Sol vivant et permaculture – la radis d’hiver (daikon) et l’importance d’un bon couvre-sol

Je suis tombé par hasard sur des graines de radis d’hiver/japonais, ou de daikon (Raphanus sativus var. longipinnatus), dans une grande surface, que je me suis empressé d’acheter.

Radis japonais ou daikon (source: https://i.ytimg.com/vi/nveaDBNbSrQ/maxresdefault.jpg)

C’est qu’au fil de mes expériences de cultures et de défrichage sur mon terrain sec et montagneux, j’ai réalisé que celui-ci ne comportait qu’une très fine couverture de matière organique de surface.

Et malheureusement, lors de ma première expérience de dessouchage et de grattage de racines, presque tout avait été enlevé. On apprend à la dure! C’est là que j’ai appris que le sol est vivant et une plante a besoin de matière organique. Planter un fruitier dans du sable et des roches, il ne fera rien. Survivre tout au plus.

Dans mon cas, j’ai donc du reconstruire la matière organique avec l’aide des couvres-sols. Et c’est possible!

Après avoir expérimenté les bienfaits du trèfle, j’avais lu quelques articles et regardé quelques vidéos sur l’ivraie (ray grass), sur l’avoine, la luzerne et le seigle, ainsi que sur le Daikon, dont j’avais déjà pu lire et constater les bienfaits en utilisation comme couvre-sol. Le radis d’hiver possède une longue racine profonde qui peut « creuser » jusqu’à trois pieds (91 cm) de profondeur. Et n’étant pas vivace, la plante meurt au printemps et se décompose doucement jusqu’en été tout en laissant un trou, qui aère le sol. Dans le cas de cette plante, le processus de décomposition peut paraitre un peu long pour de la culture maraîchère, mais peut-être idéal pour un fruitier, ce que j’ai bien l’intention d’essayer.

D’autant plus que le radis en question est comestible, alors rien n’empêche d’en récolter et manger quelques uns!

D’ici là, voici quelques liens intéressants sur ce sujet:

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/cover.htm

http://articles.extension.org/pages/64400/radishes-a-new-cover-crop-for-organic-farming-systems

http://dirtsecrets.com/2015/03/daikon/

Et quelques vidéos (en anglais):

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Connaissez-vous le lupin indigo ou Baptisia australis?

Ça y est, j’ai enfin réussi à faire germer mon premier lupin indigo.
Je ne connaissais pas cette plante, avant de la remarquer l’été dernier dans les jardins des plaines d’Abraham. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert que cette joli vivace buissonnante, en plus d’être fort jolie, est aussi un fixateur d’azote? Il ne m’en fallait pas plus pour que je m’y intéresse.
La photo de la jolie coupable:

Le lupin indigo – source: http://www.gerbeaud.com

Originaire d’Amérique du nord, la plante fait partie des fabacée et ressemble beaucoup aux lupins. Par contre, elle résiste mieux à la sécheresse (une fois bien implantée) et pousse en formant un petit buisson d’environ 1m de haut.

Et surtout, il détient un avantage certain sur les lupins; les pucerons ne l’aiment pas. Car les lupins, dans le coin de Petit-Saguenay, se font systématiquement infester par des colonies de pucerons noirs, ce qui fait que j’avais abandonné pour de bon l’idée d’en faire pousser dans mon coin.

Le défaut, il en faut bien un: les graines du baptisia ne germent pas facilement. Du moins, beaucoup moins facilement que celles des lupins. J’ai essayé la technique de verser un peu d’eau bouillante et les faire tremper une journée. Une graine a germée (sur 5-6) après presqu’un mois d’attente… Heureusement, j’ai fini par en avoir quatre germées au total. Assez pour en essayer la culture en quelques endroits.

Par contre, encore une fois, le baptisia ne pousse pas très vite et peut prendre jusqu’à trois ans avant d’être bien établis et de fleurir la première fois. En plus, une fois installées, les « talles » ne se divisent pas volontiers. J’ai lu qu’il est préférable d’attendre que la touffe ait six à huit ans avant de songer à la diviser. Madame n’aime pas se faire déranger…

On lui pardonne toutefois ces quelques défauts. La patiente est toujours récompensée! 🙂

Bon jardinage!

Pour plus d’information au sujet de cette joli vivace zone 3:

http://www.jardinage.net/arbres-et-arbustes/?id=l-eternel-lupin-indigo

L’automne, le temps de la popote et des dégustations!

Ça fait un petit moment que je n’avais pas donné de nouvelles.
Déjà, manger tout ce qui avait été récolté, pas tant au verger que dans le jardin, ça occupe. Une petite photo à l’appui:

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récoltes automne 2014

Et je suis encore un peu en train de me remettre de la fermeture du verger (du terrain et de la roulotte aussi) à l’Action de Grâce. Au final, je suis assez content du résultat des travaux de l’année en cours. Encore bien des petits projets et ajustements à venir, mais le gros du travail initial est fait (prep du terrain et plantations) et j’en suis fier.

Une photo du résultat:

Verger avec le trèfle blanc comme couvre-sol et raifort.

Verger avec le trèfle blanc comme couvre-sol et raifort.

D’ici là, c’est la découverte de nouvelles variétés de  fruits et pommes au marché du vieux port, près de chez moi.

J’ai eu le bonheur de tomber sur des pommes Liberty ainsi que sur des Sweet 16, que j’avais l’intention de faire pousser. Je me suis même trouvé des raisins Sumerset, qui sont excellent (J’en ai un plant qui n’a pas encore produit). J’en ai rapporté une grappe à mes parents et ils ont confirmé le petit parfum de fraises. Ma mère n’en a fait qu’une bouchée! 🙂

Les raisins Summerset sans pépins!

Les raisins Summerset sans pépins!

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Les Sweet 16, mon coup de cœur de cette année côté pommes. Miam! Un petit goût juteux de bonbons et de canne à sucre.

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La Liberty, une bonne pomme juteuse, avec une bonne balance sucré-amer, dont le goût s’améliore avec le temps en entreposage.

Bon automne et bonne dégustations!

Commande d’arbres de chez Arboquebecium

Ça y est, ma dernière commande est arrivée, de chez Arboquebecium. Et cette fois, c’est vraiment la dernière de la saison.
Quelques fixateurs d’azote (robiniers et févier) et enfin un murier rouge.
Mes arbres m’attendaient dans la boîte aux lettres près de la porte, au retour du travail.

Mis à part qu’ils avaient soif, tout était en parfaite condition.
Super emballage, ça faisait vraiment pro! Je suis impressionné. J’étais un peu inquiet parce que c’était la première fois que je faisais affaire avec eux, mais le service et les produits étaient impeccables.

Et j’avoue que j’avais des doutes au niveau du Mûrier; en général, ils n’aiment pas trop se faire transplanter. Mais l’emballage (une cellule emballée avec un cello) a très bien préservé les racines. Il n’était même pas flétri au déballage.

L’an dernier j’avais reçu un murier blanc à racine nue (de la pépinière ancestrale) et malgré qu’il avait de très belles racines, il n’avait pas du tout apprécié de se faire transplanter. J’avais même eu peur de le perdre. Il avait fini par débourrer sur le tard, presque à la mi-juin. Une chance que j’avais attendu avant de l’arracher!

J’aurai donc encore quelques trucs à planter. Une chance que ceux là sont des durs à cuire, parce j’aurais presque eu envie de les garder à la maison tout l’été, sous observation. Mais bon, j’essaie d’arrêter de m’encombrer… Même si j’aime beaucoup ça m’entourer de plantes. Je suis un peu insatiable à ce niveau. 🙂

Robiniers murier et févier épineux de chez Arboquebecium

Deux robiniers, un murier et un févier épineux de chez Arboquebecium

Sinon, c’est en fds que j’irai voir de quoi ont l’air mes greffes et plantations. J’ai hâte! Et c’est presque un euphémisme.

Quelques photos des greffes du verger

De retour en ville après ma semaine intensive de jardinage. Une centaine de greffes à mon actif et déjà plusieurs reprises avant mon retour. J’en partage d’ailleurs quelques images.

Chum (cherry-plum) Convoy sur prunus nigra

Chum (cherry-plum) Convoy sur prunus nigra

Néflier Nottingham sur pommetier

Néflier Nottingham sur pommetier

poirier Lada, sur semis d'Anjou (à affranchir)

poirier Lada, sur semis d’Anjou (à affranchir)

cerisier tomentosa sur merisier (pensylvanica)

cerisier tomentosa sur merisier (pensylvanica)

coing Kaunching sur semis de poirier

coing Kaunching sur semis de poirier

Poirier Seckel Hâtif sur ussuriensis

Poirier Seckel Hâtif sur ussuriensis

À la maison, mes fixateurs d’azote font 50 cm de haut (les robinias, féviers et caraganas). Je me suis semé quelques graines de bourrache et un ami est supposé me faire parvenir des plants de consoude. Grâce à Pascal, nous avons aussi un sac de semence de trèfle blanc de 2kg qui couvre 20000 p carré, un excellent couvre-sol en perspective pour mon sous-sol de verger.
Ça a été plus dur à trouver que je ne le pensais, le sac de semence a été acheté chez Gérard Bourbeau & Fils Inc. et le produit est à leur nom, c’est donc eux qui font faire l’emballage du produit. Ça revient à 39,99$ pour le 2kg, mais ça vaut la peine. C’est les petits lièvres qui vont être content! 🙂

J’ai deux douzaine de tomates et plus encore de semis de poiriers sur lerebord des fenêtre, sans parler de mes boutures de vigne, cassis, gadelles et caseilles.
Enfin, je me suis parti des semis de courges pour une dernière expérience de greffe avant de tout transférer en pleine terre, vers le 8 juin. Ça va faire du bien, au condo, les fenêtres commençaient à être pas mal remplies.

Le printemps qui se laisse désirer

23 mars et encore de la neige.

Comme on dit, veut, veut pas, c’est déprimant.

IMG_6533 - le printemps n'arrive pas

Mais au moins, j’ai mes semis à l’intérieur pour me changer les idées. En voici quelques-uns, dans toute leur splendeur! 🙂 Tout au fond, on peut voir mes poires et pommes que je fais pousser pour des expériences de greffe en approche. Au centre à droite, des semis de poires et au centre-droite, des poivrons. Enfin en bas, ce sont mes caraganas (ou pois de sibérie).

IMG_6538 - semis

La bonne nouvelle, c’est que j’ai réussi à me dégoter des fruits d’argousier (Hippophae rhamnoides) congelés, au CRAC, une épicerie bio locale.

Je n’ai même pas attendu de faire sécher les graines (on suggère différentes méthodes pour les faire germer, les sécher, la stratification). Je me suis dit que rendu en février/mars, les graines avaient déjà eu bien assez de temps de dormance au congélo. Par contre, une constante, les graines ont besoin de beaucoup de chaleur pour germer.

Je les ai donc mises au soleil, avec un plastique pour faire un effet de serre. Et une à une, elles ont presque toutes germées. J’en suis à 10 sur 12.

C’est certain que c’était de petits fruits pas très impressionnants et que les plants donneront aléatoirement des mâles et des femelles (seules les femelles produisent des fruits). Et j’imagine également que ça sera des plants à épines avec des fruits plutôt petits. Mais bon, ils feront d’excellents brise-vent et transformateurs d’azote pour mon verger. Les fruits, s’ils en produisent, seront de la valeur ajoutée.

Et de toute façon, les fruits sont très acidulés (c’est pas mauvais, mais c’est aussi amer que du citron).

IMG_6539 - argousiers

Une photo des argousiers adultes (en anglais, du Sea buckthorn):

Argousier

Hippophae rhamnoides source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Argousier

Permaculture – fixateurs d’azote et nouvel arrivage de boutures

Enfin une journée de chaleur, au dessus de zéro. Et avec mon nouvel arrivage de bouture d’hier, ça donne envie de croire enfin au printemps.

boutures

Mes nouvelles boutures, qui viennent s’ajouter à celles qui attendent déjà au frigo

Et en attendant de pouvoir jouer dehors, mes semis poussent avec vigueur, bien au chaud à l’intérieur.

Jusqu’à présent, j’ai réussi à me faire pousser quelques plantes dans la catégorie des fixateurs d’azote, pour mon verger en permaculture. Les fixateurs d’azote sont des plantes qui transforment l’azote sans avoir besoin de recourir à de l’engrais chimique. Ainsi lorsque leurs feuilles retombent, elles nourissent les autres plantes environnantes.

Souvent de la famille des fabacées (fèves, lentilles, haricots), ce sont des plantes pionnières, puisqu’elles arrivent à s’installer dans des milieux pauvre.

Je vous recommande ce site, qui vulgarise assez bien le sujet:

http://permafroid.blogspot.ca/2009/01/fixateur-dazote-en-climat-froid-toute.html

J’ai donc réussi à faire germer les plantes suivantes: Robinier (6), Caragana (9) et des Argousier (1 seule graine germée pour le moment). Il y a toujours le trèfle qui sera facile à multiplier, sinon, j’ai aussi découvert que l’Apios Americana (patate en chapelet ou glycine américaine) faisait aussi partie de la dite famille. Ça adonne bien, j’en ai justement aussi depuis l’an passé, grâce à un ami de la Beauce, au sud de Québec.

Quelques photos de mes semis jusqu’à présent:

Caragana Arborescens

Pois de sibérie ou Caragana Arborescens

Robinia pseudo-acacia

Les robiniers faux-acacia

Apios americana

Mon Apios (Glycine américaine), un bon fixateur d’azote également

 Pour ceux qui voudraient se procurer ce genre d’arbres/arbustes pour les ajouter à leur verger ou jardin, je vous propose les liens suivants, des pépinières qui proposent à bon prix des plants indigènes. Celles-ci pourront vous être livrées chez vous, par la malle.

1. Arboquebecium (Sainte-Catherine-de-Hatley, Qc) nouveau, bonne sélection, bons prix

2. Arbres en ligne (St-Jude, Qc) – bon choix, bons prix, frais de transport un peu élevé

Et pour terminer, voici une liste sommaire des plantes nord-américaines qui sont de bons transformateurs d ‘azote.

Acacia cyclops
Acacia longifolia
Acacia melanoxylon
Albizia julibrissin
Alnus incana
Alnus incana ssp. tenuifolia
Alnus maritima
Alnus serrulata
Amorpha canescens
Amorpha fruticosa
Amorpha glabra
Andira inermis
Apios americana
Astragalus agrestis
Astragalus filipes
Astragalus lentiginosus
Astragalus mollissimus var. mollissimus
Astragalus purshii
Cajanus cajan
Caragana arborescens
Ceanothus velutinus
Chamaecrista fasciculata
Crotalaria spectabilis
Dalea formosa
Desmanthus virgatus
Dryas octopetala
Elaeagnus commutata
Elaeagnus umbellata
Glycine max
Hedysarum boreale
Hedysarum boreale ssp. boreale var. boreale
Hippophae rhamnoides
Indigofera hirsuta
Kummerowia stipulacea
Kummerowia striata
Lablab purpureus
Lathyrus japonicus
Lathyrus littoralis
Lathyrus polyphyllus
Lathyrus tuberosus
Lespedeza capitata
Lespedeza hirta
Lespedeza virgata
Lotus corniculatus
Lotus glaber
Lotus tenuis
Lupinus ×alpestris
Lupinus arboreus
Lupinus elmeri
Lupinus luteolus
Lupinus nevadensis
Macroptilium atropurpureum
Medicago lupulina
Medicago scutellata
Melilotus indicus
Melilotus indica
Melilotus officinalis
Melilotus alba
Morella pensylvanica
Onobrychis viciifolia
Robinia pseudoacacia
Securigera varia
Coronilla varia
Senna gaudichaudii
Senna marilandica
Sesbania cannabina
Sesbania grandiflora
Sesbania tomentosa
Shepherdia argentea
Shepherdia canadensis
Sophora chrysophylla
Sophora secundiflora
Trifolium fragiferum
Trifolium incarnatum
Trifolium longipes
Trifolium macrocephalum
Trifolium pratense
Trifolium subterraneum
Trifolium wormskioldii
Vicia cracca
Vicia villosa
Vigna radiata
Wisteria frutescens