Cadeau en avance: une formation sur la gestion bio des insectes et maladies en janvier

Ho! Ho! Ho! Ça y est, ça sent le temps des fêtes!
Vous êtes peut-être comme moi; quelqu’un qui ne cherche pas nécessairement un diplôme, mais davantage à parfaire ses connaissances de façon ciblée?  C’est pour ça que je surveille régulièrement ce qui se donne en termes de formation continue, plus particulièrement sur la culture maraîchère.

Cet hiver, je m’étais donné comme mission de trouver comment gérer de façon bio préférablement, mon problème de charançon de la prune. Ceux-ci détruisent presque toutes mes chums (prunes hybrides besseyi) au tout début de la formation des fruits en les perçant et les faisant avorter.

Je me suis donc trouvé une petite formation d’une journée — un peu court malgré tout — qui va couvrir ou plutôt survoler, ce qui peut-être fait comme gestion: Insectes, maladies et mauvaises herbes; moyens biologiques pour les combattre le 20 janvier à Saint-Romuald. Et quoi de mieux que de profiter du dodo des plantes en hiver pour un peu de formation continue!

J’ai su l’existence de cette formation via l’infolettre du portail de formation en ligne suivant, que je vous recommande fortement

Le site: uplus.upa.qc.ca/

L’infolettre: http://uplus.upa.qc.ca/infolettre/

Descriptif tiré de leur site:

« L’organisation

Ce portail de formation a été conçu par l’Union des producteurs agricoles en collaboration avec les Collectifs régionaux en formation agricole. Par cette initiative, l’Union souhaite jouer un rôle plus actif dans la promotion et l’accessibilité de la formation continue pour les productrices et producteurs agricoles et forestiers.

La mission

Le portail de formation U+ est un lieu de référence privilégié pour les productrices et producteurs agricoles et forestiers intéressés à développer leurs compétences et leur entreprise. Vous y trouverez notamment l’offre de formation continue des Collectifs régionaux en formation agricole. Vous découvrirez également des webinaires développés “par et pour les producteurs agricoles”, des événements, ainsi que des outils de références d’intérêt pour votre perfectionnement. »

Le site de formation en ligne de l’union des producteurs agricoles. Une portail vraiment chouette ici: http://uplus.upa.qc.ca

Les autres formations à venir au printemps dans mon coin: La Capitale-Nationale-Côte-Nord:

Insectes et maladies, moyens biologiques pour les combattre le 20 janvier à Saint-Romuald

Introduction à la culture en serre les 20 et 27 janvier à Québec

Introduction à la culture de fraises le 27 janvier à Saint-Romuald

Introduction à la culture de légumes les 3 et 10 février à Saint-Romuald

Introduction à la culture maraîchère biologique commerciale du 13 au 15 février à Québec

Introduction à la culture de framboises et de mûres le 17 février à Saint-Romuald

Introduction à l’agriculture biologique les 21 et 28 février à Saint-Romuald

Introduction à la culture de petits fruits le 24 février à Québec

Cultivez selon le type de sol le 24 février à Québec

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Le pommier originel – malus sieversii

J’ai reçu mon cadeau de Noël en avance: il s’agit de graines de malus sieversii en provenance du germoplasme de pommiers de Geneva, New York aux États-Unis.

J’en avais déjà eu quelques pépins l’an dernier d’un ami qui m’avait fait découvrir cette ressource méconnue du germoplasme de Geneva, New York. C’est le même centre de recherche qui avait mené, jadis, à la création de la pomme Empire, en 1945!

Les semis de mon KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i au printemps 2017

Les mêmes semis à la fin septembre. Remarquez le beau feuillage impeccable! Viva la résistance aux maladia!

Le pommier KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i tel que retrouvé sur la base de données en ligne du GRIN ici: https://training.ars-grin.gov/gringlobal/AccessionDetail.aspx?id=1693594

Mais qu’est-ce qu’un malus sieversii (par opposition aux pommiers cultivés ordinaires)

La diversité des pommes sauvages du malus sieversii – photo d’une expédition prise et menée par les chercheurs de l’Université Cornell qui gère le site du germoplasme de Geneva, New York. Source: http://exhibits.mannlib.cornell.edu/apples/expeditions.htm

Le malus (pommier en latin) sieversii est une variété de pommes qui se trouve être l’ancêtre de la plupart des pommes que nous cultivons et consommons aujourd’hui. Celui-ci provient des montagnes du massif du Tian Shan soit de l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, et Xinjiang en Chine).

Depuis la description complète du génome de la pomme en 2010 (source Wikipédia), il a été établi que le malus pumila (la variété européenne des pommiers cultivés) serait en fait apparenté de très près aux pommiers sauvages kazakhs, dont ils seraient des versions appauvries (suite à plusieurs générations de consanguinités).

L’ancêtre de la pomme, le malus sieversii, y pousse encore à l’état sauvage, par groupes isolés dans les montagnes.

Étonnamment, le malus sieversii produit des pommes presque aussi grosses que celles que nous consommons, et ce contrairement à la plupart des autres variétés de pommes sauvages. Et la raison en est for simple. C’est qu’un animal sauvage en fait une sélection naturelle depuis des siècles… les ours! Ceux-ci ont choisi et mangé les meilleurs fruits, tout en les disséminant via leurs fientes, un peu partout dans la région.

Ces pommiers étaient restés relativement inaccessibles et coupés du reste du monde à cause du régime soviétique et de la guerre froide. Toutefois, entre 1989 et 1996, plusieurs expéditions ont été financées afin d’explorer et répertorier ces pommiers sauvages riches en bagages génétiques. Il a alors été découvert que plusieurs de ces populations endémiques de malus sieversii étaient en fait naturellement résistantes aux insectes et maladies (tavelure et feu bactérien), des traits essentiels pour la culture des pommiers de demain. Car qui dit résistance aux maladies dit moins d’utilisation de produits chimiques!

Suite à ces expéditions menées entre autres par l’Université de Cornell qui gère la station de recherche de Geneva, aux États-Unis a implanté un arboretum (ou germoplasme) de milliers de clones et semis des ces pommiers sieversii. Vous pouvez lire les articles en bas pour plus de détails.

Mais ce qui est magnifique, c’est que ceux qui veulent en faire pousser le peuvent.

C’est pour ça que j’ai reçu un joli colis à la mi-novembre.

Ma commande de graines de malus sieversii en provenance de Geneva, New York (États-Unis)

Notez que lorsqu’on commande, il faut bien faire attention à la nomenclature des individus souhaités. Il existe plusieurs codes d’identification (GMAL, PI et KAZ). Le PI est unique, tandis que les GMAL sont des séries de semis et que la lettre finale (.a ou .j) fait partie de l’identifiant. Le KAZ suivi d’une date réfère à une date de cueillette et n’ont donc pas fiable comme identificateur unique.

 

Lorsqu’on en fait la demande, il est donc possible d’obtenir 25 graines d’un individu (ils nous fournissent une liste de ce qui est disponible) mais en pollinisation ouverte. La résultante demeure donc en grande partie inconnue.

À l’hiver dernier, j’avais donc échangé avec des chercheurs du National Germplasm Respository de Geneva pour finalement être redirigé à Mme Dawn Dellefave qui s’est chargée de gérer ma commande de graines selon une liste de disponibilité. Vous pouvez la contacter ici (en anglais). Les livraisons se font à l’automne, on peut donc les contacter pour les commandes en tout temps (enfin, je crois). Voici ce qu’on m’avait répondu au début de ma démarche.

Hello Alain,

I am attaching a list of what we do have to offer.  They are in conjunction with the program listed below.  You can read about the different PI# or GMAL #’s by going to: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/search.aspx

You can type in the PI# or GMAL# or variety name.  They have created a website with instructions, videos etc. so you can become more familiar with the new system.

 http://www.ars-grin.gov/npgs/gringlobal/HTML5/Default.htm

If you see anything off the attached list that interests, please let me know.  Otherwise I will select this fall and send some along to you.

Dawn

« Below you will find information about our program involving the wild malus sieversii seeds from our work that you may have read/heard about in the popular book « The Botany of Desire: A Plant’s-Eye View of the World » by Michael Pollan, the Documentary: http://www.pbs.org/thebotanyofdesire/ or the Nov. 21, 2007 NY Times article (Stalking the Placid Apple’s Untamed Kin) By HAROLD McGEE): http://www.nytimes.com/2007/11/21/dining/21curi.html?_r=1&ref=dining&oref=slogin

Back in the late 1990’s, our former apple curator Phil Forsline collected apple seeds from the wild native species in Kazakhstan.  Original seed from Kazakhstan is reserved for use by scientists doing genetic research. However we can supply open-pollinated (O.P.) seed from our grow-outs which are in a somewhat isolated area and these would be a blend of all genes from many sites in Kazakhstan.  This site contains over 1000 trees of Malus sieversii and most of these trees have produced seed since 2001. We do not have any trees to send out. We can send a small seed lot that you will need to germinate (see the section at the end of this message from our Procedures manual on how that is done).

We have received numerous requests since Michael Pollen’s book was published. Fruits from the grow-out site were collected in the fall of 2001 to 2014 and we extracted seeds. We have sent about 100 seeds per requester (open-pollinated) from at least 4 different mother trees that represent diverse ecosystems in Kazakhstan.  « 

Selon les nombreuses informations disponibles dans la base de données du GRIN, il devient intéressant de piger parmi certaines caractéristiques prometteuses d’un cultivar ciblé:

  • l’altitude du site originel de croissant,
  • la résistance aux maladies,
  • le taux de sucre des fruits du parent,
  • la saison de production (hâtif de préférence),
  • la grosseur de fruit du parent ou encore,
  • si l’habitat d’origine hostile, donc une une propension à la résistance à la sécheresse par exemple.

J’ai donc choisi, entre autres, des graines provenant de cultivars ayant survécu et prospéré dans des habitats désertiques difficiles dont les précipitations annuelles sont parfois moins de 275mm de pluie (xérophytique). Restera à vérifier la rusticité de mes arbres ainsi obtenus.

L’accession KAZ 96 08-17 PI_637780 ; un malus sieversii dont j’ai obtenu des semences et qui provient d’un site aride et dont l’arbre original démontrait une bonne résistance aux maladies. Source: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/accessiondetail.aspx?id=1670296

Notez qu’il existe un débat et questionnement sur le danger de contamination possible des populations locales de pommiers sauvages que cela représente, notamment en France. Par contre, dans la mesure où il n’existe pas ou très peu de population de pommiers rustiques dans mon coin hyper nordique, je ne pense pas que cela me concerne tellement.

Et enfin attention! Plusieurs de ces pommiers sont davantage de l’ordre de pommettes (petites) et souvent très amères ou surettes. De plus, c’est de la pollinisation ouverte, donc on n’aura certainement pas la même chose que le parent. Voir cet image à cet effet, à la page 47 on voir le fruit du parent en haut à gauche avec ceux de trois de ses semis: http://www.homeorchardsociety.org/wp-content/uploads/2014/08/11-Phil-Forsline-%E2%80%93-The-REAL-Origin-of-the-Apple.pdf

 

Articles et médias sur le sujet:

En français: https://krapooarboricole.wordpress.com/2011/11/05/aux-origines-de-la-pomme-ou-le-jardin-d%E2%80%99eden-retrouve/

 

En anglais:

Remarkable Kazak Apples: Their resistance to disease may boost an entire industry ,USDA Online Magasine, Vol.54 No. 1

Collecting and managing wild malus germplasm in its center of diversity, 1997, D. Djangaliev et J. Luby dans HortScience

Malus sieversii: A Diverse Central Asian Apple Species in the USDA-ARS National Plant Germplasm System, Gayle M. Volk2, Adam D. Henk and Christopher M. Richard + Philip L. Forsline Hortscience 2013

Excursions to the origin of apple enhance gene pool article dans Good Fruit Growers, février 2006: http://www.goodfruit.com/excursions-to-the-origin-of-apple-enhance-gene-pool/

Power point de la conférence de M. Forsline donné lors d’une convention du NAFEX  pour le Home Orchard Society (OHS) en 2014, à Troutdale (http://www.homeorchardsociety.org/events/hos-nafex-crfg-meeting-2014/)

Phil Forsline – The REAL Origin of the Apple

Sur les pommiers sauvages du Kazakhstan du point de vue permaculture: http://www.appleseedpermaculture.com/tag/kazakhstan/

Débats sur le sujet de la contamination des pommes locales en France (forum greffer.net):

http://www.greffer.net/discussion/viewtopic.php?f=14&t=3957&sid=95ffd3349a6dd6dbdf1f2ea1f01e8477

Poire Ure, Pomme William’s pride et Ours

Pas facile de cultiver en forêt nordique!

Ma mère a toujours dit: « récolter des fruits par ici, ça tient du miracle. Quand on réussit à faire survivre un arbre au froid, à la sécheresse et aux maladies, après, faut encore qu’il résiste aux insectes, rongeurs et animaux plus gros. Quand c’est pas rendu qu’à la récolte, on se fait voler nos fruits par les porcs-épics, oiseaux,, écureuils ou encore… les ours. »
C’est plein de sagesse, parce que c’est vrai. La fin de semaine dernière, j’était même à mon terrain, sur place. Je venais tout juste de cueillir ma première William’s pride, qui était enfin prête. On la disait partout une pomme d’été, prête en août. Et bien à Petit-Saguenay, c’est à la mi-septembre, soit effectivement deux semaines après la saison des Norland.
En plus j’avais bien protégé mes pommes contre les oiseaux ou chevreuils avec un filet, ce qui fonctionne très bien.

J’ai donc cueilli une première pomme que j’ai amené chez mes parents qui habitent en face afin de la déguster au souper. Miam et quelle couleur! J’imagine que le fait de l’avoir greffé sur un pommetier pourpre a intensifié les teintes rouges à l’intérieur. Sinon, un bon goût sucré, tannin et un peu acidulé vraiment chouette. Miam! J’avais hâte de cueillir les autres pommes.

William’s pride (la fierté de William) – un pomme hâtive, mi-septembre au Saguenay, dont la peau est d’une belle couleur rouge-pourpre foncé et dont la chair se teinte également de rouge à l’intérieur. On voit, par la coloration des pépins, que la pomme est bien mûre.

Par contre, on était en plein souper quand ma mère (ou mon père) ont remarqué qu’un gros ours rodait près du poulailler. Le simple fait de sortir sur la galerie l’a fait fuir et quelqu’un l’a même poursuivi jusqu’à l’orée de la forêt, piqures de guêpe en bonus.

J’ai quand même pris le temps de finir mon souper, en me disant qu’il valait mieux récolter mes pommes, avant que l’ours ne revienne.

Au retour au chalet, un autre ours, plus petit, était en train d’émonder gaiement le pommetier en cassant les branches du haut pour manger les pommettes au sol. Vite! On le chasse, lui aussi, avant de se rendre compte qu’il avait déjà plumé mes précieuses greffes et donc toutes les grosses pommes sur autre pommetier. Même les Honeycrisp y sont passées, malgré qu’elles n’étaient pas encore mûres, mais pas du tout. Ça ne devait pas gouter très bon, mais apparemment, l’ours, il est pas difficile.

NOTE: En passant, le William’s pride est limite rustique, j’ai réussis à le faire fructifier, mais greffé en tête d’arbre seulement.

Au moins, jaurai pas tout perdu. Ma consolation, c’est que j’en aurai goûté au moins une et qu’il n’est pas parti avec la branche greffée.

Sauf que ça remet en perspective.

J’ai lu quelque part qu’un fil électrique, comme pour les vaches, ça fonctionne bien.

En tout cas, c’est pas simple de produire des fruits dans le bois.

Sinon, sur une note plus joyeuse, j’ai enfin trouvé des poires Ure au marché public de Québec! C’est la ferme François Bélanger, de l’Ange-Gardien (coin de la côte de Beaupré) qui les produit. J’étais super content. Enfin! Depuis le temps que j’en cherchais.

Les poires Ure, de petits fruits, sucrés et un peu acide, avec presqu’un goût de miel! La pelure est un peu dure, mais c’est tant mieux pour le transport de toute façon. Très peu de cellules pierreuses en plus.

Du bonbon!

Les fruits sont petits, mais on leur pardonne tellement ils sont bons. Miam! Que du bon, pas de cellule pierreuses, une bonne balance de sucré/amer, pas âpre du tout. J’adore! Ça me donne encore plus hâte que mon arbre produise. Peut-être l’an prochain?

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Ure – Du bonbon! 17 brix au réfractomètre, une bonne balance de sucré et acide, pas ou peu d’arrière goût âpre. Ferait probablement un très bon poiré, j’ai hâte d’essayer ça… un de ces jours.

Et sinon, j’ai récolté mes kiwis. J’ai finalement la preuve que le kiwi Kolomikta est cultivable au Saguenay. C’est surtout, donc, une question de taille et de les protéger avec la neige. J’avais récolté une poignée de fruits début septembre et après quelques jours, ceux-ci s’étaient attendris, donc ils étaient prêt à manger. Rendu à la mi-septembre, certains fruits étaient déjà trop mûrs. J’ai donc tout récolté et mis au frigo. On les sort à mesure qu’on veut les manger en les laissant température pièce. Ils sont prêt quand ils ont ramolli.

Mes kiwis kolomikta tardifs. La taille a bien fonctionné, j’ai enfin une récolte.

Peut-être pas faramineux, mais pour quatre buisson, c’est pas si mal. J’en aurais eu davantage si je n’avais pas fait de l’échantillonnage depuis le début août. Et… ça goûte pareil à des kiwi du magasin.

Autre coup de cœur cette année, les achochas. Comme on dit, ça produit tempête! J’ai vécu la même situation que la blogueuse que j’avais lu l’hiver dernier. Été sec, concombres qui n’ont rien produit alors que mes deux plants d’achochas ont produit une quantité impressionnante de petits concombres.

Seul défaut, ce n’est pas juteux. Ça goûte un mélange de concombre et de courge chlorophyllée, mais sans jus au centre. Donc, ça se mange frais, ou sinon on le fait cuire en sauté et c’est pas mal. Même vapeur.

Au final, de belles récoltes, je garde le moral et maintenant, c’est l’heure de la popote et de la préparation des pommettes et autres légumes surabondants. J’ai bien hâte de faire mon vin, cette année, ce sera cerise à grappe et aronia, ainsi qu’une autre recette probablement au cassis. À suivre!

Je termine avec une photo de mes coings japonais. J’en aurai encore une production monstre cette année, plus encore que l’an dernier. Gelée et autres recettes à venir. J’attends qu’ils gèlent avant de les récolter pour un maximum de saveur. Des intéressés?

Bonnes récoltes, bon équinoxe et bonne popote! 🙂

Bonne nouvelle année et meilleurs souhaits de jardinage en 2016!

Ça y est, l’hiver est définitivement installé avec rien de moins qu’une deuxième tempête de neige sur Québec.
J’ai pu visiter mon verger à Noël et rien ne semblait dérangé.

IMG_6889 - verger en hiver

C’est certain que depuis l’an dernier, je ne fais plus confiance à ce semblant de couverture de neige tranquille qui cache parfois en dessous des rongeurs qui grugent et détruisent tout ce qui leur tombe sous les dents.

Il faisait très beau et plus doux qu’à la normale. Une superbe température pour faire un peu de raquette, il avait trop neigé pour se promener en bottes. Et cette année, avec les protecteurs et l’application de Skoot (répulsif à rongeur/mammifères), je crois avoir fait tout en mon pouvoir afin d’aider mes plantes à survivre en un seul morceau jusqu’au printemps.  Sans parler du froid et du verglas, sur lesquels je n’ai aucun contrôle bien sûr.

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quelques unes de mes plantes, avec leurs protecteurs à mulots et grillages protecteurs.

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Mon pommier Haralson, partiellement caché par les protecteurs et dont les branches sont aussi recouvertes de Skoot, le répulsif à rongeurs.

Sinon, nous somme déjà début janvier. L’hiver est une saison que j’apprécie, étant donné que puisque la nature se repose, je dois en faire de même. Rien à faire au verger, et ne reste plus que les rêves. Songer à ce que je pourrai ajouter, modifier au verger, greffes qui pourraient être faites au printemps… D’autant plus que je n’ai rien encore de construit en terme de bâtiments; chalet, entrepôt, remise, aire de récolte/nettoyage/pressage et que tout encore reste à faire à ce niveau.

J’ai reçu en cadeau la nouvelle édition de « Le jardinier maraîcher » de Jean-Martin Fortier, qui m’inspire beaucoup au niveau cultures, mais aussi pour la planification des structures, bâtiments et des aires de travail. Je vous le recommande grandement. On y parle de la gestion du sol, tout autant que de l’eau et de l’environnement environnant aux cultures, ce qui est tout aussi pertinent dans le cas de verger que pour les cultures maraîchères, sans parler d’un tas d’autres trucs.

Aussi, saison oblige. Je n’ai pu m’empêcher de mettre quelques graines en stratifications.Je sais, ce n’est pas rationnel. Mon verger est déjà « plein ».

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Il s’agit principalement de semis de pommiers, poiriers, aronias, aubépines et même de rosiers. C’est pour m’amuser surtout car je ne sais pas ou je mettrai tout ça plus tard, mais qu’importe. Je leur trouverai bien un coin. En attendant, ça va m’aider à passer au travers de l’hiver et je sais pertinemment que je serai ravi de m’occuper de ces nouveaux « bébés » au printemps. Et qui sait, peut-être aurai-je de belles surprises dans tout ça? Des fois que j’aurais un poirier Angélys X asssez rustique (et pas trop tardif) ou encore un pommier Sweet Sixteen X au goût différent mais aussi intéressant que celui de son parent, mais surtout aussi rustique! 🙂 On peut bien rêver!

En à droite sur la photo, ce sont des graines de rosa canina, des églantiers sauvages miniatures récupérées devant l’église St-Coeur-De-Marie, sur la Grande-Allée de Québec. C’est une église quasiment à l’abandon et j’aime penser que si mes semis poussent, je contribuerai à multiplier des fleurs qui ont peut-être été ramenées d’Europe par un ou une immigrante pour qui cette plante lui rappelait la maison. Et surtout, ce sont de jolies petites roses. 😉

J’ai même quelques graines de pommiers de Normandie, puisqu’il en existe un petit verger caché sur les plaines d’Abraham. Malheureusement, aucun des pommiers qui s’y trouvent n’est identifié.  N’empêche. des fois que ça me ferait quelque chose d’intéressant, comme pomme à dessert, sinon pour le cidre!

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La jolie pomme inconnue de Normandie

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La jolie pomme inconnue de Normandie –  ça vous dit quelque chose?

Alors c’est tout pour cette fois! Je vous souhaite à tous une excellente année 2016 et du jardinage satisfaisant et surtout, productif! Bonne année!

Des nouvelles du verger

Beaucoup de choses se sont passées depuis mon dernier message. Mais en gros, surtout du positif.

Des échecs (surtout au niveau des poiriers pas assez rustiques et aussi des pertes suite aux dégâts des mulots), mais surtout de belles réussites grâce à la diversification des plantations.

Mon gros succès à date cette année, c’est que j’aurai au moins du raisin de six des plants de vignes. J’ai très hâte étant donné que deux de ces plants avaient été récupéré de l’ancienne plantation de mon père et que je ne sais pas encore de quelle variété il s’agit et j’espère bien enfin le découvrir! Pour les autres, j’ai mon Marquette (pour le vin) qui est littéralement « grappé » de boutons de fleurs, mais aussi, mes deux raisins de table sans pépin, mes Trollhogan et Summerset sont chargés de boutons. Hourra! Et vive la technique de taille du Dr. Guyot! C’est vraiment super pour les hivers rustiques – sauf quand les mulots mangent les plants sous la neige, mais ça, c’est une autre histoire.

Un petit aperçu en image:

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Vigne Somerset – variété sans pépin

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Boutons sur mon plant de vigne Marquette

Aussi, mes plants de cassis et groseilles sont tous chargés de fleurs et de petits fruits à venir. Sans compter mes framboises et fraises, ce sera sans conteste une année généreuse pour mon verger.

Par contre, pour les pommes et les poires, même pas une petite fleur. Rien, Nada.

Mes pommiers se portent bien, eux. Quasiment aucune perte, sauf pour un semis de pomme inconnu qui n’a pas repoussé au printemps, comme ça, sans raison. Je ne le pleurerai pas trop, ce n’est pas les remplaçants qui lui manquent. J’ai aussi perdu mes deux grefffes de pommiers à cidre; Yarlington mill et Bulman’s Norman. Ceux-ci ne semblent peut-être pas aussi rustique qu’on le disait après tout. William’s pride et Britegold semblent limite côté rusticité, alors que Haralson, Liberty, Honeycrisp, Priscilla et Tolman Sweet n’ont pas souffert du froid du tout pour le moment. Donc, ces variétés semblent prometteuses.

Pour les poires, c’est moins positif. Plusieurs variété supposément rustiques zone 3 (donc résistant jusqu’à -40’C) n’ont pas résisté ou très mal à l’hiver. D’autres sont malade et ne poussent pas bien. Mes seuls plants encourageants (en terme de porte-greffe ou plants cultivés non-greffés) sont mes Ure, John, Pioneer #3 ainsi que Early Gold.

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Ure et ses greffes, en pleine forme!

Par chance, les greffes que j’avais faites sur mon Ure se portent presque toutes très bien. Les poiriers suivants ont très bien résisté en greffe haute sur branche (surtout sur mon Ure) à une semaine à -40’C en février: Old Home, Phileson, Seckel, Summer blood birne, Lada. Miney, lui, a survécu mais semblait à sa limite de tolérance du froid. Starkrimson (ou red clapp’s) ainsi que Keiffer n’ont pas survécu et sont complètement morts, tout comme mon Conférence greffé sur Ure. Une autre déception est le Tait Dropmore qui ne semble pas rustique du tout chez moi, contrairement à ce que j’avais lu dans différents ouvrages.

Côté prunes, de beaux succès. Tout ce que j’ai planté pousse assez bien mais mon seul prunier à avoir fleuri à date est mon prunier noir (prunus nigra), qui, si il produit, ne fera que des prunes à cuisiner. Les autre arbres profitent bien, excepté pour mes Toka et Ptitsin sur leurs propres racines qui s’acharnent à tarder avant d’entrer en aoûtement. Par conséquent, leur nouvelles branches gèlent sévèrement chaque hiver. Je devrai les greffer sur Nigra si je veux qu’ils soient davantage rustique et poussent d’une manière plus modérée et ainsi espérer qu’ils produisent un jour. Ils ne valent clairement rien sur leurs propres racines.

Pour les arbres exotiques, quatre de mes semis de Kiwi ont des boutons! Ils sont rapide les Kolomikta, en fleur leur troisième année! 🙂 Je saurai donc dans quelques semaines lesquels sont des mâles et des femelles. Sur quatre plants, j’espère bien qu’au moins un des quatre sera une femelle et produira quelques fruits!

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Boutons floraux d’actinidia Kolomikta (baie de kiwi)

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Boutons floraux d’actinidia Kolomikta (baie de kiwi)

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Boutons floraux d’actinidia Kolomikta (baie de kiwi)

Y’a aussi mon figuier qui repousse alors que mes semis de coings japonais (chaenomeless) m’ont produit une toute première fleur. Rien d’exceptionnel, mais l’année prochaine, mes plants devraient être suffisamment gros pour fleurir davantage et  produire pour la peine! 🙂 À moins que ma seule fleur ne se décide à déjà produire un fruit, on ne sait jamais!

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Mon figuier Brown Turkey a survécu! 🙂 Je l’avais taillé alors il n’est pas bien gros, mais il va repousser et on verra bien s’il produit quelque chose!

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Chaenomeless ou coing japonais

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Ma première fleur de coing japonais!

Deux variétés de mes néfliers ont survécu, soit les Apyrena (sans pépin) et les Nottingham. J’ai perdu mes monstrueux, mais bon. Je m’estime déjà heureux d’en avoir encore deux variétés. J’en ai fait de nouvelles greffes sur racine de poiriers vigoureux (mais non rustique) histoire de m’en repartir d’autres. Je devrai les affranchir, mais comme ça, j’aurai peut-être des fruits et des fleurs un peu plus vite. Je les avais greffé sur des semis de pommes et de poires et ils ne poussent pas vite. Voici de quoi ont l’air mes greffons de l’an dernier.

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Néflier Nottingham

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Néflier Apyrena (sans pépins)

La clôture, c’est pour les lièvres qui trouvaient que ça goute bon, le néflier.

Mes cerisiers de la série Romance, sont eux aussi prometteurs: Valentine et Crimson Passion vont probablement produire. Par contre, Roméo s’est fait complètement dévorer par les mulots et repousse de la base. La repousse est vigoureuse et il s’en remettra, mais ça retarde ma production de deux ans… 😦

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Roméo qui se remet avec vigueur de sa taille forcée par les mulots. Au final, il en sera probablement plus beau!

Cerisier Crimson Passion 2015-05-31

Valentine à gauche et Crimson Passion à droite. Est-ce que j’aurai des cerises? Je l’espère!

Enfin, mes prunes cerises ont aussi fleuri. Incroyable mais vrai, une de mes greffes d’à peine un an était chargé de fleurs, mon chum (cherry-plum) Manoir. Cette année encore, j’ai greffé du chum Kappa et mes petits greffons ont fleuri! J’étais ravi, puisque ça m’a permis de polliniser mon autre plant et d’espérer peut-être un ou deux fruits du chum Manoir, histoire d’y gouter. Notez qu’il faut toujours planter les chum en paire (deux variétés différentes) pour une pollinisation croisée.

Chum Manoir 2015-05-31

chum Manoir d’un an seulement, déjà en fleur

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À peine greffé et il fleurit.

Dans un prochain article, je vous parlerai de mes expériences de greffes de cette année.

Bon jardinage! 🙂

La nuit des longues dents, ou les mulots, terreur du verger en dormance

Ça y est, j’ai visité mon verger récemment. Je ne me suis pas tout à fait encore remis du choc de ce que j’y ai trouvé. Malgré mes protecteurs à mulots, plusieurs de mes arbres et semis ont été complètement ravagés par les rongeurs.
L’automne dernier, j’ai mis mon verger en hiver un peu à la presse et je n’ai pas tout protégé mes plants. Dans plusieurs des cas, j’avais au moins protégé tout ce que je considérais important par des « protège-mulots », ces tubes de plastique en spirale de 60cm dont on recouvre la base des arbres.
Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que les mulots grugent ce qui se trouvait sous la neige, mais au-dessus du protecteur.

Voyez par vous même:

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Je n’aurai donc d’autre choix que de:

1- soit tailler l’arbre et attendre qu’il repousse. Dans le cas des arbres plutôt jeune, c’est comme si j’avais taillé l’arbrisseau, qui s’en remettra assez vite.

2- soit faire des greffes en pont (de restauration).

De ce que j’ai vu à date, j’ai au moins deux arbres (que je tiens à sauvegarder) à greffer.

Voici à quoi ressemble la technique de la greffe en pont:

Et… comme je l’avais dit, en principe, tout ce qui était « important » à mes yeux avait été protégé. Ce ne fera que retarder un peu le tri parmi mes semis de poiriers dont je teste la rusticité…

Pour plus d’information sur la greffe en pont: http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/98-004.htm

Pour des trucs ou conseils sur la gestion des mulots:

Lutte contre les mulots et campagnols (de l’OMAFRA, le ministère de l’agriculture de l’Ontario, Canada)

Sinon, si quelqu’un a des solutions bio autre que le pâté de Ricin (à déposer dans les tunnels), le piégeage et les chats, je suis tout ouïe!

Car c’est certain, l’année prochaine, je m’installerai des pièges et devrai protéger mes arbres et arbrisseaux davantage. J’ai « perdu » une ‘tite bataille, mais pas la guerre!

lecture hivernale – protection des pommiers

Connaissez vous l’hoplocampe de la pomme? Ou encore la tordeuse à bandes obliques, la tétranyque à deux points ou encore la punaise terne? Si la réponse est non, je ne suis pas surpris. Je ne les connaissais pas non plus jusqu’à tout récemment.

Ce sont tous des ravageurs de la pommes.

Je suis tombé sur un excellent guide de protection « alternative » des pommiers, daté de 2013, donc récent. Celui-ci liste les principaux ravageurs et maladies des pommiers, mais surtout, nous propose des solutions les plus actuelles pour les traitements et contrôle de ceux-ci.

Et surtout, le guide est en ligne et gratuit! 🙂 Le voici:
Méthodes alternatives de protection des pommiers, publié sur le site de Agrireseau.qc.ca

Je vous le recommande chaudement, en cette journée glaciale de janvier. Quoi de mieux que de s’instruire et de lire sur comment prendre soin de nos arbres fruitiers pour se réchauffer le cœur. 🙂 Bonne lecture!