Suivi du verger et question sur la taille des kiwi

Désolé si j’ai été un peu taciturne ces dernières semaines, j’ai mis beaucoup d’énergie sur mon terrain, printemps oblige, ce qui laisse peu de temps pour écrire et partager.

Comme à tous les ans depuis trois-quatre ans déjà, je me suis fait prendre au piège d’accepter trop d’échanges de bois à greffer. Par conséquent, j’ai donc fait plus de 100 greffes, dont 95 chez moi et une dizaine chez des amis. Et… j’ai réussi à tout faire ces greffes sans presque me couper. Il fallait bien au moins une cicatrice de guerre, car on dirait que ça fait partie des incontournables et je la porte fièrement pour le temps qu’il lui reste, c’est déjà presque disparu.

Quelques photos de greffes qui reprennent…

 

Nouvelles du verger:

Sinon, bien que la plupart de mes greffes repoussent déjà, je me permets de partager quelques déception mais aussi de jolies surprises au verger:

D’abord, ma plus grosse déception, c’est mes deux plus gros poiriers, dont les bourgeons floraux semblent avoir gelé, car bien que mon Ure avait fleuri l’année précédente, il n’avait aucune fleur cette année, pas plus que mon John.

Mon poirier Seckel sur amélanchier est toujours vivant, mais a été rudement malmené par la grosse couche de neige et de glace. Il est à moitié cassé et repousse très timidement. Il ne lui reste plus qu’un seul bourgeon floral et je ne suis pas sur qu’il fera grand chose, mis à part survivre.

Par contre, j’ai mes premières fleurs de quelques pommiers. Mon Priscilla fleurira pour la première fois, ainsi que mon Norland. J’ai aussi une branche de Pristine et de William’s pride qui préparent leurs boutons. J’aurai donc peut-être la chance de gouter quelques pommes inédites, tout n’est donc pas perdu.

Enfin, même chose côté prunes, j’ai mon prunier Yellow Egg (Pershore) ainsi que mon semis de prunier Américain qui fleurissent, eux aussi, pour la première fois, laissant présager de potentiels fruits à venir.

Premières fleurs sur mon semis de prunier américain

De plus, la grosse couverture de neige n’a pas que des inconvénients; les chaenomeless ou coings japonais n’ont jamais été aussi beaux, pour le plus grand plaisir des bourdons et oiseaux mouches. Jugez-en par vous-même:

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Aussi, mes trucs saisonniers sont plantés: mes tomates, patates, poivrons et piments, mes courges ainsi que mes quelques nouveaux légumes exotiques (gumbo et achocha, ou concombre du pérou).

Mes deux plants d’achocha mis en terre

Et aussi, depuis le temps que j’en cherchais, j’ai enfin mis la main sur du Shipova (sorbopyrus auricularis), l’hybride poires-sorbier. C’est zoné 4, mais je voulais tout de même l’essayer. J’en ai donc greffé sur mon sorbier (en bout de branche), mais aussi sur de l’aronia donc plus bas, puisque c’est sensé aider à mettre à fruit plus rapidement.

Les bourgeons débourrent déjà:

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Le sorbopyrus Shipova, greffé sur Aronia.

* * *

Comment tailler et faire fructifier les kiwi…

Mes kiwis seront couverts de fleurs cette année. Je pourrai enfin déterminer quel est le sexe des plants qui restent (j’en avais deux inconnus).

Étant donné que quelqu’un m’avait demandé si je savais comment tailler et faire fructifier les kiwi, j’en profite pour reprendre ici la question afin de tenter d’y répondre.

Comment faire fructifier les kiwis?

Point 1: pour obtenir des fruits, il faut un plant male ET un plant femelle d’une même variété (par exemple actinidia kolomikta vs arguta). Ce sont des plantes dioïques, soit qui ne portent des fleurs que d’un seul sexe. On recommande souvent au moins un plant mâle pour 5 femelles. En cas de doute (ou de semis) voici de quoi ont l’air les fleurs afin de les distinguer:

Actinidia kolomikta – fleurs mâles

 

Actinidia kolomikta – fleurs femelles, on distingue le mini fruit au cœur de la fleur.

Note1: Il existe supposément des variétés de plants femelles auto-fertiles. Je ne les ai pas testées, alors si quelqu’un a eu du succès avec celles-ci, je vous invite à le partager! La variété de k. arguta Issaï le serait, selon ce site: http://vegetolab.com/kiwi_fr.html

Note2: Il peut arriver que les fleurs soient boudées par les pollinisateurs. Rien n’empêche de jouer nous-même au bourdon avec un pinceau afin d’aider un peu la nature et d’ainsi s’assurer une meilleure mise à fruit.

Point 2: la taille.

J’ai lu plusieurs articles sur le sujet et je n’ai rien trouvé de vraiment « parlant » ou de suffisamment bien fait (en tout cas à mon goût). Je résumerai donc ce que j’ai retenu de mes lectures.

  • La taille de kiwi se fait un peu comme celle d’une vigne; le plant produit des fleurs sur le bois de l’année précédente.
  • La plante à tendance à pousser beaucoup, alors il faut contrôler l’excédent de bois, sinon la plante ne produira que du feuillage. On peut tailler en cordon et garder des branches secondaires, car c’est là-dessus que le plant fructifiera. Sur certains sites, on propose deux tailles: d’hiver et d’été (contrôle de la pousse excessive).
  • Quand on taille, on veut supprimer les « gourmands » et repousses à la base de plant, qui sapent l’énergie du plant principal. On nettoie donc/dégage la base de plant de repousses non désirées.
  • Je taille/raccourcis aussi les branches fruitières afin de concentrer la sève dans les bourgeons à fleurs ce qui améliore la production. Pour ma part, j’ai attendu début juin pour savoir quels bourgeons allaient fleurir et j’ai raccourci d’un bourgeon floral (supprimé une grappe de fleur) sur chaque branche fruitière. Toutefois, les kiwis ont tendance à « couler » et il est préférable de tailler avant que les bourgeons soient débourrés.
Kiwi kolomikta X

Mes kiwis kolomikta X avant la taille. Je les ai installés sur un treillis en éventail, que je couche au sol à chaque hiver et relève le printemps venu. Ça fonctionne très bien!

Les kiwis après la taille. La base est désormais dégagée, les « gourmands » sont supprimés et les fruitières écourtées.

Les branches fruitières sont légèrement raccourcies et on devine déjà les boutons floraux qui se préparent.

Quelques vidéo/lecture afin de compléter la réflexion sur la taille des kiwis:

Un article intéressant (en anglais) sur le sujet: http://sfp.ucdavis.edu/pubs/brochures/Kiwi/

Vidéo, en français, sur Rustica: https://www.rustica.fr/tv/tailler-kiwi,8979.html

Salutations et bon jardinage!

Recherche sur les poiriers rustique

Un petit état de la situation pour ce qui est de mes expériences de rusticité et vigueur en ce qui a trait aux porte-greffes de poirier. En résumé; c’est du long terme, mais d’ici là, j’ai déjà des conclusions de tirées. En bonus, de nouvelles sources en fin de billet.

graines de poiriers en provenance du NCGR-Corvallis

Graines de poiriers reçues du NCGR-Corvallis – automne 2014

Ce billet fait suite la publication de mars 2015 suivante: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/11/pyrus-regelii-et-pyrus-korchinskyi-des-porte-greffes-rustiques-prometteurs-pour-zone-2-et-3/

Les variétés à l’essai à ce jour (comme porte-greffe de poirier):

– semis d’Ussuriensis, graines achetées d’internet (provenance inconnue)
– semis de John (hybrid Ussuriensis x communis Aspa)
– semis de variétés sauvages: p. nivalis (de Russie), p. Korshinskyi (1600m Kyrgyzstan) et p. spinosa (980m d’altitude en Albanie), p. regelii (800m Kazakhstan, -40’C)
-semis de communis de l’épicerie.
-greffe sur amélanchier

Mes semis, pour la plupart, en sont à leur deuxième année, sinon trois. Jusqu’à présent, les constats sont les suivants:

  • les graines d’ussuriensis d’internet (acheté depuis trois ans) n’étaient pas rustiques du tout. Celles-ci provenaient du sud des États-Unis et la pollinisation était ouverte, donc ceux-ci semblent avoir été croisés avec du non-rustique. Au final, il ne me reste qu’un plant et j’ai arraché tous les autres. En résumé, on achète jamais de graines de sources inconnues, pour s’assurer de la rusticité d’une variété, vous procurer quelque chose dans une même zone que vous ou dans les rayons de 100 km encore mieux.
  • les semis de John sont très vigoureux et, tout comme je l’avais lu dans un article sur le web, donnent d’excellents porte-greffes. Ils poussent bien et semblent assez résistants au froid et à la sécheresse.
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Des semis de John à leur deuxième année. Même plantée dans un endroit inhospitalier, ça pousse bien quand même.

Pour ce qui est des variétés sauvages:

Les p. spinosa et nivalis poussent très lentement. Personne de mort à date, mais après deux ans, les semis ne mesurent qu’environ 20 cm au maximum, pas plus. Le feuillage des spinosa est dentelé et fort joli. Eux aussi poussent lentement et sont peu vigoureux. Ils semblent assez bien résister à la sécheresse.

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Mes semis de pyrus nivalis ont bien résisté jusqu’à maintenant, mais poussent très lentement. Leur feuillage d’automne se fond dans le paysage du sous-bois. Les voyez-vous?

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Ici, on voit mes semis de pyrus spinosa d’Albanie. J’ai dû leur mettre des protecteurs contre les lièvres.

Les p. regelii, sensés être très résistants au froid, à la sécheresse et nains, sont effectivement assez résistants à la sécheresse, et nains. Toutefois, ceux que j’ai plantés dans du sable subsistent sans plus et j’en ai même perdu un. Ils semblent avoir quand même besoin d’un sol avec au moins un peu de nourriture/humus et un minimum d’eau pour prospérer. Mon plus gros fait environ 30 cm; c’est celui que j’ai le mieux planté/chouchouté.

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Un semis de regelii arborant ses couleurs jaunes d’automne.

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Mon plus beau plant de p. regelii avant sa coupe de cheveux. Les plants ont une forte tendance buissonnante.

Enfin, je termine avec le pyrus korshinskyi. Je n’ai réussi à faire germer qu’une seule et unique graine sur un lot de 25. Je confirme, celles-ci ne conservent pas leur viabilité longtemps.

Le plant a été déménagé au printemps et je l’ai planté sur le sommet d’une butte en plein soleil pour sa deuxième année. C’était le test ultime, puisque ceux-ci sont réputés être très résistants à la sécheresse et justement, recherchés afin d’être utilisés comme porte-greffe dans leur Russie d’origine.

Le résultat avant/après:

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p. korshinskyi au printemps 2016…

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Mon pyrus  korshinskyi à la fin de l’été (septembre). Il a plus que doublé malgré un mois d’août sans pluie.

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pyrus korshinskyi avec son feuillage d’automne d’un beau violet

Semis de p. communis: Pour avoir fait le test, étant donné qu’il tombe beaucoup de neige chez moi, utiliser des semis de Bartlett, Anjou, Comice ou Bosc comme PG à affranchir ne semble pas un problème pour le moment (ces variétés donnent toutes des semis vigoureux). Toutefois, je pourrais potentiellement avoir des problèmes avec les racines, advenant le cas d’un très gros froid de novembre/décembre sans neige, ou encore avec le feu bactérien. Éventuellement, je pourrais aussi utiliser des graines de mon Old Home, une fois que celui-ci aura enfin fructifié (j’espère des fleurs au printemps…)

Et pour toutes les variétés sauvages à l’essai (spinosa, nivalis, regelii et Korshinskii) je n’ai pas encore fait de tests de greffes, alors je ne sais pas du tout ce qui pourra arriver au niveau compatibilités.

Greffes sur Amélanchier – un suivi:

J’en suis à la troisième année pour mon Early seckel sur amélanchier et j’ai maintenant un Beurré d’Amanlis aussi sur amélanchier. J’espère des fleurs sur mon Early Seckel au printemps. Le résultat est encourant et très nanisant. Toutefois, il semblerait que les plants aient besoin d’amour (arrosage, engrais/humus), puisque dans un verger rustique non irrigué/arrosé, mes plants semblent en mode survie sans plus.

Early seckel sur amélanchier

Early seckel sur amélanchier en automne

Beurré d'Amanlis sur amélanchier

Ressources et bibliographie:

Et je termine avec quelques ressources, trouvées ici et là sur le web, traitant surtout de la recherche sur les porte-greffes pour poirier en climat rustique. Désolé, c’est encore en anglais.

Les deux premiers liens sont des articles de la revue Good fruit grower. Le premier étant sur les expériences de culture sur amélanchier (déjà partagé par le passé). Le second est tout récent et parle plutôt d’un verger au Vermont, celui de Todd Parl de la pépinière WaldnHeightsNursery. Celui-ci a été récipiendaire d’une bourse de recherche afin de tester les cultivars et porte-greffes de pommiers et poiriers rustique. Son site se trouve en altitude avec un climat et terrain montagneux, donc assez proche du mien (USDA zone 3). Son climat semble assez proche d’un zone 4 canadien je dirais.

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Source: Good fruit grower, 15 avril 2015: http://www.goodfruit.com/portfolio-items/april-15-2015/

in-the-hunt-for-cold-hardy-pears-good-fruit-grower (j’ai fait des pdf, car les liens du magazine ne semblent pas toujours bons).

Source: http://www.goodfruit.com/in-the-hunt-for-cold-hardy-pears/

Par curiosité, je suis donc allé voir le site de la pépinière en question et suis tombé sur les résultats de recherches  qui étaient publiés en ligne! Voir plus particulièrement les tableaux 14, 15 et 17.

Le lien: https://waldenheightsnursery.com/category/research/rssf

Le dernier lien est un vieil article de 1996, mais qui fait le point sur la recherche au niveau international en termes de culture fruitière rustique, avec un bon bilan de ce qui se faisait à l’époque en terme de recherche au Canada. J’étais content d’apprendre que le réputé Harrow Queen est supposé être plus rustique. À confirmer donc.

http://www.nrcresearchpress.com/doi/pdf/10.4141/P96-013

(PS: Si vous êtes intéressés par les publications scientifiques sur les poires, je vous conseille de consulter ce qui se fait au niveau international, car un symposium scientifique est tenu mais je ne suis pas certain de la fréquence. Les textes présentés sont listés ici, sous « International Pear Symposium »: http://www.ishs.org/european-and-asian-pears

Conférence de novembre sur l’art de la greffe est en ligne!

Vous avez manqué la conférence sur la greffe en milieu rustique du début novembre dernier à l’Université Laval?

Que cela ne tienne, les gentils bénévoles et organisateurs de VIA Agro Écologie l’ont filmée et le tout est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=BY_fmK5xLNI

Sans prétendre à la science infuse, ni à la vérité absolue, le tout se voulait une conférence présentant le résultat de mes recherches et expérimentations à ce jour. Quand on parle en « Je » et de ses expériences personnelles, d’habitude, c’est difficile de se tromper.

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En gros, j’y présente mon projet de permaculture en zone 3, au Saguenay. J’y aborde les variétés de fruitiers rustiques, les greffes (greffons et porte-greffes) ,et surtout, j’y partage mes sources à ce jour (végétales et bibliographiques).

Bon visionnement! 🙂

 

Conférence le 9 novembre prochain sur l’Art de la greffe dans un contexte de verger rustique

Petite invitation à une conférence que je donnerai sur mes expériences avec l’art de la greffe dans un contexte de verger en permaculture au Saguenay zone 3.

Le tout s’est décidé un peu sur le tard, mais si ça vous tente, c’est le mercredi 9 novembre prochain à 17h30, au pavillon Paul Comtois Local 3111 et… c’est gratuit!

J’encouragerai toutefois une contribution volontaire aux organisateurs, soit le groupe étudiant VIA Agro-Écologie, qui m’ont invité.

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VIA Agro-Écologie « fait la promotion et la sensibilisation des alternatives agro-écologiques, pour un environnement sain dans l’optique du développement durable. Plusieurs conférences sont organisées chaque année sous cette trame de fond. On y trouve une bibliothèque détenant des livres sur l’agriculture et le maraîchage biologique, la traction animale, les énergies vertes, la gestion des matières résiduelles, les plantes médicinales, l’agriculture urbaine (et beaucoup d’autres sujets!) pouvant être consultés et empruntés par tous les étudiants de la FSAA. VIA tient aussi un jardin écologique et communautaire situé tout près du Jardin Roger Van den Hende. Une parcelle peut y être louée à coût modique! Informez-vous auprès de la personne responsable.  » source: http://www.agetaac.ulaval.ca/clubs-et-comites/via-agro-ecologie/

Le temps fort des récoltes et des marchés publics

C’est la saison des récoltes! Je suis passé à mon terrain la fin de semaine dernière et suis revenu avec des caisses de tomates, courges, patates, haricots et quelques fruits de chez mon père, mes arbres n’étant pas encore assez gros pour produire.

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Les récoltes 2016: courges zucchini, spaghetti, butternut et hybrides inattendus.

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Récoltes 2016

En plus, j’ai mis la main sur quelques kiwis pas encore murs (mes kolomiktas). Cette année, je voulais les cueillir avant maturité et les laisser finir de mûrir à l’intérieur, car j’avais lu que ça fonctionnait bien.

Et bien, réussite! C’est effectivement ce qu’il faut faire. C’est donc dire que mes kiwis sont donc assez rustiques et mûrissent suffisamment pour être cultivés au Saguenay! Succès! 🙂 Je les avais complètement négligés cette année (aucune taille) et ceux-ci n’ont donc presque rien produit. Toutefois, ce revirement positif est tout ce qu’il me fallait pour me redonner espoir. Je retournerai faire mes devoirs en termes de lecture pour revoir les techniques de taille et espérer une belle production en septembre 2017.

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Une baie de kiwi poussée à Petit-Saguenay! 🙂 Le secret, on le récolte encore ferme et on le laisse finir de mûrir à l’intérieur. Il est prêt lorsqu’il ramollit légèrement. Variété: Actinidia Kolomikta X

Et malgré tout ça, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire une saucette au marché public du Vieux-Port, à deux pas de chez nous. C’est le temps de l’année ou l’on peut profiter des récoltes des autres, aux marchés publics locaux; des produits frais cultivés près de chez nous  qui demandent moins d’essence pour le transport, donc on laisse une meilleure empreinte écologique. Et surtout, enfin la chance d’avoir des produits différents de ce qui est vendu le reste de l’année à l’épicerie. Ça, c’est précieux!
Pas plus tard qu’hier, j’ai justement mis la main sur du melon d’eau (variété inconnue), des poires locales sans nom, ainsi que sur des pommes Duchesse et des Zestar!® 🙂 Miam!

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Un melon d’eau cultivé à Québec de variété inconnue. Devinez qui a ramassé des graines?

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Une nouvelle pomme à découvrir, Zestar!® de l’Université du Minnesota

Zestar!® a été développée par l’Université du Minnesota, mieux connue pour ses variétés Honeycrisp, Haralson et Sweet 16. Zestar!® a été introduite en 1999 et est le fruit d’un croisement entre State Fair et MN 1691. State Fair est une pomme hâtive, un peu plus « surette », ce qui a certainement joué un rôle dans le gout de Zestar!®; juteux et croquant d’un sucré amer très bien balancé. D’où son nom de « Zest- star » 😉 Lorsque j’ai mangé ma première pomme, je n’ai pas pu m’empêcher d’en prendre une deuxième.

À propos de la pomme Zestar!® – http://mnhardy.umn.edu/varieties/fruit/apples/zestar

J’en profite pour partager un épisode de l’émission l’Épicerie qui vous parle de la vie/réalité de ces petits producteurs de nos marchés publics.

Bonnes découvertes!

2016-09-07_19_30_00_epi_0715_01_01http://ici.radio-canada.ca/tele/l-epicerie/2015-2016/segments/reportage/8584/marches-publics-producteurs

Le temps des fraises et autres primeurs au verger

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Petites fraises sauvages versus fraises cultivées

Ça y est, la saison est lancée avec les fraises. Miam miam. Même si je ne suis pas adepte de la récolte des fraises sauvages, il y en avait tellement cette année que je n’ai pas pu résister.

Ma première expérience de culture des cerises de terre du pérou (ou coqueret du pérou/physalis peruviana) est concluante. Alors que nous sommes début juillet et qu’il reste encore deux-trois mois de culture devant nous, mes plants même semés tardivement en mi-mai sont déjà en fleur!

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Mes plants de physalis peruviana sont déjà en fleur! Ça augure bien.

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Sinon, j’étais vraiment content de mes petites plantations de cette année. D’abord, mes greffes se portent bien, j’ai plusieurs arbres qui commencent enfin à ressembler à quelque chose; à s’élever plus haut qu’un mètre et à commencer à faire des branches. Et surtout, j’étais vraiment content de plusieurs petites primeurs. D’abord, ma première prune!

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Prunus Opata

Il s’agit d’une prune cerise (chum) Opata. Je n’en ai qu’une seule, mais c’est un début!

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fruits d’aronia

Aussi, j’ai mon aronia (parti d’un semis) qui produit pour la première fois. Je n’ai pas beaucoup d’attente au niveau gustatif, mais tout de même, c’est chouette! 🙂

Ensuite, y’a les mûroises qui fleurissent enfin! Par contre, nous avons travaillé fort pour les attacher et leur construire un support permanent et pour l’instant, le succès est mitigé. Les plants tendent à fleurir près de la base plutôt qu’en hauteur. À suivre…

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Notre plantation de mûroises attachées sur un support pour aider à la récolte de fruits.

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Les muroises en fleur! Certains plants font des fleurs doubles.

Un autre beau succès est les mûres-ronces de St-Tite en Mauricie. J’avais deux plants côte à côte de mûres, dont une variété sans épines et celle de St-Tite. Ce printemps, et malgré un hiver plutôt doux. la variété sans épines avait presque complètement gelé. La sauvage de St-Tite, elle, bourgeonnait jusqu’en haut des rameaux sans aucun signe de gel. J’aurai une superbe production cette année. Et pour ce qui est de l’autre variété, je m’en suis débarrassé.

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Les plants de mûres sauvages de St-Tite, très vigoureux!

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Les jeunes fruits de mûres-ronces en cours de formation

Encore une autre première, mes premières pommes à partir de mes greffes! J’ai trois variété de pommes greffées qui ont fleuri, dont deux qui ont fructifié! C’est très satisfaisant de pouvoir récolter le fruit de son labeur. 😉

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Mes premières pommes Liberty, greffées sur un pommetier de type Selkirk

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Première pommette X

Encore une première, cette fois, la production de ma première pommette à partir d’un arbre planté à graine sur mon terrain.

Et encore une autre belle surprise cette fois, des fleurs sur mon framboisier semé à graine l’an dernier. J’avais stratifié les graines à l’automne 2014, puis semé tôt au printemps 2015. La petite tige résultante était suffisamment poussée pour me produire trois branches adultes qui fleurissent! C’est vraiment excitant, d’autant plus que c’était des graines de framboises pourpres vraiment délicieuses que je crois être des Royalty. À suivre donc.

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fleurs sur mon framboisier Royalty X (framboises pourpres)

Et ma dernière nouveauté – et non la moindre -, j’ai cinq nèfles en route! J’étais hyper déçu d’avoir manqué leur floraison, celle-ci est survenue pendant mon absence.

Dans mon cas, j’ai quelques plants de néflier d’abord greffés, puis affranchis qui poussent franchement très lentement. Quand même, l’un d’eux a fleuri du bout de son petit trente centimètres, quarante max? C’est un Nottingham. À date, il survit plutôt bien caché par la neige abondante de l’hiver.

Dommage pour la floraison, mais bon, je pourrai enfin gouter aux légendaires nèfles de nos cousins européens.

Et même si le fruit est dénigré de plusieurs (il est mangé bletti), j’ai très hâte d’y gouter pour ma première fois.

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Bouton fruitier de néflier

Alors voilà. J’ai plein d’autres choses à partager, mais bon. J’en garde pour une prochaine fois!

Entre autre, des nouvelles de mes greffes de poiriers sur amélanchier à venir…

Bon jardinage!

 

Le projet GRIN-Global – une base de données sur les plantes accessible à tous!

Je suis tombé dernièrement sur ce nouveau-né de la toile, GRIN Global, une pure mine d’or! Il s’agit du nouveau répertoire international d’information sur les variétés de plantes (mais aussi d’espèces animales et microbiennes) dont les données proviennent de plusieurs germoplasmes du monde.

Tel qu’expliqué sur la page Wiki du projet, « Il a été développé conjointement par le Fonds Fiduciaire Mondial pour la Diversité des Cultures (Global Crop Diversity Trust – GCDT) [1], Biodiversity International,[2], et l’Agricultural Research Service de l’USDA  »
Je connaissais déjà le ARS-GRIN (American Research Service-Germplasm Resources Information Network) pour l’avoir souvent utilisé. Il permet de retracer plusieurs variétés de fruitiers méconnues ou peu commercialisées. Je le consultais souvent pour essayer d’en savoir plus sur tel ou tel cultivar, plus particulièrement pour savoir s’ils étaient résistants au froid ou de quoi les fruits avaient l’air (apparence, goût)

J’étais ravi de constater que depuis la migration sur GRIN Global, des données de recherche et observations ont été ajoutées. On peut donc désormais savoir si…

Pour les poiriers:

  • leur résistance à la tavelure, à la galle, au feu bactérien,
  • leur goût, description et notation, le nombre de jour pour la maturation des fruits, et plus!

tandis que pour les pommes:

  • La vigueur, la résistance au feu bactérien (floral et nouvelles pousses), et plus!

Et la dernière bonne nouvelle, c’est que les données canadiennes ont été ajoutées. Si bien que plusieurs variétés rustiques sont désormais disponible dans Grin-Global, ce qui permet d’en savoir beaucoup plus sur les pommiers du Nord.

Par exemple, j’avais lu dans un vieil article que le pommier/pommetier Norcue était résistant au feu bactérien. Norcue est un croisement très hâtif et très rustique de Heyer #12 X Rescue que je croyais avoir du potentiel pour mon terrain. Car je privilégie les cultivar résistant aux maladies, quand faire se peut.

Toutefois, sur le site de Grin Global, on y indique clairement que selon les observations de culture, Norcue serait classé F5 – Very susceptible/ very heavy rating donc très peu voire pas de tout résistant au feu bactérien. L’échelle étant de 1 à 5, 1 pour résistant et 5 pour susceptible.

Capture d’ecran - Norcue sur GRIN Global

Norcue et plusieurs autres variétés rustiques sont donc presque toutes très susceptibles au feu bactérien.

C’est donc de dire qu’à l’époque (en 1958), pour la variété Norcue, il n’y avait probablement pas de test de dépistage systématique en serre pour le feu bactérien, ou sinon que de nouvelles souches de cette maladie bactérienne sont apparues depuis. J’opterais davantage pour l’option 1, même si c’est vrai qu’on peut difficilement réussir à viser plusieurs buts en même temps dans un programme de développement/croisement de fruitiers. C’est souvent; soit la résistance au froid, soit à la tavelure qui est visé, et pas toutes les résistances ne sont testées, déjà qu’il faut des milliers de semis pour arriver à quelques centaines, voire dizaines de finalistes avant d’arriver à un cultivar choisi satisfaisant au critère visé initialement.

Un petit vidéo sur le sujet: Apple Breeding Targets (Webinar de Kate Evans de Washington State University) et désolé, mais c’est en anglais.

Je suis tout de même très heureux de constater que les données canadiennes ont été ajoutées et qu’elles soient enfin disponibles! Au fond, c’est nos impôts qui ont financé ces statistiques. Et disons le franchement, le site d’Agriculture Canada qui héberge la base de données du germoplasme canadien était et est encore à ce jour – selon moi – archaïque, lent et pénible à consulter. Désormais, tout est là et facile d’accès. Yéé!

Au final, de toutes les nouvelles variétés de pommes que je me suis procuré et greffées l’an dernier, il n’y en a pas beaucoup qui soient résistantes au feu bactérien. Espérons que je n’aurai pas trop d’attaques!

Les seules variétés vraiment prometteuse et sans soucis que j’ai sont: Liberty (FB2) et Priscilla (FB1), toutes deux résistantes à la tavelure et enfin Dolgo (FB2). Pour le reste…

Et pour finir. Sachez que je n’ai jamais réussi à trouver une photo de Norcue.

Nul part. Nada, Niet.

Excepté pour une vieille photo noir et blanc tirée d’une copie numérisée du journal de l’Alaska Pioneer Fruit Growers Association de 1980 et des poussières dont la qualité est très mauvaise. Alors je vous mets au défi!

Si quelqu’un trouve une photo de Norcue…

Bonnes recherches! 🙂