Croisement Golden Spice x Doyenne de Comice prometteur

J’ai enfin osé récupérer les graines issues de mon croisement du printemps dernier.
Étant donné que j’avais fait un croisement à partir de pollen congelé vieux de deux ans, je m’attendais à une graine, peut-être deux.

Le vieux Golden Spice de mon père pollinisé en mai 2017 avec du pollen congelé depuis deux ans de poirier Doyenné du Comice.

Le fruit avant la récolte. Je l’ai cueilli avant maturité à la mi-septembre, de peur que les ours qui trainent dans le coin ne parte avec mon précieux fruit.

voir l’article à sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/28/la-congelation-du-pollen-ou-comment-croiser-deux-plantes-qui-ne-fleurissent-pas-en-meme-temps/

J’ai eu l’agréable surprise d’avoir en fait rien de moins que six graines viables. Wow! Un trésor.

Les graines issues de mon croisement entre les Golden Spice x Comice à partir de pollen congelé. J’ai laissé le fruit mûrir complètement, presque jusqu’à blettissement, avant de récolter. Les graines sont biens brunes/noires, donc matures.

À venir: des années de patiente à faire pousser le tout en espérant que:

1- les plants soient rustiques
2- les fruits soient meilleurs que du Golden Spice et surtout, se rapprochent le plus possible des Doyenne de Comice.
D’ici là, je vous présente les prometteuses graines fraichement récupérées.

Bonnes récoltes et bon automne!

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C’est le temps des récoltes!

Comme mon titre l’indique, c’est le temps des récoltes. J’ai passé les deux dernières semaines à récolter les fruits de mon verger, surtout les petits fruits en fait, mais tout de même. Des gadelles, cassis, groseilles, mûroises, mûres, framboises et fraises. Sans compter les cerises de la série romance (un peu), des achochas et champignons.

Moi et ma récolte de champignon préféré: les hypomyces lactifluorum

Belle production de mes muroises cette année. Par contre, le goût demeure acidulé et leur jus est très tachant, donc ça explique l’utilisation du fruit/jus par l’industrie en France (on y vend du jus en sachet).

Première cueillette de framboises noires parties de semis. Ce sont des framboises sauvages, donc les fruits sont plutôt petits et leur goût est assez doux. Intéressant, mais vaut mieux combiner avec autre chose car le fruit a peu de saveur.

Récolte d’une journée sur deux: cassis (j’en ai récolté plusieurs fois), framboises et mûres, groseilles et achochas. Nous aimons bien l’achocha dont le goût rappelle un mélange de concombre et de pois vert, les plants sont productifs et résistent bien à la sécheresse. Leur seul défaut est que les fruits sont petits.

Ces derniers jours, c’était les Norland qui commençaient à être mûres (au stade pépin blanc, elles ont un gout proche de la MacIntosh).
Le vieux pommier de mes parents produit fidèlement comme toujours ses masses de petites pommes striées, bonnes à croquer, mais encore meilleures… en tartes!

Tartes aux pommes et baluchon de petits fruits mélangés. Miam!

Un mélange intéressant inusité et parfumé à essayer, qui fait différent de la traditionnelle tarte à la cannelle. Tombé par hasard dans les trucs du chalet.

Recette: pommes en quartier (avec un peu de jus de citron ou lime ou éviter le brunissement), mélange de sucre et fécule de maïs – pas plus de deux cuillères à soupe de fécule pour une tarte -, épices thaïlandaises (voir photo) et deux-trois cuillères à soupe de sirop d’érable, sans oublier la cuillerée de beurre au fond de l’abaisse pour la cuisson. Miam! Un délice.

Je termine avec une photo des poires Golden Spice. L’arbre aura produit huit poires cette année, pollinisée grâce à mon pollen congelé de poires de type Bartlett rustique et de Comice. J’en ai la certitude, puisqu’il n’est pas autofertile et que les autres poiriers n’ont pas fleuri cette année. J’aurai donc des semis des ces croisements prometteurs à venir! Et ce, même s’il me faudra des années de patience avant de voir quels arbres seront rustiques et quelles poires bonnes à manger dans le lot de ces croisements. Avec un peu de chance…

Bonnes cueillettes!

Attention aux porte-greffes supposément rustiques

Lors de mon dernier passage au verger, j’ai pu constater quelques bons et d’autres moins bons coups. Ma plus grande déception, dans ce cas, a été la perte de plusieurs  arbres et d’autant de greffes.

Après ma première visite, le temps a été exceptionnellement chaud et sec (après un printemps froid et gris), si bien que ça a fait « cramer » une grosse majorité de mes greffes de pommiers ainsi que certains pruniers, qui avaient pourtant bien repris après deux semaines.
Heureusement, mes poiriers sont presque tous sains et saufs.  J’ai quand même perdu mon Krazulya et j’avais aussi du Vekovaya qui lui aussi semble mort. Sinon, toutes mes autres greffes de poiriers semblent avoir survécues, c’est déjà ça!
J’ai eu moins de chance avec les pommiers. J’en ai sauvé tout de même quelques greffes et je garde encore espoir que – peut-être – certains autres reprennent, mais disons que ça regarde mal.
Comme on dit, les années se suivent mais ne se ressemblent pas.
L’hiver aussi a été dur.
J’ai perdu des arbres de trois ans dont les porte-greffes (des semis de selkirk achetés commercialement) n’étaient pas assez rustique. Ils ont gelé sous le point de greffe. Quand on dit que ce n’est pas le cœur de l’hiver qui fait mal aux arbres, mais le début et la fin de celui-ci. Novembre 2016 a été mortel. Les froids sont arrivés trop vite pour certains arbres qui n’avaient pas encore de couverture de neige, un test ultime pour les porte-greffe.

Mon Haralson, greffé sur M26 de trois ans est mort. Je comptais justement essayer de changer son porte-greffe. Heureusement, il reprend de la base, mais j’ai quand même perdu trois ans pour rien.

Dans certains cas, j’avais greffé, sans me méfier, des yeux dormants à environ 25-30 cm du sol. Et mes pommiers rustiques ont gelé en dessous du point de greffe. Dans d’autres cas, comme sur la photo, c’était des arbres greffés sur porte-greffe pas assez rustique, comme sur du M26. GRRRRR! À partir de maintenant, ça sera du Bud118 ou des semis de Dolgo.
Pour deux de mes arbres mourants, j’ai essayé des greffes de sauvetage dimanche (car le bois du bout des branches était encore vert) alors j’ai greffé et tout emballé avec du buddy wrap pour quelques semaines. J’étêterai dans trois semaines, des fois que… mais j’ai peu d’espoir.
Au moins, je n’ai pas perdu ma greffe de Shipova (un hybride de sorbier et poire) depuis le temps que j’en voulais! Et j’ai même réussi une greffe d’abricot avec branche intermédiaire de convoy.

Greffe d’abricotier Moongold sur prunus nigra en utilisant un intermédiaire de chum Convoy. J’ai laissé guérir l’abricot sur Convoy un mois au frigo (ziplock) avant de greffer à nouveau sur le prunier. Ça marche!

 Au final, mes boutures qui ont survécues semblent être celles qui ont le plus tardé et/ou qui étaient au nord ou à l’ombre.
Sinon, j’espère que vos boutures ont mieux réussi que moi. Avec la canicule, je dois bien être descendu à un taux de 60% comparativement à d’habitude, c’est pas très bon. Mais au moins, je sais que je n’y suis pour rien.
En contrepartie, j’ai une bonne nouvelle: mes expériences de pollinisation ont toutes fonctionné! Mon vieux pollen congelé de deux ans (celui de poires) était encore viable. J’ai réussi à polliniser le golden spice (qui était le seul poirier en fleur) et dimanche, avant de partir, il y avait 5 poires en route, dont au moins une issue d’un croisement avec mon pollen congelé de Doyenne de Comice! Voir mon billet précédent sur le sujet: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/28/la-congelation-du-pollen-ou-comment-croiser-deux-plantes-qui-ne-fleurissent-pas-en-meme-temps/
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Euréka! J’ai réussi à polliniser le vieux Golden Spice de mon père avec du pollen congelé depuis deux ans de poirier Doyenné du Comice!

J’ai aussi une pomme en route, issue de mon croisement Norland x William’s pride (croisement intéressant du point de vue rusticité, récolte hâtive, résistance potentielle à la tavelure et chair rosée). Et enfin, Priscilla x Honeycrisp! 🙂
Même si je ne constaterai pas le résultat final avant plusieurs années, je suis déjà super enthousiasmé du potentiel de ces croisements.

Mon Norland à l’étape de la floraison. Il était seul dans son coin, alors je n’ai pas enlevé les pétales.

Deux semaines plus tard, une pomme Norland issue de ma pollinisation avec du William’s pride (rustique, naturellement nain, hâtif, résistant aux maladies et potentiellement, à la chair rosée)

 

Deux fruits de Priscilla, une des variété de pommes les plus résistantes à toutes la maladies, pollinisée avec du Honeycrisp; en espérant obtenir la résistance aux maladies de la mère, rustique et savoureux, et aux fruits croquants et un gros calibre, comme ceux du père!

Enfin voilà! Et je ne parle même pas des petits fruits. J’aurai un déluge de gadelles, cassis et mûres, en plus de framboises, fraises et quelques prunes.

Déluge de fleurs sur mon mûrier sauvage de St-Tite. Je l’ai taillé déjà deux fois cette année afin de concentrer l’énergie dans les fruits pour avoir une meilleure production. Je crois que ça regarde bien. De plus, le plant est beaucoup plus hâtif que l’autre variété sans épines sans nom que j’ai, et qui est en plus n’est pas rustique du tout (comparé à celui-ci).

Plusieurs fruits en route sur mes branches de CHUM greffées sur prunus nigra. J’en aurai davantage, si ce n’était des charançons qui ont percé les 9/10 de mes fruits. Je vais devoir trouver comment régler ce problème le printemps prochain (de façon bio, de préférence).

Yééé! Ça commence à produire. J’ai hâte au mois d’août! 🙂
Je termine avec des photos des mes néflier, que j’ai enfin pu voir en fleur pour la première fois. Cette année, je les cueillerai le plus tard possible, soit en novembre. J’espère bien que cette année, ils auront le temps de grossir assez pour y goûter comme il faut!
 Bon jardinage!

Pêches et prunier nain des sables (Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi)

Connaissez-vous le prunier nain des sables de l’Ouest, communément appelé le Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi?

prunus pumila var besseyi source: USDA-NRCS PLANTS Database / Herman, D.E., et al. 1996. North Dakota tree handbook. USDA NRCS ND State Soil Conservation Committee; NDSU Extension and Western Area Power Administration, Bismarck.

Le fruit du prunier des sables. Source: http://www.ontariowildflower.com/shrub.htm#sandcherry

Le prunier des sables est, soit dit en passant, le père des chums – ou la mère c’est selon – des prunes-cerises ou cherry-plums.
Le prunus besseyi est un petit cerisier rampant natif des prairies. Il résiste très bien à des températures extrêmes (au froid) et son port est est nain et buissonnant. Il se multiplie naturellement en rampant et drageonnant. Son fruit ressemble aux cerises à grappes (prunus virginiana), alors que la plante est en fait davantage apparentée… aux pruniers!
Son petit fruit astringent a un goût aigrelet, sucré et astringent qu’on peut qualifier de plutôt moyen au niveau gustatif. Il s’utilise surtout en cuisson (compote, confitures et jus).

Toutefois, en plus d’être hyper rustique et de servir de porte-greffe à affranchir pour les pruniers et abricots, la plante possède une autre aptitude particulièrement intéressante: elle s’hybride avec à peu près tout les prunus: avec les pruniers (p. salicina, domestica, americana, nigra), les abricots (p. armeniaca), les ragouminiers (cerisiers de nanking p. tomentosa) et même avec les pêches (p. persica) – quoique dans ce cas, les plants ainsi obtenus sont infertiles.

Et enfin, c’est surtout le pollinisateur idéal pour tous ceux qui veulent faire fructifier leur chum (cherry-plum). C’est que les cultivars disponibles sont presque tous originaires de croisements de deuxième génération; et selon ce que j’ai lu, la plupart de ceux de la première génération (prune des sable x pruniers) ne donnent pas des fruits extraordinaires. Alors tant qu’à avoir de la pollinisation, aussi bien y aller avec la variété pure.

Voici quelques documents sur les variétés de Chum, dont celles de premières génération:

À propos de Sapa – un cultivar de 1ère génération (p. besseyi x Sultan): https://archive.org/stream/cultureduprunier45maco/cultureduprunier45maco_djvu.txt

À propos de cultivars  de 2e génération, soit issus de croisement avec Sapa (Dura et Manor): http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/agr/A53-1866-1991-fra.pdf

Et un dernier lien listant différents hybrides de première génération avec le prunus besseyi produits par l’Université du Minnesota dans les années 1960. Il faut faire une recherche dans le document par mot clé « besseyi » afin d’y trouver les variétés de p. besseyi croisées avec autre chose. Leurs recherches ont produit des cultivars peu connus dont plusiers n’ont jamais connu la popularité, excepté peut-être pour Convoy, qui est un hybride d’origine Canadienne de toute façon (du Manitoba). Vous remarquerez les commentaires sur les qualités des hybrides en question, sous « Flavor ». On note du bitter (amer), poor (ordinaire), disagreable (désagréable), nearly sweet (presque sucré)…

Le lien: PRUNUS HYBRIDS, SELECTIONS AND CULTIVARS, AT THE UNIVERSITY OF MINNESOTA FRUIT BREEDING FARM – 1967

L’intérêt des pruniers besseyi comme porte-greffes (incluant les pêches et abricots):

Même en étant pas nécessairement les meilleurs fruits pour la consommation, les pruniers des sables ont l’avantage de s’hybride avec un peu tout et comme je l’avais mentionné dans un autre article sur les portes-greffes, plusieurs cultivars issus de croisements avec le p. besseyi font d’excellent porte-greffe.
Mon billet précédent sur les portes-greffe nanisant pour les pêches: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/10/24/porte-greffe-rustique-et-nanisant-pour-les-peches/
Et ma grande découverte en lisant ce document, c’est que le p. besseyi se croise avec le pêcher et bien que les hybrides qui en résultent sont infertiles, ils font de très bons PG rustiques et nanisant pour les pêches.

Semis de pêche 2017

Et en parlant de pêche, j’ai craqué. Et de un, j’ai à nouveau fait germé un noyau, cette fois de pêche jaune du Chili. C’est une variété inconnue, mais peu importe. Depuis qu’un contact de Port-Rouge m’a annoncé que lui aussi avait réussi à conserver des pêcher plusieurs années en les couchant et en laissant la neige les protéger, il fallait que je l’essaie à mon tour.

Mon nouveau semis de pêche 2017:

Et en plus, je me suis commandé un plant de pêches plates (p. persica Saturn) greffé sur un p. persica Lovell (un nouveau cultivar utilisé comme porte-greffe de pêcher; Lovell serait mieux que la variété de pêcher Bailey).

J’ai l’intention de le planter à mon terrain en lui faisant un girdling (légère entaille circulaire du cambium, petite annélation) afin de favoriser au moins une repousse du PG lovell. C’est dans le but d’en obtenir une repousse/branche, dont je pourrai greffer quelques yeux (avec mon semis et mon saturn) en août sur un prunus Convoy, au cas ou mon plant de pêcher gèlerait. Par contre, j’avoue qu’avec la quantité hallucinante de neige qui a tombé encore cette année sur mon terrain (plus de 2m de neige), je crois que le pêcher sera sauf. D’autant plus que j’ai réussi à hiverner depuis maintenant deux ans un figuier Marseille Black!

Et pour ce qui est du goût de Lovell, j’ai lu sur le forum Houzz (nouveau Gardenweb) ici que quelqu’un avait laissé fructifier son PG Lovell et que le fruit goutait l’abricot, ce qui pas mal mieux que ce que j’ai lu et entendu dire à propos des fruits du PG Bailey qui apparemment, ne sont pas bons du tout. Tout juste utilisable en cuisson.

Commande de Boughen Nurseries

Et sinon, je me suis aussi commandé (naturellement) un prunier besseyi pur, ainsi qu’un Sapa, le chum de première génération dont je parlais plus haut. Ils arrivent en autobus de la pépinère Boughen Nurseries, de Nipawen en Saskatchewan. Je ne sais pas encore comment ça va me coûter, c’est une surprise – en espérant qu’elle ne soit pas trop mauvaise. Je n’en ai commandé qu’un seul (p. besseyi), comme ça, mes fruits obtenus seront nécessairement des hybrides, si jamais l’envie me prend d’essayer des semis. Car dans ce cas précis, je sais pertinemment que les chances sont minces d’arriver à quelque chose de bien. Au mieux comestible, au pire j’obtiendrai des spécimens de collection/curiosités.

J’aimerais bien un hybride tomentosa x besseyi (on le trouve parfois vendus sous le nom de black tomentosa ou black nanking). C’est plus rustique que du tomentosa pur et c’est fort joli. Est-ce que ça goute bon? Reste à voir.

Photo publiée par l’utilsateur Intotheark sur le forum Houzz – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

En haut, le fruit du Black Nanking (besseyi x tomentosa). Le fruit y est décrit comme un peu plus gros que du besseyi avec la chair plus foncée sans trop de détails sur le gout. Source forum Houzz: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

Description de Sapa (tiré de Culture du Prunier et Variétés recommandées pour les différentes parties du Canada avec leur description, 1925).

Sapa (prunus Besseyi x Sultan – domestica) Fruit 1″ x 1″ pruine bleuâtre, mince; peau mince, modérément coriace; chair de couleur pourpre foncé, très juteuse; noyau de grosseur moyenne, ovale, adhérent; saveur nettement acidulé, piquante, acide près de la peau, légèrement astringente; qualité surmoyenne. A beaucoup de la saveur des meilleures cerises des sables mais est plus grosse.

Et… j’ai tout de même fait pousser un semis de croisement entre deux Chum: Opata/Kappa (nom incertain) x Convoy. Je me risque tout de même avec celui-là, mais avec un seul, des fois que j’obtiendrais quelque chose d’intéressant. Stratification humide 3 mois au frigo avant que les noyaux ne s’entrouvrent. J’en ai ensuite semé plusieurs et c’est celui-là qui a poussé.

Mon semis de Chum X 2017

Les chromosomes et l’hybridation; tentative d’explication en toute humilité…

La plupart des variétés sauvages de pruniers sont des diploïdes (2n=16) et j’avais lu que ce serait le cas pour le besseyi. En gros, lors de la pollinisation, si les chromosomes des deux parents (ovaire et pollen) ne se divisent pas par deux à la méiose (division initiale après la fécondation), les gènes s’additionnent lorsqu’il y a tout de même compatibilité.

Prenons le cas d’un des premier cultivar/ancêtre de plusieurs variétés de chum, soit le Sapa. Il s’agit d’un semis de Sultan x besseyi. Le p. domestica est supposé être un hexaploide naturel (2n=48). Ce qui fait que Sapa serait donc un polyploide (tetrahexacontaploide) avec Besseyi (2n=16) + p.domestica (2n=48) qui donnerait une ploïdie de (2n=64) à la première génération d’hybride. Et si on considère que Sapa est le parent de plusieurs autres croisements, ça expliquerait le faible taux de compatibilité!

Je m’explique avec un deuxième exemple: si à la deuxième génération de croisement avec un autre Chum de 2n=16 (dans le meilleur des cas), on aurait Sapa (2n=64) + ChumX (2n=16) qui se divise, donc on reste avec un (2n=64). Par contre, si on a un Chum de (2n=48) + (2n=64), on aurait alors un (2n =112) – du moins je crois et si c’est seulement possible. Car éventuellement, la pollinisation ne se fait plus, c’est pour ça que les croisements inter-espèces a ses limites.

Enfin, je ne suis pas expert en la matière et j’arrête tout de suite mes tentatives d’explications. Ce dont il faut se souvenir, c’est que les variétés sauvages sont en général davantage compatibles avec les hybrides pour la pollinisation. C’est encore plus vrai avec le prunus besseyi, qui se croise avec presque tout.

Sur la ploïdie dans Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Plo%C3%AFdie

Et sur la ploïdie des pruniers (voir dans la section « origine biologique »): https://fr.wikipedia.org/wiki/Prunier

Mot de la fin

Je termine avec un document d’archive qui est une mine d’or de recherche du siècle dernier sur le prunier des sables. Des milliers de semis et cultivars, croisements, greffage, hybridation ont été effectués à divers endroits, mais plus particulièrement à la college de recherche et d’expérimentation du Dakota du Sud. Ces travaux ont été supervisés par le célèbre N. E Hansen, un horticulteur célèbre pour ses travaux sur les fruitiers rustiques, ainsi que sur l’hybridation des pruniers, de la luzerne, des pommes rouges (même s’il a été battu en vitesse par Albert Etter sur ce point) et enfin, directeur du South Dakota Experiment Station à Brookings à partir de 1895. Oui, ça fait plus d’un siècle déjà.

Le document est en ligne et accessible à tous ici:

http://openprairie.sdstate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1086&context=agexperimentsta_bulletins

Germination d’akène de fraise ; ce faux-fruit-réceptacle charnu

Ça fait drôle à dire, mais quand on mange une fraise, on mange un faux-fruit.
Le vrai fruit est en fait l’akène, les petites graines réparties tout le tour de celle-ci, et dont on ne se soucie pas trop.
C’est que l’été dernier, Pascal a acheté un panier de fraises Cabot, une relativement nouvelle variété de fraises de saison GÉANTES!

La Cabot, une fraise naturellement géante et… contre toute attente, savoureuse!

J’avoue j’étais sceptique: des fraises géantes, pour moi, c’est synonyme de « boost » aux hormones et ça n’a rien de naturel. Pourtant, dans ce cas précis, ces fraises sont naturellement géantes lorsque cultivées en champ. Les plants produisent des monstres, voilà tout. Et en plus, elles ont bon gout!

Les Cabot nous ont tellement surpris, que je me suis laissé convaincre d’en récupérer des graines (des akènes) et d’essayer d’en faire pousser.

Car, mettons une chose au clair, la fraise, ce n’est pas un fruit. La fraise est « un réceptacle charnu sur lequel sont disposés régulièrement des akènes » (source Wikipédia), qui sont, eux, les vrais fruits d’un fraisier. Et c’est justement ça qu’il faut récupérer et stratifier au frigo si on veut faire pousser quelque chose (sinon ça marche peut-être quand même, mais le traitement augmente nos chances).

Gros plan sur les akènes d’une fraise, les vrais fruits (les graines). Source: wikipédia, par Scott Bauer de United States Department of Agriculture

Disons tout de même que j’étais un peu dubitatif et je ne pensais pas obtenir des résultats intéressants avec des graines de fraises du marché, dont la pollinisation est ouverte (parent inconnu). Mais ça, c’était avant de creuser un peu plus et avant de découvrir l’histoire de ce nouveau cultivar.

Cabot a été développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Kentville, en Nouvelle-Écosse et introduit commercialement en 1998. D’ailleurs, le brevet de Cabot arrivait justement à échéance en 2016.

La variété donc, est issue de croisements complexes, cherchant à combiner fermeté (K86-19), grosseur de fruit (K87-5) et résistance au stèle rouge du fraiser (Phytophthora fragariae), un champignon qui infecte les plants jusqu’à les tuer. Ceux-ci se flétrissent et produisent alors pas ou peu de fruits.

J’étais donc très content d’apprendre que la variété était résistante à cette maladie! Un plus, donc, pour mon expérience. Les fruits de Cabot sont tellement gros, que peu importe le résultat; si mes graines sont croisées avec un autre cultivar commercial, j’ai de fortes chances d’avoir de gros fruits. Alors que s’ils sont croisés avec des fraisiers sauvages, même à 50% de 20 grammes en moyenne, j’ai des fruits de 10 grammes, potentiellement hyperparfumées et savoureux, sans compter 10 x plus rustiques et résistants. En gros, que du bon.

Déjà 5 petits plants de Cabot X. Et… probablement plusieurs autres à venir! (après 3 mois de stratification froide)

L’hybridation et la culture de nouveaux cultivars de petits fruits n’étaient peut-être pas dans mes projets, mais en termes de résultats, c’est tout de même beaucoup plus gratifiant, car rapide à fructifier qu’avec le croisement des poiriers.

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Mes semis de Cabot en date du 9 avril 2017

Pour en savoir plus sur le cultivar Cabot:

http://hortsci.ashspublications.org/content/39/7/1778.full.pdf

Sur la stèle rouge du fraisier:

http://www.omafra.gov.on.ca/IPM/french/strawberries/diseases-and-disorders/red-stele.html

https://www.agrireseau.net/lab/documents/Phytophthora%20petits%20fruits%20E.pdf

En quête de mirabelle rustique

La mirabelle – un fruit sucré, juteux et délicat qui pousse bien au Québec – photo source: wikipédia (https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c8/Koogan_2002-08-14-160212.jpg)

Même si les prunes européennes sont délaissées de plusieurs en faveur des prune asiatiques, plus résistantes au nodule noir, je suis tout de même tombé en amour avec les mirabelles européennes. C’est suite à la dégustation d’un panier de celles-ci, au marché du Vieux-Port de Québec, que j’ai découvert ces délectables délicats petits fruits dorés. Celles achetées alors provenaient de l’Île d’Orléans, donc de tout près de Québec. Les mirabelles de Nancy et de Metz sont zonées 4 tout au plus, donc ne tolèrent pas les grands froids de plus(moins) de -40’C.

Malgré tout, mon père a réussi à en faire pousser un. L’arbre a survécu près de vingt ans, même en zone 3 protégée. Malheureusement, il n’a pas produit beaucoup, faute de pollinisation. Il aura tout de même vécu assez longtemps pour prouver que sa culture est possible. Il a rendu l’âme il y a tout juste deux ans, lors du « gros hiver dur » à -45C. C’est donc dire qu’il ne manquerait pas grand chose.

Depuis mon intérêt pour les mirabelles, nous en avons replanté un arbre. Le pauvre n’a pas beaucoup poussé, car il a été la cible répétée d’un chevreuil qui l’avait adopté à notre grand désespoir d’ailleurs.

Depuis deux ans, je fais aussi pousser les graines récupérées de mes prunes de l’Île. Celles-ci étaient plus petites et sucrées, probablement donc des mirabelles de Metz. D’ordinaire, je ne me casse pas trop la tête à essayer de faire pousser des prunes (car comme pour le reste, les semis ne sont pas très fidèles). Mais dans ce cas, j’avais lu que les mirabelles se reproduisaient assez fidèlement par semis. Alors il ne m’en fallait pas plus, des fois que j’obtiendrais quelque chose de bien et surtout, de rustique!

Mirabelle Année 1

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C’est qu’en dehors du prunier Mont-Royal zoné trois, il n’y a pas beaucoup de pruniers européens qui résistent aux grands froids. Je cultive un « damas » ou pruneau d’Ente mini vert/jaune, dont la graine provient de Kamouraska (au Québec), sinon du Damas Européen qui survit tant bien que mal et aussi, un Yellow egg ou Pershore yellow, qui lui aussi survit bien jusqu’à présent, sans avoir encore produit. En résumé, les choix sont limités et tant qu’à choisir, à date, c’est la mirabelle que je préfère au niveau gustatif.

Alors pour être certain de mon coup, en plus de mes semis des mirabelles de l’île déjà décollés depuis deux ans, j’ai aussi mis la main sur pas moins de quatre variétés de pruniers mirabelles directement d’Europe, plus précisément de Normandie. Vive internet et les amitiées virtuelles! Après stratification, mes semences commencent doucement à pousser. Dès ce printemps, je pourrai les planter et les soumettre à l’épreuve du froid. Il s’agit des Mirabelles de Nancy, de mirabelles jaunes (p-ê des fausses mirabelles?), de mirabelles violettes et de mirabelles rouges. Et si je n’obtiens que des pruniers sauvages ou pruneoliers au bout de compte, peu ne m’importe! Ce sera déjà mieux que rien du tout.

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Mon arrivage de noyaux de futures mirabelles boréales!

Je constate déjà que mes semis de « mirabelles jaunes » semblent avoir des cotylédons très rouges, donc avec beaucoup de pigments. Ensuite, un des deux premiers semis à avoir germé dans ce lot, celui de droite sur la photo, ressemble énormément à un prunus spinosa (j’en avais fait germé il y a deux ans). Serait-ce un croisement? Possible. Le futur nous le dira s’il se révèle assez rustique pour produire un jour!

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Dépliant informatif sur la mirabelle, document produit par le Verger conservatoire Hattonville (vraiment bien fait):

Tout savoir sur la mirabelle

Conférence le 9 novembre prochain sur l’Art de la greffe dans un contexte de verger rustique

Petite invitation à une conférence que je donnerai sur mes expériences avec l’art de la greffe dans un contexte de verger en permaculture au Saguenay zone 3.

Le tout s’est décidé un peu sur le tard, mais si ça vous tente, c’est le mercredi 9 novembre prochain à 17h30, au pavillon Paul Comtois Local 3111 et… c’est gratuit!

J’encouragerai toutefois une contribution volontaire aux organisateurs, soit le groupe étudiant VIA Agro-Écologie, qui m’ont invité.

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VIA Agro-Écologie « fait la promotion et la sensibilisation des alternatives agro-écologiques, pour un environnement sain dans l’optique du développement durable. Plusieurs conférences sont organisées chaque année sous cette trame de fond. On y trouve une bibliothèque détenant des livres sur l’agriculture et le maraîchage biologique, la traction animale, les énergies vertes, la gestion des matières résiduelles, les plantes médicinales, l’agriculture urbaine (et beaucoup d’autres sujets!) pouvant être consultés et empruntés par tous les étudiants de la FSAA. VIA tient aussi un jardin écologique et communautaire situé tout près du Jardin Roger Van den Hende. Une parcelle peut y être louée à coût modique! Informez-vous auprès de la personne responsable.  » source: http://www.agetaac.ulaval.ca/clubs-et-comites/via-agro-ecologie/