La taille des baies de kiwis (kolomikta), ça marche!

Ça y est! Je peux enfin confirmer que ma technique de taille des kiwis précédemment expliquée fonctionne. Lien ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/06/10/suivi-du-verger-et-question-sur-la-taille-des-kiwi/

En voici la preuve:

Étant donné que ma variété est plus tardive, je ne commencerai les cueillettes qu’en août, mais certains sur les réseaux sociaux (probablement plus dans le coin de Montréal), ont déjà commencé à récolter leurs baies de kiwi.

Je prendrai une photo de mes récoltes (pour donner une idée de la quantité), mais ça regarde bien. Considérant qu’à l’épicerie, ils vendaient un petit casseau de baies de kiwi 2,99$, mes fruits valent cher! Et en plus, je les ai fait pousser moi-même.

Sinon je me permets également de partager quelques photos de fruits à venir.

Tout d’abord mes concombres du pérou (Achocha). Super content du résultat! Ils commencent déjà produire alors que les mois de juin et juillet on été assez secs sur mon terrain. Les concombres n’ont presque pas poussé et les achochas vont, eux, produire! 🙂 Très hâte d’y gouter!

Les plants produisent des grappes de fleurs mâles et des fleurs femelles séparément. Sur la photo, on voit deux petits fruits (femelle) qui s’en viennent.

Je termine avec des images de pommes à venir jamais goûtées encore (par moi). Sur la première photo, les William’s pride (ou fierté de William), greffées en surgreffage sur pommetier en bout de branche. Mon arbre de William’s pride, lui, a souffert du gel et reprend de la base.

Sur la dernière photo, mes deux premières Priscilla. Les pommes ne viennent pas grosse (limite pommettes), mais leur goût est supposément excellent!

Ma première production de William’s pride

Mes deux premières pommes Priscilla! J’ai hâte d’y goûter! 🙂

Bon jardinage!

Suivi du verger et question sur la taille des kiwi

Désolé si j’ai été un peu taciturne ces dernières semaines, j’ai mis beaucoup d’énergie sur mon terrain, printemps oblige, ce qui laisse peu de temps pour écrire et partager.

Comme à tous les ans depuis trois-quatre ans déjà, je me suis fait prendre au piège d’accepter trop d’échanges de bois à greffer. Par conséquent, j’ai donc fait plus de 100 greffes, dont 95 chez moi et une dizaine chez des amis. Et… j’ai réussi à tout faire ces greffes sans presque me couper. Il fallait bien au moins une cicatrice de guerre, car on dirait que ça fait partie des incontournables et je la porte fièrement pour le temps qu’il lui reste, c’est déjà presque disparu.

Quelques photos de greffes qui reprennent…

 

Nouvelles du verger:

Sinon, bien que la plupart de mes greffes repoussent déjà, je me permets de partager quelques déception mais aussi de jolies surprises au verger:

D’abord, ma plus grosse déception, c’est mes deux plus gros poiriers, dont les bourgeons floraux semblent avoir gelé, car bien que mon Ure avait fleuri l’année précédente, il n’avait aucune fleur cette année, pas plus que mon John.

Mon poirier Seckel sur amélanchier est toujours vivant, mais a été rudement malmené par la grosse couche de neige et de glace. Il est à moitié cassé et repousse très timidement. Il ne lui reste plus qu’un seul bourgeon floral et je ne suis pas sur qu’il fera grand chose, mis à part survivre.

Par contre, j’ai mes premières fleurs de quelques pommiers. Mon Priscilla fleurira pour la première fois, ainsi que mon Norland. J’ai aussi une branche de Pristine et de William’s pride qui préparent leurs boutons. J’aurai donc peut-être la chance de gouter quelques pommes inédites, tout n’est donc pas perdu.

Enfin, même chose côté prunes, j’ai mon prunier Yellow Egg (Pershore) ainsi que mon semis de prunier Américain qui fleurissent, eux aussi, pour la première fois, laissant présager de potentiels fruits à venir.

Premières fleurs sur mon semis de prunier américain

De plus, la grosse couverture de neige n’a pas que des inconvénients; les chaenomeless ou coings japonais n’ont jamais été aussi beaux, pour le plus grand plaisir des bourdons et oiseaux mouches. Jugez-en par vous-même:

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Aussi, mes trucs saisonniers sont plantés: mes tomates, patates, poivrons et piments, mes courges ainsi que mes quelques nouveaux légumes exotiques (gumbo et achocha, ou concombre du pérou).

Mes deux plants d’achocha mis en terre

Et aussi, depuis le temps que j’en cherchais, j’ai enfin mis la main sur du Shipova (sorbopyrus auricularis), l’hybride poires-sorbier. C’est zoné 4, mais je voulais tout de même l’essayer. J’en ai donc greffé sur mon sorbier (en bout de branche), mais aussi sur de l’aronia donc plus bas, puisque c’est sensé aider à mettre à fruit plus rapidement.

Les bourgeons débourrent déjà:

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Le sorbopyrus Shipova, greffé sur Aronia.

* * *

Comment tailler et faire fructifier les kiwi…

Mes kiwis seront couverts de fleurs cette année. Je pourrai enfin déterminer quel est le sexe des plants qui restent (j’en avais deux inconnus).

Étant donné que quelqu’un m’avait demandé si je savais comment tailler et faire fructifier les kiwi, j’en profite pour reprendre ici la question afin de tenter d’y répondre.

Comment faire fructifier les kiwis?

Point 1: pour obtenir des fruits, il faut un plant male ET un plant femelle d’une même variété (par exemple actinidia kolomikta vs arguta). Ce sont des plantes dioïques, soit qui ne portent des fleurs que d’un seul sexe. On recommande souvent au moins un plant mâle pour 5 femelles. En cas de doute (ou de semis) voici de quoi ont l’air les fleurs afin de les distinguer:

Actinidia kolomikta – fleurs mâles

 

Actinidia kolomikta – fleurs femelles, on distingue le mini fruit au cœur de la fleur.

Note1: Il existe supposément des variétés de plants femelles auto-fertiles. Je ne les ai pas testées, alors si quelqu’un a eu du succès avec celles-ci, je vous invite à le partager! La variété de k. arguta Issaï le serait, selon ce site: http://vegetolab.com/kiwi_fr.html

Note2: Il peut arriver que les fleurs soient boudées par les pollinisateurs. Rien n’empêche de jouer nous-même au bourdon avec un pinceau afin d’aider un peu la nature et d’ainsi s’assurer une meilleure mise à fruit.

Point 2: la taille.

J’ai lu plusieurs articles sur le sujet et je n’ai rien trouvé de vraiment « parlant » ou de suffisamment bien fait (en tout cas à mon goût). Je résumerai donc ce que j’ai retenu de mes lectures.

  • La taille de kiwi se fait un peu comme celle d’une vigne; le plant produit des fleurs sur le bois de l’année précédente.
  • La plante à tendance à pousser beaucoup, alors il faut contrôler l’excédent de bois, sinon la plante ne produira que du feuillage. On peut tailler en cordon et garder des branches secondaires, car c’est là-dessus que le plant fructifiera. Sur certains sites, on propose deux tailles: d’hiver et d’été (contrôle de la pousse excessive).
  • Quand on taille, on veut supprimer les « gourmands » et repousses à la base de plant, qui sapent l’énergie du plant principal. On nettoie donc/dégage la base de plant de repousses non désirées.
  • Je taille/raccourcis aussi les branches fruitières afin de concentrer la sève dans les bourgeons à fleurs ce qui améliore la production. Pour ma part, j’ai attendu début juin pour savoir quels bourgeons allaient fleurir et j’ai raccourci d’un bourgeon floral (supprimé une grappe de fleur) sur chaque branche fruitière. Toutefois, les kiwis ont tendance à « couler » et il est préférable de tailler avant que les bourgeons soient débourrés.
Kiwi kolomikta X

Mes kiwis kolomikta X avant la taille. Je les ai installés sur un treillis en éventail, que je couche au sol à chaque hiver et relève le printemps venu. Ça fonctionne très bien!

Les kiwis après la taille. La base est désormais dégagée, les « gourmands » sont supprimés et les fruitières écourtées.

Les branches fruitières sont légèrement raccourcies et on devine déjà les boutons floraux qui se préparent.

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Photo de branche du kiwi mâle, que j’ai taillée plus longue afin de laisser plus de fleurs. Tout de suite après ou même pendant la floraison, on peut étêter les branches des plants femelles afin de concentrer l’énergie dans la production des fruits.

Quelques vidéo/lecture afin de compléter la réflexion sur la taille des kiwis:

Un article intéressant (en anglais) sur le sujet: http://sfp.ucdavis.edu/pubs/brochures/Kiwi/

Vidéo, en français, sur Rustica: https://www.rustica.fr/tv/tailler-kiwi,8979.html

Salutations et bon jardinage!

Pêches et prunier nain des sables (Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi)

Connaissez-vous le prunier nain des sables de l’Ouest, communément appelé le Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi?

prunus pumila var besseyi source: USDA-NRCS PLANTS Database / Herman, D.E., et al. 1996. North Dakota tree handbook. USDA NRCS ND State Soil Conservation Committee; NDSU Extension and Western Area Power Administration, Bismarck.

Le fruit du prunier des sables. Source: http://www.ontariowildflower.com/shrub.htm#sandcherry

Le prunier des sables est, soit dit en passant, le père des chums – ou la mère c’est selon – des prunes-cerises ou cherry-plums.
Le prunus besseyi est un petit cerisier rampant natif des prairies. Il résiste très bien à des températures extrêmes (au froid) et son port est est nain et buissonnant. Il se multiplie naturellement en rampant et drageonnant. Son fruit ressemble aux cerises à grappes (prunus virginiana), alors que la plante est en fait davantage apparentée… aux pruniers!
Son petit fruit astringent a un goût aigrelet, sucré et astringent qu’on peut qualifier de plutôt moyen au niveau gustatif. Il s’utilise surtout en cuisson (compote, confitures et jus).

Toutefois, en plus d’être hyper rustique et de servir de porte-greffe à affranchir pour les pruniers et abricots, la plante possède une autre aptitude particulièrement intéressante: elle s’hybride avec à peu près tout les prunus: avec les pruniers (p. salicina, domestica, americana, nigra), les abricots (p. armeniaca), les ragouminiers (cerisiers de nanking p. tomentosa) et même avec les pêches (p. persica) – quoique dans ce cas, les plants ainsi obtenus sont infertiles.

Et enfin, c’est surtout le pollinisateur idéal pour tous ceux qui veulent faire fructifier leur chum (cherry-plum). C’est que les cultivars disponibles sont presque tous originaires de croisements de deuxième génération; et selon ce que j’ai lu, la plupart de ceux de la première génération (prune des sable x pruniers) ne donnent pas des fruits extraordinaires. Alors tant qu’à avoir de la pollinisation, aussi bien y aller avec la variété pure.

Voici quelques documents sur les variétés de Chum, dont celles de premières génération:

À propos de Sapa – un cultivar de 1ère génération (p. besseyi x Sultan): https://archive.org/stream/cultureduprunier45maco/cultureduprunier45maco_djvu.txt

À propos de cultivars  de 2e génération, soit issus de croisement avec Sapa (Dura et Manor): http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/agr/A53-1866-1991-fra.pdf

Et un dernier lien listant différents hybrides de première génération avec le prunus besseyi produits par l’Université du Minnesota dans les années 1960. Il faut faire une recherche dans le document par mot clé « besseyi » afin d’y trouver les variétés de p. besseyi croisées avec autre chose. Leurs recherches ont produit des cultivars peu connus dont plusiers n’ont jamais connu la popularité, excepté peut-être pour Convoy, qui est un hybride d’origine Canadienne de toute façon (du Manitoba). Vous remarquerez les commentaires sur les qualités des hybrides en question, sous « Flavor ». On note du bitter (amer), poor (ordinaire), disagreable (désagréable), nearly sweet (presque sucré)…

Le lien: PRUNUS HYBRIDS, SELECTIONS AND CULTIVARS, AT THE UNIVERSITY OF MINNESOTA FRUIT BREEDING FARM – 1967

L’intérêt des pruniers besseyi comme porte-greffes (incluant les pêches et abricots):

Même en étant pas nécessairement les meilleurs fruits pour la consommation, les pruniers des sables ont l’avantage de s’hybride avec un peu tout et comme je l’avais mentionné dans un autre article sur les portes-greffes, plusieurs cultivars issus de croisements avec le p. besseyi font d’excellent porte-greffe.
Mon billet précédent sur les portes-greffe nanisant pour les pêches: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/10/24/porte-greffe-rustique-et-nanisant-pour-les-peches/
Et ma grande découverte en lisant ce document, c’est que le p. besseyi se croise avec le pêcher et bien que les hybrides qui en résultent sont infertiles, ils font de très bons PG rustiques et nanisant pour les pêches.

Semis de pêche 2017

Et en parlant de pêche, j’ai craqué. Et de un, j’ai à nouveau fait germé un noyau, cette fois de pêche jaune du Chili. C’est une variété inconnue, mais peu importe. Depuis qu’un contact de Port-Rouge m’a annoncé que lui aussi avait réussi à conserver des pêcher plusieurs années en les couchant et en laissant la neige les protéger, il fallait que je l’essaie à mon tour.

Mon nouveau semis de pêche 2017:

Et en plus, je me suis commandé un plant de pêches plates (p. persica Saturn) greffé sur un p. persica Lovell (un nouveau cultivar utilisé comme porte-greffe de pêcher; Lovell serait mieux que la variété de pêcher Bailey).

J’ai l’intention de le planter à mon terrain en lui faisant un girdling (légère entaille circulaire du cambium, petite annélation) afin de favoriser au moins une repousse du PG lovell. C’est dans le but d’en obtenir une repousse/branche, dont je pourrai greffer quelques yeux (avec mon semis et mon saturn) en août sur un prunus Convoy, au cas ou mon plant de pêcher gèlerait. Par contre, j’avoue qu’avec la quantité hallucinante de neige qui a tombé encore cette année sur mon terrain (plus de 2m de neige), je crois que le pêcher sera sauf. D’autant plus que j’ai réussi à hiverner depuis maintenant deux ans un figuier Marseille Black!

Et pour ce qui est du goût de Lovell, j’ai lu sur le forum Houzz (nouveau Gardenweb) ici que quelqu’un avait laissé fructifier son PG Lovell et que le fruit goutait l’abricot, ce qui pas mal mieux que ce que j’ai lu et entendu dire à propos des fruits du PG Bailey qui apparemment, ne sont pas bons du tout. Tout juste utilisable en cuisson.

Commande de Boughen Nurseries

Et sinon, je me suis aussi commandé (naturellement) un prunier besseyi pur, ainsi qu’un Sapa, le chum de première génération dont je parlais plus haut. Ils arrivent en autobus de la pépinère Boughen Nurseries, de Nipawen en Saskatchewan. Je ne sais pas encore comment ça va me coûter, c’est une surprise – en espérant qu’elle ne soit pas trop mauvaise. Je n’en ai commandé qu’un seul (p. besseyi), comme ça, mes fruits obtenus seront nécessairement des hybrides, si jamais l’envie me prend d’essayer des semis. Car dans ce cas précis, je sais pertinemment que les chances sont minces d’arriver à quelque chose de bien. Au mieux comestible, au pire j’obtiendrai des spécimens de collection/curiosités.

J’aimerais bien un hybride tomentosa x besseyi (on le trouve parfois vendus sous le nom de black tomentosa ou black nanking). C’est plus rustique que du tomentosa pur et c’est fort joli. Est-ce que ça goute bon? Reste à voir.

Photo publiée par l’utilsateur Intotheark sur le forum Houzz – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

En haut, le fruit du Black Nanking (besseyi x tomentosa). Le fruit y est décrit comme un peu plus gros que du besseyi avec la chair plus foncée sans trop de détails sur le gout. Source forum Houzz: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

Description de Sapa (tiré de Culture du Prunier et Variétés recommandées pour les différentes parties du Canada avec leur description, 1925).

Sapa (prunus Besseyi x Sultan – domestica) Fruit 1″ x 1″ pruine bleuâtre, mince; peau mince, modérément coriace; chair de couleur pourpre foncé, très juteuse; noyau de grosseur moyenne, ovale, adhérent; saveur nettement acidulé, piquante, acide près de la peau, légèrement astringente; qualité surmoyenne. A beaucoup de la saveur des meilleures cerises des sables mais est plus grosse.

Et… j’ai tout de même fait pousser un semis de croisement entre deux Chum: Opata/Kappa (nom incertain) x Convoy. Je me risque tout de même avec celui-là, mais avec un seul, des fois que j’obtiendrais quelque chose d’intéressant. Stratification humide 3 mois au frigo avant que les noyaux ne s’entrouvrent. J’en ai ensuite semé plusieurs et c’est celui-là qui a poussé.

Mon semis de Chum X 2017

Les chromosomes et l’hybridation; tentative d’explication en toute humilité…

La plupart des variétés sauvages de pruniers sont des diploïdes (2n=16) et j’avais lu que ce serait le cas pour le besseyi. En gros, lors de la pollinisation, si les chromosomes des deux parents (ovaire et pollen) ne se divisent pas par deux à la méiose (division initiale après la fécondation), les gènes s’additionnent lorsqu’il y a tout de même compatibilité.

Prenons le cas d’un des premier cultivar/ancêtre de plusieurs variétés de chum, soit le Sapa. Il s’agit d’un semis de Sultan x besseyi. Le p. domestica est supposé être un hexaploide naturel (2n=48). Ce qui fait que Sapa serait donc un polyploide (tetrahexacontaploide) avec Besseyi (2n=16) + p.domestica (2n=48) qui donnerait une ploïdie de (2n=64) à la première génération d’hybride. Et si on considère que Sapa est le parent de plusieurs autres croisements, ça expliquerait le faible taux de compatibilité!

Je m’explique avec un deuxième exemple: si à la deuxième génération de croisement avec un autre Chum de 2n=16 (dans le meilleur des cas), on aurait Sapa (2n=64) + ChumX (2n=16) qui se divise, donc on reste avec un (2n=64). Par contre, si on a un Chum de (2n=48) + (2n=64), on aurait alors un (2n =112) – du moins je crois et si c’est seulement possible. Car éventuellement, la pollinisation ne se fait plus, c’est pour ça que les croisements inter-espèces a ses limites.

Enfin, je ne suis pas expert en la matière et j’arrête tout de suite mes tentatives d’explications. Ce dont il faut se souvenir, c’est que les variétés sauvages sont en général davantage compatibles avec les hybrides pour la pollinisation. C’est encore plus vrai avec le prunus besseyi, qui se croise avec presque tout.

Sur la ploïdie dans Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Plo%C3%AFdie

Et sur la ploïdie des pruniers (voir dans la section « origine biologique »): https://fr.wikipedia.org/wiki/Prunier

Mot de la fin

Je termine avec un document d’archive qui est une mine d’or de recherche du siècle dernier sur le prunier des sables. Des milliers de semis et cultivars, croisements, greffage, hybridation ont été effectués à divers endroits, mais plus particulièrement à la college de recherche et d’expérimentation du Dakota du Sud. Ces travaux ont été supervisés par le célèbre N. E Hansen, un horticulteur célèbre pour ses travaux sur les fruitiers rustiques, ainsi que sur l’hybridation des pruniers, de la luzerne, des pommes rouges (même s’il a été battu en vitesse par Albert Etter sur ce point) et enfin, directeur du South Dakota Experiment Station à Brookings à partir de 1895. Oui, ça fait plus d’un siècle déjà.

Le document est en ligne et accessible à tous ici:

http://openprairie.sdstate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1086&context=agexperimentsta_bulletins

Atelier de greffage pour débutant à la fête des semences de Québec – dimanche le 5 mars 2017

Tout frais, tout chaud! Ça y est, la date et l’heure sont sortis.

Ma conférence sur le greffage pour débutant sera le dimanche 5 mars 12:30 à la Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec. Rendez-vous à la salle « Espace Jardin« , à l’Université Laval.

Le lien: Fête-des-semences-de-quebec-2017

C’est gratuit, venez en grand nombre! Pour plus d’info, voir: www.facebook.com/ events/465205413867067

ou http://fete.agricultureurbaine.net/conferences/espace-jardin/

Et d’ici là, voici quelques photos de mes plantations d’hiver.

Mon figuier LSU Gold (greffé sur semis de figue de Turquie) est en pleine forme!

Tellement, que suite à une taille d’automne un peu drastique, il a repoussé et a produit une fructification d’hiver. J’avais une belle figue de prête ce matin. Encore plusieurs à venir. Miam!

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LSU Gold, un bon achat pour moi, il produit bien à l’intérieur; de belles grosses figues sucrées au bon goût de miel.

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Aussi, c’était ma semaine d’embouteillage de ma dernière recette de vin de la saison, mais aussi ma première recette de vin de framboise-cassis. C’est une bonne façon de recycler un surplus de production. La recette: moitié-moitié framboise-cassis, avec un peu de raisin secs ajoutés, tout juste pour aider le moult. Ma production n’aura donné qu’une demi-recette (environ 10 litres). Alors j’ai acheté de jolies petites bouteilles, des fillettes de 375ml. Comme ça, je pourrai étirer un peu la dégustation (sinon ça part trop vite). Rendez-vous en décembre pour déguster le tout, le temps de laisser vieillir.

Jolie couleur, non?

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Et je termine avec mon amaryllis qui se préparer à refleurir. Je suis d’accord, c’est peut-être purement esthétique comme plante, mais de jolies fleurs en hiver, c’est bon pour le moral!

Ce sera sa deuxième année et floraison. J’avais prévu le composter après que les fleurs se soient fanées l’an dernier, mais quelqu’un m’a convaincu de lui donner une chance. Finalement, ça en valait la peine.

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Bon jardinage!

La diversité dans le potager et culture de légumes inusités

Ça y est, j’ai craqué.

Je m’étais pourtant dit que j’attendrais un peu, d’autant plus qu’il y a la Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec qui s’en vient…à l’Université Laval de Québec. J’y assisterai début mars, car j’y animerai un atelier sur la greffe pour débutants (heure et jour à confirmer).

Tant pis, j’ai tout de même craqué, j’ai passé une commande de graines.

Ça a commencé avec une petite lecture anodine de blogues sur la permaculture. De fil en aiguille, je tombe sur un article (que je ne retrouve plus) vantant les mérites du Cyclantera pedata, ou achocha/concombre du Pérou. Dans l’article en question, la personne avait eu une très bonne récolte d’achocha, alors que ses concombres n’avaient rien produit à cause d’une sécheresse en août. La personne clamait haut et fort que le concombre du Pérou était depuis un incontournable de son potager.

Hummm. Prometteur! Il y a souvent des sécheresses en août à mon terrain.

L’Achocha est une grimpante – qu’il faut palisser – qui produit à partir de 90 jours de petits concombres qui se consomment avant maturité, sinon farcis.

source: Alsagarden.com

Le cyclanthère ou Achocha source: Alsagarden.com

Voir l’article ici du site Alsace Garden: http://www.alsagarden.com/blog/cyclanthera-pedata-une-curiosite-pour-votre-potager/

Il ne m’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité.

Et hop! Une visite rapide à mon pusher de semences préféré, Semences Solana (https://solanaseeds.netfirms.com/accueil.html)

Et sur quoi, je tombe… des graines d’achocha! 🙂

Puis, tant qu’à y être. J’explore un peu et me laisse tenter par quelques légumes supplémentaires. Les prix sont abordables et je n’ai pas l’impression de me faire arnaquer.

  • De l’Okra variété Clemson Spineless (hâtive et sans épines)
  • De l’Aubergine Slim Jim (hâtive, résistant à la sécheresse et aux fruits plus petits allongés) – ma dernière tentative de culture d’aubergine géante a été un échec retentissant. J’ai fait pousser de beaux plants qui n’ont fait que du feuillage.
  • Du Kale Red Russian (50 jours, relativement hâtif) – de la belle verdure! 😉
  • Des courges Delicata – des super courges d’hiver qui se mangent à toutes les sauces, mes préférées.
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Une belle présentation et une commande soignée chez Semences Solona de Repentigny, au Québec.

En résumé, de belles cultures prévues et espérons le, des récoltes qui le seront tout autant.

Je termine avec quelques liens:

  • D’abord un lien sur les différentes fêtes des semences du Québec, tiré du site semences du patrimoine:

http://www.semences.ca/evenements?prov=QC

  • Aussi, un lien du Ministère de l’agriculture de l’Ontario sur les légumes spéciaux:

http://www.omafra.gov.on.ca/CropOp/fr/spec_veg/index.html

  • Enfin, un lien de shopping, celui-là avec une liste de différents catalogues de semenciers disponibles, tirée du site du Jardinier paresseux, M. Hodgson en personne:

Catalogue des semences: jardinierparesseux.com/catalogues/

(https://jardinierparesseux.com/catalogues/)

L'Okra ou Gumbo - variété Clemson sans épines. Un fruit méconnu qu'il faut apprêter de la bonne façon.

L’Okra variété Clemson sans épines.

Source: http://renaissancefarms.org/healingharvest/wp-content/uploads/sites/5/2015/08/clemson-spineless-Okra.jpg


L’Okra est de la famille des Hibiscus – Hibiscus esculentus – d’où la ressemblance de ses fleurs avec les variétés ornementales. Source: Wikipédia.org

 

Popote avec les coings japonais – chaenomeless japonica

Première récolte de coings japonais cette année; deux gros sacs de fruits entre 2-5 cm, une production intéressante pour une plante qui ne demande que très peu de soins.
J’avais écrit un article sur ces plantes l’année dernière ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2014/12/21/culture-de-coing-rustiques-et-chaenomeles-coings-japonais/

Les miens proviennent tous de semis récupérés d’un ami, soit d’un plant de « Knapp hill scarlet » qui pousse à Québec.

Au début, j’avais plus de 50 semis; j’en ai conservé une trentaine. Je les ai plantés au pied de mes fruitiers, répartis dans le verger.  Je n’avais pas trop d’attente, étant donné que ces plantes sont supposées être zoné 5. Toutefois, puisque ce sont des arbustes buissonnants qui restent près du sol, la couverture de neige abondante du Saguenay joue en ma faveur. Ça valait donc la peine d’essayer cette plante exotique prometteuse; je savais que son fruit, bien qu’amer, était comestible.

Suite à un hiver avec beaucoup de neige, les plants avaient bien hiverné. Voici de quoi ils avaient l’air en juin dernier. La floraison était magnifique et déjà un succès.

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Et effectivement, plus la saison avançait, et plus je savais que j’aurais droit à une bonne récolte.

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Avant de les récolter, j’avais fait quelques recherches sur Internet et je suis tombé sur ce document très intéressant:

Il s’agit d’une recherche produite par des chercheurs en Espagne et en Suède, sur l’utilisation et la transformation du coing japonais. On y explore les différentes avenues possibles, soit: le jus, les conserves, le sirop, la confiserie, le purée et gelée et même des produits de transformation aussi étonnants que de la crème glacée, du yogourt et dans du pain!

De plus, le fruit est très riche en pectine et possède un arôme extraordinaire; un parfum presque d’agrume, agréable et exotique, qui ajoute à toute confiture ou purée de pomme, poire ou prune.

Voici donc ma récolte 2016! Deux gros sacs d’épicerie, soit beaucoup plus que j’en avais besoin pour une première expérience. J’ai donc fait quelques heureux. Pour les utiliser, il suffit de les couper en deux et d’enlever les pépins. On cuisine tout le reste.

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Mes deux expériences de popote:

1.avec une compote de prunes:

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Le fruit n’est pas très gros, mais quand on sait qu’il suffit d’enlever les graines, c’est moins long à préparer que des pommes ou poires.

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Ma préparation de purée de prunes, avant macération de 12 heures avec du sucre. Miam!

2. en gelée, ça prend beaucoup de sucre. C’est très parfumé! hummm!

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Mise en garde: attention, sachez tout de même que la plante n’est pas parfaite. Certains la déteste, parce que une fois implantée, elle peut être difficile à contrôler et a tendance à envahir. Aussi, la plupart des semis de chaenomeles donneront des plants épineux. Pour un cultivar sans épines, mieux vaut se le procurer ou le cloner. Et pour une bonne pollinisation/fructification, il faut deux variétés différentes. Les chaenomeles ne sont pas auto-fertiles. Dans mon cas, j’ai dû porter des gants lors de la récolte de mes fruits.

Enfin, côté rusticité, la plante survivra à un hiver très froid (au-delà de -25’C) sans neige, mais les boutons floraux sont sensibles aux grands froids. Alors mieux vaut laisser vos branches près du sol et s’assurer que les plants soient bien cachés par la neige pour obtenir des fleurs/fruits.

Autre défaut, les plants produisent des fleurs sur le bois de deux ans, donc les fleurs ne seront pas réparties uniformément sur le plant.

Gare aux épines! Mes semis en possèdent tous. Toutefois, il existe des cultivars sans épines. J’ai présentement le cultivar Yukigoten à l’essai aux fleurs blanches doubles et… sans épines!

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Je termine avec une dernière photo de mes chaenomeles X en fleur, en juin dernier. Bon automne!

Le temps fort des récoltes et des marchés publics

C’est la saison des récoltes! Je suis passé à mon terrain la fin de semaine dernière et suis revenu avec des caisses de tomates, courges, patates, haricots et quelques fruits de chez mon père, mes arbres n’étant pas encore assez gros pour produire.

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Les récoltes 2016: courges zucchini, spaghetti, butternut et hybrides inattendus.

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Récoltes 2016

En plus, j’ai mis la main sur quelques kiwis pas encore murs (mes kolomiktas). Cette année, je voulais les cueillir avant maturité et les laisser finir de mûrir à l’intérieur, car j’avais lu que ça fonctionnait bien.

Et bien, réussite! C’est effectivement ce qu’il faut faire. C’est donc dire que mes kiwis sont donc assez rustiques et mûrissent suffisamment pour être cultivés au Saguenay! Succès! 🙂 Je les avais complètement négligés cette année (aucune taille) et ceux-ci n’ont donc presque rien produit. Toutefois, ce revirement positif est tout ce qu’il me fallait pour me redonner espoir. Je retournerai faire mes devoirs en termes de lecture pour revoir les techniques de taille et espérer une belle production en septembre 2017.

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Une baie de kiwi poussée à Petit-Saguenay! 🙂 Le secret, on le récolte encore ferme et on le laisse finir de mûrir à l’intérieur. Il est prêt lorsqu’il ramollit légèrement. Variété: Actinidia Kolomikta X

Et malgré tout ça, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire une saucette au marché public du Vieux-Port, à deux pas de chez nous. C’est le temps de l’année ou l’on peut profiter des récoltes des autres, aux marchés publics locaux; des produits frais cultivés près de chez nous  qui demandent moins d’essence pour le transport, donc on laisse une meilleure empreinte écologique. Et surtout, enfin la chance d’avoir des produits différents de ce qui est vendu le reste de l’année à l’épicerie. Ça, c’est précieux!
Pas plus tard qu’hier, j’ai justement mis la main sur du melon d’eau (variété inconnue), des poires locales sans nom, ainsi que sur des pommes Duchesse et des Zestar!® 🙂 Miam!

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Un melon d’eau cultivé à Québec de variété inconnue. Devinez qui a ramassé des graines?

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Une nouvelle pomme à découvrir, Zestar!® de l’Université du Minnesota

Zestar!® a été développée par l’Université du Minnesota, mieux connue pour ses variétés Honeycrisp, Haralson et Sweet 16. Zestar!® a été introduite en 1999 et est le fruit d’un croisement entre State Fair et MN 1691. State Fair est une pomme hâtive, un peu plus « surette », ce qui a certainement joué un rôle dans le gout de Zestar!®; juteux et croquant d’un sucré amer très bien balancé. D’où son nom de « Zest- star » 😉 Lorsque j’ai mangé ma première pomme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en prendre une deuxième.

À propos de la pomme Zestar!® – http://mnhardy.umn.edu/varieties/fruit/apples/zestar

J’en profite pour partager un épisode de l’émission l’Épicerie qui vous parle de la vie/réalité de ces petits producteurs de nos marchés publics.

Bonnes découvertes!

2016-09-07_19_30_00_epi_0715_01_01http://ici.radio-canada.ca/tele/l-epicerie/2015-2016/segments/reportage/8584/marches-publics-producteurs