Atelier de greffage à Québec le 5 mai 2018 prochain

Joyeuses Pâques et bon congé aux chanceux qui sont en fériés! Bon courage à tous les autres.

Je vous parlais récemment d’un possible atelier de greffage à venir dans cet article. https://poirespetitsag.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=1990&action=edit

Alors, je le confirme. Je donnerai bel et bien un atelier pratique sur le greffage le 5 mai prochain, à Québec (Ulaval), en collaboration avec l’asso étudiante VIA Agro-écologie (http://viaagro.wixsite.com/via-agro-ecologie).

Détails de l’atelier sur le greffage :

Quand : le 5 mai 2018, de 9 à 12h

   Où : sur le campus de l’Université Laval, pavillon Paul-Comtois (local à déterminer)

      Prérequis : un couteau à greffer (ou canif bien affuté) + un rouleau de ruban électrique et marqueur permanent

   Combien : 30$ (1 arbre à greffer) ou 40$ (3 arbres à greffer) pommier ou poirier au choix

Contenu de la formation : courte présentation sur les techniques de greffage. La greffe proposée sera la greffe anglaise compliquée avec démonstration à l’appui.

  • Porte-greffes: Bud118 pour les pommiers et du OHxF97 pour les poiriers, dans les deux cas du 75-80% par rapport à un franc et surtout, du rustique au moins zone 3-4.
  • Bois à greffer : j’apporterai des greffons de plusieurs variétés de fruitiers de mon verger (avec une courte description de chacun). Vous pouvez aussi apporter votre bois de pommiers ou poiriers à propager ou échanger, de la maison.

Les places (et porte-greffes) sont limitées à 15 personnes

pour réservez votre place, écrivez-moi à ajetteaqua@yahoo.ca

***

Petits rappels pour ceux qui veulent récolter leur bois à greffer (pommiers ou poiriers)

Votre bois à greffer doit être dormant (bourgeons non-ouverts), et prélevé sur un arbre exempt de maladies.

Pour en savoir plus sur la conservation du bois à greffer:

http://www.greffer.net/?p=752

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Premiers semis de pommes issues de croisement 100% contrôlé qui germent enfin

Depuis quelques jours, j’ai enfin le bonheur de voir germer mes premières pommes et poires issues de pollinisation 100% contrôlées, donc de parents connus (par opposition à la majorité des mes autres semis, dont la fruit est connu, mais pas l’autre parent-pollen).

Ça fait long comme processus, plus particulièrement pour les poires; dans leur cas, c’était du pollen congelé depuis 2 ans, donc une histoire d’amour qui aura débuté au printemps 2015 avec:

  1. la récupération et congélation du pollen,
  2. la pollinisation des poires au printemps 2017
  3. la récolte des fruits à l’automne 2017, puis des graines,
  4. la stratification cet hiver
  5. et finalement, la germination… maintenant!

Je confirme donc l’arrivée de deux premiers bébés Golden Spice x Comice, avec un troisième en route et trois autres au frigo.
Et ce matin, c’est mes premiers Priscilla X Honeycrisp qui pointent enfin le bout d’une première petite racine.
Il faut peut-être de la patience, mais que de plaisir ça rapporte en retour!

Mes premiers semis de poires Golden Spice x Comice qui poussent enfin!

Et en lien avec tout ça, je me permets de partager une nouvelle ressource sur la sélection et le croisement des pommes, malheureusement, c’est encore une fois en anglais. Il s’agit d’un coupe de passionnés de particuliers dont la vocation est surtout une question de diversification génétique, mais aussi de résilience aux insectes et maladies, ainsi qu’aux variations et perturbations climatiques grandissantes.

Citation tirée de leur section About us: « The case for widening the genetic variation in the cultivars and varieties supplying our food is indisputable, not least in the face of the challenges posed by climate change. Breeding for greater resilience in terms of resistance to new and established pests and diseases, and tolerance of environmental perturbations, such as waterlogging and unseasonable temperatures »

Voici leur lien:

https://www.yvapplebreeders.com/

Et le lien de vidéos qu’ils ont partagés sur Youtube (sur le même sujet):

https://www.youtube.com/channel/UCku11NupY80z4lI6UPMk-NA

PS: pendant ce temps, voici quelques uns de mes semis de malus sieversii qui se portent à merveille.

Un atelier de greffage début mai

Je suis en train de regarder pour organiser un atelier de greffage à Québec début mai (probablement le 5 ou 6 mai).
La formule serait de type; faite votre greffe sur place et repartez avec votre arbre, avec une courte présentation/formation sur diverses techniques, mais celle suggérée sera celle de la greffe anglaise compliquée (il ne faut pas se laisser impressionner par son nom, elle n’est pas du tout difficile à apprendre ni à faire).

Je pensais offrir la formation avec deux tarifs de: Formation + 1 arbre à greffer pour 30$ ou 40$ pour 3, avec combinaison de poires ou pommiers aux choix (premiers arrivés premiers servis) car j’en aurai 40 à offrir au total (sans compter le bois de greffage, que j’apporterai gracieusement).

Les portes-greffes seraient du Bud118 pour les pommiers et du OHxF97 pour les poiriers, dans les deux cas du 75-80% et surtout, du rustique au moins zone 3.

L’avantage, ça serait que j’apporterais mes retailles de bois de fruitiers à greffer et ça permettrait aussi aux gens d’apporter leur propre bois de pommiers ou poiriers à propager ou échanger.

Reste à me trouver un endroit.

Pommier Liberty sur pommetier de type baccata

S’il y a des intéressés, me faire signe, puisque les places seront TRÈS limitées.

Connaissez-vous la poire tapée?

En ce matin de tempête de neige sur le Québec, je vous partage un vidéo sur la poire tapée de Rivarennes, dans le département de l’Indre du Centre-Val de Loire (en France).
Ça donne envie de lancer une nouvelle tradition de conservation et consommation de poires séchées de chez nous, au Québec.
J’ai déjà envie de me bidouiller un aplatissoir. Bon visionnement!

l’hiver, la saison du shopping – ou comment bien choisir son fruitier

Ça y est! L’hiver et la neige sont arrivés et seront avec nous pour quelques mois.
C’est la saison idéale pour les lectures et surtout, pour le magasinage de nouveaux fruitiers, soit comme nouveaux arbres, soit comme remplacement.

Après quelques essais et erreurs, je me permets de partager quelques critères essentiels à la sélection du bon arbre fruitier. C’est que pour l’avoir vécu, dans notre engouement initial, nous sommes souvent portés à nous laisser séduire au printemps par des coups de cœur en pépinière: des beaux arbres souvent en fleur, dont les branches sont bien formées et qui semblent prêts à produire en un rien de temps.

Par contre, qui n’a pas vécu la triste expérience de voir son arbre tomber malade ou pire encore, mourir gelé au premier hiver venu? Alors au-delà du magasinage, il faut aussi en profiter pour faire un minimum de réflexion sur les achats à venir, ce qui vous évitera bien des déceptions et pertes de temps et d’argent.

Liste des critères essentiels à considérer

pour le choix d’un BON cultivar pour vous!

  1. La rusticité
  2. La résistance aux maladies – et insectes*
  3. Le fruit obtenu (saveur et utilisation).
  4. La saison de fructification
  5. Le temps de conservation
  6. Le bon porte-greffe
  7. La quantité de fruits désirés

Préalable: Avant tout, bien choisir le site, avec un bon sol et un bon ensoleillement et humidité suffisante. Sans élaborer davantage sur ces points, je reviens sur mes critères essentiels que je détaille un peu davantage.

1- La rusticité: la plante doit être rustique selon votre zone de culture, et idéalement, choisir quelque chose une zone en dessous. Par exemple, si vous êtes en zone 4 à Québec, pour être certain qu’un hiver exceptionnellement froid ne vienne pas à bout de vos arbres, il est plus sûr de planter un arbre qui résistera jusqu’en zone 3.

Voir la carte suivante: http://www.planthardiness.gc.ca/index.pl?lang=fr

Les zones de rusticité approximatives au Québec

2- La résistance aux maladies – et insectes*: pour moi, ce critère arrive en second, car je crois à l’agriculture biologique, donc avec un minimum de pulvérisation possible et d’intrants chimiques. Les résistances aux maladies les plus courantes et essentielles, selon moi, sont la tavelure (bien que ce problème soit surtout esthétique) ensuite au feu bactérien. Sachez que pour ce qui est des insectes, il n’existe pas de fruits « résistants »*. Les populations d’insectes devront nécessairement être contrôlées, tout comme les animaux sauvages. La résistance à la sécheresse peut aussi être un critère important, mais surtout pour les francs ou sinon pour le porte-greffe, selon le site de culture choisi.

* Je nuance ici mon point de vue sur la résistances aux insectes: il existe effectivement des variétés de fruitiers, dont de pommes, qui sont plus résistantes – ou moins sensibles – aux carpocapses, aux tétranyques par exemple, tout comme certaines variétés de poires sont plus résistantes aux psylles, aux tenthrède limace ou aux carpocapses. Par contre, au final, je ne pense pas qu’une variété fruitières peut être vraiment considérée immunisée. Il va toujours falloir surveiller les populations d’insectes ou prédateurs, du moins un peu. C’est davantage comme ça que je le vois. Par contre pour l’avoir vécu avec les cassis Ben Conan par exemple avec les tétranyques, certaines variété sont carrément sensible aux insectes et sont alors à éviter.

3- La saveur du fruit: à quoi bon faire pousser un arbre complet d’un fruit qu’on n’aime pas et surtout, dont l’usage ne nous intéresse pas. J’ai vu des gens avec un pommier Lodi (pomme verte à tarte) sur leur terrain dont tous les fruits tombaient au sol dans le plus grand désintérêt total. Ne pas oublier qu’en automne, un arbre produira une grande quantité de fruits. À moins d’avoir une variété de longue conservation et un entrepôt réfrigérées, les pommes seront toutes prêtes en même temps et il faudra gérer cette grande quantité de fruits et surtout, avoir envie de les manger ou le temps et l’envie de les transformer. N’oubliez pas! Un fruit réfrigéré se conservera toujours beaucoup plus longtemps qu’un fruit à température pièce.

4- La saison de fructification: si vous plantez plusieurs pommiers, poiriers ou pruniers, la saison de fructification est un élément important à considérer puisqu’il permet de mieux répartir la production, de la fin de l’été à la fin de l’automne. Si on ne peut avoir que trois pommiers, mieux vaut planter une variété hâtive, de mi-saison, puis tardive. Ceci permet de répartir la production et de pouvoir profiter de pommes plus longtemps, sur une période de trois à quatre mois, voir jusqu’à l’hiver.

5- La période de conservation: cet élément est ici crucial quand on veut avoir le temps de profiter de sa production plus longtemps. Certaines pommes se conservent au plus une semaine, alors que pour d’autres, c’est plusieurs mois. C’est donc un élément très important quand vient le temps de choisir ses variétés.

Le fidèle Norland, à Petit-Saguenay. Bien que sa production soit plutôt biennale, il produit tout de même une quantité phénoménale de pommes qui doivent être mangées, au mieux, en dedans d’un mois.

6- Le bon porte-greffe: cet élément est vital. J’en ai déjà plusieurs fois parlé, mais le choix du bon porte-greffe est essentiel au succès de la bonne croissance de votre arbre. Je ne stresserai jamais assez l’importance de tout d’abord savoir quel est le porte-greffe utilisé pour votre plante; sa vigueur, sa résistance à la sécheresse et aux maladies, la taille (grandeur) qu’il confère. Obtiendrez-vous un arbre de 10 mètres ou de 2 mètres? Une fois le bon porte-greffe trouvé, mieux vaut acheter un petit arbre d’un an ou deux, greffé sur le porte-greffe choisi que de perdre 5 ans à cultiver un arbre qui ne réussira jamais bien, sinon mourra lors d’un hiver plus froid ou lors d’une soudaine éruption de maladie au verger.

7- La quantité de fruits désirée: si vous êtes une personne seule ou que vous êtes deux, combien de fruits pouvez-vous manger ou transformer en une année? Selon le document suivant d’agriréseau, un pommier planté en moyenne densité, soit avec une distance de 12 3,64 m (ou 12 pieds) finira par produire annuellement jusqu’à 65 kg de pommes annuellement, quoique certaines variétés de fruitiers ont tendance à plutôt produire davantage aux deux ans. N’oubliez pas que la météo (printemps pluvieux, gel) peut carrément empêcher la production entière d’une variété X ou d’un type d’arbre ciblé. Au-delà de la quantité, la diversité ne peut être qu’un gage de réussite. Et si vous ne voulez pas planter douze arbres (3 pommiers, 3 poiriers, 3 pruniers, 3 cerisiers), pensez aux greffes! Un seul pommier peut très bien être greffé avec plusieurs variétés sur un seul arbre afin d’optimiser l’espace disponible.

Quelques références:

L’étude de rendement par type de densité de plantation d’agriréseau: https://www.agrireseau.net/reseaupommier/documents/Profitabilit%C3%A9%20selon%20la%20densit%C3%A9%20de%20plantation.pdf

Tableau des variétés recommandées pour la culture en Alaska (APFGA) avec différentes critères, comme la résistance au froid (hardiness) : http://www.apfga.org/fruit_varieties/

Publication sur les cultivars résistants à la tavelure et aux maladies pour l’Ontario (attention à la résistance au froid): http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/scabresist.htm

Évaluation à ce jour des poiriers rustiques à Petit-Saguenay (zone 3)

Je le confirme, la culture des poires en z3 est bien possible. Mes résultats à ce jour sont très prometteurs et encourageants!

Par contre, mieux vaut commencer en plantant de l’hyper rustique. Vous pourrez toujours compléter votre collection avec de la greffe en tête (intermédiaire) de variétés plus fragile afin d’augmenter votre zone de rusticité d’au moins 1 (de z3 à z4 disons). C’est de cette façon que j’ai réussi à garder pendant plusieurs années plusieurs cultivars réputés z4 à Petit-Saguenay, en montagne limite z2 (hivers à -45’C).

Source: Fruits de verger pour les prairies (1982) – Agriculture Canada

Pour plus de détails sur la technique de greffe en question, voir la section Greffage intermédiaire à la page 30:

Fruits de verger pour les prairies (1982) par Agriculture Canada – A53-1672-1982-fra

 

Voici de quoi a l’air mon Ure avec entre quinze et vingt greffes différentes, mais en ayant conservé le tronc et la base des branches (sa structure rustique) de l’arbre intact afin que celui-ci garde ses propriétés rustiques, et ça fonctionne! Au pire, je perds un bout de branche, mais pas l’arbre.

Voici donc la liste des cultivars que j’ai à ce jour et le nombre d’années que j’ai réussi à les conserver.

Je commence avec les moins rustiques:

Z4-5 NON rustiques (même greffés en tête) sinon morts – Éliminés

Giffard, Clapp’s Favorite, Kieffer, Tait dropmore, Pioneer #3 (rusticité incertaine).

 

Z3b-4 (rustique, mais limite, je perds parfois des greffons) – survécus à 2-3 hivers à ce jour:

Beauté Flamande, Miney, Somercrisp, Gerry (type Bartlett de Montréal), Gras vert.

 

Z3 (fonctionne bien en greffe en tête) – survécus à 2-3 hivers à ce jour:

Phileson, Early seckel, Old home, Westfort, Parker, bloodbirne (sanguine), Patten,

 

Très rustique (solo hors de la neige en z2) et à utiliser comme porte-greffe:

Golden Spice, John, Olia, Ure, Lada, EarlyGold (JefGold), semis de poiriers Ussuriensis de Québec, Korshenskii X

De ce lot, les Ure sont pour le moment, les meilleures incontestées au point de vue gustatif, Beedle serait tout aussi rustique et tout aussi bon, peut-être même meilleur, mais reste à mettre la main dessus.

Ure – du bonbon! 17 brix au réfractomètre, une bonne balance de sucré et acide, pas ou peu d’arrière-goût âpre. Ferait probablement un très bon poiré, j’ai hâte d’essayer ça… un de ces jours.

En évaluation :

Harvest Queen, Beurré Amanlis, Luscious, Mission (Joinville, Wright), Northbrite, Philip, St-Julienne, Ste-Sophie, Savignac, Larinskaya, Kurskaya, Ya Li, Kikushui, pyrus regelii, pyrus nivalis et pyrus spinosa.

 

En conclusion, voici quelques sources vraiment intéressantes d’autres recherche similaires conduites celles-ci dans deux autres vergers. Je les considère « nordiques », même si dans les deux cas, c’est plus chaud que chez moi. Je m’excuse à l’avance, tout est en anglais.

Le premier est le verger Walden Height Nursery and Orchard du Vermont. Le propriétaire, Todd Parlo, a reçu une bourse de recherche afin de sélectionner des cultivars de pommes et de poires rustiques:

L’article de Good fruit growers: http://www.goodfruit.com/in-the-hunt-for-cold-hardy-pears/

Le résultat de ses recherches: https://waldenheightsnursery.com/category/research/rssf

Et un dernier lien, les articles de Claude Jolicoeur (il a un verger sur le bord du Fleuve à Petite-Rivière-Saint-François). Je considère donc qu’il est tout de même en zone plus chaude qu’à mon terrain. Il a écrit au moins deux articles sur ses résultats:

Voir les articles de 2002 et 2008 publiés dans la revue Pomona: http://cjoliprsf.awardspace.biz/#pomona

Un poirier John à Petit-Saguenay. Les poires sont peut-être surtout pour la cuisson, mais il est est rustique comme pas un.

Être ou ne pas être une Bartlett… l’étiquetage douteux des fruits au Québec

Au Canada, plus particulièrement au Québec, l’étiquetage des fruits est très minimaliste. Et je suis poli, il faudrait plutôt dire déficient même aberrant.

Pour les prunes, abricots, nectarines ou pêches, un fruit se limite apparemment à sa couleur. Il est très rare d’avoir l’honneur de savoir la variété auquel on a affaire. Prune bleue (asiatique, européenne, chum?) Pêche jaune, voiture rouge, ordinateur bleu.

Apparemment, le consommateur n’en a rien à cirer de ce qu’il mange, pourvu que ça soit beau. Le pays d’origine du fruit, lui, est plus important que la saveur du produit.

Pour les pommes et les poires, en général, on s’en tire un peu mieux. Au Québec, les pommes doivent nécessairement avoir une variété, c’est dans la loi (voir référence en bas), donc c’est clairement culturel.

Pour les poires, on semble plutôt subir l’étiquetage d’ailleurs et il semble n’y avoir que les noms suivants qui se rendent jusqu’à nous via l’épicerie:
Les Bartlett, Bosc, Anjou, Comice, Packham, Seckel et Forelle (+ Rocha et Abbé Fétel) et quelques poires asiatiques.
Et pour les variétés de poires rouges, c’est déjà plus limité: Red Anjou ou Starkrimson, et parfois l’étiquette se limite à « Red pears », soit poires rouges, donc n’importe quoi.

L’appellation « red pears », une abomination. Ici, des Starkrimson (mutation de Clapp’s favorite rouge) vendues chez Métro, mélangées sur l’étal avec des Anjou rouge. Une Anjou rouge, c’est tellement moyen, alors que les Starkrimson sont délicieuses! Comment voulez-vous fidéliser un consommateur? Encore faut-il que le client puisse discerner les différences: starkrimson; couleur presque fluo alors que celle d’une Anjou rouge sera plutôt bourgogne et souvent striée. La forme aussi diffère légèrement, mais il faut avoir l’oeil.

Sinon, pour la diversité des poires donc, à peu près impossible de trouver autre chose que les variétés ci-haut mentionnées dans les épiceries à Québec. Pour trouver autre chose, il faut ratisser les marchés locaux pour tomber (et à chaque fois, ça relève presque du miracle) sur quelques poires locales, souvent limitées à des Beauté Flamandes.

Pour déjouer l’industrie aux variétés limitées, donc, les producteurs se servent des noms de poires comme de « famille » fourre-tout et vendent des variétés de poires « similaires » sous un faux nom, car rien ne les en empêche (au Québec du moins).

Ainsi, sous la famille Seckel, on trouvera indépendamment des Early Seckel, des Seckel et des Honeysweet – et je n’en ai trouvé qu’une seule fois (des Honeysweet). Celles-ci sont faciles à distinguer des Seckel ou Early Seckel, puisque leur taille est le double des seckel « habituelles », d’autant que leur goût était semblable à une Seckel, mais en beaucoup moins parfumé et pas aussi sucré. Leur forme aussi diffère, elles ressemblent davantage à des Bosc ou Conférence, mais à la robe vert kaki intense.

J’ai aussi vu ce phénomène avec les Comice, puisqu’au-delà des Doyenné de Comice, il existe d’autres Comices: les Comice d’été et d’hiver, qui semblent interchangeables pour certains producteurs. Je suis à peu près sur d’être au moins deux fois tombé sur des Comice qui n’en étaient pas, du moins pas des Doyenné du Comice.

Le pire c’est les Bartlett; ce sont les poires les plus populaires internationalement. Donc, le nom est le plus grand fourre-tout qui soit. C’est qu’une grande partie des producteurs délaissement progressivement la culture des Williams et Bartlett de toute façon (trop sensibles au feu bactérien) pour la nouvelle série des Harrow dont les hybrides sont des croisements possédant une grande partie d’héritage Bartlett. Leur goût s’y rapproche à s’y méprendre, et surtout, les plants sont résistants au feu bactérien donc plus facile à cultiver. Voir les Harrow Sweet, Harrow Crisp et Harvest Queen à cet effet.
Au final, et particulièrement pour ce qui est des Seckel et des Bartlett, on nous passe un peu n’importe quoi.

Je me dis souvent que ça vaudrait la peine de faire une plainte ou une pétition et de pousser pour un étiquetage plus précis, particulièrement en ce qui a trait aux variétés des prunes, pêches, nectarines et abricots et surtout, pour les poires. Sauf que dans le cas des poires, ma crainte est de perdre le peu de variété qui se rend finalement jusqu’à moi; mes papilles ne s’en trouveraient qu’encore plus restreintes en terme de choix.
Par contre, si quelqu’un veut porter le flambeau et lancer une pétition, je serai le premier à la supporter!

Pour info, voir la loi au Québec: les vendeurs du commerce au détail ne sont tenus d’identifier la variété que dans le cas des pommes – aberration totale!

P-29, r. 3 – Règlement sur les fruits et légumes frais (Québec) – voir le paragraphe 22

Et c’est sans parler des produits locaux qui ne sont à peu près jamais vendus dans les grosses épiceries, dont les produits (au lieu de se tourner vers le local) proviennent de l’Ontario ou des États-Unis. Un petit article sur les prunes d’ici:

http://www.journaldemontreal.com/2015/08/13/un-fruit-qui-ne-compte-pas-pour-des-prunes