours.

En 2014, tout l’inverse, les pruniers sont chargés et c’est les pommes qui boudent. Deux douzaine de pommes, tout au plus, et des paniers de prunes à s’en rendre malade. Et cette année, les amélanchiers n’ont rien produit, courte sécheresse et les fruits ont séché, tandis que pour les groseilles, c’était la corne d’abondance.
Il faut mélanger les cultures, varier, afin d’essayer de reproduire un écosystème plus naturel. Si les pommiers sont répartis à différents endroits (séparés par deux ou trois arbres), les maladies et insectes nuisibles auront plus de mal à se propager, tandis que pour la pollinisation, ce n’est pas un problème.

Encore là, en 2013, j’avais tout planté en pouponnière mes arbres en transition, en attendant de terminer mes travaux. J’avais une centaine de poiriers (dont plusieurs semis) côte à côte lorsque je me suis rendu compte que j’avais des plantes qui avaient des insectes nuisibles. Le pire scénario possible arrivait. L’insecte se propageait sur toutes mes plantes et il n’avait aucune barrière naturelle pour l’arrêter.

Heureusement, j’ai pu traiter au souffre mouillable ainsi qu’avec de l’huile de dormance. Et au printemps, mon problème à pattes était disparu. Sauf que j’avais bien hâte de tout replanter, éparpillé et en alternance dans mon verger, pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise.

Enfin voilà. C’est donc un mot pour vous encourager à diversifier vos plantations. C’est, selon moi, la meilleure façon de s’assurer une récolte et une récompense minimale pour nos efforts.

Et quand on a de la chance, on peut même récupérer un petit surplus à mettre en bouteille, afin de se réchauffer pendant les froides soirées d’hiver.

Sinon, d’ici là, bonne planification hivernale et surtout, bonnes recherches, documentation et lectures hivernales! 🙂

Le design permaculturel et les plans du verger

Une partie importante de la permaculture est le design.

Dans le contexte de la permaculture, le Design signifie la planification d’un système autosuffisant et aussi diversifié tout en étant le plus près de la nature possible.

Je cite ici les cinq éléments du design permaculturel, tels que trouvés sur wikipédia:

« Le design permaculturel (…) C’est une manière :

  1. d’appréhender un système ou un problème dans sa globalité ;

  2. d’observer comment les parties d’un système sont reliées ;

  3. de réparer des systèmes défaillants, en appliquant des idées apprises de systèmes durables matures en fonctionnement ;

  4. d’apprendre des systèmes naturels en fonctionnement, pour planifier l’intégration de l’être humain dans les écosystèmes où il s’est implanté et qu’il a abîmés avec ses systèmes agricoles et urbains, par manque de connaissance et d’éthique ;

  5. d’inclure ceux qui n’ont jamais entendu parler de la permaculture. »

C’est à partir de cet optique que, depuis l’hiver, je ne cesse de réviser mon plan de verger.

Il faut le dire, mon plan de départ ressemblait spontanément à l’image d’un verger traditionnel; des rangées d’arbres fruitiers identiques rectilignes, parallèles, triés par espèces. Des pruniers d’abord, les pommiers ensuite et des poiriers surtout.

Je dois désormais en être rendu à ma dixième version de plan/design de verger, au moins.  À chaque mois, je découvre un nouvel élément qui me fait remettre en question mon plan. Et la beauté de tout ça, c’est que sur papier, on peut tout déménager et changer de place sans efforts, et sans déranger les plantes – contrairement à le faire pour vrai, en saison.

Au final, voici les éléments clés qui ont déterminé comment choisir le contenu et l’ordre de mes futures rangs de verger:

  • La période de production (et diversification de ma production). Tant qu’à avoir des fruitiers, pourquoi pas ne pas également ajouter quelques petits fruits et baies, dispersées et plantées aux pieds des arbres, à la limite de la circonférence des branches (dripline).
  • Le contrôle des maladies. D’abord, mes premières expériences de l’an dernier m’ont déjà apprises que dès qu’on regroupe des arbres d’une même espèce ensemble, on incite les maladies et ravageurs à se propager, puisque les arbres d’une même espèces sont tous côte à côte. La permaculture m’a incitée à repenser mon design afin d’alterner mes espèces, plutôt que de les mettre côte à côte. J’opte pour des variétés préférablement résistantes aux maladies et j’alterne toujours avec deux autres variétés entre un pommier par exemple. Je plante; Pommier – Poirier – Fixateur d’azote – Prunier – Pommier.
  • Utilisation de plantes adaptées au climat et la rusticité. Après le -44 ‘C enregistré par mes parents cet hiver, et mon éloignement du Fleuve confirme que je ne suis pas zoné 4a, mais bien 3b. Même si j’ai un microclimat chaud et sec l’été, ce qui détermine avant tout la zone de rusticité, ce sont les extrêmes hivernales. La neige au sol permet d’avoir des plantes vivaces parfois zoné jusqu’à 5, puisque celles-ci sont protégées du froid. Toutefois, tout ce qui dépasse doit être au moins zoné 3b, sinon ne survivra pas. J’ai donc révisé mes attentes à la baisse et plusieurs espèces prévues dans mon vergers se sont retrouvées enlevées. Je me garderai quelques porte-greffe que je laisserai pousser et que je grefferai en surgreffage (top-grafting) sur les branches, en hauteur, afin de ne pas perdre mon arbre si jamais les variétés en évaluation meurent par un hiver très froid.
  • La résistance à la sécheresse. Mon emplacement en montage, dans une vallée souvent sèche m’incite à choisir des porte-greffe pour mes poiriers et pommiers qui seront résistant en zone 3 mais surtout, à la sécheresse. À cet effet, j’ai l’intention d’opter pour des pommetiers de type Dolgo, Baccata et Selkirk, réputés pour bien tolérer le grand froid et la sécheresse (J’ai aussi entendu parler du Ranetka qui ferait bien, mais il est plus difficile à obtenir à peu de frais). Pour les poiriers, ce sera des Ussuriensis Harbin ou semis de Golden Spice (à moitié Ussuriensis). Bien que censé faire de grands arbres, celui de mon père, vu le climat plutôt rude, ne fait qu’une vingtaine de pieds de haut, ce qui sera probablement la hauteur de mes poiriers à venir. Pour les pruniers, je grefferai sur nigra, malgré la tendance au gourmands. Eux aussi, ont fait leur preuve sur le terrain voisin, chez mon père.

En date de la dernière version de design de mon verger, celle de début avril, inclura désormais des pommiers, pruniers et poiriers rustiques des prairies. Voici donc mes derniers ajouts : les pommiers Norkent, Prairie Sensation et September Ruby, ainsi que le poirier Early Gold (semis de Ure) tous zoné 3.

Pyrus EarlyGold de Jeffries Nurseries

La poire Early Gold (ou JefGold) z3 from Jeffries Nursery – http://www.jeffriesnurseries.com/eargld.htm

pommier Norkent (Haralson x Rescue) z2b see http://fruit.usask.ca/apples/norkent.html

pommier Norkent (Haralson x Rescue) z2b http://fruit.usask.ca/apples/norkent.html

Malus September Ruby z3

pommier September Ruby (Rescue x Haralson) z2a http://www.fruit.usask.ca/apples/septemberruby.html