Atelier de greffage à Québec le 5 mai 2018 prochain

Joyeuses Pâques et bon congé aux chanceux qui sont en fériés! Bon courage à tous les autres.

Je vous parlais récemment d’un possible atelier de greffage à venir dans cet article. https://poirespetitsag.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=1990&action=edit

Alors, je le confirme. Je donnerai bel et bien un atelier pratique sur le greffage le 5 mai prochain, à Québec (Ulaval), en collaboration avec l’asso étudiante VIA Agro-écologie (http://viaagro.wixsite.com/via-agro-ecologie).

Détails de l’atelier sur le greffage :

Quand : le 5 mai 2018, de 9 à 12h

   Où : sur le campus de l’Université Laval, pavillon Paul-Comtois (local à déterminer)

      Prérequis : un couteau à greffer (ou canif bien affuté) + un rouleau de ruban électrique et marqueur permanent

   Combien : 30$ (1 arbre à greffer) ou 40$ (3 arbres à greffer) pommier ou poirier au choix

Contenu de la formation : courte présentation sur les techniques de greffage. La greffe proposée sera la greffe anglaise compliquée avec démonstration à l’appui.

  • Porte-greffes: Bud118 pour les pommiers et du OHxF97 pour les poiriers, dans les deux cas du 75-80% par rapport à un franc et surtout, du rustique au moins zone 3-4.
  • Bois à greffer : j’apporterai des greffons de plusieurs variétés de fruitiers de mon verger (avec une courte description de chacun). Vous pouvez aussi apporter votre bois de pommiers ou poiriers à propager ou échanger, de la maison.

Les places (et porte-greffes) sont limitées à 15 personnes

pour réservez votre place, écrivez-moi à ajetteaqua@yahoo.ca

***

Petits rappels pour ceux qui veulent récolter leur bois à greffer (pommiers ou poiriers)

Votre bois à greffer doit être dormant (bourgeons non-ouverts), et prélevé sur un arbre exempt de maladies.

Pour en savoir plus sur la conservation du bois à greffer:

http://www.greffer.net/?p=752

Publicités

Premiers semis de pommes issues de croisement 100% contrôlé qui germent enfin

Depuis quelques jours, j’ai enfin le bonheur de voir germer mes premières pommes et poires issues de pollinisation 100% contrôlées, donc de parents connus (par opposition à la majorité des mes autres semis, dont la fruit est connu, mais pas l’autre parent-pollen).

Ça fait long comme processus, plus particulièrement pour les poires; dans leur cas, c’était du pollen congelé depuis 2 ans, donc une histoire d’amour qui aura débuté au printemps 2015 avec:

  1. la récupération et congélation du pollen,
  2. la pollinisation des poires au printemps 2017
  3. la récolte des fruits à l’automne 2017, puis des graines,
  4. la stratification cet hiver
  5. et finalement, la germination… maintenant!

Je confirme donc l’arrivée de deux premiers bébés Golden Spice x Comice, avec un troisième en route et trois autres au frigo.
Et ce matin, c’est mes premiers Priscilla X Honeycrisp qui pointent enfin le bout d’une première petite racine.
Il faut peut-être de la patience, mais que de plaisir ça rapporte en retour!

Mes premiers semis de poires Golden Spice x Comice qui poussent enfin!

Et en lien avec tout ça, je me permets de partager une nouvelle ressource sur la sélection et le croisement des pommes, malheureusement, c’est encore une fois en anglais. Il s’agit d’un coupe de passionnés de particuliers dont la vocation est surtout une question de diversification génétique, mais aussi de résilience aux insectes et maladies, ainsi qu’aux variations et perturbations climatiques grandissantes.

Citation tirée de leur section About us: « The case for widening the genetic variation in the cultivars and varieties supplying our food is indisputable, not least in the face of the challenges posed by climate change. Breeding for greater resilience in terms of resistance to new and established pests and diseases, and tolerance of environmental perturbations, such as waterlogging and unseasonable temperatures »

Voici leur lien:

https://www.yvapplebreeders.com/

Et le lien de vidéos qu’ils ont partagés sur Youtube (sur le même sujet):

https://www.youtube.com/channel/UCku11NupY80z4lI6UPMk-NA

PS: pendant ce temps, voici quelques uns de mes semis de malus sieversii qui se portent à merveille.

Un atelier de greffage début mai

Je suis en train de regarder pour organiser un atelier de greffage à Québec début mai (probablement le 5 ou 6 mai).
La formule serait de type; faite votre greffe sur place et repartez avec votre arbre, avec une courte présentation/formation sur diverses techniques, mais celle suggérée sera celle de la greffe anglaise compliquée (il ne faut pas se laisser impressionner par son nom, elle n’est pas du tout difficile à apprendre ni à faire).

Je pensais offrir la formation avec deux tarifs de: Formation + 1 arbre à greffer pour 30$ ou 40$ pour 3, avec combinaison de poires ou pommiers aux choix (premiers arrivés premiers servis) car j’en aurai 40 à offrir au total (sans compter le bois de greffage, que j’apporterai gracieusement).

Les portes-greffes seraient du Bud118 pour les pommiers et du OHxF97 pour les poiriers, dans les deux cas du 75-80% et surtout, du rustique au moins zone 3.

L’avantage, ça serait que j’apporterais mes retailles de bois de fruitiers à greffer et ça permettrait aussi aux gens d’apporter leur propre bois de pommiers ou poiriers à propager ou échanger.

Reste à me trouver un endroit.

Pommier Liberty sur pommetier de type baccata

S’il y a des intéressés, me faire signe, puisque les places seront TRÈS limitées.

graines coquines – le plaisir de vérifier ses graines en stratification toutes les semaines

Je lis souvent qu’il faut vérifier régulièrement, environ chaque semaine, ses graines en stratification. Surtout lorsqu’on utilise la technique du ziplock et essuie-tout humide, ce qui facilite grandement la tâche.

Dès janvier, je commence mon rituel. Chaque fin de semaine, mon quinze minutes de bonheur. J’ouvre et inspecte chaque sac et vérifie l’état de mes bébés, s’ils se portent bien, pas de champignons, et surtout, pour voir si ça commence à pousser!

C’est hyper important, surtout côté hygiène et remplacer l’essuie-tout humide lorsqu’on constate que la moisissure s’est installée.

Un exemple de graines en stratification, placées dans un zip-lock humide avec quelques gouttes de peroxyde. Bien identifier son sac avec la date de mise au frais.

Ce qui est encore plus important et excitant, c’est de surveiller la germination des graines.
J’avais pourtant bien calculé mon temps de stratification pour que mes semis démarrent à peu près tous en mars:

  • Deux mois pour les pommiers donc les graines doivent être stratifiées à partir de janvier.
  • Trois pour les poiriers, donc démarrés en décembre.

Pour les malus sieversii (les pommiers sauvages du Kazakhstan), j’avais lu que ceux-ci pouvaient prendre jusqu’à trois mois. Je me disais que c’était plein de bon sens, étant donné que trois mois, c’est plus proche du temps « naturel » de stratification d’une graine dans la nature. Plusieurs arbres sauvages prennent jusqu’à quatre mois (les pruniers par exemple, amélanchier ou framboisiers).

Ce que je n’avais pas prévu, c’était qu’ils pourraient germer encore plus vite qu’à la normale d’un pommier, qui est de deux mois.
La surprise de ce matin, après un mois et demi seulement:

Dès que les racines se pointent, c’est l’heure de planter les graines. Je les plantes dans un terreau à semis en les recouvrant tout juste, ce qui aide les graines à s’extirper de leur enveloppe.

Pour les intéressés, je vous invite à lire mon article sur les pommiers du Kazakhstan ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/12/10/le-pommier-originel-malus-sieversii/

Ou cet autre billet sur la stratification des semences: https://poirespetitsag.wordpress.com/2016/12/26/pourquoi-mes-graines-de-poires-ne-germent-elles-pas/

Bon jardinage!

Galarina, une des plus récente variété de pomme résistante à la tavelure

Êtes-vous à jour dans vos variétés résistantes à la tavelure?

Je suis tombé par hasard sur un étal de Galarina bio, produit du Québec. Étant de nature curieux, je n’ai pas pu résister et me suis attrapé quelques-unes de ces jolies petites pommes qui ressemblaient beaucoup, de par leur forme et leur taille à la Priscilla, sans en avoir la même couleur. Il s’agit donc de petites pommes sucrées d’un doré-rouge attrayant. Leur chair est croquante, aromatique avec un peu d’acidulé, mais très peu. C’est surtout le sucré qui ressort. On sent très bien la présence de la Gala, sa maman (Gala X Florina Querina).

C’est donc une jolie petite pomme, intéressante, mais reste à voir ce qu’est sa rusticité. Disons que si je mets la main sur du bois à bouturer, je l’essayerai volontiers.

À propos de la tavelure:

La tavelure, le Venturia inaequalis, c’est un champignon, qui affecte surtout les pommiers, poiriers et pruniers.

C’est que pour les producteurs, il s’agit d’un fléau; la maladie fongique rend le fruit tacheté et crevassé; si bien qu’on peut jusqu’à dire « impropre à la commercialisation ».  Car un fruit qui n’est pas parfait n’est souvent pas « vendable ».

Et pour lutter contre cette maladie, point de remède. Il faut obligatoirement appliquer des fongicides sur le feuillage et les fruits d’une bonne partie des cultivars commerciaux les plus connus, car la plupart sont très sensibles à ce champignon. On est loin du bio, bien qu’il existe quelques produits dont je parlerai plus loin.

Toutefois, depuis la découverte du pommier Floribunda résistant à la maladie dans les années 40, plusieurs programmes d’hybridation ont vu le jour. D’abord aux États-Unis; comme le programme des PRI (Purdue, Rutgers, Illinois), ensuite au Canada avec l’AAC (Agriculture et agroalimentaire Canada) à Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec, ainsi qu’en France à l’INRA(L’Institut national de la recherche agronomique) pour n’en nommer que quelques-uns. D’autres programmes existent également en Europe et ailleurs dans le monde.

Il fut un temps où il existait peu de variétés de pommes résistantes et/ou le choix était limité à quelques variétés insipides et plutôt moyennes. Mais cette époque a changé!

Des dizaines de variétés sont apparues depuis la fin des années 80, d’où l’intérêt de se tenir toujours à jour et à l’affut des nouvelles sortes de pommes disponibles.

Voici quelques nouvelles variétés de pommes résistantes à la tavelure testées au Québec:

En voici d’autres du programme PRI (pas nécessairement disponibles au Canada)

Voir leur site ici pour de nombreuses autres variétés: https://hort.purdue.edu/newcrop/pri/

Par contre, il reste beaucoup encore à faire afin de tester tous ces cultivars en milieu rustique, tel qu’en zone 3. Je teste présentement quelques cultivars en zone 3 et je confirme que pour le moment, Priscilla réussit bien, avec Liberty dont la rusticité est un peu limite.

Produits bio pour prévenir/traiter la tavelure:

Tel que mentionné précédemment, il existe quelques produits acceptés en bio afin d’aider à traiter ou du moins, contrôler la tavelure.

Pour le traitement de la Tavelure ET du Blanc:

  • La Chaux soufrée (Polysulfure de calcium 30%),
  • le Bartlett Microscopic Sulphur (Soufre 92%),
  • Le Kumulus (Soufre 80%)

Pour le tavelure seulement:

  • La Bouillie soufrée (Polysulfure de calcium 23.0%),
  • Le Buran (Poudre d’ail)
  • Le Bioprotec fongicide arbre fruitier (Poudre d’ail)
  • Le Bicarbonate de potassium (en essai par certains producteurs).

Rappelons que les deux principales manières de gérer la tavelure en bio sont en préventif, en combinaison avec un gestion serrée de l’assainissement du verger et des détritus organiques à l’automne (pour éviter la propagation du champignon).

Je vous recommande fortement ces sites pour vous tenir informés des derniers traitements disponibles et homologués au Québec:

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/organic/news/2014/2014-04a3.htm

Tiré de la page de l’OMAFRA sur l’utilisation de produits à base de cuivre:  » L’efficacité des pulvérisations de produits à base de cuivre à cette période de l’année pour réduire la propagation de l’inoculum responsable du feu bactérien provenant des chancres qui ont survécu à l’hiver a souvent fait l’objet de débats. Tout compte fait, son efficacité dépend de la façon dont les traitements sont appliqués et de la température après l’application. Le cuivre crée un milieu hostile à la surface de l’écorce et des bourgeons de l’arbre qui empêche ces organismes de s’y établir, ou de se répandre dans les fleurs avec les éclaboussures de pluie ou les insectes. Ainsi, il doit être appliqué avec de grands volumes d’eau pour assurer un recouvrement suffisant. »

Assainissement à l’automne: bien nettoyer le verger et la base des arbres en disposant (déchiqueter) des feuilles contaminées afin de réduire les sources d’inoculum/spores au printemps suivant. Des études suggèrent que la pulvérisation d’urée fonctionne, cherchez et vous trouverez.

Références:

Le CRAAQ (https://www.craaq.qc.ca/Le-CRAAQ) soit le Centre de Référence en Agriculture et Agroalimentaire du Québec

AgriRéseau  (www.agrireseau.net) ainsi que le Réseau d’avertissement phytosanitaire https://www.agrireseau.net/rap

Tiré du site: Le rap « a pour mission d’informer les producteurs et autres intervenants de l’agroalimentaire québécois sur :

  • La présence et l’évolution des ennemis des cultures dans leur région.
  • Les stratégies d’intervention les plus appropriées dans un contexte de gestion intégrée des cultures et de développement durable. »

Et enfin l’Omafra (Ministère de l’Agriculture de l’Ontario) – section traitement bio des ravageurs des pommiers

À lire sur les variétés résistantes à la tavelure:

au Québec: http://cyberfruit.info/apple/releasedselections.asp

sur le site d’Agriculture Ontario (Omafra): http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/scabresist.htm

à l’INRA: http://www.angers-nantes.inra.fr/Toutes-les-actualites/1979-2005-creation-Ariane :

« Au fil des croisements, les chercheurs de l’Inra ont sélectionné avec des pépiniéristes de nouvelles variétés de pommes à couteau moins sensibles : Florina® Querina, Ariane®, Antarès® Dalinbel, Choupette® Dalinette, Story® Inored. Des pommes à jus et à cidre ont été également sélectionnées pour leur moindre sensibilité aux maladies : Judaine®, Judeline®, Chanteline®, Douce de l’Avent et Fréquinette. »

Les PRI des États-Unis: https://hort.purdue.edu/newcrop/pri/

l’hiver, la saison du shopping – ou comment bien choisir son fruitier

Ça y est! L’hiver et la neige sont arrivés et seront avec nous pour quelques mois.
C’est la saison idéale pour les lectures et surtout, pour le magasinage de nouveaux fruitiers, soit comme nouveaux arbres, soit comme remplacement.

Après quelques essais et erreurs, je me permets de partager quelques critères essentiels à la sélection du bon arbre fruitier. C’est que pour l’avoir vécu, dans notre engouement initial, nous sommes souvent portés à nous laisser séduire au printemps par des coups de cœur en pépinière: des beaux arbres souvent en fleur, dont les branches sont bien formées et qui semblent prêts à produire en un rien de temps.

Par contre, qui n’a pas vécu la triste expérience de voir son arbre tomber malade ou pire encore, mourir gelé au premier hiver venu? Alors au-delà du magasinage, il faut aussi en profiter pour faire un minimum de réflexion sur les achats à venir, ce qui vous évitera bien des déceptions et pertes de temps et d’argent.

Liste des critères essentiels à considérer

pour le choix d’un BON cultivar pour vous!

  1. La rusticité
  2. La résistance aux maladies – et insectes*
  3. Le fruit obtenu (saveur et utilisation).
  4. La saison de fructification
  5. Le temps de conservation
  6. Le bon porte-greffe
  7. La quantité de fruits désirés

Préalable: Avant tout, bien choisir le site, avec un bon sol et un bon ensoleillement et humidité suffisante. Sans élaborer davantage sur ces points, je reviens sur mes critères essentiels que je détaille un peu davantage.

1- La rusticité: la plante doit être rustique selon votre zone de culture, et idéalement, choisir quelque chose une zone en dessous. Par exemple, si vous êtes en zone 4 à Québec, pour être certain qu’un hiver exceptionnellement froid ne vienne pas à bout de vos arbres, il est plus sûr de planter un arbre qui résistera jusqu’en zone 3.

Voir la carte suivante: http://www.planthardiness.gc.ca/index.pl?lang=fr

Les zones de rusticité approximatives au Québec

2- La résistance aux maladies – et insectes*: pour moi, ce critère arrive en second, car je crois à l’agriculture biologique, donc avec un minimum de pulvérisation possible et d’intrants chimiques. Les résistances aux maladies les plus courantes et essentielles, selon moi, sont la tavelure (bien que ce problème soit surtout esthétique) ensuite au feu bactérien. Sachez que pour ce qui est des insectes, il n’existe pas de fruits « résistants »*. Les populations d’insectes devront nécessairement être contrôlées, tout comme les animaux sauvages. La résistance à la sécheresse peut aussi être un critère important, mais surtout pour les francs ou sinon pour le porte-greffe, selon le site de culture choisi.

* Je nuance ici mon point de vue sur la résistances aux insectes: il existe effectivement des variétés de fruitiers, dont de pommes, qui sont plus résistantes – ou moins sensibles – aux carpocapses, aux tétranyques par exemple, tout comme certaines variétés de poires sont plus résistantes aux psylles, aux tenthrède limace ou aux carpocapses. Par contre, au final, je ne pense pas qu’une variété fruitières peut être vraiment considérée immunisée. Il va toujours falloir surveiller les populations d’insectes ou prédateurs, du moins un peu. C’est davantage comme ça que je le vois. Par contre pour l’avoir vécu avec les cassis Ben Conan par exemple avec les tétranyques, certaines variété sont carrément sensible aux insectes et sont alors à éviter.

3- La saveur du fruit: à quoi bon faire pousser un arbre complet d’un fruit qu’on n’aime pas et surtout, dont l’usage ne nous intéresse pas. J’ai vu des gens avec un pommier Lodi (pomme verte à tarte) sur leur terrain dont tous les fruits tombaient au sol dans le plus grand désintérêt total. Ne pas oublier qu’en automne, un arbre produira une grande quantité de fruits. À moins d’avoir une variété de longue conservation et un entrepôt réfrigérées, les pommes seront toutes prêtes en même temps et il faudra gérer cette grande quantité de fruits et surtout, avoir envie de les manger ou le temps et l’envie de les transformer. N’oubliez pas! Un fruit réfrigéré se conservera toujours beaucoup plus longtemps qu’un fruit à température pièce.

4- La saison de fructification: si vous plantez plusieurs pommiers, poiriers ou pruniers, la saison de fructification est un élément important à considérer puisqu’il permet de mieux répartir la production, de la fin de l’été à la fin de l’automne. Si on ne peut avoir que trois pommiers, mieux vaut planter une variété hâtive, de mi-saison, puis tardive. Ceci permet de répartir la production et de pouvoir profiter de pommes plus longtemps, sur une période de trois à quatre mois, voir jusqu’à l’hiver.

5- La période de conservation: cet élément est ici crucial quand on veut avoir le temps de profiter de sa production plus longtemps. Certaines pommes se conservent au plus une semaine, alors que pour d’autres, c’est plusieurs mois. C’est donc un élément très important quand vient le temps de choisir ses variétés.

Le fidèle Norland, à Petit-Saguenay. Bien que sa production soit plutôt biennale, il produit tout de même une quantité phénoménale de pommes qui doivent être mangées, au mieux, en dedans d’un mois.

6- Le bon porte-greffe: cet élément est vital. J’en ai déjà plusieurs fois parlé, mais le choix du bon porte-greffe est essentiel au succès de la bonne croissance de votre arbre. Je ne stresserai jamais assez l’importance de tout d’abord savoir quel est le porte-greffe utilisé pour votre plante; sa vigueur, sa résistance à la sécheresse et aux maladies, la taille (grandeur) qu’il confère. Obtiendrez-vous un arbre de 10 mètres ou de 2 mètres? Une fois le bon porte-greffe trouvé, mieux vaut acheter un petit arbre d’un an ou deux, greffé sur le porte-greffe choisi que de perdre 5 ans à cultiver un arbre qui ne réussira jamais bien, sinon mourra lors d’un hiver plus froid ou lors d’une soudaine éruption de maladie au verger.

7- La quantité de fruits désirée: si vous êtes une personne seule ou que vous êtes deux, combien de fruits pouvez-vous manger ou transformer en une année? Selon le document suivant d’agriréseau, un pommier planté en moyenne densité, soit avec une distance de 12 3,64 m (ou 12 pieds) finira par produire annuellement jusqu’à 65 kg de pommes annuellement, quoique certaines variétés de fruitiers ont tendance à plutôt produire davantage aux deux ans. N’oubliez pas que la météo (printemps pluvieux, gel) peut carrément empêcher la production entière d’une variété X ou d’un type d’arbre ciblé. Au-delà de la quantité, la diversité ne peut être qu’un gage de réussite. Et si vous ne voulez pas planter douze arbres (3 pommiers, 3 poiriers, 3 pruniers, 3 cerisiers), pensez aux greffes! Un seul pommier peut très bien être greffé avec plusieurs variétés sur un seul arbre afin d’optimiser l’espace disponible.

Quelques références:

L’étude de rendement par type de densité de plantation d’agriréseau: https://www.agrireseau.net/reseaupommier/documents/Profitabilit%C3%A9%20selon%20la%20densit%C3%A9%20de%20plantation.pdf

Tableau des variétés recommandées pour la culture en Alaska (APFGA) avec différentes critères, comme la résistance au froid (hardiness) : http://www.apfga.org/fruit_varieties/

Publication sur les cultivars résistants à la tavelure et aux maladies pour l’Ontario (attention à la résistance au froid): http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/scabresist.htm

Le pommier originel – malus sieversii

J’ai reçu mon cadeau de Noël en avance: il s’agit de graines de malus sieversii en provenance du germoplasme de pommiers de Geneva, New York aux États-Unis.

J’en avais déjà eu quelques pépins l’an dernier d’un ami qui m’avait fait découvrir cette ressource méconnue du germoplasme de Geneva, New York. C’est le même centre de recherche qui avait mené, jadis, à la création de la pomme Empire, en 1945!

Les semis de mon KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i au printemps 2017

Les mêmes semis à la fin septembre. Remarquez le beau feuillage impeccable! Viva la résistance aux maladia!

Le pommier KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i tel que retrouvé sur la base de données en ligne du GRIN ici: https://training.ars-grin.gov/gringlobal/AccessionDetail.aspx?id=1693594

Mais qu’est-ce qu’un malus sieversii (par opposition aux pommiers cultivés ordinaires)

La diversité des pommes sauvages du malus sieversii – photo d’une expédition prise et menée par les chercheurs de l’Université Cornell qui gère le site du germoplasme de Geneva, New York. Source: http://exhibits.mannlib.cornell.edu/apples/expeditions.htm

Le malus (pommier en latin) sieversii est une variété de pommes qui se trouve être l’ancêtre de la plupart des pommes que nous cultivons et consommons aujourd’hui. Celui-ci provient des montagnes du massif du Tian Shan soit de l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, et Xinjiang en Chine).

Depuis la description complète du génome de la pomme en 2010 (source Wikipédia), il a été établi que le malus pumila (la variété européenne des pommiers cultivés) serait en fait apparenté de très près aux pommiers sauvages kazakhs, dont ils seraient des versions appauvries (suite à plusieurs générations de consanguinités).

L’ancêtre de la pomme, le malus sieversii, y pousse encore à l’état sauvage, par groupes isolés dans les montagnes.

Étonnamment, le malus sieversii produit des pommes presque aussi grosses que celles que nous consommons, et ce contrairement à la plupart des autres variétés de pommes sauvages. Et la raison en est for simple. C’est qu’un animal sauvage en fait une sélection naturelle depuis des siècles… les ours! Ceux-ci ont choisi et mangé les meilleurs fruits, tout en les disséminant via leurs fientes, un peu partout dans la région.

Ces pommiers étaient restés relativement inaccessibles et coupés du reste du monde à cause du régime soviétique et de la guerre froide. Toutefois, entre 1989 et 1996, plusieurs expéditions ont été financées afin d’explorer et répertorier ces pommiers sauvages riches en bagages génétiques. Il a alors été découvert que plusieurs de ces populations endémiques de malus sieversii étaient en fait naturellement résistantes aux insectes et maladies (tavelure et feu bactérien), des traits essentiels pour la culture des pommiers de demain. Car qui dit résistance aux maladies dit moins d’utilisation de produits chimiques!

Suite à ces expéditions menées entre autres par l’Université de Cornell qui gère la station de recherche de Geneva, aux États-Unis a implanté un arboretum (ou germoplasme) de milliers de clones et semis des ces pommiers sieversii. Vous pouvez lire les articles en bas pour plus de détails.

Mais ce qui est magnifique, c’est que ceux qui veulent en faire pousser le peuvent.

C’est pour ça que j’ai reçu un joli colis à la mi-novembre.

Ma commande de graines de malus sieversii en provenance de Geneva, New York (États-Unis)

Notez que lorsqu’on commande, il faut bien faire attention à la nomenclature des individus souhaités. Il existe plusieurs codes d’identification (GMAL, PI et KAZ). Le PI est unique, tandis que les GMAL sont des séries de semis et que la lettre finale (.a ou .j) fait partie de l’identifiant. Le KAZ suivi d’une date réfère à une date de cueillette et n’ont donc pas fiable comme identificateur unique.

 

Lorsqu’on en fait la demande, il est donc possible d’obtenir 25 graines d’un individu (ils nous fournissent une liste de ce qui est disponible) mais en pollinisation ouverte. La résultante demeure donc en grande partie inconnue.

À l’hiver dernier, j’avais donc échangé avec des chercheurs du National Germplasm Respository de Geneva pour finalement être redirigé à Mme Dawn Dellefave qui s’est chargée de gérer ma commande de graines selon une liste de disponibilité. Vous pouvez la contacter ici (en anglais). Les livraisons se font à l’automne, on peut donc les contacter pour les commandes en tout temps (enfin, je crois). Voici ce qu’on m’avait répondu au début de ma démarche.

Hello Alain,

I am attaching a list of what we do have to offer.  They are in conjunction with the program listed below.  You can read about the different PI# or GMAL #’s by going to: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/search.aspx

You can type in the PI# or GMAL# or variety name.  They have created a website with instructions, videos etc. so you can become more familiar with the new system.

 http://www.ars-grin.gov/npgs/gringlobal/HTML5/Default.htm

If you see anything off the attached list that interests, please let me know.  Otherwise I will select this fall and send some along to you.

Dawn

« Below you will find information about our program involving the wild malus sieversii seeds from our work that you may have read/heard about in the popular book « The Botany of Desire: A Plant’s-Eye View of the World » by Michael Pollan, the Documentary: http://www.pbs.org/thebotanyofdesire/ or the Nov. 21, 2007 NY Times article (Stalking the Placid Apple’s Untamed Kin) By HAROLD McGEE): http://www.nytimes.com/2007/11/21/dining/21curi.html?_r=1&ref=dining&oref=slogin

Back in the late 1990’s, our former apple curator Phil Forsline collected apple seeds from the wild native species in Kazakhstan.  Original seed from Kazakhstan is reserved for use by scientists doing genetic research. However we can supply open-pollinated (O.P.) seed from our grow-outs which are in a somewhat isolated area and these would be a blend of all genes from many sites in Kazakhstan.  This site contains over 1000 trees of Malus sieversii and most of these trees have produced seed since 2001. We do not have any trees to send out. We can send a small seed lot that you will need to germinate (see the section at the end of this message from our Procedures manual on how that is done).

We have received numerous requests since Michael Pollen’s book was published. Fruits from the grow-out site were collected in the fall of 2001 to 2014 and we extracted seeds. We have sent about 100 seeds per requester (open-pollinated) from at least 4 different mother trees that represent diverse ecosystems in Kazakhstan.  « 

Selon les nombreuses informations disponibles dans la base de données du GRIN, il devient intéressant de piger parmi certaines caractéristiques prometteuses d’un cultivar ciblé:

  • l’altitude du site originel de croissant,
  • la résistance aux maladies,
  • le taux de sucre des fruits du parent,
  • la saison de production (hâtif de préférence),
  • la grosseur de fruit du parent ou encore,
  • si l’habitat d’origine hostile, donc une une propension à la résistance à la sécheresse par exemple.

J’ai donc choisi, entre autres, des graines provenant de cultivars ayant survécu et prospéré dans des habitats désertiques difficiles dont les précipitations annuelles sont parfois moins de 275mm de pluie (xérophytique). Restera à vérifier la rusticité de mes arbres ainsi obtenus.

L’accession KAZ 96 08-17 PI_637780 ; un malus sieversii dont j’ai obtenu des semences et qui provient d’un site aride et dont l’arbre original démontrait une bonne résistance aux maladies. Source: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/accessiondetail.aspx?id=1670296

Notez qu’il existe un débat et questionnement sur le danger de contamination possible des populations locales de pommiers sauvages que cela représente, notamment en France. Par contre, dans la mesure où il n’existe pas ou très peu de population de pommiers rustiques dans mon coin hyper nordique, je ne pense pas que cela me concerne tellement.

Et enfin attention! Plusieurs de ces pommiers sont davantage de l’ordre de pommettes (petites) et souvent très amères ou surettes. De plus, c’est de la pollinisation ouverte, donc on n’aura certainement pas la même chose que le parent. Voir cet image à cet effet, à la page 47 on voir le fruit du parent en haut à gauche avec ceux de trois de ses semis: http://www.homeorchardsociety.org/wp-content/uploads/2014/08/11-Phil-Forsline-%E2%80%93-The-REAL-Origin-of-the-Apple.pdf

 

Articles et médias sur le sujet:

En français: https://krapooarboricole.wordpress.com/2011/11/05/aux-origines-de-la-pomme-ou-le-jardin-d%E2%80%99eden-retrouve/

 

En anglais:

Remarkable Kazak Apples: Their resistance to disease may boost an entire industry ,USDA Online Magasine, Vol.54 No. 1

Collecting and managing wild malus germplasm in its center of diversity, 1997, D. Djangaliev et J. Luby dans HortScience

Malus sieversii: A Diverse Central Asian Apple Species in the USDA-ARS National Plant Germplasm System, Gayle M. Volk2, Adam D. Henk and Christopher M. Richard + Philip L. Forsline Hortscience 2013

Excursions to the origin of apple enhance gene pool article dans Good Fruit Growers, février 2006: http://www.goodfruit.com/excursions-to-the-origin-of-apple-enhance-gene-pool/

Power point de la conférence de M. Forsline donné lors d’une convention du NAFEX  pour le Home Orchard Society (OHS) en 2014, à Troutdale (http://www.homeorchardsociety.org/events/hos-nafex-crfg-meeting-2014/)

Phil Forsline – The REAL Origin of the Apple

Sur les pommiers sauvages du Kazakhstan du point de vue permaculture: http://www.appleseedpermaculture.com/tag/kazakhstan/

Débats sur le sujet de la contamination des pommes locales en France (forum greffer.net):

http://www.greffer.net/discussion/viewtopic.php?f=14&t=3957&sid=95ffd3349a6dd6dbdf1f2ea1f01e8477