Le pommier originel – malus sieversii

J’ai reçu mon cadeau de Noël en avance: il s’agit de graines de malus sieversii en provenance du germoplasme de pommiers de Geneva, New York aux États-Unis.

J’en avais déjà eu quelques pépins l’an dernier d’un ami qui m’avait fait découvrir cette ressource méconnue du germoplasme de Geneva, New York. C’est le même centre de recherche qui avait mené, jadis, à la création de la pomme Empire, en 1945!

Les semis de mon KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i au printemps 2017

Les mêmes semis à la fin septembre. Remarquez le beau feuillage impeccable! Viva la résistance aux maladia!

Le pommier KAZ 96 09-02 GMAL_4054_.i tel que retrouvé sur la base de données en ligne du GRIN ici: https://training.ars-grin.gov/gringlobal/AccessionDetail.aspx?id=1693594

Mais qu’est-ce qu’un malus sieversii (par opposition aux pommiers cultivés ordinaires)

La diversité des pommes sauvages du malus sieversii – photo d’une expédition prise et menée par les chercheurs de l’Université Cornell qui gère le site du germoplasme de Geneva, New York. Source: http://exhibits.mannlib.cornell.edu/apples/expeditions.htm

Le malus (pommier en latin) sieversii est une variété de pommes qui se trouve être l’ancêtre de la plupart des pommes que nous cultivons et consommons aujourd’hui. Celui-ci provient des montagnes du massif du Tian Shan soit de l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, et Xinjiang en Chine).

Depuis la description complète du génome de la pomme en 2010 (source Wikipédia), il a été établi que le malus pumila (la variété européenne des pommiers cultivés) serait en fait apparenté de très près aux pommiers sauvages kazakhs, dont ils seraient des versions appauvries (suite à plusieurs générations de consanguinités).

L’ancêtre de la pomme, le malus sieversii, y pousse encore à l’état sauvage, par groupes isolés dans les montagnes.

Étonnamment, le malus sieversii produit des pommes presque aussi grosses que celles que nous consommons, et ce contrairement à la plupart des autres variétés de pommes sauvages. Et la raison en est for simple. C’est qu’un animal sauvage en fait une sélection naturelle depuis des siècles… les ours! Ceux-ci ont choisi et mangé les meilleurs fruits, tout en les disséminant via leurs fientes, un peu partout dans la région.

Ces pommiers étaient restés relativement inaccessibles et coupés du reste du monde à cause du régime soviétique et de la guerre froide. Toutefois, entre 1989 et 1996, plusieurs expéditions ont été financées afin d’explorer et répertorier ces pommiers sauvages riches en bagages génétiques. Il a alors été découvert que plusieurs de ces populations endémiques de malus sieversii étaient en fait naturellement résistantes aux insectes et maladies (tavelure et feu bactérien), des traits essentiels pour la culture des pommiers de demain. Car qui dit résistance aux maladies dit moins d’utilisation de produits chimiques!

Suite à ces expéditions menées entre autres par l’Université de Cornell qui gère la station de recherche de Geneva, aux États-Unis a implanté un arboretum (ou germoplasme) de milliers de clones et semis des ces pommiers sieversii. Vous pouvez lire les articles en bas pour plus de détails.

Mais ce qui est magnifique, c’est que ceux qui veulent en faire pousser le peuvent.

C’est pour ça que j’ai reçu un joli colis à la mi-novembre.

Ma commande de graines de malus sieversii en provenance de Geneva, New York (États-Unis)

Notez que lorsqu’on commande, il faut bien faire attention à la nomenclature des individus souhaités. Il existe plusieurs codes d’identification (GMAL, PI et KAZ). Le PI est unique, tandis que les GMAL sont des séries de semis et que la lettre finale (.a ou .j) fait partie de l’identifiant. Le KAZ suivi d’une date réfère à une date de cueillette et n’ont donc pas fiable comme identificateur unique.

 

Lorsqu’on en fait la demande, il est donc possible d’obtenir 25 graines d’un individu (ils nous fournissent une liste de ce qui est disponible) mais en pollinisation ouverte. La résultante demeure donc en grande partie inconnue.

À l’hiver dernier, j’avais donc échangé avec des chercheurs du National Germplasm Respository de Geneva pour finalement être redirigé à Mme Dawn Dellefave qui s’est chargée de gérer ma commande de graines selon une liste de disponibilité. Vous pouvez la contacter ici (en anglais). Les livraisons se font à l’automne, on peut donc les contacter pour les commandes en tout temps (enfin, je crois). Voici ce qu’on m’avait répondu au début de ma démarche.

Hello Alain,

I am attaching a list of what we do have to offer.  They are in conjunction with the program listed below.  You can read about the different PI# or GMAL #’s by going to: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/search.aspx

You can type in the PI# or GMAL# or variety name.  They have created a website with instructions, videos etc. so you can become more familiar with the new system.

 http://www.ars-grin.gov/npgs/gringlobal/HTML5/Default.htm

If you see anything off the attached list that interests, please let me know.  Otherwise I will select this fall and send some along to you.

Dawn

« Below you will find information about our program involving the wild malus sieversii seeds from our work that you may have read/heard about in the popular book « The Botany of Desire: A Plant’s-Eye View of the World » by Michael Pollan, the Documentary: http://www.pbs.org/thebotanyofdesire/ or the Nov. 21, 2007 NY Times article (Stalking the Placid Apple’s Untamed Kin) By HAROLD McGEE): http://www.nytimes.com/2007/11/21/dining/21curi.html?_r=1&ref=dining&oref=slogin

Back in the late 1990’s, our former apple curator Phil Forsline collected apple seeds from the wild native species in Kazakhstan.  Original seed from Kazakhstan is reserved for use by scientists doing genetic research. However we can supply open-pollinated (O.P.) seed from our grow-outs which are in a somewhat isolated area and these would be a blend of all genes from many sites in Kazakhstan.  This site contains over 1000 trees of Malus sieversii and most of these trees have produced seed since 2001. We do not have any trees to send out. We can send a small seed lot that you will need to germinate (see the section at the end of this message from our Procedures manual on how that is done).

We have received numerous requests since Michael Pollen’s book was published. Fruits from the grow-out site were collected in the fall of 2001 to 2014 and we extracted seeds. We have sent about 100 seeds per requester (open-pollinated) from at least 4 different mother trees that represent diverse ecosystems in Kazakhstan.  « 

Selon les nombreuses informations disponibles dans la base de données du GRIN, il devient intéressant de piger parmi certaines caractéristiques prometteuses d’un cultivar ciblé:

  • l’altitude du site originel de croissant,
  • la résistance aux maladies,
  • le taux de sucre des fruits du parent,
  • la saison de production (hâtif de préférence),
  • la grosseur de fruit du parent ou encore,
  • si l’habitat d’origine hostile, donc une une propension à la résistance à la sécheresse par exemple.

J’ai donc choisi, entre autres, des graines provenant de cultivars ayant survécu et prospéré dans des habitats désertiques difficiles dont les précipitations annuelles sont parfois moins de 275mm de pluie (xérophytique). Restera à vérifier la rusticité de mes arbres ainsi obtenus.

L’accession KAZ 96 08-17 PI_637780 ; un malus sieversii dont j’ai obtenu des semences et qui provient d’un site aride et dont l’arbre original démontrait une bonne résistance aux maladies. Source: https://npgsweb.ars-grin.gov/gringlobal/accessiondetail.aspx?id=1670296

Notez qu’il existe un débat et questionnement sur le danger de contamination possible des populations locales de pommiers sauvages que cela représente, notamment en France. Par contre, dans la mesure où il n’existe pas ou très peu de population de pommiers rustiques dans mon coin hyper nordique, je ne pense pas que cela me concerne tellement.

Et enfin attention! Plusieurs de ces pommiers sont davantage de l’ordre de pommettes (petites) et souvent très amères ou surettes. De plus, c’est de la pollinisation ouverte, donc on n’aura certainement pas la même chose que le parent. Voir cet image à cet effet, à la page 47 on voir le fruit du parent en haut à gauche avec ceux de trois de ses semis: http://www.homeorchardsociety.org/wp-content/uploads/2014/08/11-Phil-Forsline-%E2%80%93-The-REAL-Origin-of-the-Apple.pdf

 

Articles et médias sur le sujet:

En français: https://krapooarboricole.wordpress.com/2011/11/05/aux-origines-de-la-pomme-ou-le-jardin-d%E2%80%99eden-retrouve/

 

En anglais:

Remarkable Kazak Apples: Their resistance to disease may boost an entire industry ,USDA Online Magasine, Vol.54 No. 1

Collecting and managing wild malus germplasm in its center of diversity, 1997, D. Djangaliev et J. Luby dans HortScience

Malus sieversii: A Diverse Central Asian Apple Species in the USDA-ARS National Plant Germplasm System, Gayle M. Volk2, Adam D. Henk and Christopher M. Richard + Philip L. Forsline Hortscience 2013

Excursions to the origin of apple enhance gene pool article dans Good Fruit Growers, février 2006: http://www.goodfruit.com/excursions-to-the-origin-of-apple-enhance-gene-pool/

Power point de la conférence de M. Forsline donné lors d’une convention du NAFEX  pour le Home Orchard Society (OHS) en 2014, à Troutdale (http://www.homeorchardsociety.org/events/hos-nafex-crfg-meeting-2014/)

Phil Forsline – The REAL Origin of the Apple

Sur les pommiers sauvages du Kazakhstan du point de vue permaculture: http://www.appleseedpermaculture.com/tag/kazakhstan/

Débats sur le sujet de la contamination des pommes locales en France (forum greffer.net):

http://www.greffer.net/discussion/viewtopic.php?f=14&t=3957&sid=95ffd3349a6dd6dbdf1f2ea1f01e8477

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Les fixateurs d’azote – un bilan

L’azote est l’élément indispensable à la croissance d’une plante, plus particulièrement pour la pousse en vert. Quand on achète un engrais, le premier chiffre des trois, c’est l’azote.
Par exemple, le 20 20 20 c’est Azote (vert), Phosphore (racines) et Potasse (fleurs et fruits).
Un fixateur d’azote : c’est une plante qui fixe l’azote de l’air avec ou sans symbiose avec des bactéries favorables dans le sol, pour ensuite rendre cet azote biodisponible aux autres plantes, soit lorsque les plantes fixatrices sont récoltées, déchiquetées ou lors de leur décomposition.
Ces plantes sont presque toutes de la famille des Fabaceae.
C’est donc une façon pérenne de se créer son propre engrais, une notion de base de la permaculture.

Au fil de mes lectures, j’avais donc identifié plusieurs plantes inspirantes pour utilisation sur ma terre, disséminées au travers du verger. Les voici, des plus grandes aux plus petites:

Arbres

Robinier faux Acacia (Robinia) : Les arbres sont jolis et font de jolies fleurs. On en trouve plusieurs dans la région de Québec métropolitain. J’ai ramassé des graines que j’ai plantées au Saguenay.
Constat: Après trois-quatre ans de culture, la plante est non rustique en zone 3. De plus, les quelques survivants perdent leurs feuilles trop tard et gèlent au niveau de la neige chaque hiver.
Les branches produisent des épines épouvantables, ce qui est un calvaire à manipuler et tailler et enfin, l’arbre est envahissant, ce qui veut dire que celui-ci produira des rejets jusqu’à 3-4 mètres plus loin.
Conclusion, à éviter comme la peste! À moins d’essayer une variété sans épine, je ne le recommande pas du tout.

Le Robinier au Saguenay, un échec. À éviter, car non rustique, envahissant et les épines sont atroces.

Févier d’Amérique ou Épineux (Gleditsia triacanthos L.) : Arbre à croissance lente et très très épineux.
Pour le moment, le mien survit bien. Il pousse très lentement et étant petit n’a pas encore subi de dommage de la neige (le mien fait environ 2m après 3 ans).
Encore une fois, j’aurais préféré une variété sans épines, car les branches sont impossibles à manipuler. Mais au moins, il n’est pas envahissant comme le Robinier, car n’a pas produit de rejets par les racines. Je crois que cette espèce vaut la peine à tester et cultiver. Il est souvent utilisé comme haie. Reste à voir si la rusticité suivra.

Pois de Sibérie (Caragana Arborescens) : Arbuste/Arbre épineux, mais beaucoup moins que les deux premiers, qui peut venir jusqu’à 4 m de haut. Il est assez rustique, même si j’ai réussi à en prendre un. Le caragana est souvent utilisé comme haie et croit rapidement et facilement à partir de graines (ne perdez pas votre temps avec des boutures). Les pois immatures que l’arbre produit sont comestibles, mais je ne connais personne assez « mal pris » pour les manger.
À recommander vivement! Facile à cultiver et à contenir. Un bon ajout au verger.

Argousier (Hippophae rhamnoides) est un arbrisseau dioïque (male et femelles) épineux qui peut atteindre de 1 à 5 m. Pour le moment, j’en cultive quelques plants depuis quatre ans et j’en ai quatre qui ont survécu. Les miens ne sont pas envahissants du tout, mais très épineux. Je me suis acheté une variété sans épines, pour comparaison.
Constat : Les arbrisseaux ne sont pas si rustiques. À ce jour, les miens se font malmener par la neige et la glace. De plus, les variétés épineuses sont très désagréables à manipuler lors de la taille. Si vous optez pour ce genre de plante, sélectionnez des variétés rustiques sans épines à gros fruits, sinon vous risquez de perdre votre temps. De plus, dernier point, certains disent que la plante peut produire des rejetons par les racines et devenir envahissante, bien que je n’ai pas rencontré ce problème chez moi.

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Vivaces

Lupins : Ils ne croissent pas bien dans mon coin qui est plutôt sec, de plus, les pucerons les adorent et les plants se retrouvent systématiquement envahis par des colonies de fourmis qui élèvent les pucerons dessus.
Constat : ne fonctionne pas chez moi.

Le lupin indigo (baptisia australis) : plante buissonnante qui croît en touffe d’environ 1m. Très jolie et non envahissante. Toutefois, j’en ai planté plusieurs (semis) et ceux-ci, bien qu’ils survivent, ont beaucoup de difficulté à s’établir et réagissent très mal à la sécheresse. Donc à moins d’avoir un endroit humide et riche, à oublier.

Trèfle des prés (violet) : Très prolifique, mais croit jusqu’à 50 cm de haut, ce qui est un peu haut à mon goût, à moins de vouloir passer la faux.

Trèfle blanc : Très prolifique et s’installe facilement lorsque semé à graine. Certains le trouvent trop envahissant, mais on le suggère souvent comme plante à labourer afin de revivifier un sol.
Constat et utilisation : De mon côté, je m’en sers comme les anciens le faisaient, soit comme couvre-sol du verger (en mélange avec du thym). Il sert peut-être de refuge aux rongeurs, mais je tonds bas plusieurs fois dans la saison et semble garder un bon contrôle des populations. Le trèfle est facile de culture et croit de façon généreuse, ce qui est parfait pour moi.

Le verger avant la tonte. Au pied du pommier, on peut voir la consoude à gauche, en haut des jonquilles (repoussent les mulots), et de la bourrache à droite.

Pois sauvages (Vesces): Utilisé en maraichage comme engrais vert. Pour ma part, j’évite, car c’est envahissant et ça grimpe partout. Je les arrache plutôt que de les semer.

Radis japonais ou daikon : Ma seule expérience est celle de cette année. J’ai semé les graines au printemps et celles-ci ont tout de suite « monté en fleur ». Il faudrait apparemment attendre après le solstice du 21 juin avant de les planter. C’est donc partie remise dans mon cas. Je n’ai qu’un seul radis qui a poussé jusqu’à maturité et il avait, effectivement, une racine profonde qui aurait bien aéré et nourrit le sol. Toutefois, c’est nous qui l’avons mangé (c’est doux et très bon en soupe).

La radis japonais ou Daikon

Raifort (Armoracia rusticana) de la famille des Brassicoideae, soit des choux. Cultivés surtout pour ses racines, le feuillage et la hampe florale qui ressemble à des rapini, ont un bon goût piquant.
Avantages : les racines plongent profondément dans le sol et peuvent créer de l’ombrage à des petites plantes plus fragiles à la sécheresse. Inconvénients : plutôt envahissant. Une fois installé c’est presque impossible de s’en débarrasser ; le moindre petit bout de racine repoussera. Malgré ses défauts, j’en ai planté un peu partout dans le verger, aux périphéries des racines des arbres.

La raifort est facile à faire pousser, mais attention! C’est envahissant. Sur la photo, il a bien protégé mon petit poirier, mais a envahi l’espace autour du petit arbre.

Consoude : Plante vivace généreuse et facile de culture, qui produit beaucoup de feuillage et qu’on peut récolter deux à trois fois dans la saison pour en faire un purin vert (on récolte le feuillage qu’on met dans un baril avec de l’eau pendant quelques jours). Il faut planter, des préférences, les variétés qui ne produisent pas de graines, au risque de se faire envahir.
Résultats : J’en ai récupéré quelques plants sauvages trouvés sur les plaines d’Abraham. Même si les miens semblent produire des graines, je n’ai, pour le moment, pas de difficulté à les contenir. Je suis en mode propagation, car je veux éventuellement en avoir à la base de chacun de mes fruitiers. Je recommande chaudement, car une fois installée, la plante se divise et multiplie facilement par morceaux de racines.

Bourrache : Même famille que la consoude, mais annuelle celle-là. Je l’affectionne bien. J’en ai planté à la base de tous mes fruitiers et elle se resème chaque année. En plus, le feuillage est très bon, après cuisson.

Patates chapelet ou glycine d’amérique (Wisteria frutescens): Très facile de culture, j’en fais pousser depuis plusieurs années. C’est une plante grimpante qui pousse à partir de tubercules comestibles surnommés les patates chapelets. Elles n’ont qu’un seul défaut, les rhizomes courent et se promènent sous le sol pour s’éloigner du site de culture. À tous les deux ans, je dois creuser et ramener mes plants dans leur site initial. J’en profite alors pour faire une petite récolte que je me fais cuire. En plus, les fleurs sont jolies!

La glycine américaine, facile à faire pousser, sauf qu’elle ne repousse pas au même endroit.

Voilà ! Il y en a d’autres, mais c’est celles que j’ai essayées jusqu’à maintenant.

Pour en savoir plus

Bon repos d’hiver !

Le gout mitigé des Golden Spice

Ça y est! J’ai enfin pu gouter aux poires Golden Spice. Les critiques que j’avais trouvées les décrivant étaient souvent mitigées; on les disait des poires à cuisson, tout juste bonnes pour le jus en poiré et parfois, carrément immangeable. Mais d’autres clamaient pouvoir les manger fraiches, j’avais donc hâte de pouvoir m’en faire une idée par moi-même.

Mon père possède un poirier Golden Spice depuis plusieurs années. Malheureusement, l’arbre est le seul poirier du coin et n’a jamais produit beaucoup, mis à part une année ou mon père lui avait acheté un Beauté Flamande (qui a servi à polliniser, mais n’a pas survécu à l’hiver suivant) et une deuxième ou j’avais servi de bourdon lorsque le John de l’autre côté de la rue avait fleuri il y a deux ans de cela.

À l’époque, l’arbre avait produit, mais mes parents n’avaient pas du tout aimé le goût du fruit. C’était avant que je m’intéresse aux poires et je n’avais pas eu la chance d’y gouter.

Il y a environ trois ans, l’hiver très froid avait presque eu raison de l’arbre, si bien que je le croyais en sursis et m’attendais à une mort imminente à tout instant. Revirement inattendu, l’arbre survit et semble même reprendre de la vigueur!

Lors de sa dernière production, les quelques fruits produits avaient été cueillis trop tôt et ils avaient été immangeables. J’avais lu dans un article de quelqu’un qui possède un arbre à Petite-Rivière-Saint-François (au sud de mon terrain, près de Québec) que la récolte dans son coin se faisait mi-septembre. Erreur. À Petit-Saguenay, les fruits ne sont prêts qu’à la fin-septembre, début octobre. J’ai donc un gros deux semaines d’écart, et ce même si je ne suis pas si loin en termes de distance. Dans son cas, la proximité d’une masse d’eau (soit le fleuve Saint-Laurent) change tout, moi je suis dans les montagnes et il y fait beaucoup plus froid l’hiver, parfois au-delà de -40’C.

Le bon vieux Golden Spice ne veut pas mourir et s’accroche à la vie. Il est le seul à avoir fleuri cette année, les boutons floraux des autres poiriers ont gelé, mais pas ceux du Golden Spice.

Donc enfin, cette année, grâce à mon pollen congelé (voir article précédent ICI), j’ai pu récolter sept fruits et surtout, enfin y gouter et me faire une tête sur ces fameuses Golden Spice!

Les poires sont plutôt petites, tout juste 6 cm, mais très jolies, elles tournent au jaune lorsqu’elles mûrissent et ont souvent des joues roses lorsqu’exposées au soleil. Le goût: un beau parfum épicé, d’arôme de miel avec un bon 14 brix (deux lectures à l’appui).

Toutefois, les poires sont acidulées et ont même un côté astringent tout de même tolérable. Par contre, je comprends que ce n’est pas le genre de goût qui plait à tous. Il faut aimer le « surette », car pour ma part, ça me rappelle le goût des pommettes, mais avec un petit côté « foxy » intéressant. Je comprends maintenant pourquoi Claude Jolicoeur les suggère comme ajout intéressant à des mélanges de jus pour un poiré.

Et mes mesures sont comparables aux siennes. Dans son livre Du pommier au cidre, il y décrit la Golden Spice comme ayant une densité spécifique entre (1,056 et 1,066). Avec ma mesure de 14 brix, ça me donne 1,058 comme lecture, soit dans la moyenne.

En passant, je vous suggère ce site comme outil de conversion: https://biere.jg-laurent.com/aide/brix-sg.php

 

Croisement Golden Spice x Doyenne de Comice prometteur

J’ai enfin osé récupérer les graines issues de mon croisement du printemps dernier.
Étant donné que j’avais fait un croisement à partir de pollen congelé vieux de deux ans, je m’attendais à une graine, peut-être deux.

Le vieux Golden Spice de mon père pollinisé en mai 2017 avec du pollen congelé depuis deux ans de poirier Doyenné du Comice.

Le fruit avant la récolte. Je l’ai cueilli avant maturité à la mi-septembre, de peur que les ours qui trainent dans le coin ne parte avec mon précieux fruit.

voir l’article à sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/28/la-congelation-du-pollen-ou-comment-croiser-deux-plantes-qui-ne-fleurissent-pas-en-meme-temps/

J’ai eu l’agréable surprise d’avoir en fait rien de moins que six graines viables. Wow! Un trésor.

Les graines issues de mon croisement entre les Golden Spice x Comice à partir de pollen congelé. J’ai laissé le fruit mûrir complètement, presque jusqu’à blettissement, avant de récolter. Les graines sont biens brunes/noires, donc matures.

À venir: des années de patiente à faire pousser le tout en espérant que:

1- les plants soient rustiques
2- les fruits soient meilleurs que du Golden Spice et surtout, se rapprochent le plus possible des Doyenne de Comice.
D’ici là, je vous présente les prometteuses graines fraichement récupérées.

Bonnes récoltes et bon automne!

Faire pousser son jardin intérieur de verdure comestible

D’ici l’arrivée de l’été, c’est toujours agréable de se faire pousser quelques primeurs, c’est à dire de la verdure et des légumes un peu plus tôt que prévu en jardin.
À cet effet, je n’ai pas résisté à l’envie de me planter quelques graines de verdure à l’intérieur, histoire de profiter d’un peu de croquant avant les récoltes du début d’été.

Mon cœur de chou, environ une semaine après sa plantation le 14 avril dernier.

Mes semis et cœur de chou. En haut, du gombo, au centre mon chou déjà repoussé. En bas et à droite, des semis de Kale et de choux à feuillage.

Et pour y arriver, rien de mieux que les membres de la famille des choux: les brassicaceae (https://fr.wikipedia.org/wiki/Brassicaceae) ! Cette vaste famille de plantes comprend les choux, brocolis, radis, navets et choux-fleurs, mais aussi les moins connus légumes à feuillages tels que les bok choy, choux chinois, kale et cie!

Quelques graines de Kale Red russian, de bette à carde et voilà! J’avais déjà une petite réserve à venir de feuillage vert vitaminé dans laquelle je pourrais piger tout le printemps, sans avoir à me soucier des insectes et des vers à choux!

J’en ai profité pour recycler un cœur de choux qui voulait vivre! J’avais un vieux chou au frigo et qui avait commencé à faire des racines. Je l’ai dépouillé de ses feuilles et ne lui ai laissé que sa tête ou presque. Une fois replanté, il a aussitôt repris vie. Bien qu’il essaiera immanquablement de fleurir, d’ici là, je peux déjà récolter un plant de chou frais gratuit qui a repoussé en à peine un mois, alors que je m’apprêtais à le jeter de toute façon.

Mon chou ressuscité: prêt à manger après un mois et demi; à récolter avant qu’il ne prenne toute la place de mon « potager » d’intérieur et surtout, qu’il ne monte en fleur.

Cette idée m’a inspiré à essayer de trouver un article intéressant sur le sujet. L’Internet regorge de liste de légumes à repousser soi-disant facilement à la maison. Toutefois, d’expérience, ce n’est pas toujours le cas et ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le dit. Plusieurs articles vantent la plantation du gingembre par exemple, ou du poireau ou encore du fenouil avec lesquels je n’ai jamais eu bien du succès. C’est donc dire que ce n’est pas si facile qu’on le dit.

Par contre, le céleri vaut la peine d’essayer. Voire mon autre billet sur le sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/09/20/des-nouvelles-du-verger-2/

J’ai trouvé un article intéressant, inspiré du livre de Bernard Lavallée – que je n’ai pas lu – mais dont la liste de légumes qu’on peut faire pousser à la maison parait plutôt réaliste et que je vous recommande (l’article du moins):

Article du Huffingtonpost: « Faire pousser soi-même des légumes… dans sa cuisine! inspiré du livre de Bernard Lavallée http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/24/legumes-cuisine-jardinage_n_6932710.html

PS: À noter que faire repousser les têtes de légumes racines fonctionne assez facilement. Par contre, le plant qui en résultera essaiera quasiment toujours de « monter en fleur ». C’est bien parfait si on veut en récolter les graines, ou encore si on veut en consommer le feuillage et/ou les fleurs. Il ne faut pas s’attendre à une nouvelle production de ladite racine, voilà tout.

Pêches et prunier nain des sables (Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi)

Connaissez-vous le prunier nain des sables de l’Ouest, communément appelé le Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi?

prunus pumila var besseyi source: USDA-NRCS PLANTS Database / Herman, D.E., et al. 1996. North Dakota tree handbook. USDA NRCS ND State Soil Conservation Committee; NDSU Extension and Western Area Power Administration, Bismarck.

Le fruit du prunier des sables. Source: http://www.ontariowildflower.com/shrub.htm#sandcherry

Le prunier des sables est, soit dit en passant, le père des chums – ou la mère c’est selon – des prunes-cerises ou cherry-plums.
Le prunus besseyi est un petit cerisier rampant natif des prairies. Il résiste très bien à des températures extrêmes (au froid) et son port est est nain et buissonnant. Il se multiplie naturellement en rampant et drageonnant. Son fruit ressemble aux cerises à grappes (prunus virginiana), alors que la plante est en fait davantage apparentée… aux pruniers!
Son petit fruit astringent a un goût aigrelet, sucré et astringent qu’on peut qualifier de plutôt moyen au niveau gustatif. Il s’utilise surtout en cuisson (compote, confitures et jus).

Toutefois, en plus d’être hyper rustique et de servir de porte-greffe à affranchir pour les pruniers et abricots, la plante possède une autre aptitude particulièrement intéressante: elle s’hybride avec à peu près tout les prunus: avec les pruniers (p. salicina, domestica, americana, nigra), les abricots (p. armeniaca), les ragouminiers (cerisiers de nanking p. tomentosa) et même avec les pêches (p. persica) – quoique dans ce cas, les plants ainsi obtenus sont infertiles.

Et enfin, c’est surtout le pollinisateur idéal pour tous ceux qui veulent faire fructifier leur chum (cherry-plum). C’est que les cultivars disponibles sont presque tous originaires de croisements de deuxième génération; et selon ce que j’ai lu, la plupart de ceux de la première génération (prune des sable x pruniers) ne donnent pas des fruits extraordinaires. Alors tant qu’à avoir de la pollinisation, aussi bien y aller avec la variété pure.

Voici quelques documents sur les variétés de Chum, dont celles de premières génération:

À propos de Sapa – un cultivar de 1ère génération (p. besseyi x Sultan): https://archive.org/stream/cultureduprunier45maco/cultureduprunier45maco_djvu.txt

À propos de cultivars  de 2e génération, soit issus de croisement avec Sapa (Dura et Manor): http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/agr/A53-1866-1991-fra.pdf

Et un dernier lien listant différents hybrides de première génération avec le prunus besseyi produits par l’Université du Minnesota dans les années 1960. Il faut faire une recherche dans le document par mot clé « besseyi » afin d’y trouver les variétés de p. besseyi croisées avec autre chose. Leurs recherches ont produit des cultivars peu connus dont plusiers n’ont jamais connu la popularité, excepté peut-être pour Convoy, qui est un hybride d’origine Canadienne de toute façon (du Manitoba). Vous remarquerez les commentaires sur les qualités des hybrides en question, sous « Flavor ». On note du bitter (amer), poor (ordinaire), disagreable (désagréable), nearly sweet (presque sucré)…

Le lien: PRUNUS HYBRIDS, SELECTIONS AND CULTIVARS, AT THE UNIVERSITY OF MINNESOTA FRUIT BREEDING FARM – 1967

L’intérêt des pruniers besseyi comme porte-greffes (incluant les pêches et abricots):

Même en étant pas nécessairement les meilleurs fruits pour la consommation, les pruniers des sables ont l’avantage de s’hybride avec un peu tout et comme je l’avais mentionné dans un autre article sur les portes-greffes, plusieurs cultivars issus de croisements avec le p. besseyi font d’excellent porte-greffe.
Mon billet précédent sur les portes-greffe nanisant pour les pêches: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/10/24/porte-greffe-rustique-et-nanisant-pour-les-peches/
Et ma grande découverte en lisant ce document, c’est que le p. besseyi se croise avec le pêcher et bien que les hybrides qui en résultent sont infertiles, ils font de très bons PG rustiques et nanisant pour les pêches.

Semis de pêche 2017

Et en parlant de pêche, j’ai craqué. Et de un, j’ai à nouveau fait germé un noyau, cette fois de pêche jaune du Chili. C’est une variété inconnue, mais peu importe. Depuis qu’un contact de Port-Rouge m’a annoncé que lui aussi avait réussi à conserver des pêcher plusieurs années en les couchant et en laissant la neige les protéger, il fallait que je l’essaie à mon tour.

Mon nouveau semis de pêche 2017:

Et en plus, je me suis commandé un plant de pêches plates (p. persica Saturn) greffé sur un p. persica Lovell (un nouveau cultivar utilisé comme porte-greffe de pêcher; Lovell serait mieux que la variété de pêcher Bailey).

J’ai l’intention de le planter à mon terrain en lui faisant un girdling (légère entaille circulaire du cambium, petite annélation) afin de favoriser au moins une repousse du PG lovell. C’est dans le but d’en obtenir une repousse/branche, dont je pourrai greffer quelques yeux (avec mon semis et mon saturn) en août sur un prunus Convoy, au cas ou mon plant de pêcher gèlerait. Par contre, j’avoue qu’avec la quantité hallucinante de neige qui a tombé encore cette année sur mon terrain (plus de 2m de neige), je crois que le pêcher sera sauf. D’autant plus que j’ai réussi à hiverner depuis maintenant deux ans un figuier Marseille Black!

Et pour ce qui est du goût de Lovell, j’ai lu sur le forum Houzz (nouveau Gardenweb) ici que quelqu’un avait laissé fructifier son PG Lovell et que le fruit goutait l’abricot, ce qui pas mal mieux que ce que j’ai lu et entendu dire à propos des fruits du PG Bailey qui apparemment, ne sont pas bons du tout. Tout juste utilisable en cuisson.

Commande de Boughen Nurseries

Et sinon, je me suis aussi commandé (naturellement) un prunier besseyi pur, ainsi qu’un Sapa, le chum de première génération dont je parlais plus haut. Ils arrivent en autobus de la pépinère Boughen Nurseries, de Nipawen en Saskatchewan. Je ne sais pas encore comment ça va me coûter, c’est une surprise – en espérant qu’elle ne soit pas trop mauvaise. Je n’en ai commandé qu’un seul (p. besseyi), comme ça, mes fruits obtenus seront nécessairement des hybrides, si jamais l’envie me prend d’essayer des semis. Car dans ce cas précis, je sais pertinemment que les chances sont minces d’arriver à quelque chose de bien. Au mieux comestible, au pire j’obtiendrai des spécimens de collection/curiosités.

J’aimerais bien un hybride tomentosa x besseyi (on le trouve parfois vendus sous le nom de black tomentosa ou black nanking). C’est plus rustique que du tomentosa pur et c’est fort joli. Est-ce que ça goute bon? Reste à voir.

Photo publiée par l’utilsateur Intotheark sur le forum Houzz – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

En haut, le fruit du Black Nanking (besseyi x tomentosa). Le fruit y est décrit comme un peu plus gros que du besseyi avec la chair plus foncée sans trop de détails sur le gout. Source forum Houzz: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

Description de Sapa (tiré de Culture du Prunier et Variétés recommandées pour les différentes parties du Canada avec leur description, 1925).

Sapa (prunus Besseyi x Sultan – domestica) Fruit 1″ x 1″ pruine bleuâtre, mince; peau mince, modérément coriace; chair de couleur pourpre foncé, très juteuse; noyau de grosseur moyenne, ovale, adhérent; saveur nettement acidulé, piquante, acide près de la peau, légèrement astringente; qualité surmoyenne. A beaucoup de la saveur des meilleures cerises des sables mais est plus grosse.

Et… j’ai tout de même fait pousser un semis de croisement entre deux Chum: Opata/Kappa (nom incertain) x Convoy. Je me risque tout de même avec celui-là, mais avec un seul, des fois que j’obtiendrais quelque chose d’intéressant. Stratification humide 3 mois au frigo avant que les noyaux ne s’entrouvrent. J’en ai ensuite semé plusieurs et c’est celui-là qui a poussé.

Mon semis de Chum X 2017

Les chromosomes et l’hybridation; tentative d’explication en toute humilité…

La plupart des variétés sauvages de pruniers sont des diploïdes (2n=16) et j’avais lu que ce serait le cas pour le besseyi. En gros, lors de la pollinisation, si les chromosomes des deux parents (ovaire et pollen) ne se divisent pas par deux à la méiose (division initiale après la fécondation), les gènes s’additionnent lorsqu’il y a tout de même compatibilité.

Prenons le cas d’un des premier cultivar/ancêtre de plusieurs variétés de chum, soit le Sapa. Il s’agit d’un semis de Sultan x besseyi. Le p. domestica est supposé être un hexaploide naturel (2n=48). Ce qui fait que Sapa serait donc un polyploide (tetrahexacontaploide) avec Besseyi (2n=16) + p.domestica (2n=48) qui donnerait une ploïdie de (2n=64) à la première génération d’hybride. Et si on considère que Sapa est le parent de plusieurs autres croisements, ça expliquerait le faible taux de compatibilité!

Je m’explique avec un deuxième exemple: si à la deuxième génération de croisement avec un autre Chum de 2n=16 (dans le meilleur des cas), on aurait Sapa (2n=64) + ChumX (2n=16) qui se divise, donc on reste avec un (2n=64). Par contre, si on a un Chum de (2n=48) + (2n=64), on aurait alors un (2n =112) – du moins je crois et si c’est seulement possible. Car éventuellement, la pollinisation ne se fait plus, c’est pour ça que les croisements inter-espèces a ses limites.

Enfin, je ne suis pas expert en la matière et j’arrête tout de suite mes tentatives d’explications. Ce dont il faut se souvenir, c’est que les variétés sauvages sont en général davantage compatibles avec les hybrides pour la pollinisation. C’est encore plus vrai avec le prunus besseyi, qui se croise avec presque tout.

Sur la ploïdie dans Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Plo%C3%AFdie

Et sur la ploïdie des pruniers (voir dans la section « origine biologique »): https://fr.wikipedia.org/wiki/Prunier

Mot de la fin

Je termine avec un document d’archive qui est une mine d’or de recherche du siècle dernier sur le prunier des sables. Des milliers de semis et cultivars, croisements, greffage, hybridation ont été effectués à divers endroits, mais plus particulièrement à la college de recherche et d’expérimentation du Dakota du Sud. Ces travaux ont été supervisés par le célèbre N. E Hansen, un horticulteur célèbre pour ses travaux sur les fruitiers rustiques, ainsi que sur l’hybridation des pruniers, de la luzerne, des pommes rouges (même s’il a été battu en vitesse par Albert Etter sur ce point) et enfin, directeur du South Dakota Experiment Station à Brookings à partir de 1895. Oui, ça fait plus d’un siècle déjà.

Le document est en ligne et accessible à tous ici:

http://openprairie.sdstate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1086&context=agexperimentsta_bulletins

Sol vivant et permaculture – la radis d’hiver (daikon) et l’importance d’un bon couvre-sol

Je suis tombé par hasard sur des graines de radis d’hiver/japonais, ou de daikon (Raphanus sativus var. longipinnatus), dans une grande surface, que je me suis empressé d’acheter.

Radis japonais ou daikon (source: https://i.ytimg.com/vi/nveaDBNbSrQ/maxresdefault.jpg)

C’est qu’au fil de mes expériences de cultures et de défrichage sur mon terrain sec et montagneux, j’ai réalisé que celui-ci ne comportait qu’une très fine couverture de matière organique de surface.

Et malheureusement, lors de ma première expérience de dessouchage et de grattage de racines, presque tout avait été enlevé. On apprend à la dure! C’est là que j’ai appris que le sol est vivant et une plante a besoin de matière organique. Planter un fruitier dans du sable et des roches, il ne fera rien. Survivre tout au plus.

Dans mon cas, j’ai donc du reconstruire la matière organique avec l’aide des couvres-sols. Et c’est possible!

Après avoir expérimenté les bienfaits du trèfle, j’avais lu quelques articles et regardé quelques vidéos sur l’ivraie (ray grass), sur l’avoine, la luzerne et le seigle, ainsi que sur le Daikon, dont j’avais déjà pu lire et constater les bienfaits en utilisation comme couvre-sol. Le radis d’hiver possède une longue racine profonde qui peut « creuser » jusqu’à trois pieds (91 cm) de profondeur. Et n’étant pas vivace, la plante meurt au printemps et se décompose doucement jusqu’en été tout en laissant un trou, qui aère le sol. Dans le cas de cette plante, le processus de décomposition peut paraitre un peu long pour de la culture maraîchère, mais peut-être idéal pour un fruitier, ce que j’ai bien l’intention d’essayer.

D’autant plus que le radis en question est comestible, alors rien n’empêche d’en récolter et manger quelques uns!

D’ici là, voici quelques liens intéressants sur ce sujet:

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/cover.htm

http://articles.extension.org/pages/64400/radishes-a-new-cover-crop-for-organic-farming-systems

http://dirtsecrets.com/2015/03/daikon/

Et quelques vidéos (en anglais):