Poire Ure, Pomme William’s pride et Ours

Pas facile de cultiver en forêt nordique!

Ma mère a toujours dit: « récolter des fruits par ici, ça tient du miracle. Quand on réussit à faire survivre un arbre au froid, à la sécheresse et aux maladies, après, faut encore qu’il résiste aux insectes, rongeurs et animaux plus gros. Quand c’est pas rendu qu’à la récolte, on se fait voler nos fruits par les porcs-épics, oiseaux,, écureuils ou encore… les ours. »
C’est plein de sagesse, parce que c’est vrai. La fin de semaine dernière, j’était même à mon terrain, sur place. Je venais tout juste de cueillir ma première William’s pride, qui était enfin prête. On la disait partout une pomme d’été, prête en août. Et bien à Petit-Saguenay, c’est à la mi-septembre, soit effectivement deux semaines après la saison des Norland.
En plus j’avais bien protégé mes pommes contre les oiseaux ou chevreuils avec un filet, ce qui fonctionne très bien.

J’ai donc cueilli une première pomme que j’ai amené chez mes parents qui habitent en face afin de la déguster au souper. Miam et quelle couleur! J’imagine que le fait de l’avoir greffé sur un pommetier pourpre a intensifié les teintes rouges à l’intérieur. Sinon, un bon goût sucré, tannin et un peu acidulé vraiment chouette. Miam! J’avais hâte de cueillir les autres pommes.

William’s pride (la fierté de William) – un pomme hâtive, mi-septembre au Saguenay, dont la peau est d’une belle couleur rouge-pourpre foncé et dont la chair se teinte également de rouge à l’intérieur. On voit, par la coloration des pépins, que la pomme est bien mûre.

Par contre, on était en plein souper quand ma mère (ou mon père) ont remarqué qu’un gros ours rodait près du poulailler. Le simple fait de sortir sur la galerie l’a fait fuir et quelqu’un l’a même poursuivi jusqu’à l’orée de la forêt, piqures de guêpe en bonus.

J’ai quand même pris le temps de finir mon souper, en me disant qu’il valait mieux récolter mes pommes, avant que l’ours ne revienne.

Au retour au chalet, un autre ours, plus petit, était en train d’émonder gaiement le pommetier en cassant les branches du haut pour manger les pommettes au sol. Vite! On le chasse, lui aussi, avant de se rendre compte qu’il avait déjà plumé mes précieuses greffes et donc toutes les grosses pommes sur autre pommetier. Même les Honeycrisp y sont passées, malgré qu’elles n’étaient pas encore mûres, mais pas du tout. Ça ne devait pas gouter très bon, mais apparemment, l’ours, il est pas difficile.

NOTE: En passant, le William’s pride est limite rustique, j’ai réussis à le faire fructifier, mais greffé en tête d’arbre seulement.

Au moins, jaurai pas tout perdu. Ma consolation, c’est que j’en aurai goûté au moins une et qu’il n’est pas parti avec la branche greffée.

Sauf que ça remet en perspective.

J’ai lu quelque part qu’un fil électrique, comme pour les vaches, ça fonctionne bien.

En tout cas, c’est pas simple de produire des fruits dans le bois.

Sinon, sur une note plus joyeuse, j’ai enfin trouvé des poires Ure au marché public de Québec! C’est la ferme François Bélanger, de l’Ange-Gardien (coin de la côte de Beaupré) qui les produit. J’étais super content. Enfin! Depuis le temps que j’en cherchais.

Les poires Ure, de petits fruits, sucrés et un peu acide, avec presqu’un goût de miel! La pelure est un peu dure, mais c’est tant mieux pour le transport de toute façon. Très peu de cellules pierreuses en plus.

Du bonbon!

Les fruits sont petits, mais on leur pardonne tellement ils sont bons. Miam! Que du bon, pas de cellule pierreuses, une bonne balance de sucré/amer, pas âpre du tout. J’adore! Ça me donne encore plus hâte que mon arbre produise. Peut-être l’an prochain?

IMG_9335

Ure – Du bonbon! 17 brix au réfractomètre, une bonne balance de sucré et acide, pas ou peu d’arrière goût âpre. Ferait probablement un très bon poiré, j’ai hâte d’essayer ça… un de ces jours.

Et sinon, j’ai récolté mes kiwis. J’ai finalement la preuve que le kiwi Kolomikta est cultivable au Saguenay. C’est surtout, donc, une question de taille et de les protéger avec la neige. J’avais récolté une poignée de fruits début septembre et après quelques jours, ceux-ci s’étaient attendris, donc ils étaient prêt à manger. Rendu à la mi-septembre, certains fruits étaient déjà trop mûrs. J’ai donc tout récolté et mis au frigo. On les sort à mesure qu’on veut les manger en les laissant température pièce. Ils sont prêt quand ils ont ramolli.

Mes kiwis kolomikta tardifs. La taille a bien fonctionné, j’ai enfin une récolte.

Peut-être pas faramineux, mais pour quatre buisson, c’est pas si mal. J’en aurais eu davantage si je n’avais pas fait de l’échantillonnage depuis le début août. Et… ça goûte pareil à des kiwi du magasin.

Autre coup de cœur cette année, les achochas. Comme on dit, ça produit tempête! J’ai vécu la même situation que la blogueuse que j’avais lu l’hiver dernier. Été sec, concombres qui n’ont rien produit alors que mes deux plants d’achochas ont produit une quantité impressionnante de petits concombres.

Seul défaut, ce n’est pas juteux. Ça goûte un mélange de concombre et de courge chlorophyllée, mais sans jus au centre. Donc, ça se mange frais, ou sinon on le fait cuire en sauté et c’est pas mal. Même vapeur.

Au final, de belles récoltes, je garde le moral et maintenant, c’est l’heure de la popote et de la préparation des pommettes et autres légumes surabondants. J’ai bien hâte de faire mon vin, cette année, ce sera cerise à grappe et aronia, ainsi qu’une autre recette probablement au cassis. À suivre!

Je termine avec une photo de mes coings japonais. J’en aurai encore une production monstre cette année, plus encore que l’an dernier. Gelée et autres recettes à venir. J’attends qu’ils gèlent avant de les récolter pour un maximum de saveur. Des intéressés?

Bonnes récoltes, bon équinoxe et bonne popote! 🙂

Publicités

C’est le temps des récoltes!

Comme mon titre l’indique, c’est le temps des récoltes. J’ai passé les deux dernières semaines à récolter les fruits de mon verger, surtout les petits fruits en fait, mais tout de même. Des gadelles, cassis, groseilles, mûroises, mûres, framboises et fraises. Sans compter les cerises de la série romance (un peu), des achochas et champignons.

Moi et ma récolte de champignon préféré: les hypomyces lactifluorum

Belle production de mes muroises cette année. Par contre, le goût demeure acidulé et leur jus est très tachant, donc ça explique l’utilisation du fruit/jus par l’industrie en France (on y vend du jus en sachet).

Première cueillette de framboises noires parties de semis. Ce sont des framboises sauvages, donc les fruits sont plutôt petits et leur goût est assez doux. Intéressant, mais vaut mieux combiner avec autre chose car le fruit a peu de saveur.

Récolte d’une journée sur deux: cassis (j’en ai récolté plusieurs fois), framboises et mûres, groseilles et achochas. Nous aimons bien l’achocha dont le goût rappelle un mélange de concombre et de pois vert, les plants sont productifs et résistent bien à la sécheresse. Leur seul défaut est que les fruits sont petits.

Ces derniers jours, c’était les Norland qui commençaient à être mûres (au stade pépin blanc, elles ont un gout proche de la MacIntosh).
Le vieux pommier de mes parents produit fidèlement comme toujours ses masses de petites pommes striées, bonnes à croquer, mais encore meilleures… en tartes!

Tartes aux pommes et baluchon de petits fruits mélangés. Miam!

Un mélange intéressant inusité et parfumé à essayer, qui fait différent de la traditionnelle tarte à la cannelle. Tombé par hasard dans les trucs du chalet.

Recette: pommes en quartier (avec un peu de jus de citron ou lime ou éviter le brunissement), mélange de sucre et fécule de maïs – pas plus de deux cuillères à soupe de fécule pour une tarte -, épices thaïlandaises (voir photo) et deux-trois cuillères à soupe de sirop d’érable, sans oublier la cuillerée de beurre au fond de l’abaisse pour la cuisson. Miam! Un délice.

Je termine avec une photo des poires Golden Spice. L’arbre aura produit huit poires cette année, pollinisée grâce à mon pollen congelé de poires de type Bartlett rustique et de Comice. J’en ai la certitude, puisqu’il n’est pas autofertile et que les autres poiriers n’ont pas fleuri cette année. J’aurai donc des semis des ces croisements prometteurs à venir! Et ce, même s’il me faudra des années de patience avant de voir quels arbres seront rustiques et quelles poires bonnes à manger dans le lot de ces croisements. Avec un peu de chance…

Bonnes cueillettes!

La taille des baies de kiwis (kolomikta), ça marche!

Ça y est! Je peux enfin confirmer que ma technique de taille des kiwis précédemment expliquée fonctionne. Lien ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/06/10/suivi-du-verger-et-question-sur-la-taille-des-kiwi/

En voici la preuve:

Étant donné que ma variété est plus tardive, je ne commencerai les cueillettes qu’en août, mais certains sur les réseaux sociaux (probablement plus dans le coin de Montréal), ont déjà commencé à récolter leurs baies de kiwi.

Je prendrai une photo de mes récoltes (pour donner une idée de la quantité), mais ça regarde bien. Considérant qu’à l’épicerie, ils vendaient un petit casseau de baies de kiwi 2,99$, mes fruits valent cher! Et en plus, je les ai fait pousser moi-même.

Sinon je me permets également de partager quelques photos de fruits à venir.

Tout d’abord mes concombres du pérou (Achocha). Super content du résultat! Ils commencent déjà produire alors que les mois de juin et juillet on été assez secs sur mon terrain. Les concombres n’ont presque pas poussé et les achochas vont, eux, produire! 🙂 Très hâte d’y gouter!

Les plants produisent des grappes de fleurs mâles et des fleurs femelles séparément. Sur la photo, on voit deux petits fruits (femelle) qui s’en viennent.

Je termine avec des images de pommes à venir jamais goûtées encore (par moi). Sur la première photo, les William’s pride (ou fierté de William), greffées en surgreffage sur pommetier en bout de branche. Mon arbre de William’s pride, lui, a souffert du gel et reprend de la base.

Sur la dernière photo, mes deux premières Priscilla. Les pommes ne viennent pas grosse (limite pommettes), mais leur goût est supposément excellent!

Ma première production de William’s pride

Mes deux premières pommes Priscilla! J’ai hâte d’y goûter! 🙂

Bon jardinage!

Attention aux porte-greffes supposément rustiques

Lors de mon dernier passage au verger, j’ai pu constater quelques bons et d’autres moins bons coups. Ma plus grande déception, dans ce cas, a été la perte de plusieurs  arbres et d’autant de greffes.

Après ma première visite, le temps a été exceptionnellement chaud et sec (après un printemps froid et gris), si bien que ça a fait « cramer » une grosse majorité de mes greffes de pommiers ainsi que certains pruniers, qui avaient pourtant bien repris après deux semaines.
Heureusement, mes poiriers sont presque tous sains et saufs.  J’ai quand même perdu mon Krazulya et j’avais aussi du Vekovaya qui lui aussi semble mort. Sinon, toutes mes autres greffes de poiriers semblent avoir survécues, c’est déjà ça!
J’ai eu moins de chance avec les pommiers. J’en ai sauvé tout de même quelques greffes et je garde encore espoir que – peut-être – certains autres reprennent, mais disons que ça regarde mal.
Comme on dit, les années se suivent mais ne se ressemblent pas.
L’hiver aussi a été dur.
J’ai perdu des arbres de trois ans dont les porte-greffes (des semis de selkirk achetés commercialement) n’étaient pas assez rustique. Ils ont gelé sous le point de greffe. Quand on dit que ce n’est pas le cœur de l’hiver qui fait mal aux arbres, mais le début et la fin de celui-ci. Novembre 2016 a été mortel. Les froids sont arrivés trop vite pour certains arbres qui n’avaient pas encore de couverture de neige, un test ultime pour les porte-greffe.

Mon Haralson, greffé sur M26 de trois ans est mort. Je comptais justement essayer de changer son porte-greffe. Heureusement, il reprend de la base, mais j’ai quand même perdu trois ans pour rien.

Dans certains cas, j’avais greffé, sans me méfier, des yeux dormants à environ 25-30 cm du sol. Et mes pommiers rustiques ont gelé en dessous du point de greffe. Dans d’autres cas, comme sur la photo, c’était des arbres greffés sur porte-greffe pas assez rustique, comme sur du M26. GRRRRR! À partir de maintenant, ça sera du Bud118 ou des semis de Dolgo.
Pour deux de mes arbres mourants, j’ai essayé des greffes de sauvetage dimanche (car le bois du bout des branches était encore vert) alors j’ai greffé et tout emballé avec du buddy wrap pour quelques semaines. J’étêterai dans trois semaines, des fois que… mais j’ai peu d’espoir.
Au moins, je n’ai pas perdu ma greffe de Shipova (un hybride de sorbier et poire) depuis le temps que j’en voulais! Et j’ai même réussi une greffe d’abricot avec branche intermédiaire de convoy.

Greffe d’abricotier Moongold sur prunus nigra en utilisant un intermédiaire de chum Convoy. J’ai laissé guérir l’abricot sur Convoy un mois au frigo (ziplock) avant de greffer à nouveau sur le prunier. Ça marche!

 Au final, mes boutures qui ont survécues semblent être celles qui ont le plus tardé et/ou qui étaient au nord ou à l’ombre.
Sinon, j’espère que vos boutures ont mieux réussi que moi. Avec la canicule, je dois bien être descendu à un taux de 60% comparativement à d’habitude, c’est pas très bon. Mais au moins, je sais que je n’y suis pour rien.
En contrepartie, j’ai une bonne nouvelle: mes expériences de pollinisation ont toutes fonctionné! Mon vieux pollen congelé de deux ans (celui de poires) était encore viable. J’ai réussi à polliniser le golden spice (qui était le seul poirier en fleur) et dimanche, avant de partir, il y avait 5 poires en route, dont au moins une issue d’un croisement avec mon pollen congelé de Doyenne de Comice! Voir mon billet précédent sur le sujet: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/28/la-congelation-du-pollen-ou-comment-croiser-deux-plantes-qui-ne-fleurissent-pas-en-meme-temps/
IMG_6433

Euréka! J’ai réussi à polliniser le vieux Golden Spice de mon père avec du pollen congelé depuis deux ans de poirier Doyenné du Comice!

J’ai aussi une pomme en route, issue de mon croisement Norland x William’s pride (croisement intéressant du point de vue rusticité, récolte hâtive, résistance potentielle à la tavelure et chair rosée). Et enfin, Priscilla x Honeycrisp! 🙂
Même si je ne constaterai pas le résultat final avant plusieurs années, je suis déjà super enthousiasmé du potentiel de ces croisements.

Mon Norland à l’étape de la floraison. Il était seul dans son coin, alors je n’ai pas enlevé les pétales.

Deux semaines plus tard, une pomme Norland issue de ma pollinisation avec du William’s pride (rustique, naturellement nain, hâtif, résistant aux maladies et potentiellement, à la chair rosée)

 

Deux fruits de Priscilla, une des variété de pommes les plus résistantes à toutes la maladies, pollinisée avec du Honeycrisp; en espérant obtenir la résistance aux maladies de la mère, rustique et savoureux, et aux fruits croquants et un gros calibre, comme ceux du père!

Enfin voilà! Et je ne parle même pas des petits fruits. J’aurai un déluge de gadelles, cassis et mûres, en plus de framboises, fraises et quelques prunes.

Déluge de fleurs sur mon mûrier sauvage de St-Tite. Je l’ai taillé déjà deux fois cette année afin de concentrer l’énergie dans les fruits pour avoir une meilleure production. Je crois que ça regarde bien. De plus, le plant est beaucoup plus hâtif que l’autre variété sans épines sans nom que j’ai, et qui est en plus n’est pas rustique du tout (comparé à celui-ci).

Plusieurs fruits en route sur mes branches de CHUM greffées sur prunus nigra. J’en aurai davantage, si ce n’était des charançons qui ont percé les 9/10 de mes fruits. Je vais devoir trouver comment régler ce problème le printemps prochain (de façon bio, de préférence).

Yééé! Ça commence à produire. J’ai hâte au mois d’août! 🙂
Je termine avec des photos des mes néflier, que j’ai enfin pu voir en fleur pour la première fois. Cette année, je les cueillerai le plus tard possible, soit en novembre. J’espère bien que cette année, ils auront le temps de grossir assez pour y goûter comme il faut!
 Bon jardinage!

Suivi du verger et question sur la taille des kiwi

Désolé si j’ai été un peu taciturne ces dernières semaines, j’ai mis beaucoup d’énergie sur mon terrain, printemps oblige, ce qui laisse peu de temps pour écrire et partager.

Comme à tous les ans depuis trois-quatre ans déjà, je me suis fait prendre au piège d’accepter trop d’échanges de bois à greffer. Par conséquent, j’ai donc fait plus de 100 greffes, dont 95 chez moi et une dizaine chez des amis. Et… j’ai réussi à tout faire ces greffes sans presque me couper. Il fallait bien au moins une cicatrice de guerre, car on dirait que ça fait partie des incontournables et je la porte fièrement pour le temps qu’il lui reste, c’est déjà presque disparu.

Quelques photos de greffes qui reprennent…

 

Nouvelles du verger:

Sinon, bien que la plupart de mes greffes repoussent déjà, je me permets de partager quelques déception mais aussi de jolies surprises au verger:

D’abord, ma plus grosse déception, c’est mes deux plus gros poiriers, dont les bourgeons floraux semblent avoir gelé, car bien que mon Ure avait fleuri l’année précédente, il n’avait aucune fleur cette année, pas plus que mon John.

Mon poirier Seckel sur amélanchier est toujours vivant, mais a été rudement malmené par la grosse couche de neige et de glace. Il est à moitié cassé et repousse très timidement. Il ne lui reste plus qu’un seul bourgeon floral et je ne suis pas sur qu’il fera grand chose, mis à part survivre.

Par contre, j’ai mes premières fleurs de quelques pommiers. Mon Priscilla fleurira pour la première fois, ainsi que mon Norland. J’ai aussi une branche de Pristine et de William’s pride qui préparent leurs boutons. J’aurai donc peut-être la chance de gouter quelques pommes inédites, tout n’est donc pas perdu.

Enfin, même chose côté prunes, j’ai mon prunier Yellow Egg (Pershore) ainsi que mon semis de prunier Américain qui fleurissent, eux aussi, pour la première fois, laissant présager de potentiels fruits à venir.

Premières fleurs sur mon semis de prunier américain

De plus, la grosse couverture de neige n’a pas que des inconvénients; les chaenomeless ou coings japonais n’ont jamais été aussi beaux, pour le plus grand plaisir des bourdons et oiseaux mouches. Jugez-en par vous-même:

E9F353AB-29DC-42B1-BA37-8A91FDE3E238

Aussi, mes trucs saisonniers sont plantés: mes tomates, patates, poivrons et piments, mes courges ainsi que mes quelques nouveaux légumes exotiques (gumbo et achocha, ou concombre du pérou).

Mes deux plants d’achocha mis en terre

Et aussi, depuis le temps que j’en cherchais, j’ai enfin mis la main sur du Shipova (sorbopyrus auricularis), l’hybride poires-sorbier. C’est zoné 4, mais je voulais tout de même l’essayer. J’en ai donc greffé sur mon sorbier (en bout de branche), mais aussi sur de l’aronia donc plus bas, puisque c’est sensé aider à mettre à fruit plus rapidement.

Les bourgeons débourrent déjà:

47D84752-2B1A-4409-A523-880C39F3E49C

Le sorbopyrus Shipova, greffé sur Aronia.

* * *

Comment tailler et faire fructifier les kiwi…

Mes kiwis seront couverts de fleurs cette année. Je pourrai enfin déterminer quel est le sexe des plants qui restent (j’en avais deux inconnus).

Étant donné que quelqu’un m’avait demandé si je savais comment tailler et faire fructifier les kiwi, j’en profite pour reprendre ici la question afin de tenter d’y répondre.

Comment faire fructifier les kiwis?

Point 1: pour obtenir des fruits, il faut un plant male ET un plant femelle d’une même variété (par exemple actinidia kolomikta vs arguta). Ce sont des plantes dioïques, soit qui ne portent des fleurs que d’un seul sexe. On recommande souvent au moins un plant mâle pour 5 femelles. En cas de doute (ou de semis) voici de quoi ont l’air les fleurs afin de les distinguer:

Actinidia kolomikta – fleurs mâles

 

Actinidia kolomikta – fleurs femelles, on distingue le mini fruit au cœur de la fleur.

Note1: Il existe supposément des variétés de plants femelles auto-fertiles. Je ne les ai pas testées, alors si quelqu’un a eu du succès avec celles-ci, je vous invite à le partager! La variété de k. arguta Issaï le serait, selon ce site: http://vegetolab.com/kiwi_fr.html

Note2: Il peut arriver que les fleurs soient boudées par les pollinisateurs. Rien n’empêche de jouer nous-même au bourdon avec un pinceau afin d’aider un peu la nature et d’ainsi s’assurer une meilleure mise à fruit.

Point 2: la taille.

J’ai lu plusieurs articles sur le sujet et je n’ai rien trouvé de vraiment « parlant » ou de suffisamment bien fait (en tout cas à mon goût). Je résumerai donc ce que j’ai retenu de mes lectures.

  • La taille de kiwi se fait un peu comme celle d’une vigne; le plant produit des fleurs sur le bois de l’année précédente.
  • La plante à tendance à pousser beaucoup, alors il faut contrôler l’excédent de bois, sinon la plante ne produira que du feuillage. On peut tailler en cordon et garder des branches secondaires, car c’est là-dessus que le plant fructifiera. Sur certains sites, on propose deux tailles: d’hiver et d’été (contrôle de la pousse excessive).
  • Quand on taille, on veut supprimer les « gourmands » et repousses à la base de plant, qui sapent l’énergie du plant principal. On nettoie donc/dégage la base de plant de repousses non désirées.
  • Je taille/raccourcis aussi les branches fruitières afin de concentrer la sève dans les bourgeons à fleurs ce qui améliore la production. Pour ma part, j’ai attendu début juin pour savoir quels bourgeons allaient fleurir et j’ai raccourci d’un bourgeon floral (supprimé une grappe de fleur) sur chaque branche fruitière. Toutefois, les kiwis ont tendance à « couler » et il est préférable de tailler avant que les bourgeons soient débourrés.
Kiwi kolomikta X

Mes kiwis kolomikta X avant la taille. Je les ai installés sur un treillis en éventail, que je couche au sol à chaque hiver et relève le printemps venu. Ça fonctionne très bien!

Les kiwis après la taille. La base est désormais dégagée, les « gourmands » sont supprimés et les fruitières écourtées.

Les branches fruitières sont légèrement raccourcies et on devine déjà les boutons floraux qui se préparent.

IMG_6575

Photo de branche du kiwi mâle, que j’ai taillée plus longue afin de laisser plus de fleurs. Tout de suite après ou même pendant la floraison, on peut étêter les branches des plants femelles afin de concentrer l’énergie dans la production des fruits.

Quelques vidéo/lecture afin de compléter la réflexion sur la taille des kiwis:

Un article intéressant (en anglais) sur le sujet: http://sfp.ucdavis.edu/pubs/brochures/Kiwi/

Vidéo, en français, sur Rustica: https://www.rustica.fr/tv/tailler-kiwi,8979.html

Salutations et bon jardinage!

Recherche sur les poiriers rustique

Un petit état de la situation pour ce qui est de mes expériences de rusticité et vigueur en ce qui a trait aux porte-greffes de poirier. En résumé; c’est du long terme, mais d’ici là, j’ai déjà des conclusions de tirées. En bonus, de nouvelles sources en fin de billet.

graines de poiriers en provenance du NCGR-Corvallis

Graines de poiriers reçues du NCGR-Corvallis – automne 2014

Ce billet fait suite la publication de mars 2015 suivante: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/11/pyrus-regelii-et-pyrus-korchinskyi-des-porte-greffes-rustiques-prometteurs-pour-zone-2-et-3/

Les variétés à l’essai à ce jour (comme porte-greffe de poirier):

– semis d’Ussuriensis, graines achetées d’internet (provenance inconnue)
– semis de John (hybrid Ussuriensis x communis Aspa)
– semis de variétés sauvages: p. nivalis (de Russie), p. Korshinskyi (1600m Kyrgyzstan) et p. spinosa (980m d’altitude en Albanie), p. regelii (800m Kazakhstan, -40’C)
-semis de communis de l’épicerie.
-greffe sur amélanchier

Mes semis, pour la plupart, en sont à leur deuxième année, sinon trois. Jusqu’à présent, les constats sont les suivants:

  • les graines d’ussuriensis d’internet (acheté depuis trois ans) n’étaient pas rustiques du tout. Celles-ci provenaient du sud des États-Unis et la pollinisation était ouverte, donc ceux-ci semblent avoir été croisés avec du non-rustique. Au final, il ne me reste qu’un plant et j’ai arraché tous les autres. En résumé, on achète jamais de graines de sources inconnues, pour s’assurer de la rusticité d’une variété, vous procurer quelque chose dans une même zone que vous ou dans les rayons de 100 km encore mieux.
  • les semis de John sont très vigoureux et, tout comme je l’avais lu dans un article sur le web, donnent d’excellents porte-greffes. Ils poussent bien et semblent assez résistants au froid et à la sécheresse.
john-semis

Des semis de John à leur deuxième année. Même plantée dans un endroit inhospitalier, ça pousse bien quand même.

Pour ce qui est des variétés sauvages:

Les p. spinosa et nivalis poussent très lentement. Personne de mort à date, mais après deux ans, les semis ne mesurent qu’environ 20 cm au maximum, pas plus. Le feuillage des spinosa est dentelé et fort joli. Eux aussi poussent lentement et sont peu vigoureux. Ils semblent assez bien résister à la sécheresse.

SONY DSC

Mes semis de pyrus nivalis ont bien résisté jusqu’à maintenant, mais poussent très lentement. Leur feuillage d’automne se fond dans le paysage du sous-bois. Les voyez-vous?

SONY DSC

Ici, on voit mes semis de pyrus spinosa d’Albanie. J’ai dû leur mettre des protecteurs contre les lièvres.

Les p. regelii, sensés être très résistants au froid, à la sécheresse et nains, sont effectivement assez résistants à la sécheresse, et nains. Toutefois, ceux que j’ai plantés dans du sable subsistent sans plus et j’en ai même perdu un. Ils semblent avoir quand même besoin d’un sol avec au moins un peu de nourriture/humus et un minimum d’eau pour prospérer. Mon plus gros fait environ 30 cm; c’est celui que j’ai le mieux planté/chouchouté.

SONY DSC

Un semis de regelii arborant ses couleurs jaunes d’automne.

regelii-semis2ans

Mon plus beau plant de p. regelii avant sa coupe de cheveux. Les plants ont une forte tendance buissonnante.

Enfin, je termine avec le pyrus korshinskyi. Je n’ai réussi à faire germer qu’une seule et unique graine sur un lot de 25. Je confirme, celles-ci ne conservent pas leur viabilité longtemps.

Le plant a été déménagé au printemps et je l’ai planté sur le sommet d’une butte en plein soleil pour sa deuxième année. C’était le test ultime, puisque ceux-ci sont réputés être très résistants à la sécheresse et justement, recherchés afin d’être utilisés comme porte-greffe dans leur Russie d’origine.

Le résultat avant/après:

p-korshinskyi-printemps

p. korshinskyi au printemps 2016…

pyrus korshinskyi

Mon pyrus  korshinskyi à la fin de l’été (septembre). Il a plus que doublé malgré un mois d’août sans pluie.

pyrus korshinskyi

pyrus korshinskyi avec son feuillage d’automne d’un beau violet

Semis de p. communis: Pour avoir fait le test, étant donné qu’il tombe beaucoup de neige chez moi, utiliser des semis de Bartlett, Anjou, Comice ou Bosc comme PG à affranchir ne semble pas un problème pour le moment (ces variétés donnent toutes des semis vigoureux). Toutefois, je pourrais potentiellement avoir des problèmes avec les racines, advenant le cas d’un très gros froid de novembre/décembre sans neige, ou encore avec le feu bactérien. Éventuellement, je pourrais aussi utiliser des graines de mon Old Home, une fois que celui-ci aura enfin fructifié (j’espère des fleurs au printemps…)

Et pour toutes les variétés sauvages à l’essai (spinosa, nivalis, regelii et Korshinskii) je n’ai pas encore fait de tests de greffes, alors je ne sais pas du tout ce qui pourra arriver au niveau compatibilités.

Greffes sur Amélanchier – un suivi:

J’en suis à la troisième année pour mon Early seckel sur amélanchier et j’ai maintenant un Beurré d’Amanlis aussi sur amélanchier. J’espère des fleurs sur mon Early Seckel au printemps. Le résultat est encourant et très nanisant. Toutefois, il semblerait que les plants aient besoin d’amour (arrosage, engrais/humus), puisque dans un verger rustique non irrigué/arrosé, mes plants semblent en mode survie sans plus.

Early seckel sur amélanchier

Early seckel sur amélanchier en automne

Beurré d'Amanlis sur amélanchier

Ressources et bibliographie:

Et je termine avec quelques ressources, trouvées ici et là sur le web, traitant surtout de la recherche sur les porte-greffes pour poirier en climat rustique. Désolé, c’est encore en anglais.

Les deux premiers liens sont des articles de la revue Good fruit grower. Le premier étant sur les expériences de culture sur amélanchier (déjà partagé par le passé). Le second est tout récent et parle plutôt d’un verger au Vermont, celui de Todd Parl de la pépinière WaldnHeightsNursery. Celui-ci a été récipiendaire d’une bourse de recherche afin de tester les cultivars et porte-greffes de pommiers et poiriers rustique. Son site se trouve en altitude avec un climat et terrain montagneux, donc assez proche du mien (USDA zone 3). Son climat semble assez proche d’un zone 4 canadien je dirais.

coldhardinessresearchp96-013 goodfruitgrower-april-15 in-the-hunt-for-cold-hardy-pears-good-fruit-grower

Source: Good fruit grower, 15 avril 2015: http://www.goodfruit.com/portfolio-items/april-15-2015/

in-the-hunt-for-cold-hardy-pears-good-fruit-grower (j’ai fait des pdf, car les liens du magazine ne semblent pas toujours bons).

Source: http://www.goodfruit.com/in-the-hunt-for-cold-hardy-pears/

Par curiosité, je suis donc allé voir le site de la pépinière en question et suis tombé sur les résultats de recherches  qui étaient publiés en ligne! Voir plus particulièrement les tableaux 14, 15 et 17.

Le lien: https://waldenheightsnursery.com/category/research/rssf

Le dernier lien est un vieil article de 1996, mais qui fait le point sur la recherche au niveau international en termes de culture fruitière rustique, avec un bon bilan de ce qui se faisait à l’époque en terme de recherche au Canada. J’étais content d’apprendre que le réputé Harrow Queen est supposé être plus rustique. À confirmer donc.

http://www.nrcresearchpress.com/doi/pdf/10.4141/P96-013

(PS: Si vous êtes intéressés par les publications scientifiques sur les poires, je vous conseille de consulter ce qui se fait au niveau international, car un symposium scientifique est tenu mais je ne suis pas certain de la fréquence. Les textes présentés sont listés ici, sous « International Pear Symposium »: http://www.ishs.org/european-and-asian-pears

Conférence de novembre sur l’art de la greffe est en ligne!

Vous avez manqué la conférence sur la greffe en milieu rustique du début novembre dernier à l’Université Laval?

Que cela ne tienne, les gentils bénévoles et organisateurs de VIA Agro Écologie l’ont filmée et le tout est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=BY_fmK5xLNI

Sans prétendre à la science infuse, ni à la vérité absolue, le tout se voulait une conférence présentant le résultat de mes recherches et expérimentations à ce jour. Quand on parle en « Je » et de ses expériences personnelles, d’habitude, c’est difficile de se tromper.

affiche-85x11-300dpi

En gros, j’y présente mon projet de permaculture en zone 3, au Saguenay. J’y aborde les variétés de fruitiers rustiques, les greffes (greffons et porte-greffes) ,et surtout, j’y partage mes sources à ce jour (végétales et bibliographiques).

Bon visionnement! 🙂