Cueillette du bois à greffer pour l’atelier du 5 mai à venir

Encore beaucoup de neige au verger, à Petit-Saguenay. À certains endroits dans le verger, la neige passe dessus ma clôture à chevreuil de 7 pieds de haut, c’est donc qu’il reste encore plus que 2m.
Quelqu’un m’avait demandé des boutures de cassis et j’ai du creuser 1m dans la neige avant d’atteindre le haut de la talle.


Moi qui dans ma grande naïveté, croyait pouvoir tailler et nettoyer les dommages d’après hiver et en plus, pulvériser mon huile de dormance. Oups, je suis soit en avance dans ma tête, soit le printemps en retard. Je vote pour un peu des deux.

Ça sera donc partie remise au début mai pour l’entretien de printemps.

Au moins, mes récoltes de bois à greffer sont faites. J’ai plusieurs variétés de pommes et de poires prêtes à partager le 5 mai prochain. Ce que j’ai récolté de mémoire:

Pommes: Liberty, Norland, Priscilla, Honeycrisp, September Ruby, McIntosh, Sweet 16, Scarlet O’Hara

Poires: John, Miney, Old Home, Summer Blood birne, Patten, Golden Spice, Beauté Flamande, Early Gold.

Ma récolte de bois à greffer pour l’atelier du 5 mai

Et en passant, j’aurai d’autres boutures de variétés supplémentaires en provenance d’un deuxième verger, donc le choix sera au rendez-vous.

Au plaisir de vous y voir en grand nombre!

Un rappel du lien avec les détails de la formation du 5 mai:

https://poirespetitsag.wordpress.com/2018/03/31/atelier-de-greffage-a-quebec-le-5-mai-2018-prochain/

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Atelier de greffage à Québec le 5 mai 2018 prochain

Joyeuses Pâques et bon congé aux chanceux qui sont en fériés! Bon courage à tous les autres.

Je vous parlais récemment d’un possible atelier de greffage à venir dans cet article. https://poirespetitsag.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=1990&action=edit

Alors, je le confirme. Je donnerai bel et bien un atelier pratique sur le greffage le 5 mai prochain, à Québec (Ulaval), en collaboration avec l’asso étudiante VIA Agro-écologie (http://viaagro.wixsite.com/via-agro-ecologie).

Détails de l’atelier sur le greffage :

Quand : le 5 mai 2018, de 9 à 12h

   Où : sur le campus de l’Université Laval, pavillon Paul-Comtois (local à déterminer)

      Prérequis : un couteau à greffer (ou canif bien affuté) + un rouleau de ruban électrique et marqueur permanent

   Combien : 30$ (1 arbre à greffer) ou 40$ (3 arbres à greffer) pommier ou poirier au choix

Contenu de la formation : courte présentation sur les techniques de greffage. La greffe proposée sera la greffe anglaise compliquée avec démonstration à l’appui.

  • Porte-greffes: Bud118 pour les pommiers et du OHxF97 pour les poiriers, dans les deux cas du 75-80% par rapport à un franc et surtout, du rustique au moins zone 3-4.
  • Bois à greffer : j’apporterai des greffons de plusieurs variétés de fruitiers de mon verger (avec une courte description de chacun). Vous pouvez aussi apporter votre bois de pommiers ou poiriers à propager ou échanger, de la maison.

Les places (et porte-greffes) sont limitées à 15 personnes

pour réservez votre place, écrivez-moi à ajetteaqua@yahoo.ca

***

Petits rappels pour ceux qui veulent récolter leur bois à greffer (pommiers ou poiriers)

Votre bois à greffer doit être dormant (bourgeons non-ouverts), et prélevé sur un arbre exempt de maladies.

Pour en savoir plus sur la conservation du bois à greffer:

http://www.greffer.net/?p=752

Prêt pour ma présentation sur l’implantation d’un verger en permaculture

Ça y est! J’ai travaillé fort, mais mon powerpoint est prêt. Je suis désormais fin prêt à donner ma première présentation sur l’implantation d’un verger permaculturel, lundi prochain.
C’est toujours fou comment ça prend douze heures pour préparer une présentation qui a durera trois; le choix du contenu, les déchirements entre ce qui est le plus important et l’ordre des sujets. Et puis on change d’idée…


Faute de partager ma présentation sur mon blogue, l’exercice m’a permis de trouver plusieurs sources intéressantes et pertinentes, néanmoins souvent biaisées: soit l’approche était commerciale, soit la source venait de France ou des États-Unis.

Au final, on ne s’en sort donc pas, il faut adapter et personnaliser, ce qui fait la richesse d’une présentation, non? Sinon, à quoi bon.

Alors voilà! Je partage mes trouvailles d’intérêt sur l’établissement d’un verger:

En français:

À savoir à tout prix avant de planter ses arbres fruitiers ou Les conseils techniques de la cellule Vergers du PCDN de Viroinval

https://pnvh.files.wordpress.com/2014/09/pcdn_vergers_1asavoiravantdeplanterweb.pdf

et

Des pommes sans intrants de synthèse – magasine Farmers2Farmers (Belgique): https://fr.farmers2farmers.org/case_study/neonics-fruits-bioschuurke/

En anglais…

Small Orchard Development – Varieties and Rootstock (Extension Illinois) – https://web.extension.illinois.edu/bcjmw/downloads/57279.pdf

Income from a diverse young orchard – de C.J. Walke (Maine Organic Farmer & Garden Journal – Fall 2016: http://www.mofga.org/Publications/MaineOrganicFarmerGardener/Fall2016/FallReminders/tabid/3219/Default.aspx

Je termine avec un vidéo:

Planning and operating a mixed fruit orchard – Bob Tritten (Michigan State University): https://mediaspace.msu.edu/media/Planning+and+operating+a+mixed+fruit+orchard++April+24+2017/1_f1zcd6lt

Le sol au-delà du médium de croissance

Depuis le début de l’implantation de mon verger, j’ai souvent du être créatif afin de trouver des solutions aux problèmes qui se présentaient. Un des premiers écueil auquel j’ai du faire face, et qui en est un de taille, est par rapport au sol. J’avais toujours considéré celui-ci comme un substrat inerte, de la même façon que le terreau d’empotage d’intérieur qu’on achète dans un sac. Un simple de mélange de sable, terre, argile et humus, en diverses proportions.

C’est que lors de ma première année de culture, ma terre à bois fraichement défrichée a été grattée, ne laissant à peu près que le sable et les pierres comme support à mes fruitiers.

verger juin 2014 (le sol a été gratté et la terre de surface enlevée

Dans ma grande hâte d’obtenir vite et bien des résultats, j’ai fait un trou rempli de fumier que j’ai mélangé sommairement au sol, en conservant ma « terre » de surface à part pour refermer le tout.

Notons ici que mon site de culture est en montagne et que la couche de surface avait été complètement enlevée, ne laissant qu’une mince couche de terre sablonneuse, dépourvue de vie.

Choc d’apprentissage de culture numéro 1:  ce que j’ai planté la première année a tout juste survécu. J’ai même perdu des arbres au cours de ce processus d’apprentissage, à la dure.

Pendant ce temps, soucieux d’apprendre à cultiver mes légumes le plus naturellement possible, je m’étais acheté le livre Michael Phillips; The Holistic Orchard, dont les 18 premières pages traitent de l’écosystème du sol, ce que je trouvais curieux; pourquoi déranger le lecteur avec autant de texte sur le sol, alors que c’était un livre sur les fruitiers.

C’était ma première grande révélation: le sol est vivant. Il est un écosystème fragile et plus qu’un support, il faut le nourrir et l’entretenir. Je constatais alors qu’il y avait des écoles de pensées à ce sujet: le sol est vivant par opposition à la sol est un substrat qu’on alimente à grand coup de chimique. J’apprenais pour la première fois que la technique traditionnelle de défrichage en « grattant » les racines en retirant toute la terre de surface était peut-être efficace pour un « beau terrain » sans repousse, mais que c’était l’inverse de ce qu’il fallait faire pour un verger.

Il me fallut plusieurs années pour « reconstruire » mon sol depuis la plantation de semis de trèfle en passant par l’ajout de plantes feuillages et autres matières organiques telles que la consoude et la bourrache, de bois raméal fragmenté et de compost.

Verger avec premier semis de trèfle blanc comme couvre-sol et raifort au début, afin de reconstruire mon terreau de surface.

Pas pour rien qu’on met tant d’emphase dans les guides de culture sur l’avant-plantation! Et je le confirme; il faut au moins un an de préparation préalable du sol avant de cultiver. Et c’est encore plus important quand c’est une culture permanente!

Le sol est vivant et un arbre, ça ne prospère pas dans du sable. Si vous êtes chanceux, il va survivre, tout au plus.

Voici donc un exemple de ce que j’ai appris à faire: planter des vivaces ou annuelles dont le feuillage est riche en azote au pourtour des racines de l’arbre. On fauche quelques fois dans la saison et on laisse les résidus sur place afin d’enrichir le sol, ce qui fait une bonne source d’engrais naturel pérenne.

La base de mon pommier Priscilla à l’automne 2017 – Trèfle blanc comme couvre-sol du verger, bourrache, consoude et raifort (fauché 2-3 fois par saison) au pourtour des racines et bois raméal fragmenté à la base de l’arbre.

Sources de semence de plantes couvre-sol (au Québec)

Quelques lectures intéressantes:

D’abord, un article d’une grande dame du bio du Québec
Voir l’article Une redéfinition de la fertilité du sol, page 12 dans La Terre Nourricière #104 – 2012
http://gaiapresse.ca/images/UserFiles/File/Bio-bulle/BB104%20GP%5B1%5D.pdf

À propos de l’auteure: Céline Caron « Pionnière dans l’agriculture écologique au Québec, éducatrice et activiste environnementale avec une expertise en horticulture et arboriculture fruitière écologique »
source: https://lesjardinsdeceline.wordpress.com/les-jardins/

Un lien hyper intéressant de l’OMAFRA sur les cultures Couvre-sol « protégeant le sol contre l’érosion et en y ajoutant de la matière organique, ce qui en améliore les propriétés ».

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/covercrops.htm

Un rappel de mon billet de l’an passé sur le Daikon ou radis oléagineux: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/04/09/sol-vivant-et-permaculture-la-radis-dhiver-daikon-et-limportance-dun-bon-couvre-sol/

Le Daikon ou radis Oléagineux – comestible, mais en général on le laisse sur place et il contribuera à engraisser le sol.

Un deuxième article sur la « bonne » façon de démarrer son verger, avec une vision intéressante sur comment préparer le sol et optimiser l’espace de culture des premières années (en attenant les revenus de son verger) – en anglais:

Fall Reminders and Income from a Diverse Young Orchard par C.J. Walke (publication Maine Organic Farmer Gardener, Fall2016.

http://www.mofga.org/Publications/MaineOrganicFarmerGardener/Fall2016/FallReminders/tabid/3219/Default.aspx

Je termine avec le lien du livre et site web (forum) du Holistic Orchard (de holiste, ou « hole » comme un tout ou encore, de la culture en tant que système global) – aussi en anglais:

https://www.groworganicapples.com/organic-orchard-books/

Bonnes lectures!

Galarina, une des plus récente variété de pomme résistante à la tavelure

Êtes-vous à jour dans vos variétés résistantes à la tavelure?

Je suis tombé par hasard sur un étal de Galarina bio, produit du Québec. Étant de nature curieux, je n’ai pas pu résister et me suis attrapé quelques-unes de ces jolies petites pommes qui ressemblaient beaucoup, de par leur forme et leur taille à la Priscilla, sans en avoir la même couleur. Il s’agit donc de petites pommes sucrées d’un doré-rouge attrayant. Leur chair est croquante, aromatique avec un peu d’acidulé, mais très peu. C’est surtout le sucré qui ressort. On sent très bien la présence de la Gala, sa maman (Gala X Florina Querina).

C’est donc une jolie petite pomme, intéressante, mais reste à voir ce qu’est sa rusticité. Disons que si je mets la main sur du bois à bouturer, je l’essayerai volontiers.

À propos de la tavelure:

La tavelure, le Venturia inaequalis, c’est un champignon, qui affecte surtout les pommiers, poiriers et pruniers.

C’est que pour les producteurs, il s’agit d’un fléau; la maladie fongique rend le fruit tacheté et crevassé; si bien qu’on peut jusqu’à dire « impropre à la commercialisation ».  Car un fruit qui n’est pas parfait n’est souvent pas « vendable ».

Et pour lutter contre cette maladie, point de remède. Il faut obligatoirement appliquer des fongicides sur le feuillage et les fruits d’une bonne partie des cultivars commerciaux les plus connus, car la plupart sont très sensibles à ce champignon. On est loin du bio, bien qu’il existe quelques produits dont je parlerai plus loin.

Toutefois, depuis la découverte du pommier Floribunda résistant à la maladie dans les années 40, plusieurs programmes d’hybridation ont vu le jour. D’abord aux États-Unis; comme le programme des PRI (Purdue, Rutgers, Illinois), ensuite au Canada avec l’AAC (Agriculture et agroalimentaire Canada) à Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec, ainsi qu’en France à l’INRA(L’Institut national de la recherche agronomique) pour n’en nommer que quelques-uns. D’autres programmes existent également en Europe et ailleurs dans le monde.

Il fut un temps où il existait peu de variétés de pommes résistantes et/ou le choix était limité à quelques variétés insipides et plutôt moyennes. Mais cette époque a changé!

Des dizaines de variétés sont apparues depuis la fin des années 80, d’où l’intérêt de se tenir toujours à jour et à l’affut des nouvelles sortes de pommes disponibles.

Voici quelques nouvelles variétés de pommes résistantes à la tavelure testées au Québec:

En voici d’autres du programme PRI (pas nécessairement disponibles au Canada)

Voir leur site ici pour de nombreuses autres variétés: https://hort.purdue.edu/newcrop/pri/

Par contre, il reste beaucoup encore à faire afin de tester tous ces cultivars en milieu rustique, tel qu’en zone 3. Je teste présentement quelques cultivars en zone 3 et je confirme que pour le moment, Priscilla réussit bien, avec Liberty dont la rusticité est un peu limite.

Produits bio pour prévenir/traiter la tavelure:

Tel que mentionné précédemment, il existe quelques produits acceptés en bio afin d’aider à traiter ou du moins, contrôler la tavelure.

Pour le traitement de la Tavelure ET du Blanc:

  • La Chaux soufrée (Polysulfure de calcium 30%),
  • le Bartlett Microscopic Sulphur (Soufre 92%),
  • Le Kumulus (Soufre 80%)

Pour le tavelure seulement:

  • La Bouillie soufrée (Polysulfure de calcium 23.0%),
  • Le Buran (Poudre d’ail)
  • Le Bioprotec fongicide arbre fruitier (Poudre d’ail)
  • Le Bicarbonate de potassium (en essai par certains producteurs).

Rappelons que les deux principales manières de gérer la tavelure en bio sont en préventif, en combinaison avec un gestion serrée de l’assainissement du verger et des détritus organiques à l’automne (pour éviter la propagation du champignon).

Je vous recommande fortement ces sites pour vous tenir informés des derniers traitements disponibles et homologués au Québec:

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/organic/news/2014/2014-04a3.htm

Tiré de la page de l’OMAFRA sur l’utilisation de produits à base de cuivre:  » L’efficacité des pulvérisations de produits à base de cuivre à cette période de l’année pour réduire la propagation de l’inoculum responsable du feu bactérien provenant des chancres qui ont survécu à l’hiver a souvent fait l’objet de débats. Tout compte fait, son efficacité dépend de la façon dont les traitements sont appliqués et de la température après l’application. Le cuivre crée un milieu hostile à la surface de l’écorce et des bourgeons de l’arbre qui empêche ces organismes de s’y établir, ou de se répandre dans les fleurs avec les éclaboussures de pluie ou les insectes. Ainsi, il doit être appliqué avec de grands volumes d’eau pour assurer un recouvrement suffisant. »

Assainissement à l’automne: bien nettoyer le verger et la base des arbres en disposant (déchiqueter) des feuilles contaminées afin de réduire les sources d’inoculum/spores au printemps suivant. Des études suggèrent que la pulvérisation d’urée fonctionne, cherchez et vous trouverez.

Références:

Le CRAAQ (https://www.craaq.qc.ca/Le-CRAAQ) soit le Centre de Référence en Agriculture et Agroalimentaire du Québec

AgriRéseau  (www.agrireseau.net) ainsi que le Réseau d’avertissement phytosanitaire https://www.agrireseau.net/rap

Tiré du site: Le rap « a pour mission d’informer les producteurs et autres intervenants de l’agroalimentaire québécois sur :

  • La présence et l’évolution des ennemis des cultures dans leur région.
  • Les stratégies d’intervention les plus appropriées dans un contexte de gestion intégrée des cultures et de développement durable. »

Et enfin l’Omafra (Ministère de l’Agriculture de l’Ontario) – section traitement bio des ravageurs des pommiers

À lire sur les variétés résistantes à la tavelure:

au Québec: http://cyberfruit.info/apple/releasedselections.asp

sur le site d’Agriculture Ontario (Omafra): http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/scabresist.htm

à l’INRA: http://www.angers-nantes.inra.fr/Toutes-les-actualites/1979-2005-creation-Ariane :

« Au fil des croisements, les chercheurs de l’Inra ont sélectionné avec des pépiniéristes de nouvelles variétés de pommes à couteau moins sensibles : Florina® Querina, Ariane®, Antarès® Dalinbel, Choupette® Dalinette, Story® Inored. Des pommes à jus et à cidre ont été également sélectionnées pour leur moindre sensibilité aux maladies : Judaine®, Judeline®, Chanteline®, Douce de l’Avent et Fréquinette. »

Les PRI des États-Unis: https://hort.purdue.edu/newcrop/pri/

Connaissez-vous la poire tapée?

En ce matin de tempête de neige sur le Québec, je vous partage un vidéo sur la poire tapée de Rivarennes, dans le département de l’Indre du Centre-Val de Loire (en France).
Ça donne envie de lancer une nouvelle tradition de conservation et consommation de poires séchées de chez nous, au Québec.
J’ai déjà envie de me bidouiller un aplatissoir. Bon visionnement!

l’hiver, la saison du shopping – ou comment bien choisir son fruitier

Ça y est! L’hiver et la neige sont arrivés et seront avec nous pour quelques mois.
C’est la saison idéale pour les lectures et surtout, pour le magasinage de nouveaux fruitiers, soit comme nouveaux arbres, soit comme remplacement.

Après quelques essais et erreurs, je me permets de partager quelques critères essentiels à la sélection du bon arbre fruitier. C’est que pour l’avoir vécu, dans notre engouement initial, nous sommes souvent portés à nous laisser séduire au printemps par des coups de cœur en pépinière: des beaux arbres souvent en fleur, dont les branches sont bien formées et qui semblent prêts à produire en un rien de temps.

Par contre, qui n’a pas vécu la triste expérience de voir son arbre tomber malade ou pire encore, mourir gelé au premier hiver venu? Alors au-delà du magasinage, il faut aussi en profiter pour faire un minimum de réflexion sur les achats à venir, ce qui vous évitera bien des déceptions et pertes de temps et d’argent.

Liste des critères essentiels à considérer

pour le choix d’un BON cultivar pour vous!

  1. La rusticité
  2. La résistance aux maladies – et insectes*
  3. Le fruit obtenu (saveur et utilisation).
  4. La saison de fructification
  5. Le temps de conservation
  6. Le bon porte-greffe
  7. La quantité de fruits désirés

Préalable: Avant tout, bien choisir le site, avec un bon sol et un bon ensoleillement et humidité suffisante. Sans élaborer davantage sur ces points, je reviens sur mes critères essentiels que je détaille un peu davantage.

1- La rusticité: la plante doit être rustique selon votre zone de culture, et idéalement, choisir quelque chose une zone en dessous. Par exemple, si vous êtes en zone 4 à Québec, pour être certain qu’un hiver exceptionnellement froid ne vienne pas à bout de vos arbres, il est plus sûr de planter un arbre qui résistera jusqu’en zone 3.

Voir la carte suivante: http://www.planthardiness.gc.ca/index.pl?lang=fr

Les zones de rusticité approximatives au Québec

2- La résistance aux maladies – et insectes*: pour moi, ce critère arrive en second, car je crois à l’agriculture biologique, donc avec un minimum de pulvérisation possible et d’intrants chimiques. Les résistances aux maladies les plus courantes et essentielles, selon moi, sont la tavelure (bien que ce problème soit surtout esthétique) ensuite au feu bactérien. Sachez que pour ce qui est des insectes, il n’existe pas de fruits « résistants »*. Les populations d’insectes devront nécessairement être contrôlées, tout comme les animaux sauvages. La résistance à la sécheresse peut aussi être un critère important, mais surtout pour les francs ou sinon pour le porte-greffe, selon le site de culture choisi.

* Je nuance ici mon point de vue sur la résistances aux insectes: il existe effectivement des variétés de fruitiers, dont de pommes, qui sont plus résistantes – ou moins sensibles – aux carpocapses, aux tétranyques par exemple, tout comme certaines variétés de poires sont plus résistantes aux psylles, aux tenthrède limace ou aux carpocapses. Par contre, au final, je ne pense pas qu’une variété fruitières peut être vraiment considérée immunisée. Il va toujours falloir surveiller les populations d’insectes ou prédateurs, du moins un peu. C’est davantage comme ça que je le vois. Par contre pour l’avoir vécu avec les cassis Ben Conan par exemple avec les tétranyques, certaines variété sont carrément sensible aux insectes et sont alors à éviter.

3- La saveur du fruit: à quoi bon faire pousser un arbre complet d’un fruit qu’on n’aime pas et surtout, dont l’usage ne nous intéresse pas. J’ai vu des gens avec un pommier Lodi (pomme verte à tarte) sur leur terrain dont tous les fruits tombaient au sol dans le plus grand désintérêt total. Ne pas oublier qu’en automne, un arbre produira une grande quantité de fruits. À moins d’avoir une variété de longue conservation et un entrepôt réfrigérées, les pommes seront toutes prêtes en même temps et il faudra gérer cette grande quantité de fruits et surtout, avoir envie de les manger ou le temps et l’envie de les transformer. N’oubliez pas! Un fruit réfrigéré se conservera toujours beaucoup plus longtemps qu’un fruit à température pièce.

4- La saison de fructification: si vous plantez plusieurs pommiers, poiriers ou pruniers, la saison de fructification est un élément important à considérer puisqu’il permet de mieux répartir la production, de la fin de l’été à la fin de l’automne. Si on ne peut avoir que trois pommiers, mieux vaut planter une variété hâtive, de mi-saison, puis tardive. Ceci permet de répartir la production et de pouvoir profiter de pommes plus longtemps, sur une période de trois à quatre mois, voir jusqu’à l’hiver.

5- La période de conservation: cet élément est ici crucial quand on veut avoir le temps de profiter de sa production plus longtemps. Certaines pommes se conservent au plus une semaine, alors que pour d’autres, c’est plusieurs mois. C’est donc un élément très important quand vient le temps de choisir ses variétés.

Le fidèle Norland, à Petit-Saguenay. Bien que sa production soit plutôt biennale, il produit tout de même une quantité phénoménale de pommes qui doivent être mangées, au mieux, en dedans d’un mois.

6- Le bon porte-greffe: cet élément est vital. J’en ai déjà plusieurs fois parlé, mais le choix du bon porte-greffe est essentiel au succès de la bonne croissance de votre arbre. Je ne stresserai jamais assez l’importance de tout d’abord savoir quel est le porte-greffe utilisé pour votre plante; sa vigueur, sa résistance à la sécheresse et aux maladies, la taille (grandeur) qu’il confère. Obtiendrez-vous un arbre de 10 mètres ou de 2 mètres? Une fois le bon porte-greffe trouvé, mieux vaut acheter un petit arbre d’un an ou deux, greffé sur le porte-greffe choisi que de perdre 5 ans à cultiver un arbre qui ne réussira jamais bien, sinon mourra lors d’un hiver plus froid ou lors d’une soudaine éruption de maladie au verger.

7- La quantité de fruits désirée: si vous êtes une personne seule ou que vous êtes deux, combien de fruits pouvez-vous manger ou transformer en une année? Selon le document suivant d’agriréseau, un pommier planté en moyenne densité, soit avec une distance de 12 3,64 m (ou 12 pieds) finira par produire annuellement jusqu’à 65 kg de pommes annuellement, quoique certaines variétés de fruitiers ont tendance à plutôt produire davantage aux deux ans. N’oubliez pas que la météo (printemps pluvieux, gel) peut carrément empêcher la production entière d’une variété X ou d’un type d’arbre ciblé. Au-delà de la quantité, la diversité ne peut être qu’un gage de réussite. Et si vous ne voulez pas planter douze arbres (3 pommiers, 3 poiriers, 3 pruniers, 3 cerisiers), pensez aux greffes! Un seul pommier peut très bien être greffé avec plusieurs variétés sur un seul arbre afin d’optimiser l’espace disponible.

Quelques références:

L’étude de rendement par type de densité de plantation d’agriréseau: https://www.agrireseau.net/reseaupommier/documents/Profitabilit%C3%A9%20selon%20la%20densit%C3%A9%20de%20plantation.pdf

Tableau des variétés recommandées pour la culture en Alaska (APFGA) avec différentes critères, comme la résistance au froid (hardiness) : http://www.apfga.org/fruit_varieties/

Publication sur les cultivars résistants à la tavelure et aux maladies pour l’Ontario (attention à la résistance au froid): http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/scabresist.htm