Récoltes 2018

Ça y est! Le mois d’août est déjà dernière nous. Les récoltes vont bon train, même si tout n’est pas encore terminé. Les pommiers et les poiriers tardent à produire, mais au moins les petits fruits, eux, sont généreux.
Je vous partage quelques photos des récoltes à ce jour.

href= »https://poirespetitsag.files.wordpress.com/2018/09/img_5707.jpg »> Ma cueillette annuelle de cerises à grappe (prunus virginiana) pour mon vin de cerise[/c

Encore une autre récolte généreuse de petits fruits, cette fois les cassis:

La taille des vignes (en Docteur Guyot), avant et après avec filet anti brouteurs et voleurs. Je suis agréablement surpris par la production de mes Radisson et Frontenac gris (voir photo 2 et 3). Wow!

Avant la taille (conduite en Docteur Guyot simple)

Après la taille – les radisson et frontenac produisent vraiment beaucoup, je suis impressionné.

Mes pommes Norland:

Mon nouvel arbre de Norland greffé sur pommetier donne de superbes pommes. Étrangement, les fruits issus de cet arbre ne sont pas striés comme ceux du vieil arbre de mon père (à gauche sur la photo). C’est pourtant un clone! Quand on dit que le porte-greffe a tout de même une influence…

J’ai aussi une belle récolte de Chum Sapa à venir (pruniers hybrides bessyei x domestique). Sapa et Opata semblent très heureux ensemble, je n’ai jamais eu une pareille quantité de chum sur mes buissons. La pollinisation entre ces deux variété est donc très efficace.

Mon pommier september ruby:

Vitis Baltica à l’essai:

Première cueillette de raisins Baltica. Même sans aucune taille, les quelques raisins produits on pu me confirmer un excellent potentiel gustatif. On le dit plutôt productif, je pourrai tester davantage. Prêt fin août au Saguenay, même avant le Somerset. Je suis impressionné!

J’ai aussi réussi à faire tout de même quelques greffes à œil dormant, étant donné que ça demeure une des meilleures greffes pour assurer le succès de reprise au printemps. Cette année, mon objectif était surtout de me créer une banque de doublons de mes variétés plus rare, afin d’éviter de perdre mes spécimens au cas où il arriverait un pépin.

Greffe d’un œil dormant de pêcher poussé à partir du compost et qui a survécu à un hiver. Le porte-greffe est un chum Convoy.

Bonnes récoltes! 🙂

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Comment créer une nouvelle variété de raisins

Au début de l’été dernier, j’avais plusieurs variétés de raisins en fleur en même temps, alors j’en ai profité pour les polliniser. Les grappes de fleurs de raisins sont un peu étranges, puisque leurs fleurs n’ont pas de pétales. Celles-ci ressemble davantage à du corail ou à une grappe de lichen qu’à des fleurs.

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Somerset en fleur, enfin presque. Ce sont en fait des grappes de fleurs sans pétales telles que l’on retrouve sur les vignes, avant la nouaison des raisins.

Toutefois, on peut reconnaître sur celles-ci – même si c’est très petit – les parties caractéristiques des fleurs; des étamines avec les anthères qui portent les grains de pollen, et un stigmate au centre, qui reçoit le pollen des autres fleurs.

gros plan sur une fleur de raisin. source: http://lame-delisle-boucard.com/images/fleur_de_vigne_1.jpg

J’ai donc essayé de croiser deux variétés intéressantes, mais pour des raisons différentes; Eona, un plant vigoureux et hyper rustique, mais aux fruits plutôt petits, avec Somerset, qui lui est une variété sans pépin productif, sucré, parfumé et très hâtif.

 

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Somerset, mon cultivar favori! Généreux et surtout, sans pépins!

Un petit article sur les raisins apyrènes ou sans pépin: http://mariatotal.com/articles/consulter/raisin-apyrene-sans-pepins

J’avais aussi lu que pour obtenir une variété sans pépin, il fallait utiliser le pollen (soit en tant que père) de la plante sans pépin et l’appliquer sur le plant de vigne que l’on souhaite croiser (qui devient la mère qui porte les graines). Selon les sources, on parle d’un taux de réussite de 25 à 40 % des semis ainsi croisés qui deviendraient eux-aussi des variétés sans pépin. Et de toute façon, comment pourrait-on planter des pépins de raisins sans pépins… La blague, c’est que les scientifiques ont trouver une façon de le faire en récupérant les embryons avortés. Mais ça, c’est une autre histoire qui déborde mes compétences.

Un article scientifique sur le sujet (en anglais): Hybridization of seedless grapes, de D. W. Ramming, C. A. Ledbetter, R. Tarailo, Vitis Vol 29, 1990 (14 à 40% de succès)

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Eona utilisé comme maman. Une photo des fruits pollinisés, en attendant de mûrir. J’ai utilisé un filet protecteur contre les chevreuils. Bien que très rustique, la variété est très vigoureuse et un peu trop tardive pour Petit-Saguenay. Même à l’action de grâce, les raisins manquaient encore un peu de mûrissement.

Mon plant de Eona pollinisé a donc produit une multitude de pépins! J’aurais pu en planter un millier – j’exagère à peine. Mais étant donné que je n’avais pas l’intention d’en planter un champ, je n’avais stratifié que 6 graines et j’ai donné les autres.

De ces 6 graines, deux ont germé.

Je vous présente Eona X Somerset 1 et Eona X Somerset 2.

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Quelque chose émerge!

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J’avais espéré en avoir au moins 4, histoire de me rendre à 25% de chance d’obtenir un sans pépin… Mais bon. Peut-être serai-je chanceux et d’ici 3-4 ans, pourrai-je me vanter d’avoir créé une nouvelle variété de vigne sans pépin rustique! Et même si mon plant produit des raisins à pépin, Eona ne peut qu’être amélioré en le croisant avec Somerset.

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Je termine avec un joli vidéo d’archive sur l’hybridation de la vigne en 1929 produit par l’Institut National Agronomique de l’époque, en France. Le film d’archive provient de l’INA, l’Institut national de l’audiovisuel Français. C’est un film muet, mais sous-titré. Bien qu’un peu lent, il explique très bien les principes de l’hybridation de la vigne qui n’ont à peu près pas changé depuis tout ce temps.

https://player.ina.fr/player/embed/VDD09005656/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/560/315/1

Je vous laisse vous délecter de ce bijou. Bon jardinage! 🙂