Premiers semis de pommes issues de croisement 100% contrôlé qui germent enfin

Depuis quelques jours, j’ai enfin le bonheur de voir germer mes premières pommes et poires issues de pollinisation 100% contrôlées, donc de parents connus (par opposition à la majorité des mes autres semis, dont la fruit est connu, mais pas l’autre parent-pollen).

Ça fait long comme processus, plus particulièrement pour les poires; dans leur cas, c’était du pollen congelé depuis 2 ans, donc une histoire d’amour qui aura débuté au printemps 2015 avec:

  1. la récupération et congélation du pollen,
  2. la pollinisation des poires au printemps 2017
  3. la récolte des fruits à l’automne 2017, puis des graines,
  4. la stratification cet hiver
  5. et finalement, la germination… maintenant!

Je confirme donc l’arrivée de deux premiers bébés Golden Spice x Comice, avec un troisième en route et trois autres au frigo.
Et ce matin, c’est mes premiers Priscilla X Honeycrisp qui pointent enfin le bout d’une première petite racine.
Il faut peut-être de la patience, mais que de plaisir ça rapporte en retour!

Mes premiers semis de poires Golden Spice x Comice qui poussent enfin!

Et en lien avec tout ça, je me permets de partager une nouvelle ressource sur la sélection et le croisement des pommes, malheureusement, c’est encore une fois en anglais. Il s’agit d’un coupe de passionnés de particuliers dont la vocation est surtout une question de diversification génétique, mais aussi de résilience aux insectes et maladies, ainsi qu’aux variations et perturbations climatiques grandissantes.

Citation tirée de leur section About us: « The case for widening the genetic variation in the cultivars and varieties supplying our food is indisputable, not least in the face of the challenges posed by climate change. Breeding for greater resilience in terms of resistance to new and established pests and diseases, and tolerance of environmental perturbations, such as waterlogging and unseasonable temperatures »

Voici leur lien:

https://www.yvapplebreeders.com/

Et le lien de vidéos qu’ils ont partagés sur Youtube (sur le même sujet):

https://www.youtube.com/channel/UCku11NupY80z4lI6UPMk-NA

PS: pendant ce temps, voici quelques uns de mes semis de malus sieversii qui se portent à merveille.

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Graines de pommes et poires, ça vous intéresse?

J’ai fait l’inventaire de mes graines et j’en ai vraiment beaucoup!

Afin de faire profiter les autres de ce que j’ai amassé (et que je n’arriverai jamais à tout faire pousser), j’ai décidé de partager mon inventaire pour ceux qui auraient envie, tout comme moi, de s’essayer à cultiver des fruitiers.

J’ai concentré mon choix sur les choses les plus rustiques ainsi que sur les cultivars les plus intéressants au niveau soit gustatif, soit de la résistance à la tavelure.

Le prix: 2$ le paquet + 3$ de transport (pour le Canada).

Il ne faut pas tarder: les pommiers et poiriers demandent 2 à 3 mois de stratification au frigo.

Premier arrivés, premiers servis!

Prunes et chum (hybrides prunus besseyi)
Mirabelle en provenance de France 2017 18 graines 1x
Poires
Sumercrisp 2017 Op – du Québec, provenance précise inconnue – 18 graines 18 graines 1x
Ure 2017 – Op – Côte de Beaupré (Old Home et B. Flamande possible) – 15 graines 15 graines 1x
John Op (autopollinisation) 2017 – 10 graines 10 graines 1x
G Spice 2017 (Comice ou Gerry de type Bartlett) 10 graines 10 graines 1x
Beauté Flamande 2017 – Op – Côte de Beaupré (Old Home et Ure possible) – 22 graines 22 graines 1x
Old Home 2017 – Op – Côte de Beaupré (Old Home et B. Flamande possible) 20 graines 2x
Pommes
Reinette Russet 2016 Op – du Québec, provenance précise inconnue – 20 graines 10 graines 1x
Galarina 2017 Op – du Québec, provenance précise inconnue 15 graines 2x
Sweet sixteen op (2014) – alentours de Québec – 20 graines 20 graines 1x
Norland 2016 Op (Liberty, Irène (Norland x Dolgo), selkirk) – 22 graines 22 graines 1x
Irène (Norland x Dolgo nain) 2017 Op – (Norland, dolgo, selkirk, honeycrisp possible 20 graines 4x
Norland 2017 Op (Honeycrisp, Irène, Dolgo, Selkirk, William’s Pride possible) 20 graines 2x
Honeycrisp 2017 Op (Norland, Dolgo, Liberty, Selkirk, Irène, William’s Pride possible) 15 graines 2x
Dolgo 2017 Op (Norland, Honeycrisp, Selkirk, Irène, William’s Pride possible) 20 graines 3x

Petite pruche deviendra grande

Je vous présente bébé pruches! 🙂

L’été passé, j’avais récupéré une grosse cocotte géante d’une pruche, vers la fin de l’été. En cherchant sur le web, je croyais m’être trompé d’essence, car on décrit partout les cônes de Tsuga comme étant tout petits. Mais non, elle était très volumineuse. Voire un exemple ici:

http://www.tree-guide.com/canadian-hemlock

Les pruches, c’est tellement beau. Et en plus, c’est dans la même famille que les pins (pinaceae). Cet arbre, en plus de pouvoir atteindre des hauteurs impressionnantes d’environ 30m, peut vivre jusqu’à 300 ans! Et c’est sans compter leurs jolies épines délicates et son port gracieux.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pruche_du_Canada

La cocotte semblait mature, d’une belle couleur pourpre presque brune, mais ne s’était pas encore ouverte. Par conséquent, elle n’avait pas encore libéré ses graines. C’était parfait, étant donné que je voulais m’essayer à en faire pousser.

Car oui, les graines de conifères se trouvent bien dans les cocottes, qui doivent être récoltées à la fin de l’été, soit au début septembre, avant que celles-ci ne soient ouvertes. Par temps sec, les cocottes s’ouvrent d’elles-mêmes et il suffit de les secouer ou de les cogner doucement pour qu’elles libèrent leur précieuse cargaison.

Tout comme les samares des érables, les graines des tsugas sont munies d’ailettes afin de faciliter leur dispersion par le vent. Toutefois ces ailettes ne sont pas nécessaires à la germination et se brisent facilement en frottant les graines les unes aux autres, puis en soufflant doucement pour les séparer.

Le résultat:

graines de pruche

J’étais surpris de lire que leur taux de germination est ordinairement assez bas, soit d’environ 30%. Ça explique mon taux de réussite… moyen 8 sur 25 environ graines qui ont germé. Néanmoins, avec mes huit petites pruches, je considère mon expérience un bon succès. Déjà que j’aurai bien du plaisir à essayer de trouver de la place à tout ce beau monde sur ma terre de Petit-Saguenay, au-delà de l’utilisation comme potentiels brise-vents.

graines coquines – le plaisir de vérifier ses graines en stratification toutes les semaines

Je lis souvent qu’il faut vérifier régulièrement, environ chaque semaine, ses graines en stratification. Surtout lorsqu’on utilise la technique du ziplock et essuie-tout humide, ce qui facilite grandement la tâche.

Dès janvier, je commence mon rituel. Chaque fin de semaine, mon quinze minutes de bonheur. J’ouvre et inspecte chaque sac et vérifie l’état de mes bébés, s’ils se portent bien, pas de champignons, et surtout, pour voir si ça commence à pousser!

C’est hyper important, surtout côté hygiène et remplacer l’essuie-tout humide lorsqu’on constate que la moisissure s’est installée.

Un exemple de graines en stratification, placées dans un zip-lock humide avec quelques gouttes de peroxyde. Bien identifier son sac avec la date de mise au frais.

Ce qui est encore plus important et excitant, c’est de surveiller la germination des graines.
J’avais pourtant bien calculé mon temps de stratification pour que mes semis démarrent à peu près tous en mars:

  • Deux mois pour les pommiers donc les graines doivent être stratifiées à partir de janvier.
  • Trois pour les poiriers, donc démarrés en décembre.

Pour les malus sieversii (les pommiers sauvages du Kazakhstan), j’avais lu que ceux-ci pouvaient prendre jusqu’à trois mois. Je me disais que c’était plein de bon sens, étant donné que trois mois, c’est plus proche du temps « naturel » de stratification d’une graine dans la nature. Plusieurs arbres sauvages prennent jusqu’à quatre mois (les pruniers par exemple, amélanchier ou framboisiers).

Ce que je n’avais pas prévu, c’était qu’ils pourraient germer encore plus vite qu’à la normale d’un pommier, qui est de deux mois.
La surprise de ce matin, après un mois et demi seulement:

Dès que les racines se pointent, c’est l’heure de planter les graines. Je les plantes dans un terreau à semis en les recouvrant tout juste, ce qui aide les graines à s’extirper de leur enveloppe.

Pour les intéressés, je vous invite à lire mon article sur les pommiers du Kazakhstan ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2017/12/10/le-pommier-originel-malus-sieversii/

Ou cet autre billet sur la stratification des semences: https://poirespetitsag.wordpress.com/2016/12/26/pourquoi-mes-graines-de-poires-ne-germent-elles-pas/

Bon jardinage!

Le pommier originel – malus sieversii

J’ai reçu mon cadeau de Noël en avance: il s’agit de graines de malus sieversii en provenance du germoplasme de pommiers de Geneva, New York aux États-Unis.

J’en avais déjà eu quelques pépins l’an dernier d’un ami qui m’avait fait découvrir cette ressource méconnue du germoplasme de Geneva, New York. C’est le même centre de recherche qui avait mené, jadis, à la création de la pomme Empire, en 1945!

Les semis de mon KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i au printemps 2017

Les mêmes semis à la fin septembre. Remarquez le beau feuillage impeccable! Viva la résistance aux maladia!

Le pommier KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i tel que retrouvé sur la base de données en ligne du GRIN ici: https://training.ars-grin.gov/gringlobal/AccessionDetail.aspx?id=1693594

Mais qu’est-ce qu’un malus sieversii (par opposition aux pommiers cultivés ordinaires)

La diversité des pommes sauvages du malus sieversii – photo d’une expédition prise et menée par les chercheurs de l’Université Cornell qui gère le site du germoplasme de Geneva, New York. Source: http://exhibits.mannlib.cornell.edu/apples/expeditions.htm

Le malus (pommier en latin) sieversii est une variété de pommes qui se trouve être l’ancêtre de la plupart des pommes que nous cultivons et consommons aujourd’hui. Celui-ci provient des montagnes du massif du Tian Shan soit de l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, et Xinjiang en Chine).

Depuis la description complète du génome de la pomme en 2010 (source Wikipédia), il a été établi que le malus pumila (la variété européenne des pommiers cultivés) serait en fait apparenté de très près aux pommiers sauvages kazakhs, dont ils seraient des versions appauvries (suite à plusieurs générations de consanguinités).

L’ancêtre de la pomme, le malus sieversii, y pousse encore à l’état sauvage, par groupes isolés dans les montagnes.

Étonnamment, le malus sieversii produit des pommes presque aussi grosses que celles que nous consommons, et ce contrairement à la plupart des autres variétés de pommes sauvages. Et la raison en est for simple. C’est qu’un animal sauvage en fait une sélection naturelle depuis des siècles… les ours! Ceux-ci ont choisi et mangé les meilleurs fruits, tout en les disséminant via leurs fientes, un peu partout dans la région.

Ces pommiers étaient restés relativement inaccessibles et coupés du reste du monde à cause du régime soviétique et de la guerre froide. Toutefois, entre 1989 et 1996, plusieurs expéditions ont été financées afin d’explorer et répertorier ces pommiers sauvages riches en bagages génétiques. Il a alors été découvert que plusieurs de ces populations endémiques de malus sieversii étaient en fait naturellement résistantes aux insectes et maladies (tavelure et feu bactérien), des traits essentiels pour la culture des pommiers de demain. Car qui dit résistance aux maladies dit moins d’utilisation de produits chimiques!

Suite à ces expéditions menées entre autres par l’Université de Cornell qui gère la station de recherche de Geneva, aux États-Unis a implanté un arboretum (ou germoplasme) de milliers de clones et semis des ces pommiers sieversii. Vous pouvez lire les articles en bas pour plus de détails.

Mais ce qui est magnifique, c’est que ceux qui veulent en faire pousser le peuvent.

C’est pour ça que j’ai reçu un joli colis à la mi-novembre.

Ma commande de graines de malus sieversii en provenance de Geneva, New York (États-Unis)

Notez que lorsqu’on commande, il faut bien faire attention à la nomenclature des individus souhaités. Il existe plusieurs codes d’identification (GMAL, PI et KAZ). Le PI est unique, tandis que les GMAL sont des séries de semis et que la lettre finale (.a ou .j) fait partie de l’identifiant. Le KAZ suivi d’une date réfère à une date de cueillette et n’ont donc pas fiable comme identificateur unique.

 

Lorsqu’on en fait la demande, il est donc possible d’obtenir 25 graines d’un individu (ils nous fournissent une liste de ce qui est disponible) mais en pollinisation ouverte. La résultante demeure donc en grande partie inconnue.

À l’hiver dernier, j’avais donc échangé avec des chercheurs du National Germplasm Respository de Geneva pour finalement être redirigé à Mme Dawn Dellefave qui s’est chargée de gérer ma commande de graines selon une liste de disponibilité. Vous pouvez la contacter ici (en anglais). Les livraisons se font à l’automne, on peut donc les contacter pour les commandes en tout temps (enfin, je crois). Voici ce qu’on m’avait répondu au début de ma démarche.

Hello Alain,

I am attaching a list of what we do have to offer.  They are in conjunction with the program listed below.  You can read about the different PI# or GMAL #’s by going to: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/search.aspx

You can type in the PI# or GMAL# or variety name.  They have created a website with instructions, videos etc. so you can become more familiar with the new system.

 http://www.ars-grin.gov/npgs/gringlobal/HTML5/Default.htm

If you see anything off the attached list that interests, please let me know.  Otherwise I will select this fall and send some along to you.

Dawn

« Below you will find information about our program involving the wild malus sieversii seeds from our work that you may have read/heard about in the popular book « The Botany of Desire: A Plant’s-Eye View of the World » by Michael Pollan, the Documentary: http://www.pbs.org/thebotanyofdesire/ or the Nov. 21, 2007 NY Times article (Stalking the Placid Apple’s Untamed Kin) By HAROLD McGEE): http://www.nytimes.com/2007/11/21/dining/21curi.html?_r=1&ref=dining&oref=slogin

Back in the late 1990’s, our former apple curator Phil Forsline collected apple seeds from the wild native species in Kazakhstan.  Original seed from Kazakhstan is reserved for use by scientists doing genetic research. However we can supply open-pollinated (O.P.) seed from our grow-outs which are in a somewhat isolated area and these would be a blend of all genes from many sites in Kazakhstan.  This site contains over 1000 trees of Malus sieversii and most of these trees have produced seed since 2001. We do not have any trees to send out. We can send a small seed lot that you will need to germinate (see the section at the end of this message from our Procedures manual on how that is done).

We have received numerous requests since Michael Pollen’s book was published. Fruits from the grow-out site were collected in the fall of 2001 to 2014 and we extracted seeds. We have sent about 100 seeds per requester (open-pollinated) from at least 4 different mother trees that represent diverse ecosystems in Kazakhstan.  « 

Selon les nombreuses informations disponibles dans la base de données du GRIN, il devient intéressant de piger parmi certaines caractéristiques prometteuses d’un cultivar ciblé:

  • l’altitude du site originel de croissant,
  • la résistance aux maladies,
  • le taux de sucre des fruits du parent,
  • la saison de production (hâtif de préférence),
  • la grosseur de fruit du parent ou encore,
  • si l’habitat d’origine hostile, donc une une propension à la résistance à la sécheresse par exemple.

J’ai donc choisi, entre autres, des graines provenant de cultivars ayant survécu et prospéré dans des habitats désertiques difficiles dont les précipitations annuelles sont parfois moins de 275mm de pluie (xérophytique). Restera à vérifier la rusticité de mes arbres ainsi obtenus.

L’accession KAZ 96 08-17 PI_637780 ; un malus sieversii dont j’ai obtenu des semences et qui provient d’un site aride et dont l’arbre original démontrait une bonne résistance aux maladies. Source: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/accessiondetail.aspx?id=1670296

Notez qu’il existe un débat et questionnement sur le danger de contamination possible des populations locales de pommiers sauvages que cela représente, notamment en France. Par contre, dans la mesure où il n’existe pas ou très peu de population de pommiers rustiques dans mon coin hyper nordique, je ne pense pas que cela me concerne tellement.

Et enfin attention! Plusieurs de ces pommiers sont davantage de l’ordre de pommettes (petites) et souvent très amères ou surettes. De plus, c’est de la pollinisation ouverte, donc on n’aura certainement pas la même chose que le parent. Voir cet image à cet effet, à la page 47 on voir le fruit du parent en haut à gauche avec ceux de trois de ses semis: http://www.homeorchardsociety.org/wp-content/uploads/2014/08/11-Phil-Forsline-%E2%80%93-The-REAL-Origin-of-the-Apple.pdf

 

Articles et médias sur le sujet:

En français: https://krapooarboricole.wordpress.com/2011/11/05/aux-origines-de-la-pomme-ou-le-jardin-d%E2%80%99eden-retrouve/

 

En anglais:

Remarkable Kazak Apples: Their resistance to disease may boost an entire industry ,USDA Online Magasine, Vol.54 No. 1

Collecting and managing wild malus germplasm in its center of diversity, 1997, D. Djangaliev et J. Luby dans HortScience

Malus sieversii: A Diverse Central Asian Apple Species in the USDA-ARS National Plant Germplasm System, Gayle M. Volk2, Adam D. Henk and Christopher M. Richard + Philip L. Forsline Hortscience 2013

Excursions to the origin of apple enhance gene pool article dans Good Fruit Growers, février 2006: http://www.goodfruit.com/excursions-to-the-origin-of-apple-enhance-gene-pool/

Power point de la conférence de M. Forsline donné lors d’une convention du NAFEX  pour le Home Orchard Society (OHS) en 2014, à Troutdale (http://www.homeorchardsociety.org/events/hos-nafex-crfg-meeting-2014/)

Phil Forsline – The REAL Origin of the Apple

Sur les pommiers sauvages du Kazakhstan du point de vue permaculture: http://www.appleseedpermaculture.com/tag/kazakhstan/

Débats sur le sujet de la contamination des pommes locales en France (forum greffer.net):

http://www.greffer.net/discussion/viewtopic.php?f=14&t=3957&sid=95ffd3349a6dd6dbdf1f2ea1f01e8477

Les fixateurs d’azote – un bilan

L’azote est l’élément indispensable à la croissance d’une plante, plus particulièrement pour la pousse en vert. Quand on achète un engrais, le premier chiffre des trois, c’est l’azote.
Par exemple, le 20 20 20 c’est Azote (vert), Phosphore (racines) et Potasse (fleurs et fruits).
Un fixateur d’azote : c’est une plante qui fixe l’azote de l’air avec ou sans symbiose avec des bactéries favorables dans le sol, pour ensuite rendre cet azote biodisponible aux autres plantes, soit lorsque les plantes fixatrices sont récoltées, déchiquetées ou lors de leur décomposition.
Ces plantes sont presque toutes de la famille des Fabaceae.
C’est donc une façon pérenne de se créer son propre engrais, une notion de base de la permaculture.

Au fil de mes lectures, j’avais donc identifié plusieurs plantes inspirantes pour utilisation sur ma terre, disséminées au travers du verger. Les voici, des plus grandes aux plus petites:

Arbres

Robinier faux Acacia (Robinia) : Les arbres sont jolis et font de jolies fleurs. On en trouve plusieurs dans la région de Québec métropolitain. J’ai ramassé des graines que j’ai plantées au Saguenay.
Constat: Après trois-quatre ans de culture, la plante est non rustique en zone 3. De plus, les quelques survivants perdent leurs feuilles trop tard et gèlent au niveau de la neige chaque hiver.
Les branches produisent des épines épouvantables, ce qui est un calvaire à manipuler et tailler et enfin, l’arbre est envahissant, ce qui veut dire que celui-ci produira des rejets jusqu’à 3-4 mètres plus loin.
Conclusion, à éviter comme la peste! À moins d’essayer une variété sans épine, je ne le recommande pas du tout.

Le Robinier au Saguenay, un échec. À éviter, car non rustique, envahissant et les épines sont atroces.

Févier d’Amérique ou Épineux (Gleditsia triacanthos L.) : Arbre à croissance lente et très très épineux.
Pour le moment, le mien survit bien. Il pousse très lentement et étant petit n’a pas encore subi de dommage de la neige (le mien fait environ 2m après 3 ans).
Encore une fois, j’aurais préféré une variété sans épines, car les branches sont impossibles à manipuler. Mais au moins, il n’est pas envahissant comme le Robinier, car n’a pas produit de rejets par les racines. Je crois que cette espèce vaut la peine à tester et cultiver. Il est souvent utilisé comme haie. Reste à voir si la rusticité suivra.

Pois de Sibérie (Caragana Arborescens) : Arbuste/Arbre épineux, mais beaucoup moins que les deux premiers, qui peut venir jusqu’à 4 m de haut. Il est assez rustique, même si j’ai réussi à en prendre un. Le caragana est souvent utilisé comme haie et croit rapidement et facilement à partir de graines (ne perdez pas votre temps avec des boutures). Les pois immatures que l’arbre produit sont comestibles, mais je ne connais personne assez « mal pris » pour les manger.
À recommander vivement! Facile à cultiver et à contenir. Un bon ajout au verger.

Argousier (Hippophae rhamnoides) est un arbrisseau dioïque (male et femelles) épineux qui peut atteindre de 1 à 5 m. Pour le moment, j’en cultive quelques plants depuis quatre ans et j’en ai quatre qui ont survécu. Les miens ne sont pas envahissants du tout, mais très épineux. Je me suis acheté une variété sans épines, pour comparaison.
Constat : Les arbrisseaux ne sont pas si rustiques. À ce jour, les miens se font malmener par la neige et la glace. De plus, les variétés épineuses sont très désagréables à manipuler lors de la taille. Si vous optez pour ce genre de plante, sélectionnez des variétés rustiques sans épines à gros fruits, sinon vous risquez de perdre votre temps. De plus, dernier point, certains disent que la plante peut produire des rejetons par les racines et devenir envahissante, bien que je n’ai pas rencontré ce problème chez moi.

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Vivaces

Lupins : Ils ne croissent pas bien dans mon coin qui est plutôt sec, de plus, les pucerons les adorent et les plants se retrouvent systématiquement envahis par des colonies de fourmis qui élèvent les pucerons dessus.
Constat : ne fonctionne pas chez moi.

Le lupin indigo (baptisia australis) : plante buissonnante qui croît en touffe d’environ 1m. Très jolie et non envahissante. Toutefois, j’en ai planté plusieurs (semis) et ceux-ci, bien qu’ils survivent, ont beaucoup de difficulté à s’établir et réagissent très mal à la sécheresse. Donc à moins d’avoir un endroit humide et riche, à oublier.

Trèfle des prés (violet) : Très prolifique, mais croit jusqu’à 50 cm de haut, ce qui est un peu haut à mon goût, à moins de vouloir passer la faux.

Trèfle blanc : Très prolifique et s’installe facilement lorsque semé à graine. Certains le trouvent trop envahissant, mais on le suggère souvent comme plante à labourer afin de revivifier un sol.
Constat et utilisation : De mon côté, je m’en sers comme les anciens le faisaient, soit comme couvre-sol du verger (en mélange avec du thym). Il sert peut-être de refuge aux rongeurs, mais je tonds bas plusieurs fois dans la saison et semble garder un bon contrôle des populations. Le trèfle est facile de culture et croit de façon généreuse, ce qui est parfait pour moi.

Le verger avant la tonte. Au pied du pommier, on peut voir la consoude à gauche, en haut des jonquilles (repoussent les mulots), et de la bourrache à droite.

Pois sauvages (Vesces): Utilisé en maraichage comme engrais vert. Pour ma part, j’évite, car c’est envahissant et ça grimpe partout. Je les arrache plutôt que de les semer.

Radis japonais ou daikon : Ma seule expérience est celle de cette année. J’ai semé les graines au printemps et celles-ci ont tout de suite « monté en fleur ». Il faudrait apparemment attendre après le solstice du 21 juin avant de les planter. C’est donc partie remise dans mon cas. Je n’ai qu’un seul radis qui a poussé jusqu’à maturité et il avait, effectivement, une racine profonde qui aurait bien aéré et nourrit le sol. Toutefois, c’est nous qui l’avons mangé (c’est doux et très bon en soupe).

La radis japonais ou Daikon

Raifort (Armoracia rusticana) de la famille des Brassicoideae, soit des choux. Cultivés surtout pour ses racines, le feuillage et la hampe florale qui ressemble à des rapini, ont un bon goût piquant.
Avantages : les racines plongent profondément dans le sol et peuvent créer de l’ombrage à des petites plantes plus fragiles à la sécheresse. Inconvénients : plutôt envahissant. Une fois installé c’est presque impossible de s’en débarrasser ; le moindre petit bout de racine repoussera. Malgré ses défauts, j’en ai planté un peu partout dans le verger, aux périphéries des racines des arbres.

La raifort est facile à faire pousser, mais attention! C’est envahissant. Sur la photo, il a bien protégé mon petit poirier, mais a envahi l’espace autour du petit arbre.

Consoude : Plante vivace généreuse et facile de culture, qui produit beaucoup de feuillage et qu’on peut récolter deux à trois fois dans la saison pour en faire un purin vert (on récolte le feuillage qu’on met dans un baril avec de l’eau pendant quelques jours). Il faut planter, des préférences, les variétés qui ne produisent pas de graines, au risque de se faire envahir.
Résultats : J’en ai récupéré quelques plants sauvages trouvés sur les plaines d’Abraham. Même si les miens semblent produire des graines, je n’ai, pour le moment, pas de difficulté à les contenir. Je suis en mode propagation, car je veux éventuellement en avoir à la base de chacun de mes fruitiers. Je recommande chaudement, car une fois installée, la plante se divise et multiplie facilement par morceaux de racines.

Bourrache : Même famille que la consoude, mais annuelle celle-là. Je l’affectionne bien. J’en ai planté à la base de tous mes fruitiers et elle se resème chaque année. En plus, le feuillage est très bon, après cuisson.

Patates chapelet ou glycine d’amérique (Wisteria frutescens): Très facile de culture, j’en fais pousser depuis plusieurs années. C’est une plante grimpante qui pousse à partir de tubercules comestibles surnommés les patates chapelets. Elles n’ont qu’un seul défaut, les rhizomes courent et se promènent sous le sol pour s’éloigner du site de culture. À tous les deux ans, je dois creuser et ramener mes plants dans leur site initial. J’en profite alors pour faire une petite récolte que je me fais cuire. En plus, les fleurs sont jolies!

La glycine américaine, facile à faire pousser, sauf qu’elle ne repousse pas au même endroit.

Voilà ! Il y en a d’autres, mais c’est celles que j’ai essayées jusqu’à maintenant.

Pour en savoir plus

Bon repos d’hiver !

Le gout mitigé des Golden Spice

Ça y est! J’ai enfin pu gouter aux poires Golden Spice. Les critiques que j’avais trouvées les décrivant étaient souvent mitigées; on les disait des poires à cuisson, tout juste bonnes pour le jus en poiré et parfois, carrément immangeable. Mais d’autres clamaient pouvoir les manger fraiches, j’avais donc hâte de pouvoir m’en faire une idée par moi-même.

Mon père possède un poirier Golden Spice depuis plusieurs années. Malheureusement, l’arbre est le seul poirier du coin et n’a jamais produit beaucoup, mis à part une année ou mon père lui avait acheté un Beauté Flamande (qui a servi à polliniser, mais n’a pas survécu à l’hiver suivant) et une deuxième ou j’avais servi de bourdon lorsque le John de l’autre côté de la rue avait fleuri il y a deux ans de cela.

À l’époque, l’arbre avait produit, mais mes parents n’avaient pas du tout aimé le goût du fruit. C’était avant que je m’intéresse aux poires et je n’avais pas eu la chance d’y gouter.

Il y a environ trois ans, l’hiver très froid avait presque eu raison de l’arbre, si bien que je le croyais en sursis et m’attendais à une mort imminente à tout instant. Revirement inattendu, l’arbre survit et semble même reprendre de la vigueur!

Lors de sa dernière production, les quelques fruits produits avaient été cueillis trop tôt et ils avaient été immangeables. J’avais lu dans un article de quelqu’un qui possède un arbre à Petite-Rivière-Saint-François (au sud de mon terrain, près de Québec) que la récolte dans son coin se faisait mi-septembre. Erreur. À Petit-Saguenay, les fruits ne sont prêts qu’à la fin-septembre, début octobre. J’ai donc un gros deux semaines d’écart, et ce même si je ne suis pas si loin en termes de distance. Dans son cas, la proximité d’une masse d’eau (soit le fleuve Saint-Laurent) change tout, moi je suis dans les montagnes et il y fait beaucoup plus froid l’hiver, parfois au-delà de -40’C.

Le bon vieux Golden Spice ne veut pas mourir et s’accroche à la vie. Il est le seul à avoir fleuri cette année, les boutons floraux des autres poiriers ont gelé, mais pas ceux du Golden Spice.

Donc enfin, cette année, grâce à mon pollen congelé (voir article précédent ICI), j’ai pu récolter sept fruits et surtout, enfin y gouter et me faire une tête sur ces fameuses Golden Spice!

Les poires sont plutôt petites, tout juste 6 cm, mais très jolies, elles tournent au jaune lorsqu’elles mûrissent et ont souvent des joues roses lorsqu’exposées au soleil. Le goût: un beau parfum épicé, d’arôme de miel avec un bon 14 brix (deux lectures à l’appui).

Toutefois, les poires sont acidulées et ont même un côté astringent tout de même tolérable. Par contre, je comprends que ce n’est pas le genre de goût qui plait à tous. Il faut aimer le « surette », car pour ma part, ça me rappelle le goût des pommettes, mais avec un petit côté « foxy » intéressant. Je comprends maintenant pourquoi Claude Jolicoeur les suggère comme ajout intéressant à des mélanges de jus pour un poiré.

Et mes mesures sont comparables aux siennes. Dans son livre Du pommier au cidre, il y décrit la Golden Spice comme ayant une densité spécifique entre (1,056 et 1,066). Avec ma mesure de 14 brix, ça me donne 1,058 comme lecture, soit dans la moyenne.

En passant, je vous suggère ce site comme outil de conversion: https://biere.jg-laurent.com/aide/brix-sg.php