nouvelles de mai

Ça y est, la température commence enfin à être un peu plus décente.
C’est l’heure de mes dernier semis avant la mise en terre début juin. Au Saguenay, les gels du printemps sont monnaie courante, la première pleine lune de juin nous joue souvent des tours, la vlimeuse!

C’est aussi la saison des greffes de courges. J’ai été malchanceux les deux dernières années avec greffes. Entre les attaques de chevreuils et de limaces ou encore le fumier trop frais, disons que j’ai un peu abusé des occasions d’apprentissage et j’espère bien avoir fait le tour. Néanmoins, je n’abandonne pas et cette année, je privilégierai la greffe par approche.

Mes semis de cantaloup, melon et courge en bas (mon hybride Hubbard x Grey ghost) que j’utilise en porte-greffe.

Surtout, la saison de la greffe bat son plein! De Montréal à Petit-Saguenay, c’est en plein de temps de faire du greffage. Je suis allé greffer une variété de prune sur un prunier isolé d’un ami cette semaine et pars tout à l’heure refaire la même chose pour un pommier à Baie-St-Paul. D’ici là, mon bois à moi dort sagement au frigo. Car ma semaine de greffage intensive, ça sera la semaine des Patriotes. Je garde à cet effet une semaine complète en tête à tête avec mon verger.

En train de greffer un prunier cette semaine. Photo par Louis Carrier.

D’ici là, je vous partage quelques photos de mes semis d’intérieur, qui m’aident à patienter jusqu’à ce que je m’amuse « pour vrai ».

Les reconnaissez-vous? Des pommiers, poiriers et un pêcher.

À gauche, mon semis de Chum Opata x Convoy et à droite, un pommier.

Mes semis de mirabelle.

Des semis de myrobolans. Ça pousse vite, ça!

Quelques semis de Tomentosa, avec au fond, un poirier Regelii

Mes semis de fraisier Cabot X. C’est fou comme ça pousse vite!

Et… j’allais oublier!

Bonne fête des mères! 🙂

 

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Pêches et prunier nain des sables (Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi)

Connaissez-vous le prunier nain des sables de l’Ouest, communément appelé le Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi?

prunus pumila var besseyi source: USDA-NRCS PLANTS Database / Herman, D.E., et al. 1996. North Dakota tree handbook. USDA NRCS ND State Soil Conservation Committee; NDSU Extension and Western Area Power Administration, Bismarck.

Le fruit du prunier des sables. Source: http://www.ontariowildflower.com/shrub.htm#sandcherry

Le prunier des sables est, soit dit en passant, le père des chums – ou la mère c’est selon – des prunes-cerises ou cherry-plums.
Le prunus besseyi est un petit cerisier rampant natif des prairies. Il résiste très bien à des températures extrêmes (au froid) et son port est est nain et buissonnant. Il se multiplie naturellement en rampant et drageonnant. Son fruit ressemble aux cerises à grappes (prunus virginiana), alors que la plante est en fait davantage apparentée… aux pruniers!
Son petit fruit astringent a un goût aigrelet, sucré et astringent qu’on peut qualifier de plutôt moyen au niveau gustatif. Il s’utilise surtout en cuisson (compote, confitures et jus).

Toutefois, en plus d’être hyper rustique et de servir de porte-greffe à affranchir pour les pruniers et abricots, la plante possède une autre aptitude particulièrement intéressante: elle s’hybride avec à peu près tout les prunus: avec les pruniers (p. salicina, domestica, americana, nigra), les abricots (p. armeniaca), les ragouminiers (cerisiers de nanking p. tomentosa) et même avec les pêches (p. persica) – quoique dans ce cas, les plants ainsi obtenus sont infertiles.

Et enfin, c’est surtout le pollinisateur idéal pour tous ceux qui veulent faire fructifier leur chum (cherry-plum). C’est que les cultivars disponibles sont presque tous originaires de croisements de deuxième génération; et selon ce que j’ai lu, la plupart de ceux de la première génération (prune des sable x pruniers) ne donnent pas des fruits extraordinaires. Alors tant qu’à avoir de la pollinisation, aussi bien y aller avec la variété pure.

Voici quelques documents sur les variétés de Chum, dont celles de premières génération:

À propos de Sapa – un cultivar de 1ère génération (p. besseyi x Sultan): https://archive.org/stream/cultureduprunier45maco/cultureduprunier45maco_djvu.txt

À propos de cultivars  de 2e génération, soit issus de croisement avec Sapa (Dura et Manor): http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/agr/A53-1866-1991-fra.pdf

Et un dernier lien listant différents hybrides de première génération avec le prunus besseyi produits par l’Université du Minnesota dans les années 1960. Il faut faire une recherche dans le document par mot clé « besseyi » afin d’y trouver les variétés de p. besseyi croisées avec autre chose. Leurs recherches ont produit des cultivars peu connus dont plusiers n’ont jamais connu la popularité, excepté peut-être pour Convoy, qui est un hybride d’origine Canadienne de toute façon (du Manitoba). Vous remarquerez les commentaires sur les qualités des hybrides en question, sous « Flavor ». On note du bitter (amer), poor (ordinaire), disagreable (désagréable), nearly sweet (presque sucré)…

Le lien: PRUNUS HYBRIDS, SELECTIONS AND CULTIVARS, AT THE UNIVERSITY OF MINNESOTA FRUIT BREEDING FARM – 1967

L’intérêt des pruniers besseyi comme porte-greffes (incluant les pêches et abricots):

Même en étant pas nécessairement les meilleurs fruits pour la consommation, les pruniers des sables ont l’avantage de s’hybride avec un peu tout et comme je l’avais mentionné dans un autre article sur les portes-greffes, plusieurs cultivars issus de croisements avec le p. besseyi font d’excellent porte-greffe.
Mon billet précédent sur les portes-greffe nanisant pour les pêches: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/10/24/porte-greffe-rustique-et-nanisant-pour-les-peches/
Et ma grande découverte en lisant ce document, c’est que le p. besseyi se croise avec le pêcher et bien que les hybrides qui en résultent sont infertiles, ils font de très bons PG rustiques et nanisant pour les pêches.

Semis de pêche 2017

Et en parlant de pêche, j’ai craqué. Et de un, j’ai à nouveau fait germé un noyau, cette fois de pêche jaune du Chili. C’est une variété inconnue, mais peu importe. Depuis qu’un contact de Port-Rouge m’a annoncé que lui aussi avait réussi à conserver des pêcher plusieurs années en les couchant et en laissant la neige les protéger, il fallait que je l’essaie à mon tour.

Mon nouveau semis de pêche 2017:

Et en plus, je me suis commandé un plant de pêches plates (p. persica Saturn) greffé sur un p. persica Lovell (un nouveau cultivar utilisé comme porte-greffe de pêcher; Lovell serait mieux que la variété de pêcher Bailey).

J’ai l’intention de le planter à mon terrain en lui faisant un girdling (légère entaille circulaire du cambium, petite annélation) afin de favoriser au moins une repousse du PG lovell. C’est dans le but d’en obtenir une repousse/branche, dont je pourrai greffer quelques yeux (avec mon semis et mon saturn) en août sur un prunus Convoy, au cas ou mon plant de pêcher gèlerait. Par contre, j’avoue qu’avec la quantité hallucinante de neige qui a tombé encore cette année sur mon terrain (plus de 2m de neige), je crois que le pêcher sera sauf. D’autant plus que j’ai réussi à hiverner depuis maintenant deux ans un figuier Marseille Black!

Et pour ce qui est du goût de Lovell, j’ai lu sur le forum Houzz (nouveau Gardenweb) ici que quelqu’un avait laissé fructifier son PG Lovell et que le fruit goutait l’abricot, ce qui pas mal mieux que ce que j’ai lu et entendu dire à propos des fruits du PG Bailey qui apparemment, ne sont pas bons du tout. Tout juste utilisable en cuisson.

Commande de Boughen Nurseries

Et sinon, je me suis aussi commandé (naturellement) un prunier besseyi pur, ainsi qu’un Sapa, le chum de première génération dont je parlais plus haut. Ils arrivent en autobus de la pépinère Boughen Nurseries, de Nipawen en Saskatchewan. Je ne sais pas encore comment ça va me coûter, c’est une surprise – en espérant qu’elle ne soit pas trop mauvaise. Je n’en ai commandé qu’un seul (p. besseyi), comme ça, mes fruits obtenus seront nécessairement des hybrides, si jamais l’envie me prend d’essayer des semis. Car dans ce cas précis, je sais pertinemment que les chances sont minces d’arriver à quelque chose de bien. Au mieux comestible, au pire j’obtiendrai des spécimens de collection/curiosités.

J’aimerais bien un hybride tomentosa x besseyi (on le trouve parfois vendus sous le nom de black tomentosa ou black nanking). C’est plus rustique que du tomentosa pur et c’est fort joli. Est-ce que ça goute bon? Reste à voir.

Photo publiée par l’utilsateur Intotheark sur le forum Houzz – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

En haut, le fruit du Black Nanking (besseyi x tomentosa). Le fruit y est décrit comme un peu plus gros que du besseyi avec la chair plus foncée sans trop de détails sur le gout. Source forum Houzz: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

Description de Sapa (tiré de Culture du Prunier et Variétés recommandées pour les différentes parties du Canada avec leur description, 1925).

Sapa (prunus Besseyi x Sultan – domestica) Fruit 1″ x 1″ pruine bleuâtre, mince; peau mince, modérément coriace; chair de couleur pourpre foncé, très juteuse; noyau de grosseur moyenne, ovale, adhérent; saveur nettement acidulé, piquante, acide près de la peau, légèrement astringente; qualité surmoyenne. A beaucoup de la saveur des meilleures cerises des sables mais est plus grosse.

Et… j’ai tout de même fait pousser un semis de croisement entre deux Chum: Opata/Kappa (nom incertain) x Convoy. Je me risque tout de même avec celui-là, mais avec un seul, des fois que j’obtiendrais quelque chose d’intéressant. Stratification humide 3 mois au frigo avant que les noyaux ne s’entrouvrent. J’en ai ensuite semé plusieurs et c’est celui-là qui a poussé.

Mon semis de Chum X 2017

Les chromosomes et l’hybridation; tentative d’explication en toute humilité…

La plupart des variétés sauvages de pruniers sont des diploïdes (2n=16) et j’avais lu que ce serait le cas pour le besseyi. En gros, lors de la pollinisation, si les chromosomes des deux parents (ovaire et pollen) ne se divisent pas par deux à la méiose (division initiale après la fécondation), les gènes s’additionnent lorsqu’il y a tout de même compatibilité.

Prenons le cas d’un des premier cultivar/ancêtre de plusieurs variétés de chum, soit le Sapa. Il s’agit d’un semis de Sultan x besseyi. Le p. domestica est supposé être un hexaploide naturel (2n=48). Ce qui fait que Sapa serait donc un polyploide (tetrahexacontaploide) avec Besseyi (2n=16) + p.domestica (2n=48) qui donnerait une ploïdie de (2n=64) à la première génération d’hybride. Et si on considère que Sapa est le parent de plusieurs autres croisements, ça expliquerait le faible taux de compatibilité!

Je m’explique avec un deuxième exemple: si à la deuxième génération de croisement avec un autre Chum de 2n=16 (dans le meilleur des cas), on aurait Sapa (2n=64) + ChumX (2n=16) qui se divise, donc on reste avec un (2n=64). Par contre, si on a un Chum de (2n=48) + (2n=64), on aurait alors un (2n =112) – du moins je crois et si c’est seulement possible. Car éventuellement, la pollinisation ne se fait plus, c’est pour ça que les croisements inter-espèces a ses limites.

Enfin, je ne suis pas expert en la matière et j’arrête tout de suite mes tentatives d’explications. Ce dont il faut se souvenir, c’est que les variétés sauvages sont en général davantage compatibles avec les hybrides pour la pollinisation. C’est encore plus vrai avec le prunus besseyi, qui se croise avec presque tout.

Sur la ploïdie dans Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Plo%C3%AFdie

Et sur la ploïdie des pruniers (voir dans la section « origine biologique »): https://fr.wikipedia.org/wiki/Prunier

Mot de la fin

Je termine avec un document d’archive qui est une mine d’or de recherche du siècle dernier sur le prunier des sables. Des milliers de semis et cultivars, croisements, greffage, hybridation ont été effectués à divers endroits, mais plus particulièrement à la college de recherche et d’expérimentation du Dakota du Sud. Ces travaux ont été supervisés par le célèbre N. E Hansen, un horticulteur célèbre pour ses travaux sur les fruitiers rustiques, ainsi que sur l’hybridation des pruniers, de la luzerne, des pommes rouges (même s’il a été battu en vitesse par Albert Etter sur ce point) et enfin, directeur du South Dakota Experiment Station à Brookings à partir de 1895. Oui, ça fait plus d’un siècle déjà.

Le document est en ligne et accessible à tous ici:

http://openprairie.sdstate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1086&context=agexperimentsta_bulletins

Les prunes, ces vilaines xénophobes

Quoi? Xénophobes vous dites! Et puis quoi encore. Pourquoi dire que les prunes sont xénophobes?

C’est que les prunes, elles ne se laissent pas polliniser par n’importe qui. Elles n’acceptent que le pollen de certaines prunes et pas d’autres.
Être xénophobe, c’est être hostile à l’étranger.
En fait, c’est une blague pour exprimer que chez les pruniers, il existe plusieurs variétés, voire famille, et que celles-ci ne sont souvent pas compatibles en matière de pollinisation. Quand on se penche sur la question, c’est pas simple et c’est une question de chromosomes.

Le prunier Japonais – prunus salicina – source Wikipédia

Oui, certaines variété sont autofertiles, mais ça demeure une aberration de la nature et elles produiront beaucoup plus si vous leur plantez un/une amie de variété semblable.

De ces grandes familles de prunes, les deux les plus connues sont sans doutes les prunes Européennes (prunus communis) et les prunes Japonaises (prunus salicina). Il y a aussi les prunes-cerises, mais celles-ci sont des hybrides de prunes des sables (prunus besseyi) croisées avec autre chose, souvent des prunes. Celles-ci se pollinisent entre elles, mais n’acceptent pas le pollen des prunes européennes ou japonaises.

Il y a aussi les cerises, prunus avium, qui n’accepteront le pollen que de leurs compatriotes et les abricots, les prunus armeniaca, pour qui c’est la même chose.
Je parle de ça pour imager un peu ce qui se passe quand vient le temps d’expliquer comment faire pour que les pruniers produisent.

C’est que plusieurs variétés de pruniers rustiques (je parle de résistant à -40’C) sont souvent des hybrides; des croisements entre variétés qui incluent parfois des gènes d’abricots, de prunes européennes, de prunes asiatiques et de cerises même.

Jusque là, on s’en fout un peu! En quoi ça nous regarde? Au final, on veut un bon fruit et son bagage génétique, ça nous importe peu. Toutefois, le problème, c’est qu’en terme de chromosomes; celui-ci est souvent cumulatif lors de l’hybridation. Si bien que celui-ci s’en retrouve augmenté et qu’il n’est plus compatible avec ses semblables. C’est ce qui explique (de façon très basique) pourquoi les hybrides ne se reproduise souvent pas et par le fait même ne produisent pas grands fruits.

Le prunier noir ou prunier canadien. Un excellent pollinisateur. Source, http://www.quebec-horticole.ca/images/arbre/prunus-nigra2.jpg

Par compte, il existe une solution: l’utilisation de prunier sauvage comme pollinisateur! Pourquoi? Parce que ceux-ci ont des gènes purs (ou plus simples) qui se croiseront avec tous les hybrides, même si les hybrides ne les croiseront pas en retour. Et de toute façon, on n’y tient pas tant que ça, puisque les prunes sauvages ne donnent souvent que de petits fruits astringents ou amers.

Par exemple, on peut planter un prunier noir (nigra) ou un americain (american), ou encore un prunelier (spinosa) ou un myrobolan ou même un prunier des dunes (maritima) ou enfin un prunier des sables (besseyi). Dans tous les cas, ceux-ci polliniseront tous les pruniers, presque sans exception.  Je dis presque, parce que dans le cas des prunus Tomentosa (ragouminier), celui-ci est plus près des cerises que des prunes et il faut donc un autre tomentosa pour le polliniser.

Enfin, même chose donc pour les cerisiers nains des prairies de la série Romance. Plantez-en deux, et n’essayez pas d’autres variétés de cerises pour les polliniser, ils ne seront pas compatibles avec eux.

La série Romance – des hybrides de plusieurs variétés de cerises qui ne se polliniseront qu’entres elles. Source UofSask

La seule exception (car il y en a toujours une) c’est avec les pêches (prunus persica) qui sont presques tous autofertiles… Sauf que ceux-ci ne sont pas très rustique au delà de la zone 5, donc au nord de Montréal (au Canada en tout cas).

 

Je termine avec quelques liens pour aider dans vos lectures, au cas ou vous désiriez tenter d’en savoir un peu plus:

  • Un document publié par le gouvernement de l’Ontario sur les prunes Européennes et Japonaises avec les bases de la pollinisation.

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/07-040.htm

  • Un article de Rick Sawatzky intitulé Plums for the prairies de l’Université de Saskatchewan (en anglais), qui explique très bien les nuances entre les espèces et variété de prunes ainsi que leurs affinités.

http://www.fruit.usask.ca/articles/plums.pdf

  • Lien avec un chapitre sur la pollinisation des prunes de l’Université de Californie (en anglais):

http://ucanr.edu/sites/fruitreport/Pollination/

On y apprend entre autre une technique très intéressante qui est de greffer une branche de pollinisateur au centre de l’arbre et de la laisser pousser en hauteur, à la façon de parasol, afin que le pollen tombe sur les autres branches.

  • Un article plus pointu ici sur les chromosomes chez les prunus. Voir la page 726.

http://www.academicjournals.org/article/article1380706614_Das%2520et%2520al.pdf

Bonne lecture! 🙂

PS: Désolé, mes références sont presque toutes en anglais. Si quelqu’un a des choses en français à me proposer, je les ajouterai volontiers.

porte-greffe rustique et nanisant pour les pêches

En surfant sur l’internet, je suis tombé sur une étude vraiment chouette qui donne de l’espoir aux crinqués comme moi, qui désirent arriver un jour à faire pousser des pêches en zone très rustique. Il s’agit de la publication d’une recherche sur les porte-greffes nanisants pour les pêchers, pruniers et nectarines en Californie (EVALUATION OF SIZE CONTROLLING ROOTSTOCKS FOR CALIFORNIA PEACH, PLUM AND NECTARINE PRODUCTION) réalisée de 1986 à 1989 par ces messieurs:

Ted M. DeJong, R.S. Johnson D. Ramming
James F. Doyle et Kevin R. Day.

Je sais, nous sommes loin de la Californie, mais ce qui est vraiment intéressant ici, c’est que plusieurs des porte-greffes de l’étude sont des plantes qui résistent bien en zone 3! Je le confirme, j’en fais déjà pousser plus d’un sur mon terrain.

En autre, on y a testé des pruniers tels que le prunier Toka (P. americana x P. simonii),  Crescent, plusieurs variétés d’hybride besseyi (Western sand cherry) aussi appelés Cherry-plums ou chums, ainsi que plusieurs variétés pures, tels que les prunus Tomentosa, spinosa et maritima, davantage zonés 4.

Les gagnants? Bien que les Toka, prunus tomentosa et maritima fonctionnent, selon l’étude, ils finiraient tous au long terme par montrer des signes de déformation ou de maladies. À ma grande surprise, ce sont donc les Prunes-cerises (hybrides de prunus besseyi soit cerisiers des sables x prunier) qui remportent la palme et haut la main!

La bonne nouvelle pour moi, c’est que j’ai déjà trois variétés potentielles à tester, soit les Convoy (p. Besseyi x nigra), Opata (P. besseyi x P. salicina) et Manor (P. besseyi x P. salicina) op. Dans les deux premiers cas, la reprise des bourgeons et la survie long terme du plant de pêche serait à 100% pour l’échantillonnage de l’étude, tandis qu’il serait à 91% de reprise des bourgeons greffés et à 100% de taux de survie des pêcher pour le Manoir.

Ils sont tous naturellement nanisant et résistant au froid. Exactement ce dont j’ai besoin afin de garder des pêcher bas et buissonnants. Comme ça, je n’aurai pas de difficulté à les coucher au sol pour que la neige les isolent.

Par contre, il faudra probablement que je continue d’utiliser le prunus nigra comme porte-greffe au moins pour les racines, puisque le taux d’enracinement de mes candidats (en boutures de bois dur) n’était que de 39 et 41 % pour les Convoy et Manor. Opata ne semblerait pas s’enraciner très bien sans l’aide de porte-greffe. Peu importe, dans mon cas, ce n’est pas mon intention d’en faire une propagation industrielle.

Cet automne, j’ai donc semé une douzaine de graines de pêches, afin de voir si l’un deux survit deux ans, afin de conserver celui qui sera le plus résistant au froid. Enfin, j’ai multiplié plusieurs prunier nigra qui me serviront de porte-greffe pour mes prunes-cerises candidats à affranchir. Je leur donnerai une année afin de se remettre, en prévision de greffe de bourgeon en été ou sinon le printemps suivant. C’est selon.

Ce n’est que le début et j’aurai bien le temps de voir venir… et de m’amuser!

Je me suis bien juré que je finirais par avoir des pêches un jour et je n’ai pas dit mon dernier mot. À suivre!

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le prune-cerise Manoir (cherry-plum/chum Manor), un bon candidat pour la greffe de pêcher en zone très rustique. Sur la photo, mon prunier a été gracieusement taillé par un visiteur de la forêt (mes plantations attirent beaucoup d’amis non-sollicités)

 

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Le chum Opata – un autre bon candidat pour le prunus persica.

Le document en question:

EVALUATION OF SIZE CONTROLLING ROOTSTOCKS FOR CALIFORNIA PEACH, PLUM AND NECTARINE PRODUCTION

Un verger de pêches et d’abricots en zone 3

Et moi qui me trouvait audacieux, j’ai trouvé pire que moi.

Voici un petit vidéo de Dean et Sylvia Kreutzer, les heureux propriétaires passionnés du verger Over The Hill, en Saskatchewan. C’est très inspirant, quand on pense que Dean était auparavant en informatique…

Avec beaucoup de détermination et de persévérance, ils arrivent à faire pousser – et surtout à faire produire! – des abricots ainsi que des cerisiers et des pêchers en zone 3 (température minimale habituelle en hiver de -40 ‘C)

Les pêches du verger Over The Hill

Sans plus tarder, voici leur vidéo (en anglais, désolé)
https://www.youtube.com/watch?v=OAkmy3CJvGs
C’est très inspirant. 🙂 Sauf que le vidéo ne  montre pas beaucoup les pêchers.

Un bref article en français (radio-can):

http://m.radio-canada.ca/regions/saskatchewan/2014/11/16/002-prix-over-the-hill-orchards-pme.shtml

Et enfin, quelques photos de leur verger:

http://overthehillorchards.ca/tour/photos/#!prettyPhoto

Bébé pêcher s’en vient! Ou comment faire pousser un noyau de pêche, abricot et nectarine

Pour les pêches, abricots et nectarines, pas besoin d’attendre. On récupère un noyau, on le fait sécher pour la nuit, on le casse et c’est prêt à faire pousser.
Contrairement à  plusieurs autres fruitiers (la majorité en fait), les graines n’ont pas besoin d’hiverner (de stratification ou de période de froid et repos) avant de pouvoir germer.
Ça serait probablement ce qui arriverait dans la nature, puisque les fruits tombés au sol pourriraient, la graine gorgée d’eau se fendrait en hiver avant que l’amande ne puisse enfin germer au printemps suivant.
Sauf qu’ici, j’accélère le processus, puisqu’on a pas besoin d’attendre et ça fonctionne! Et parait que ça marche aussi avec les agrumes.

Les étapes:

  1. On récupère un noyau de pêche, abricot ou nectarine.
  2. On le fait sécher une journée.
  3. Le lendemain, on casse la noix et récupère notre amande (sans la briser, idéalement).
  4. On la fait tremper une nuit/journée, le temps qu’elle soit bien gorgée d’eau.
  5. On la place entre deux essuies-tout humide (mais pas trop).
  6. On dépose le tout dans un contenant de plastique refermable de type zip-lock.
  7. On laisse le tout devant une fenêtre ensoleillée et on aère tous les jours. On en profite pour vérifier le taux d’humidité et pour voir si les graines ont germé. Aussi, on change les essuies-touts si elles ont développé de la moisissure.

Dans mon cas, ma première graine a germé après cinq jours. Et ça peut prendre jusqu’à deux semaines.

Voici quelques photos à l’appui de mes petits noyaux de pêches plates. Les autres drupes ont des noyaux qui ressemblent davantage à des amandes (un proche parent d’ailleurs).

les amandes de pêches attendant de pousser

les amandes de pêches attendant de pousser

Le résultat ; une petite serre miniature

Le résultat ; une petite serre miniature

Premier noyau à germer.

Premier noyau à germer.

Enfin, je termine avec la photo de mes pêchers de l’an dernier.

Les pauvres n’ont pas survécu à l’hiver, mais ce n’est même pas à cause du froid; c’est un rongeur qui les a mangé. GRRR! 😦

Cette fois, je leur ferai passer leur premier hiver à l’intérieur, bien à l’abri.

Pêcher de 2013 - RIP

Pêcher de 2013 – RIP :s

Enfin, un lien sur un vidéo de Youtube qui donne une démonstration de la technique.

Étonnamment, je n’ai trouvé des vidéos là-dessus qu’en anglais, désolé, faudrait que j’en fasse un en français. Clairement, ça manque.

(Par contre, je préfère le contenant plutôt que le sac de plastique)

https://www.youtube.com/watch?v=XS8jQoWSqaU

Pour en savoir plus sur la culture des pêches en zone 3-4:

http://forums2.gardenweb.com/forums/load/fruit/msg070120159262.html

http://forums.gardenweb.com/forums/load/farnorth/msg0618122316579.html

Des résultats en image d’un cultivateur de pêches et abricots des prairies:

http://overthehillorchards.ca/tour/photos/#!prettyPhoto

https://www.youtube.com/watch?v=OAkmy3CJvGs