Pêches et prunier nain des sables (Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi)

Connaissez-vous le prunier nain des sables de l’Ouest, communément appelé le Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi?

prunus pumila var besseyi source: USDA-NRCS PLANTS Database / Herman, D.E., et al. 1996. North Dakota tree handbook. USDA NRCS ND State Soil Conservation Committee; NDSU Extension and Western Area Power Administration, Bismarck.

Le fruit du prunier des sables. Source: http://www.ontariowildflower.com/shrub.htm#sandcherry

Le prunier des sables est, soit dit en passant, le père des chums – ou la mère c’est selon – des prunes-cerises ou cherry-plums.
Le prunus besseyi est un petit cerisier rampant natif des prairies. Il résiste très bien à des températures extrêmes (au froid) et son port est est nain et buissonnant. Il se multiplie naturellement en rampant et drageonnant. Son fruit ressemble aux cerises à grappes (prunus virginiana), alors que la plante est en fait davantage apparentée… aux pruniers!
Son petit fruit astringent a un goût aigrelet, sucré et astringent qu’on peut qualifier de plutôt moyen au niveau gustatif. Il s’utilise surtout en cuisson (compote, confitures et jus).

Toutefois, en plus d’être hyper rustique et de servir de porte-greffe à affranchir pour les pruniers et abricots, la plante possède une autre aptitude particulièrement intéressante: elle s’hybride avec à peu près tout les prunus: avec les pruniers (p. salicina, domestica, americana, nigra), les abricots (p. armeniaca), les ragouminiers (cerisiers de nanking p. tomentosa) et même avec les pêches (p. persica) – quoique dans ce cas, les plants ainsi obtenus sont infertiles.

Et enfin, c’est surtout le pollinisateur idéal pour tous ceux qui veulent faire fructifier leur chum (cherry-plum). C’est que les cultivars disponibles sont presque tous originaires de croisements de deuxième génération; et selon ce que j’ai lu, la plupart de ceux de la première génération (prune des sable x pruniers) ne donnent pas des fruits extraordinaires. Alors tant qu’à avoir de la pollinisation, aussi bien y aller avec la variété pure.

Voici quelques documents sur les variétés de Chum, dont celles de premières génération:

À propos de Sapa – un cultivar de 1ère génération (p. besseyi x Sultan): https://archive.org/stream/cultureduprunier45maco/cultureduprunier45maco_djvu.txt

À propos de cultivars  de 2e génération, soit issus de croisement avec Sapa (Dura et Manor): http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/agr/A53-1866-1991-fra.pdf

Et un dernier lien listant différents hybrides de première génération avec le prunus besseyi produits par l’Université du Minnesota dans les années 1960. Il faut faire une recherche dans le document par mot clé « besseyi » afin d’y trouver les variétés de p. besseyi croisées avec autre chose. Leurs recherches ont produit des cultivars peu connus dont plusiers n’ont jamais connu la popularité, excepté peut-être pour Convoy, qui est un hybride d’origine Canadienne de toute façon (du Manitoba). Vous remarquerez les commentaires sur les qualités des hybrides en question, sous « Flavor ». On note du bitter (amer), poor (ordinaire), disagreable (désagréable), nearly sweet (presque sucré)…

Le lien: PRUNUS HYBRIDS, SELECTIONS AND CULTIVARS, AT THE UNIVERSITY OF MINNESOTA FRUIT BREEDING FARM – 1967

L’intérêt des pruniers besseyi comme porte-greffes (incluant les pêches et abricots):

Même en étant pas nécessairement les meilleurs fruits pour la consommation, les pruniers des sables ont l’avantage de s’hybride avec un peu tout et comme je l’avais mentionné dans un autre article sur les portes-greffes, plusieurs cultivars issus de croisements avec le p. besseyi font d’excellent porte-greffe.
Mon billet précédent sur les portes-greffe nanisant pour les pêches: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/10/24/porte-greffe-rustique-et-nanisant-pour-les-peches/
Et ma grande découverte en lisant ce document, c’est que le p. besseyi se croise avec le pêcher et bien que les hybrides qui en résultent sont infertiles, ils font de très bons PG rustiques et nanisant pour les pêches.

Semis de pêche 2017

Et en parlant de pêche, j’ai craqué. Et de un, j’ai à nouveau fait germé un noyau, cette fois de pêche jaune du Chili. C’est une variété inconnue, mais peu importe. Depuis qu’un contact de Port-Rouge m’a annoncé que lui aussi avait réussi à conserver des pêcher plusieurs années en les couchant et en laissant la neige les protéger, il fallait que je l’essaie à mon tour.

Mon nouveau semis de pêche 2017:

Et en plus, je me suis commandé un plant de pêches plates (p. persica Saturn) greffé sur un p. persica Lovell (un nouveau cultivar utilisé comme porte-greffe de pêcher; Lovell serait mieux que la variété de pêcher Bailey).

J’ai l’intention de le planter à mon terrain en lui faisant un girdling (légère entaille circulaire du cambium, petite annélation) afin de favoriser au moins une repousse du PG lovell. C’est dans le but d’en obtenir une repousse/branche, dont je pourrai greffer quelques yeux (avec mon semis et mon saturn) en août sur un prunus Convoy, au cas ou mon plant de pêcher gèlerait. Par contre, j’avoue qu’avec la quantité hallucinante de neige qui a tombé encore cette année sur mon terrain (plus de 2m de neige), je crois que le pêcher sera sauf. D’autant plus que j’ai réussi à hiverner depuis maintenant deux ans un figuier Marseille Black!

Et pour ce qui est du goût de Lovell, j’ai lu sur le forum Houzz (nouveau Gardenweb) ici que quelqu’un avait laissé fructifier son PG Lovell et que le fruit goutait l’abricot, ce qui pas mal mieux que ce que j’ai lu et entendu dire à propos des fruits du PG Bailey qui apparemment, ne sont pas bons du tout. Tout juste utilisable en cuisson.

Commande de Boughen Nurseries

Et sinon, je me suis aussi commandé (naturellement) un prunier besseyi pur, ainsi qu’un Sapa, le chum de première génération dont je parlais plus haut. Ils arrivent en autobus de la pépinère Boughen Nurseries, de Nipawen en Saskatchewan. Je ne sais pas encore comment ça va me coûter, c’est une surprise – en espérant qu’elle ne soit pas trop mauvaise. Je n’en ai commandé qu’un seul (p. besseyi), comme ça, mes fruits obtenus seront nécessairement des hybrides, si jamais l’envie me prend d’essayer des semis. Car dans ce cas précis, je sais pertinemment que les chances sont minces d’arriver à quelque chose de bien. Au mieux comestible, au pire j’obtiendrai des spécimens de collection/curiosités.

J’aimerais bien un hybride tomentosa x besseyi (on le trouve parfois vendus sous le nom de black tomentosa ou black nanking). C’est plus rustique que du tomentosa pur et c’est fort joli. Est-ce que ça goute bon? Reste à voir.

Photo publiée par l’utilsateur Intotheark sur le forum Houzz – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

En haut, le fruit du Black Nanking (besseyi x tomentosa). Le fruit y est décrit comme un peu plus gros que du besseyi avec la chair plus foncée sans trop de détails sur le gout. Source forum Houzz: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

Description de Sapa (tiré de Culture du Prunier et Variétés recommandées pour les différentes parties du Canada avec leur description, 1925).

Sapa (prunus Besseyi x Sultan – domestica) Fruit 1″ x 1″ pruine bleuâtre, mince; peau mince, modérément coriace; chair de couleur pourpre foncé, très juteuse; noyau de grosseur moyenne, ovale, adhérent; saveur nettement acidulé, piquante, acide près de la peau, légèrement astringente; qualité surmoyenne. A beaucoup de la saveur des meilleures cerises des sables mais est plus grosse.

Et… j’ai tout de même fait pousser un semis de croisement entre deux Chum: Opata/Kappa (nom incertain) x Convoy. Je me risque tout de même avec celui-là, mais avec un seul, des fois que j’obtiendrais quelque chose d’intéressant. Stratification humide 3 mois au frigo avant que les noyaux ne s’entrouvrent. J’en ai ensuite semé plusieurs et c’est celui-là qui a poussé.

Mon semis de Chum X 2017

Les chromosomes et l’hybridation; tentative d’explication en toute humilité…

La plupart des variétés sauvages de pruniers sont des diploïdes (2n=16) et j’avais lu que ce serait le cas pour le besseyi. En gros, lors de la pollinisation, si les chromosomes des deux parents (ovaire et pollen) ne se divisent pas par deux à la méiose (division initiale après la fécondation), les gènes s’additionnent lorsqu’il y a tout de même compatibilité.

Prenons le cas d’un des premier cultivar/ancêtre de plusieurs variétés de chum, soit le Sapa. Il s’agit d’un semis de Sultan x besseyi. Le p. domestica est supposé être un hexaploide naturel (2n=48). Ce qui fait que Sapa serait donc un polyploide (tetrahexacontaploide) avec Besseyi (2n=16) + p.domestica (2n=48) qui donnerait une ploïdie de (2n=64) à la première génération d’hybride. Et si on considère que Sapa est le parent de plusieurs autres croisements, ça expliquerait le faible taux de compatibilité!

Je m’explique avec un deuxième exemple: si à la deuxième génération de croisement avec un autre Chum de 2n=16 (dans le meilleur des cas), on aurait Sapa (2n=64) + ChumX (2n=16) qui se divise, donc on reste avec un (2n=64). Par contre, si on a un Chum de (2n=48) + (2n=64), on aurait alors un (2n =112) – du moins je crois et si c’est seulement possible. Car éventuellement, la pollinisation ne se fait plus, c’est pour ça que les croisements inter-espèces a ses limites.

Enfin, je ne suis pas expert en la matière et j’arrête tout de suite mes tentatives d’explications. Ce dont il faut se souvenir, c’est que les variétés sauvages sont en général davantage compatibles avec les hybrides pour la pollinisation. C’est encore plus vrai avec le prunus besseyi, qui se croise avec presque tout.

Sur la ploïdie dans Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Plo%C3%AFdie

Et sur la ploïdie des pruniers (voir dans la section « origine biologique »): https://fr.wikipedia.org/wiki/Prunier

Mot de la fin

Je termine avec un document d’archive qui est une mine d’or de recherche du siècle dernier sur le prunier des sables. Des milliers de semis et cultivars, croisements, greffage, hybridation ont été effectués à divers endroits, mais plus particulièrement à la college de recherche et d’expérimentation du Dakota du Sud. Ces travaux ont été supervisés par le célèbre N. E Hansen, un horticulteur célèbre pour ses travaux sur les fruitiers rustiques, ainsi que sur l’hybridation des pruniers, de la luzerne, des pommes rouges (même s’il a été battu en vitesse par Albert Etter sur ce point) et enfin, directeur du South Dakota Experiment Station à Brookings à partir de 1895. Oui, ça fait plus d’un siècle déjà.

Le document est en ligne et accessible à tous ici:

http://openprairie.sdstate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1086&context=agexperimentsta_bulletins

Germination d’akène de fraise ; ce faux-fruit-réceptacle charnu

Ça fait drôle à dire, mais quand on mange une fraise, on mange un faux-fruit.
Le vrai fruit est en fait l’akène, les petites graines réparties tout le tour de celle-ci, et dont on ne se soucie pas trop.
C’est que l’été dernier, Pascal a acheté un panier de fraises Cabot, une relativement nouvelle variété de fraises de saison GÉANTES!

La Cabot, une fraise naturellement géante et… contre toute attente, savoureuse!

J’avoue j’étais sceptique: des fraises géantes, pour moi, c’est synonyme de « boost » aux hormones et ça n’a rien de naturel. Pourtant, dans ce cas précis, ces fraises sont naturellement géantes lorsque cultivées en champ. Les plants produisent des monstres, voilà tout. Et en plus, elles ont bon gout!

Les Cabot nous ont tellement surpris, que je me suis laissé convaincre d’en récupérer des graines (des akènes) et d’essayer d’en faire pousser.

Car, mettons une chose au clair, la fraise, ce n’est pas un fruit. La fraise est « un réceptacle charnu sur lequel sont disposés régulièrement des akènes » (source Wikipédia), qui sont, eux, les vrais fruits d’un fraisier. Et c’est justement ça qu’il faut récupérer et stratifier au frigo si on veut faire pousser quelque chose (sinon ça marche peut-être quand même, mais le traitement augmente nos chances).

Gros plan sur les akènes d’une fraise, les vrais fruits (les graines). Source: wikipédia, par Scott Bauer de United States Department of Agriculture

Disons tout de même que j’étais un peu dubitatif et je ne pensais pas obtenir des résultats intéressants avec des graines de fraises du marché, dont la pollinisation est ouverte (parent inconnu). Mais ça, c’était avant de creuser un peu plus et avant de découvrir l’histoire de ce nouveau cultivar.

Cabot a été développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Kentville, en Nouvelle-Écosse et introduit commercialement en 1998. D’ailleurs, le brevet de Cabot arrivait justement à échéance en 2016.

La variété donc, est issue de croisements complexes, cherchant à combiner fermeté (K86-19), grosseur de fruit (K87-5) et résistance au stèle rouge du fraiser (Phytophthora fragariae), un champignon qui infecte les plants jusqu’à les tuer. Ceux-ci se flétrissent et produisent alors pas ou peu de fruits.

J’étais donc très content d’apprendre que la variété était résistante à cette maladie! Un plus, donc, pour mon expérience. Les fruits de Cabot sont tellement gros, que peu importe le résultat; si mes graines sont croisées avec un autre cultivar commercial, j’ai de fortes chances d’avoir de gros fruits. Alors que s’ils sont croisés avec des fraisiers sauvages, même à 50% de 20 grammes en moyenne, j’ai des fruits de 10 grammes, potentiellement hyperparfumées et savoureux, sans compter 10 x plus rustiques et résistants. En gros, que du bon.

Déjà 5 petits plants de Cabot X. Et… probablement plusieurs autres à venir! (après 3 mois de stratification froide)

L’hybridation et la culture de nouveaux cultivars de petits fruits n’étaient peut-être pas dans mes projets, mais en termes de résultats, c’est tout de même beaucoup plus gratifiant, car rapide à fructifier qu’avec le croisement des poiriers.

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Mes semis de Cabot en date du 9 avril 2017

Pour en savoir plus sur le cultivar Cabot:

http://hortsci.ashspublications.org/content/39/7/1778.full.pdf

Sur la stèle rouge du fraisier:

http://www.omafra.gov.on.ca/IPM/french/strawberries/diseases-and-disorders/red-stele.html

https://www.agrireseau.net/lab/documents/Phytophthora%20petits%20fruits%20E.pdf

Conférence de novembre sur l’art de la greffe est en ligne!

Vous avez manqué la conférence sur la greffe en milieu rustique du début novembre dernier à l’Université Laval?

Que cela ne tienne, les gentils bénévoles et organisateurs de VIA Agro Écologie l’ont filmée et le tout est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=BY_fmK5xLNI

Sans prétendre à la science infuse, ni à la vérité absolue, le tout se voulait une conférence présentant le résultat de mes recherches et expérimentations à ce jour. Quand on parle en « Je » et de ses expériences personnelles, d’habitude, c’est difficile de se tromper.

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En gros, j’y présente mon projet de permaculture en zone 3, au Saguenay. J’y aborde les variétés de fruitiers rustiques, les greffes (greffons et porte-greffes) ,et surtout, j’y partage mes sources à ce jour (végétales et bibliographiques).

Bon visionnement! 🙂

 

Popote avec les coings japonais – chaenomeless japonica

Première récolte de coings japonais cette année; deux gros sacs de fruits entre 2-5 cm, une production intéressante pour une plante qui ne demande que très peu de soins.
J’avais écrit un article sur ces plantes l’année dernière ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2014/12/21/culture-de-coing-rustiques-et-chaenomeles-coings-japonais/

Les miens proviennent tous de semis récupérés d’un ami, soit d’un plant de « Knapp hill scarlet » qui pousse à Québec.

Au début, j’avais plus de 50 semis; j’en ai conservé une trentaine. Je les ai plantés au pied de mes fruitiers, répartis dans le verger.  Je n’avais pas trop d’attente, étant donné que ces plantes sont supposées être zoné 5. Toutefois, puisque ce sont des arbustes buissonnants qui restent près du sol, la couverture de neige abondante du Saguenay joue en ma faveur. Ça valait donc la peine d’essayer cette plante exotique prometteuse; je savais que son fruit, bien qu’amer, était comestible.

Suite à un hiver avec beaucoup de neige, les plants avaient bien hiverné. Voici de quoi ils avaient l’air en juin dernier. La floraison était magnifique et déjà un succès.

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Et effectivement, plus la saison avançait, et plus je savais que j’aurais droit à une bonne récolte.

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Avant de les récolter, j’avais fait quelques recherches sur Internet et je suis tombé sur ce document très intéressant:

Il s’agit d’une recherche produite par des chercheurs en Espagne et en Suède, sur l’utilisation et la transformation du coing japonais. On y explore les différentes avenues possibles, soit: le jus, les conserves, le sirop, la confiserie, le purée et gelée et même des produits de transformation aussi étonnants que de la crème glacée, du yogourt et dans du pain!

De plus, le fruit est très riche en pectine et possède un arôme extraordinaire; un parfum presque d’agrume, agréable et exotique, qui ajoute à toute confiture ou purée de pomme, poire ou prune.

Voici donc ma récolte 2016! Deux gros sacs d’épicerie, soit beaucoup plus que j’en avais besoin pour une première expérience. J’ai donc fait quelques heureux. Pour les utiliser, il suffit de les couper en deux et d’enlever les pépins. On cuisine tout le reste.

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Mes deux expériences de popote:

1.avec une compote de prunes:

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Le fruit n’est pas très gros, mais quand on sait qu’il suffit d’enlever les graines, c’est moins long à préparer que des pommes ou poires.

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Ma préparation de purée de prunes, avant macération de 12 heures avec du sucre. Miam!

2. en gelée, ça prend beaucoup de sucre. C’est très parfumé! hummm!

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Mise en garde: attention, sachez tout de même que la plante n’est pas parfaite. Certains la déteste, parce que une fois implantée, elle peut être difficile à contrôler et a tendance à envahir. Aussi, la plupart des semis de chaenomeles donneront des plants épineux. Pour un cultivar sans épines, mieux vaut se le procurer ou le cloner. Et pour une bonne pollinisation/fructification, il faut deux variétés différentes. Les chaenomeles ne sont pas auto-fertiles. Dans mon cas, j’ai dû porter des gants lors de la récolte de mes fruits.

Enfin, côté rusticité, la plante survivra à un hiver très froid (au-delà de -25’C) sans neige, mais les boutons floraux sont sensibles aux grands froids. Alors mieux vaut laisser vos branches près du sol et s’assurer que les plants soient bien cachés par la neige pour obtenir des fleurs/fruits.

Autre défaut, les plants produisent des fleurs sur le bois de deux ans, donc les fleurs ne seront pas réparties uniformément sur le plant.

Gare aux épines! Mes semis en possèdent tous. Toutefois, il existe des cultivars sans épines. J’ai présentement le cultivar Yukigoten à l’essai aux fleurs blanches doubles et… sans épines!

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Je termine avec une dernière photo de mes chaenomeles X en fleur, en juin dernier. Bon automne!

Le temps fort des récoltes et des marchés publics

C’est la saison des récoltes! Je suis passé à mon terrain la fin de semaine dernière et suis revenu avec des caisses de tomates, courges, patates, haricots et quelques fruits de chez mon père, mes arbres n’étant pas encore assez gros pour produire.

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Les récoltes 2016: courges zucchini, spaghetti, butternut et hybrides inattendus.

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Récoltes 2016

En plus, j’ai mis la main sur quelques kiwis pas encore murs (mes kolomiktas). Cette année, je voulais les cueillir avant maturité et les laisser finir de mûrir à l’intérieur, car j’avais lu que ça fonctionnait bien.

Et bien, réussite! C’est effectivement ce qu’il faut faire. C’est donc dire que mes kiwis sont donc assez rustiques et mûrissent suffisamment pour être cultivés au Saguenay! Succès! 🙂 Je les avais complètement négligés cette année (aucune taille) et ceux-ci n’ont donc presque rien produit. Toutefois, ce revirement positif est tout ce qu’il me fallait pour me redonner espoir. Je retournerai faire mes devoirs en termes de lecture pour revoir les techniques de taille et espérer une belle production en septembre 2017.

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Une baie de kiwi poussée à Petit-Saguenay! 🙂 Le secret, on le récolte encore ferme et on le laisse finir de mûrir à l’intérieur. Il est prêt lorsqu’il ramollit légèrement. Variété: Actinidia Kolomikta X

Et malgré tout ça, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire une saucette au marché public du Vieux-Port, à deux pas de chez nous. C’est le temps de l’année ou l’on peut profiter des récoltes des autres, aux marchés publics locaux; des produits frais cultivés près de chez nous  qui demandent moins d’essence pour le transport, donc on laisse une meilleure empreinte écologique. Et surtout, enfin la chance d’avoir des produits différents de ce qui est vendu le reste de l’année à l’épicerie. Ça, c’est précieux!
Pas plus tard qu’hier, j’ai justement mis la main sur du melon d’eau (variété inconnue), des poires locales sans nom, ainsi que sur des pommes Duchesse et des Zestar!® 🙂 Miam!

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Un melon d’eau cultivé à Québec de variété inconnue. Devinez qui a ramassé des graines?

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Une nouvelle pomme à découvrir, Zestar!® de l’Université du Minnesota

Zestar!® a été développée par l’Université du Minnesota, mieux connue pour ses variétés Honeycrisp, Haralson et Sweet 16. Zestar!® a été introduite en 1999 et est le fruit d’un croisement entre State Fair et MN 1691. State Fair est une pomme hâtive, un peu plus « surette », ce qui a certainement joué un rôle dans le gout de Zestar!®; juteux et croquant d’un sucré amer très bien balancé. D’où son nom de « Zest- star » 😉 Lorsque j’ai mangé ma première pomme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en prendre une deuxième.

À propos de la pomme Zestar!® – http://mnhardy.umn.edu/varieties/fruit/apples/zestar

J’en profite pour partager un épisode de l’émission l’Épicerie qui vous parle de la vie/réalité de ces petits producteurs de nos marchés publics.

Bonnes découvertes!

2016-09-07_19_30_00_epi_0715_01_01http://ici.radio-canada.ca/tele/l-epicerie/2015-2016/segments/reportage/8584/marches-publics-producteurs

Muroise X – résultats et bilan

Dans mon article du 8 juillet 2015, je vous parlais des muroises, ce croisement entre des mûres du pacifique et des framboises qu’on appelle aussi loganberry ou tayberry en anglais, selon les croisements.

Ça y est, mes semis de deuxième génération (des Muroises ) ont enfin produit! Je vous présente donc un petit bilan des résultats de mon expérience.

D’abord, oui, les plants ont produit des fruits. Enfin! Dans mon cas, puisqu’il s’agit de graines dont j’ignore le géniteur, c’est à dire le pollen qui a servi à créer les graines dont provenaient le fruit, il était prévisible que le fruit soit autre chose que celui du parent.

Et bien il semblerait que le pollen provenait de mûres-ronces. C’est que le résultat a donné une variété de mûre rampante, épineuse mais pas autant que les framboises noires ni les mûres, et dont la production s’étire sur pas mal tout le mois d’août.

Je vous présente muroise X:

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Les fruits de mes muroises X – issues de semis de Muroises en pollinisation ouverte (pollen de source inconnu).

Les fruits de la muroise X sont plutôt petits, au goût acidulé et se rapprochant davantage d’une mûre mais de couleur un peu plus mat. Le fruit se détache plus ou moins bien et à tendance à se briser. De plus, le fruit possède un teinte assez foncée qui colore les doigts. Il s’agit donc d’un fruit beaucoup plus intéressant pour la transformation que pour la vente en frais.

Au final, je me demandais si j’avais envie de garder les plants, mais étant donné que la production est échelonnée sur tout le mois d’août, je pense que ça demeure quand même un petit-fruit intéressant comme complément à mes autres productions.

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Dans mon bol, on voit ici des framboises d’automne en dessous, et des mûres sauvages et des muroises X sur le dessus. Les muroises X sont celles dont la couleur est davantage bleutée et matte.

Pour ma part, j’ai choisi de les manger en purée non-cuite, c’est à dire les fruits légèrement écrasés avec un peu de sucre. J’ai mélangé les framboises, mûres et muroises X et le tout a donné un résultat avec un excellent goût et de couleur fort jolie.

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purée de framboises, mûres et muroises X non-cuite, avec un peu de sucre ajouté. À conserver au congélateur et pour consommation rapide mais contrairement aux cuissons, cette recette permets de garder les arômes, couleurs et parfums des petits-fruits comme si ceux-ci venaient juste d’être cueillis.

Notre installation pour faire pousser les muroises X:

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Tout d’abord, deux bons poteaux de cèdres, avec une traverse en bois, traité à l’huile de lin. J’ai aussi installé un géotextile de chaque côté du rang, afin de plus facilement récupérer et attacher mes muroises X rampantes au printemps. Les garder au sol les protègent du gel.

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Nous avons utilisé un fil de fer ainsi qu’un tendeur à deux yeux pour la partie du haut (à environ 5 pieds) tandis que pour la partie du bas n’as été entourée que d’un fil de nylon. Les fruits étaient supposées pendre des branches de l’année précédente, mais ceux-ci ont plutôt été produits près de la base des plants.

Quelques photos supplémentaires de la floraison et la fructification de mes muroises X:

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PS: Et si malgré les points négatifs mentionnés plus haut, quelqu’un(e) serait intéressé(e) à s’essayer à la culture des muroises X, me contacter en privé. Il me reste une bonne quantité de graines provenant du croisement initial sinon je pourrais aussi partager/propager des boutures de mes plants. Je déconseille les semis de graines de mes fruits de Muroises X, puisque ceux-ci donneraient nécessairement à leur tour autre chose (croisement avec des framboises? qui sait).

Bonnes récoltes!

Le temps des fraises et autres primeurs au verger

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Petites fraises sauvages versus fraises cultivées

Ça y est, la saison est lancée avec les fraises. Miam miam. Même si je ne suis pas adepte de la récolte des fraises sauvages, il y en avait tellement cette année que je n’ai pas pu résister.

Ma première expérience de culture des cerises de terre du pérou (ou coqueret du pérou/physalis peruviana) est concluante. Alors que nous sommes début juillet et qu’il reste encore deux-trois mois de culture devant nous, mes plants même semés tardivement en mi-mai sont déjà en fleur!

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Mes plants de physalis peruviana sont déjà en fleur! Ça augure bien.

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Sinon, j’étais vraiment content de mes petites plantations de cette année. D’abord, mes greffes se portent bien, j’ai plusieurs arbres qui commencent enfin à ressembler à quelque chose; à s’élever plus haut qu’un mètre et à commencer à faire des branches. Et surtout, j’étais vraiment content de plusieurs petites primeurs. D’abord, ma première prune!

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Prunus Opata

Il s’agit d’une prune cerise (chum) Opata. Je n’en ai qu’une seule, mais c’est un début!

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fruits d’aronia

Aussi, j’ai mon aronia (parti d’un semis) qui produit pour la première fois. Je n’ai pas beaucoup d’attente au niveau gustatif, mais tout de même, c’est chouette! 🙂

Ensuite, y’a les mûroises qui fleurissent enfin! Par contre, nous avons travaillé fort pour les attacher et leur construire un support permanent et pour l’instant, le succès est mitigé. Les plants tendent à fleurir près de la base plutôt qu’en hauteur. À suivre…

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Notre plantation de mûroises attachées sur un support pour aider à la récolte de fruits.

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Les muroises en fleur! Certains plants font des fleurs doubles.

Un autre beau succès est les mûres-ronces de St-Tite en Mauricie. J’avais deux plants côte à côte de mûres, dont une variété sans épines et celle de St-Tite. Ce printemps, et malgré un hiver plutôt doux. la variété sans épines avait presque complètement gelé. La sauvage de St-Tite, elle, bourgeonnait jusqu’en haut des rameaux sans aucun signe de gel. J’aurai une superbe production cette année. Et pour ce qui est de l’autre variété, je m’en suis débarrassé.

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Les plants de mûres sauvages de St-Tite, très vigoureux!

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Les jeunes fruits de mûres-ronces en cours de formation

Encore une autre première, mes premières pommes à partir de mes greffes! J’ai trois variété de pommes greffées qui ont fleuri, dont deux qui ont fructifié! C’est très satisfaisant de pouvoir récolter le fruit de son labeur. 😉

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Mes premières pommes Liberty, greffées sur un pommetier de type Selkirk

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Première pommette X

Encore une première, cette fois, la production de ma première pommette à partir d’un arbre planté à graine sur mon terrain.

Et encore une autre belle surprise cette fois, des fleurs sur mon framboisier semé à graine l’an dernier. J’avais stratifié les graines à l’automne 2014, puis semé tôt au printemps 2015. La petite tige résultante était suffisamment poussée pour me produire trois branches adultes qui fleurissent! C’est vraiment excitant, d’autant plus que c’était des graines de framboises pourpres vraiment délicieuses que je crois être des Royalty. À suivre donc.

IMG_8696 framboisier Royalty X

fleurs sur mon framboisier Royalty X (framboises pourpres)

Et ma dernière nouveauté – et non la moindre -, j’ai cinq nèfles en route! J’étais hyper déçu d’avoir manqué leur floraison, celle-ci est survenue pendant mon absence.

Dans mon cas, j’ai quelques plants de néflier d’abord greffés, puis affranchis qui poussent franchement très lentement. Quand même, l’un d’eux a fleuri du bout de son petit trente centimètres, quarante max? C’est un Nottingham. À date, il survit plutôt bien caché par la neige abondante de l’hiver.

Dommage pour la floraison, mais bon, je pourrai enfin gouter aux légendaires nèfles de nos cousins européens.

Et même si le fruit est dénigré de plusieurs (il est mangé bletti), j’ai très hâte d’y gouter pour ma première fois.

IMG_8708 fruit de néflier

Bouton fruitier de néflier

Alors voilà. J’ai plein d’autres choses à partager, mais bon. J’en garde pour une prochaine fois!

Entre autre, des nouvelles de mes greffes de poiriers sur amélanchier à venir…

Bon jardinage!