Attention aux porte-greffes supposément rustiques

Lors de mon dernier passage au verger, j’ai pu constater quelques bons et d’autres moins bons coups. Ma plus grande déception, dans ce cas, a été la perte de plusieurs  arbres et d’autant de greffes.

Après ma première visite, le temps a été exceptionnellement chaud et sec (après un printemps froid et gris), si bien que ça a fait « cramer » une grosse majorité de mes greffes de pommiers ainsi que certains pruniers, qui avaient pourtant bien repris après deux semaines.
Heureusement, mes poiriers sont presque tous sains et saufs.  J’ai quand même perdu mon Krazulya et j’avais aussi du Vekovaya qui lui aussi semble mort. Sinon, toutes mes autres greffes de poiriers semblent avoir survécues, c’est déjà ça!
J’ai eu moins de chance avec les pommiers. J’en ai sauvé tout de même quelques greffes et je garde encore espoir que – peut-être – certains autres reprennent, mais disons que ça regarde mal.
Comme on dit, les années se suivent mais ne se ressemblent pas.
L’hiver aussi a été dur.
J’ai perdu des arbres de trois ans dont les porte-greffes (des semis de selkirk achetés commercialement) n’étaient pas assez rustique. Ils ont gelé sous le point de greffe. Quand on dit que ce n’est pas le cœur de l’hiver qui fait mal aux arbres, mais le début et la fin de celui-ci. Novembre 2016 a été mortel. Les froids sont arrivés trop vite pour certains arbres qui n’avaient pas encore de couverture de neige, un test ultime pour les porte-greffe.

Mon Haralson, greffé sur M26 de trois ans est mort. Je comptais justement essayer de changer son porte-greffe. Heureusement, il reprend de la base, mais j’ai quand même perdu trois ans pour rien.

Dans certains cas, j’avais greffé, sans me méfier, des yeux dormants à environ 25-30 cm du sol. Et mes pommiers rustiques ont gelé en dessous du point de greffe. Dans d’autres cas, comme sur la photo, c’était des arbres greffés sur porte-greffe pas assez rustique, comme sur du M26. GRRRRR! À partir de maintenant, ça sera du Bud118 ou des semis de Dolgo.
Pour deux de mes arbres mourants, j’ai essayé des greffes de sauvetage dimanche (car le bois du bout des branches était encore vert) alors j’ai greffé et tout emballé avec du buddy wrap pour quelques semaines. J’étêterai dans trois semaines, des fois que… mais j’ai peu d’espoir.
Au moins, je n’ai pas perdu ma greffe de Shipova (un hybride de sorbier et poire) depuis le temps que j’en voulais! Et j’ai même réussi une greffe d’abricot avec branche intermédiaire de convoy.

Greffe d’abricotier Moongold sur prunus nigra en utilisant un intermédiaire de chum Convoy. J’ai laissé guérir l’abricot sur Convoy un mois au frigo (ziplock) avant de greffer à nouveau sur le prunier. Ça marche!

 Au final, mes boutures qui ont survécues semblent être celles qui ont le plus tardé et/ou qui étaient au nord ou à l’ombre.
Sinon, j’espère que vos boutures ont mieux réussi que moi. Avec la canicule, je dois bien être descendu à un taux de 60% comparativement à d’habitude, c’est pas très bon. Mais au moins, je sais que je n’y suis pour rien.
En contrepartie, j’ai une bonne nouvelle: mes expériences de pollinisation ont toutes fonctionné! Mon vieux pollen congelé de deux ans (celui de poires) était encore viable. J’ai réussi à polliniser le golden spice (qui était le seul poirier en fleur) et dimanche, avant de partir, il y avait 5 poires en route, dont au moins une issue d’un croisement avec mon pollen congelé de Doyenne de Comice! Voir mon billet précédent sur le sujet: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/28/la-congelation-du-pollen-ou-comment-croiser-deux-plantes-qui-ne-fleurissent-pas-en-meme-temps/
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Euréka! J’ai réussi à polliniser le vieux Golden Spice de mon père avec du pollen congelé depuis deux ans de poirier Doyenné du Comice!

J’ai aussi une pomme en route, issue de mon croisement Norland x William’s pride (croisement intéressant du point de vue rusticité, récolte hâtive, résistance potentielle à la tavelure et chair rosée). Et enfin, Priscilla x Honeycrisp! 🙂
Même si je ne constaterai pas le résultat final avant plusieurs années, je suis déjà super enthousiasmé du potentiel de ces croisements.

Mon Norland à l’étape de la floraison. Il était seul dans son coin, alors je n’ai pas enlevé les pétales.

Deux semaines plus tard, une pomme Norland issue de ma pollinisation avec du William’s pride (rustique, naturellement nain, hâtif, résistant aux maladies et potentiellement, à la chair rosée)

 

Deux fruits de Priscilla, une des variété de pommes les plus résistantes à toutes la maladies, pollinisée avec du Honeycrisp; en espérant obtenir la résistance aux maladies de la mère, rustique et savoureux, et aux fruits croquants et un gros calibre, comme ceux du père!

Enfin voilà! Et je ne parle même pas des petits fruits. J’aurai un déluge de gadelles, cassis et mûres, en plus de framboises, fraises et quelques prunes.

Déluge de fleurs sur mon mûrier sauvage de St-Tite. Je l’ai taillé déjà deux fois cette année afin de concentrer l’énergie dans les fruits pour avoir une meilleure production. Je crois que ça regarde bien. De plus, le plant est beaucoup plus hâtif que l’autre variété sans épines sans nom que j’ai, et qui est en plus n’est pas rustique du tout (comparé à celui-ci).

Plusieurs fruits en route sur mes branches de CHUM greffées sur prunus nigra. J’en aurai davantage, si ce n’était des charançons qui ont percé les 9/10 de mes fruits. Je vais devoir trouver comment régler ce problème le printemps prochain (de façon bio, de préférence).

Yééé! Ça commence à produire. J’ai hâte au mois d’août! 🙂
Je termine avec des photos des mes néflier, que j’ai enfin pu voir en fleur pour la première fois. Cette année, je les cueillerai le plus tard possible, soit en novembre. J’espère bien que cette année, ils auront le temps de grossir assez pour y goûter comme il faut!
 Bon jardinage!

Suivi du verger et question sur la taille des kiwi

Désolé si j’ai été un peu taciturne ces dernières semaines, j’ai mis beaucoup d’énergie sur mon terrain, printemps oblige, ce qui laisse peu de temps pour écrire et partager.

Comme à tous les ans depuis trois-quatre ans déjà, je me suis fait prendre au piège d’accepter trop d’échanges de bois à greffer. Par conséquent, j’ai donc fait plus de 100 greffes, dont 95 chez moi et une dizaine chez des amis. Et… j’ai réussi à tout faire ces greffes sans presque me couper. Il fallait bien au moins une cicatrice de guerre, car on dirait que ça fait partie des incontournables et je la porte fièrement pour le temps qu’il lui reste, c’est déjà presque disparu.

Quelques photos de greffes qui reprennent…

 

Nouvelles du verger:

Sinon, bien que la plupart de mes greffes repoussent déjà, je me permets de partager quelques déception mais aussi de jolies surprises au verger:

D’abord, ma plus grosse déception, c’est mes deux plus gros poiriers, dont les bourgeons floraux semblent avoir gelé, car bien que mon Ure avait fleuri l’année précédente, il n’avait aucune fleur cette année, pas plus que mon John.

Mon poirier Seckel sur amélanchier est toujours vivant, mais a été rudement malmené par la grosse couche de neige et de glace. Il est à moitié cassé et repousse très timidement. Il ne lui reste plus qu’un seul bourgeon floral et je ne suis pas sur qu’il fera grand chose, mis à part survivre.

Par contre, j’ai mes premières fleurs de quelques pommiers. Mon Priscilla fleurira pour la première fois, ainsi que mon Norland. J’ai aussi une branche de Pristine et de William’s pride qui préparent leurs boutons. J’aurai donc peut-être la chance de gouter quelques pommes inédites, tout n’est donc pas perdu.

Enfin, même chose côté prunes, j’ai mon prunier Yellow Egg (Pershore) ainsi que mon semis de prunier Américain qui fleurissent, eux aussi, pour la première fois, laissant présager de potentiels fruits à venir.

Premières fleurs sur mon semis de prunier américain

De plus, la grosse couverture de neige n’a pas que des inconvénients; les chaenomeless ou coings japonais n’ont jamais été aussi beaux, pour le plus grand plaisir des bourdons et oiseaux mouches. Jugez-en par vous-même:

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Aussi, mes trucs saisonniers sont plantés: mes tomates, patates, poivrons et piments, mes courges ainsi que mes quelques nouveaux légumes exotiques (gumbo et achocha, ou concombre du pérou).

Mes deux plants d’achocha mis en terre

Et aussi, depuis le temps que j’en cherchais, j’ai enfin mis la main sur du Shipova (sorbopyrus auricularis), l’hybride poires-sorbier. C’est zoné 4, mais je voulais tout de même l’essayer. J’en ai donc greffé sur mon sorbier (en bout de branche), mais aussi sur de l’aronia donc plus bas, puisque c’est sensé aider à mettre à fruit plus rapidement.

Les bourgeons débourrent déjà:

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Le sorbopyrus Shipova, greffé sur Aronia.

* * *

Comment tailler et faire fructifier les kiwi…

Mes kiwis seront couverts de fleurs cette année. Je pourrai enfin déterminer quel est le sexe des plants qui restent (j’en avais deux inconnus).

Étant donné que quelqu’un m’avait demandé si je savais comment tailler et faire fructifier les kiwi, j’en profite pour reprendre ici la question afin de tenter d’y répondre.

Comment faire fructifier les kiwis?

Point 1: pour obtenir des fruits, il faut un plant male ET un plant femelle d’une même variété (par exemple actinidia kolomikta vs arguta). Ce sont des plantes dioïques, soit qui ne portent des fleurs que d’un seul sexe. On recommande souvent au moins un plant mâle pour 5 femelles. En cas de doute (ou de semis) voici de quoi ont l’air les fleurs afin de les distinguer:

Actinidia kolomikta – fleurs mâles

 

Actinidia kolomikta – fleurs femelles, on distingue le mini fruit au cœur de la fleur.

Note1: Il existe supposément des variétés de plants femelles auto-fertiles. Je ne les ai pas testées, alors si quelqu’un a eu du succès avec celles-ci, je vous invite à le partager! La variété de k. arguta Issaï le serait, selon ce site: http://vegetolab.com/kiwi_fr.html

Note2: Il peut arriver que les fleurs soient boudées par les pollinisateurs. Rien n’empêche de jouer nous-même au bourdon avec un pinceau afin d’aider un peu la nature et d’ainsi s’assurer une meilleure mise à fruit.

Point 2: la taille.

J’ai lu plusieurs articles sur le sujet et je n’ai rien trouvé de vraiment « parlant » ou de suffisamment bien fait (en tout cas à mon goût). Je résumerai donc ce que j’ai retenu de mes lectures.

  • La taille de kiwi se fait un peu comme celle d’une vigne; le plant produit des fleurs sur le bois de l’année précédente.
  • La plante à tendance à pousser beaucoup, alors il faut contrôler l’excédent de bois, sinon la plante ne produira que du feuillage. On peut tailler en cordon et garder des branches secondaires, car c’est là-dessus que le plant fructifiera. Sur certains sites, on propose deux tailles: d’hiver et d’été (contrôle de la pousse excessive).
  • Quand on taille, on veut supprimer les « gourmands » et repousses à la base de plant, qui sapent l’énergie du plant principal. On nettoie donc/dégage la base de plant de repousses non désirées.
  • Je taille/raccourcis aussi les branches fruitières afin de concentrer la sève dans les bourgeons à fleurs ce qui améliore la production. Pour ma part, j’ai attendu début juin pour savoir quels bourgeons allaient fleurir et j’ai raccourci d’un bourgeon floral (supprimé une grappe de fleur) sur chaque branche fruitière. Toutefois, les kiwis ont tendance à « couler » et il est préférable de tailler avant que les bourgeons soient débourrés.
Kiwi kolomikta X

Mes kiwis kolomikta X avant la taille. Je les ai installés sur un treillis en éventail, que je couche au sol à chaque hiver et relève le printemps venu. Ça fonctionne très bien!

Les kiwis après la taille. La base est désormais dégagée, les « gourmands » sont supprimés et les fruitières écourtées.

Les branches fruitières sont légèrement raccourcies et on devine déjà les boutons floraux qui se préparent.

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Photo de branche du kiwi mâle, que j’ai taillée plus longue afin de laisser plus de fleurs. Tout de suite après ou même pendant la floraison, on peut étêter les branches des plants femelles afin de concentrer l’énergie dans la production des fruits.

Quelques vidéo/lecture afin de compléter la réflexion sur la taille des kiwis:

Un article intéressant (en anglais) sur le sujet: http://sfp.ucdavis.edu/pubs/brochures/Kiwi/

Vidéo, en français, sur Rustica: https://www.rustica.fr/tv/tailler-kiwi,8979.html

Salutations et bon jardinage!

Recherche sur les poiriers rustique

Un petit état de la situation pour ce qui est de mes expériences de rusticité et vigueur en ce qui a trait aux porte-greffes de poirier. En résumé; c’est du long terme, mais d’ici là, j’ai déjà des conclusions de tirées. En bonus, de nouvelles sources en fin de billet.

graines de poiriers en provenance du NCGR-Corvallis

Graines de poiriers reçues du NCGR-Corvallis – automne 2014

Ce billet fait suite la publication de mars 2015 suivante: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/11/pyrus-regelii-et-pyrus-korchinskyi-des-porte-greffes-rustiques-prometteurs-pour-zone-2-et-3/

Les variétés à l’essai à ce jour (comme porte-greffe de poirier):

– semis d’Ussuriensis, graines achetées d’internet (provenance inconnue)
– semis de John (hybrid Ussuriensis x communis Aspa)
– semis de variétés sauvages: p. nivalis (de Russie), p. Korshinskyi (1600m Kyrgyzstan) et p. spinosa (980m d’altitude en Albanie), p. regelii (800m Kazakhstan, -40’C)
-semis de communis de l’épicerie.
-greffe sur amélanchier

Mes semis, pour la plupart, en sont à leur deuxième année, sinon trois. Jusqu’à présent, les constats sont les suivants:

  • les graines d’ussuriensis d’internet (acheté depuis trois ans) n’étaient pas rustiques du tout. Celles-ci provenaient du sud des États-Unis et la pollinisation était ouverte, donc ceux-ci semblent avoir été croisés avec du non-rustique. Au final, il ne me reste qu’un plant et j’ai arraché tous les autres. En résumé, on achète jamais de graines de sources inconnues, pour s’assurer de la rusticité d’une variété, vous procurer quelque chose dans une même zone que vous ou dans les rayons de 100 km encore mieux.
  • les semis de John sont très vigoureux et, tout comme je l’avais lu dans un article sur le web, donnent d’excellents porte-greffes. Ils poussent bien et semblent assez résistants au froid et à la sécheresse.
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Des semis de John à leur deuxième année. Même plantée dans un endroit inhospitalier, ça pousse bien quand même.

Pour ce qui est des variétés sauvages:

Les p. spinosa et nivalis poussent très lentement. Personne de mort à date, mais après deux ans, les semis ne mesurent qu’environ 20 cm au maximum, pas plus. Le feuillage des spinosa est dentelé et fort joli. Eux aussi poussent lentement et sont peu vigoureux. Ils semblent assez bien résister à la sécheresse.

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Mes semis de pyrus nivalis ont bien résisté jusqu’à maintenant, mais poussent très lentement. Leur feuillage d’automne se fond dans le paysage du sous-bois. Les voyez-vous?

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Ici, on voit mes semis de pyrus spinosa d’Albanie. J’ai dû leur mettre des protecteurs contre les lièvres.

Les p. regelii, sensés être très résistants au froid, à la sécheresse et nains, sont effectivement assez résistants à la sécheresse, et nains. Toutefois, ceux que j’ai plantés dans du sable subsistent sans plus et j’en ai même perdu un. Ils semblent avoir quand même besoin d’un sol avec au moins un peu de nourriture/humus et un minimum d’eau pour prospérer. Mon plus gros fait environ 30 cm; c’est celui que j’ai le mieux planté/chouchouté.

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Un semis de regelii arborant ses couleurs jaunes d’automne.

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Mon plus beau plant de p. regelii avant sa coupe de cheveux. Les plants ont une forte tendance buissonnante.

Enfin, je termine avec le pyrus korshinskyi. Je n’ai réussi à faire germer qu’une seule et unique graine sur un lot de 25. Je confirme, celles-ci ne conservent pas leur viabilité longtemps.

Le plant a été déménagé au printemps et je l’ai planté sur le sommet d’une butte en plein soleil pour sa deuxième année. C’était le test ultime, puisque ceux-ci sont réputés être très résistants à la sécheresse et justement, recherchés afin d’être utilisés comme porte-greffe dans leur Russie d’origine.

Le résultat avant/après:

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p. korshinskyi au printemps 2016…

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Mon pyrus  korshinskyi à la fin de l’été (septembre). Il a plus que doublé malgré un mois d’août sans pluie.

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pyrus korshinskyi avec son feuillage d’automne d’un beau violet

Semis de p. communis: Pour avoir fait le test, étant donné qu’il tombe beaucoup de neige chez moi, utiliser des semis de Bartlett, Anjou, Comice ou Bosc comme PG à affranchir ne semble pas un problème pour le moment (ces variétés donnent toutes des semis vigoureux). Toutefois, je pourrais potentiellement avoir des problèmes avec les racines, advenant le cas d’un très gros froid de novembre/décembre sans neige, ou encore avec le feu bactérien. Éventuellement, je pourrais aussi utiliser des graines de mon Old Home, une fois que celui-ci aura enfin fructifié (j’espère des fleurs au printemps…)

Et pour toutes les variétés sauvages à l’essai (spinosa, nivalis, regelii et Korshinskii) je n’ai pas encore fait de tests de greffes, alors je ne sais pas du tout ce qui pourra arriver au niveau compatibilités.

Greffes sur Amélanchier – un suivi:

J’en suis à la troisième année pour mon Early seckel sur amélanchier et j’ai maintenant un Beurré d’Amanlis aussi sur amélanchier. J’espère des fleurs sur mon Early Seckel au printemps. Le résultat est encourant et très nanisant. Toutefois, il semblerait que les plants aient besoin d’amour (arrosage, engrais/humus), puisque dans un verger rustique non irrigué/arrosé, mes plants semblent en mode survie sans plus.

Early seckel sur amélanchier

Early seckel sur amélanchier en automne

Beurré d'Amanlis sur amélanchier

Ressources et bibliographie:

Et je termine avec quelques ressources, trouvées ici et là sur le web, traitant surtout de la recherche sur les porte-greffes pour poirier en climat rustique. Désolé, c’est encore en anglais.

Les deux premiers liens sont des articles de la revue Good fruit grower. Le premier étant sur les expériences de culture sur amélanchier (déjà partagé par le passé). Le second est tout récent et parle plutôt d’un verger au Vermont, celui de Todd Parl de la pépinière WaldnHeightsNursery. Celui-ci a été récipiendaire d’une bourse de recherche afin de tester les cultivars et porte-greffes de pommiers et poiriers rustique. Son site se trouve en altitude avec un climat et terrain montagneux, donc assez proche du mien (USDA zone 3). Son climat semble assez proche d’un zone 4 canadien je dirais.

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Source: Good fruit grower, 15 avril 2015: http://www.goodfruit.com/portfolio-items/april-15-2015/

in-the-hunt-for-cold-hardy-pears-good-fruit-grower (j’ai fait des pdf, car les liens du magazine ne semblent pas toujours bons).

Source: http://www.goodfruit.com/in-the-hunt-for-cold-hardy-pears/

Par curiosité, je suis donc allé voir le site de la pépinière en question et suis tombé sur les résultats de recherches  qui étaient publiés en ligne! Voir plus particulièrement les tableaux 14, 15 et 17.

Le lien: https://waldenheightsnursery.com/category/research/rssf

Le dernier lien est un vieil article de 1996, mais qui fait le point sur la recherche au niveau international en termes de culture fruitière rustique, avec un bon bilan de ce qui se faisait à l’époque en terme de recherche au Canada. J’étais content d’apprendre que le réputé Harrow Queen est supposé être plus rustique. À confirmer donc.

http://www.nrcresearchpress.com/doi/pdf/10.4141/P96-013

(PS: Si vous êtes intéressés par les publications scientifiques sur les poires, je vous conseille de consulter ce qui se fait au niveau international, car un symposium scientifique est tenu mais je ne suis pas certain de la fréquence. Les textes présentés sont listés ici, sous « International Pear Symposium »: http://www.ishs.org/european-and-asian-pears

Le secret du mûrissement parfait d’une poire

On dit de la pomme que c’est la reine de fruits, alors que la poire est le fruit des rois! Ce qui peut être vu comme une qualité est souvent un handicap pour ce fruit méconnu et parfois, malaimé.
La poire, disons-le, est un peu capricieuse.

C’est que contrairement à une pomme, on ne peut pas la cueillir dans l’arbre et la manger sur-le-champ, la plupart des variétés de poire ont besoin d’une période de réfrigération, lorsque cueillies, afin de terminer leur maturation. Ce n’est qu’après cette période de « finition » qu’elles peuvent terminer leur course sur un comptoir et finir de mûrir souvent en quelques jours.

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La majorité des variétés de poires doivent être entreposées au frais afin de terminer leur mûrissement avant leur arrivée au magasin.

Je me dois de préciser quelques exceptions; il existe quelques variétés de poires qui mûrissent sur l’arbre sans réfrigération: c’est le cas de la bien connue Bartlett, de Souvenir du congrès et de quelques autres, tel que Westfort (probablement un croisement OldHome X Bartlett) mais aussi de la plupart des variétés de poires asiatiques.

Un autre facteur de confusion, est le changement de couleur! On ne peut pas s’y fier pour déterminer si la poire est prête à manger ou pas. C’est que puisque plusieurs variétés de poires ne changent pas de couleur et demeurent vertes (ou rouges) une fois mûres. C’est le cas par exemple des variétés Anjou ou Beauté flamande. Cette dernière change parfois de couleur, mais trop tard pour la consommer. Elle sera blette.

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Plusieurs variétés de poires demeurent vertes ou ne changeront de couleur que lorsque blette. Il est alors trop tard pour les manger. C’est le cas de la variété Beauté Flamande.

C’est donc la fermeté qui détermine son mûrissement! Il faut donc palper une poire afin de juger si elle est prête à manger. Une fois à ce stade, la poire ne se conserve plus que quelques jours, à moins de la remettre au réfrigérateur, ce qui retardera (sans stopper) sa maturation finale. C’est souvent à ce moment que la poire atteindra le stade de vinosité optimal, comme c’est souvent le cas avec les Seckel, Anjou, Bosc, Doyenné de Comice ou les Starkrimson (Clapp’s favorite rouges). Miam!

Le secret, c’est donc de tâter un peu le fruit pour voir s’il est prêt à l’achat. S’il est encore très ferme, on le garde sur le comptoir jusqu’à ce que le fruit soit prêt. J’en achète toujours 5-6 en même temps et lorsqu’il y en a une de prête, je transfère tout au frigo pour me donner le temps de terminer les autres.

Donc, en conclusion, même si la poire est un peu plus exigeante que d’autres fruits, le résultat en vaut largement la peine. Profitez-en! Il reste encore des Comice et des Seckel en magasin. Appréciez une poire à son meilleur et vivez enfin la vie de rois et de reines avec des poires à point au menu! 🙂

Quelques références sur le sujet:

Une introduction: http://fr.chatelaine.com/cuisine/trucs-et-conseils-cuisine/faire-murir-des-poires/

Un peu plus technique: http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/12-042.htm

Un article vraiment chouette et concis, mais en anglais (et en Fahrenheit):

http://www.filoli.org/downloads/garden/gardeners-reference-sheets/pear-ripening.pdf

***

PS:En passant, ce billet n’est rien de moins que mon 100e article sur mon blogue. Je suis plutôt fier. 🙂

Conférence de novembre sur l’art de la greffe est en ligne!

Vous avez manqué la conférence sur la greffe en milieu rustique du début novembre dernier à l’Université Laval?

Que cela ne tienne, les gentils bénévoles et organisateurs de VIA Agro Écologie l’ont filmée et le tout est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=BY_fmK5xLNI

Sans prétendre à la science infuse, ni à la vérité absolue, le tout se voulait une conférence présentant le résultat de mes recherches et expérimentations à ce jour. Quand on parle en « Je » et de ses expériences personnelles, d’habitude, c’est difficile de se tromper.

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En gros, j’y présente mon projet de permaculture en zone 3, au Saguenay. J’y aborde les variétés de fruitiers rustiques, les greffes (greffons et porte-greffes) ,et surtout, j’y partage mes sources à ce jour (végétales et bibliographiques).

Bon visionnement! 🙂

 

Les poires Cold Snap sont arrivées en magasin!

img_3610J’ai enfin trouvé des poires Cold Snap (Harovin Sundown) en épicerie. Et étonnamment, c’était dans un Walmart, alors qu’on en trouve pas dans les autres marchés d’alimentation.

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La poires son jolies, la couleur est orangée, bronze et jaune. Sa forme est un peu trapue et fait penser à la forme d’une poire asiatique de type Ya Li ou Kieffer.

Le cultivar, initialement nommé HW614, puis ensuite baptisé Harovin Sundown suite à un concours de nom qui ne lui a pas survécu, est issu d’un croisement entre Bartlett et le cultivar US56112-146. Le second est issu d’un croisement résistant au feu bactérien. Cold Snap obtien un pointage de 9.5/10 de résistance au feu bactérien, ce qui est pas mal, quand on compare au maigre score de 4.4/10 pour Bartlett.

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Et puisque c’est la deuxième fois que je trouve des poires de l’Ontario chez Walmart, je devine que la coop de Vineland en Ontario a choisi ce magasin comme principal distributeur. C’est un peu dommage, puisque je n’arrive pas à mettre la main sur ces fruits « locaux » dans d’autres épiceries près de chez moi, en ville à Québec. On y vend plutôt des poires des États-Unis. 😦
Comme de quoi c’est souvent difficile de manger local.

 

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Une autre poire de l’Ontario, plus précisément de Jordan Station, précédemment achetée chez Walmart. J’ai aussi acheté d’autres poires de la coop Vineland que je n’ai pas prises en photo. Des Harvest Queen ou Harrow Crisp peut-être?

Côté goût, la poire est pas mal. Peut-être pas la meilleure de la planète, mais c’est tout de même meilleur qu’une Bartlett. Et à 4$ le panier de 2 litre, le prix est compétitif et la poire plutôt jolie.

Pour en savoir plus sur le cultivar:
http://hortsci.ashspublications.org/content/44/5/1461.full

Semis de poires et diversité génétique

L’automne est désormais arrivé et les plantes se préparent à l’hiver. Enfin, la plupart d’entre elles! Plusieurs de mes semis de poiriers sont désormais à leur deuxième, voire troisième année et seront maintenant assez grands pour subir les rigueur de l’hiver en dehors de la neige. Ce sera donc au printemps que je pourrai commencer à élaguer mes semis et déterminer lesquels sont assez aptes à survivre en zone 3!

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En bas à gauche, deux semis de poires hybrides (Communis x Ussuriensis) provenant d’un poirier sans nom. Le rouge est très joli, j’ai presqu’envie de le garder comme poirier ornemental (je l’ai fait pousser afin de l’utiliser comme porte-greffe).

D’ici là, je ne peux qu’émettre des hypothèses. Comme celle de penser que les poiriers dont les feuilles changent de couleur et au moins, arrêtent de pousser, seront mieux préparer à survivre.
Il faut l’admettre, je n’ai pas de grosses attentes. La plupart des poiriers communis ne survivent pas au delà de -35’C. Je compte donc sur mes semis hybrides qui contiennent un bagage génétique de poiriers ussuriensis rustiques afin d’augmenter mon taux de survie.

Observation: les poiriers de types asiatiques et ussuriensis ont tendance à avoir un feuillage rouge/pourpre tandis que le feuillage de certains communis et regelii jaunissent.

Je vous partage quelques photos de la diversité des couleurs des feuilles d’automne de mes semis de poiriers.

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Le beau et délicat feuillage du pyrus regelii jaunit en automne. Ceux-ci ne sont définitivement pas vigoureux. Je comprends pourquoi il ne poussent pas au delà de 3 mètres (et pourquoi on ne les utilise que peu comme PG)

 

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Mon semis de Korshiskyi X. Celui-ci a beaucoup poussé cette année, malgré la sécheresse du mois d’août. Son beau feuillage mauve/pourpre semble indiquer un possible croisement avec du pyrus de type ussuriensis.

 

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Mes semis de Starkrimson (clapp’s favorite). Les feuilles d’un seul semis du lot a changé de couleur. Sera-t-il plus rustique pour autant?

 

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Mes semis de Ya Li, poiriers asiatiques. À date, je n’en ai trouvé aucun qui survit aux grands froids.

 

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Un semis de Seckel aux feuilles pourpres. J’ai peinturé son tronc en blanc pour éviter le gel et craquement en hiver.

 

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Mon seul semis de Luscious dont les couleurs ont changé.

 

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Difficile à voir sur la photo, mais il s’agit de semis de John, au centre, on peut voir les feuilles pourpres de plus grand d’entre eux.

 

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Mon Seckel hâtif greffé sur Amélanchier. Ses feuilles deviennent rouges et jaunes presque fluo.