Le gout mitigé des Golden Spice

Ça y est! J’ai enfin pu gouter aux poires Golden Spice. Les critiques que j’avais trouvées les décrivant étaient souvent mitigées; on les disait des poires à cuisson, tout juste bonnes pour le jus en poiré et parfois, carrément immangeable. Mais d’autres clamaient pouvoir les manger fraiches, j’avais donc hâte de pouvoir m’en faire une idée par moi-même.

Mon père possède un poirier Golden Spice depuis plusieurs années. Malheureusement, l’arbre est le seul poirier du coin et n’a jamais produit beaucoup, mis à part une année ou mon père lui avait acheté un Beauté Flamande (qui a servi à polliniser, mais n’a pas survécu à l’hiver suivant) et une deuxième ou j’avais servi de bourdon lorsque le John de l’autre côté de la rue avait fleuri il y a deux ans de cela.

À l’époque, l’arbre avait produit, mais mes parents n’avaient pas du tout aimé le goût du fruit. C’était avant que je m’intéresse aux poires et je n’avais pas eu la chance d’y gouter.

Il y a environ trois ans, l’hiver très froid avait presque eu raison de l’arbre, si bien que je le croyais en sursis et m’attendais à une mort imminente à tout instant. Revirement inattendu, l’arbre survit et semble même reprendre de la vigueur!

Lors de sa dernière production, les quelques fruits produits avaient été cueillis trop tôt et ils avaient été immangeables. J’avais lu dans un article de quelqu’un qui possède un arbre à Petite-Rivière-Saint-François (au sud de mon terrain, près de Québec) que la récolte dans son coin se faisait mi-septembre. Erreur. À Petit-Saguenay, les fruits ne sont prêts qu’à la fin-septembre, début octobre. J’ai donc un gros deux semaines d’écart, et ce même si je ne suis pas si loin en termes de distance. Dans son cas, la proximité d’une masse d’eau (soit le fleuve Saint-Laurent) change tout, moi je suis dans les montagnes et il y fait beaucoup plus froid l’hiver, parfois au-delà de -40’C.

Le bon vieux Golden Spice ne veut pas mourir et s’accroche à la vie. Il est le seul à avoir fleuri cette année, les boutons floraux des autres poiriers ont gelé, mais pas ceux du Golden Spice.

Donc enfin, cette année, grâce à mon pollen congelé (voir article précédent ICI), j’ai pu récolter sept fruits et surtout, enfin y gouter et me faire une tête sur ces fameuses Golden Spice!

Les poires sont plutôt petites, tout juste 6 cm, mais très jolies, elles tournent au jaune lorsqu’elles mûrissent et ont souvent des joues roses lorsqu’exposées au soleil. Le goût: un beau parfum épicé, d’arôme de miel avec un bon 14 brix (deux lectures à l’appui).

Toutefois, les poires sont acidulées et ont même un côté astringent tout de même tolérable. Par contre, je comprends que ce n’est pas le genre de goût qui plait à tous. Il faut aimer le « surette », car pour ma part, ça me rappelle le goût des pommettes, mais avec un petit côté « foxy » intéressant. Je comprends maintenant pourquoi Claude Jolicoeur les suggère comme ajout intéressant à des mélanges de jus pour un poiré.

Et mes mesures sont comparables aux siennes. Dans son livre Du pommier au cidre, il y décrit la Golden Spice comme ayant une densité spécifique entre (1,056 et 1,066). Avec ma mesure de 14 brix, ça me donne 1,058 comme lecture, soit dans la moyenne.

En passant, je vous suggère ce site comme outil de conversion: https://biere.jg-laurent.com/aide/brix-sg.php

 

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Croisement Golden Spice x Doyenne de Comice prometteur

J’ai enfin osé récupérer les graines issues de mon croisement du printemps dernier.
Étant donné que j’avais fait un croisement à partir de pollen congelé vieux de deux ans, je m’attendais à une graine, peut-être deux.

Le vieux Golden Spice de mon père pollinisé en mai 2017 avec du pollen congelé depuis deux ans de poirier Doyenné du Comice.

Le fruit avant la récolte. Je l’ai cueilli avant maturité à la mi-septembre, de peur que les ours qui trainent dans le coin ne parte avec mon précieux fruit.

voir l’article à sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/03/28/la-congelation-du-pollen-ou-comment-croiser-deux-plantes-qui-ne-fleurissent-pas-en-meme-temps/

J’ai eu l’agréable surprise d’avoir en fait rien de moins que six graines viables. Wow! Un trésor.

Les graines issues de mon croisement entre les Golden Spice x Comice à partir de pollen congelé. J’ai laissé le fruit mûrir complètement, presque jusqu’à blettissement, avant de récolter. Les graines sont biens brunes/noires, donc matures.

À venir: des années de patiente à faire pousser le tout en espérant que:

1- les plants soient rustiques
2- les fruits soient meilleurs que du Golden Spice et surtout, se rapprochent le plus possible des Doyenne de Comice.
D’ici là, je vous présente les prometteuses graines fraichement récupérées.

Bonnes récoltes et bon automne!

Faire pousser son jardin intérieur de verdure comestible

D’ici l’arrivée de l’été, c’est toujours agréable de se faire pousser quelques primeurs, c’est à dire de la verdure et des légumes un peu plus tôt que prévu en jardin.
À cet effet, je n’ai pas résisté à l’envie de me planter quelques graines de verdure à l’intérieur, histoire de profiter d’un peu de croquant avant les récoltes du début d’été.

Mon cœur de chou, environ une semaine après sa plantation le 14 avril dernier.

Mes semis et cœur de chou. En haut, du gombo, au centre mon chou déjà repoussé. En bas et à droite, des semis de Kale et de choux à feuillage.

Et pour y arriver, rien de mieux que les membres de la famille des choux: les brassicaceae (https://fr.wikipedia.org/wiki/Brassicaceae) ! Cette vaste famille de plantes comprend les choux, brocolis, radis, navets et choux-fleurs, mais aussi les moins connus légumes à feuillages tels que les bok choy, choux chinois, kale et cie!

Quelques graines de Kale Red russian, de bette à carde et voilà! J’avais déjà une petite réserve à venir de feuillage vert vitaminé dans laquelle je pourrais piger tout le printemps, sans avoir à me soucier des insectes et des vers à choux!

J’en ai profité pour recycler un cœur de choux qui voulait vivre! J’avais un vieux chou au frigo et qui avait commencé à faire des racines. Je l’ai dépouillé de ses feuilles et ne lui ai laissé que sa tête ou presque. Une fois replanté, il a aussitôt repris vie. Bien qu’il essaiera immanquablement de fleurir, d’ici là, je peux déjà récolter un plant de chou frais gratuit qui a repoussé en à peine un mois, alors que je m’apprêtais à le jeter de toute façon.

Mon chou ressuscité: prêt à manger après un mois et demi; à récolter avant qu’il ne prenne toute la place de mon « potager » d’intérieur et surtout, qu’il ne monte en fleur.

Cette idée m’a inspiré à essayer de trouver un article intéressant sur le sujet. L’Internet regorge de liste de légumes à repousser soi-disant facilement à la maison. Toutefois, d’expérience, ce n’est pas toujours le cas et ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le dit. Plusieurs articles vantent la plantation du gingembre par exemple, ou du poireau ou encore du fenouil avec lesquels je n’ai jamais eu bien du succès. C’est donc dire que ce n’est pas si facile qu’on le dit.

Par contre, le céleri vaut la peine d’essayer. Voire mon autre billet sur le sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/09/20/des-nouvelles-du-verger-2/

J’ai trouvé un article intéressant, inspiré du livre de Bernard Lavallée – que je n’ai pas lu – mais dont la liste de légumes qu’on peut faire pousser à la maison parait plutôt réaliste et que je vous recommande (l’article du moins):

Article du Huffingtonpost: « Faire pousser soi-même des légumes… dans sa cuisine! inspiré du livre de Bernard Lavallée http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/24/legumes-cuisine-jardinage_n_6932710.html

PS: À noter que faire repousser les têtes de légumes racines fonctionne assez facilement. Par contre, le plant qui en résultera essaiera quasiment toujours de « monter en fleur ». C’est bien parfait si on veut en récolter les graines, ou encore si on veut en consommer le feuillage et/ou les fleurs. Il ne faut pas s’attendre à une nouvelle production de ladite racine, voilà tout.

Pêches et prunier nain des sables (Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi)

Connaissez-vous le prunier nain des sables de l’Ouest, communément appelé le Western sand cherry ou prunus pumila var besseyi?

prunus pumila var besseyi source: USDA-NRCS PLANTS Database / Herman, D.E., et al. 1996. North Dakota tree handbook. USDA NRCS ND State Soil Conservation Committee; NDSU Extension and Western Area Power Administration, Bismarck.

Le fruit du prunier des sables. Source: http://www.ontariowildflower.com/shrub.htm#sandcherry

Le prunier des sables est, soit dit en passant, le père des chums – ou la mère c’est selon – des prunes-cerises ou cherry-plums.
Le prunus besseyi est un petit cerisier rampant natif des prairies. Il résiste très bien à des températures extrêmes (au froid) et son port est est nain et buissonnant. Il se multiplie naturellement en rampant et drageonnant. Son fruit ressemble aux cerises à grappes (prunus virginiana), alors que la plante est en fait davantage apparentée… aux pruniers!
Son petit fruit astringent a un goût aigrelet, sucré et astringent qu’on peut qualifier de plutôt moyen au niveau gustatif. Il s’utilise surtout en cuisson (compote, confitures et jus).

Toutefois, en plus d’être hyper rustique et de servir de porte-greffe à affranchir pour les pruniers et abricots, la plante possède une autre aptitude particulièrement intéressante: elle s’hybride avec à peu près tout les prunus: avec les pruniers (p. salicina, domestica, americana, nigra), les abricots (p. armeniaca), les ragouminiers (cerisiers de nanking p. tomentosa) et même avec les pêches (p. persica) – quoique dans ce cas, les plants ainsi obtenus sont infertiles.

Et enfin, c’est surtout le pollinisateur idéal pour tous ceux qui veulent faire fructifier leur chum (cherry-plum). C’est que les cultivars disponibles sont presque tous originaires de croisements de deuxième génération; et selon ce que j’ai lu, la plupart de ceux de la première génération (prune des sable x pruniers) ne donnent pas des fruits extraordinaires. Alors tant qu’à avoir de la pollinisation, aussi bien y aller avec la variété pure.

Voici quelques documents sur les variétés de Chum, dont celles de premières génération:

À propos de Sapa – un cultivar de 1ère génération (p. besseyi x Sultan): https://archive.org/stream/cultureduprunier45maco/cultureduprunier45maco_djvu.txt

À propos de cultivars  de 2e génération, soit issus de croisement avec Sapa (Dura et Manor): http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/agr/A53-1866-1991-fra.pdf

Et un dernier lien listant différents hybrides de première génération avec le prunus besseyi produits par l’Université du Minnesota dans les années 1960. Il faut faire une recherche dans le document par mot clé « besseyi » afin d’y trouver les variétés de p. besseyi croisées avec autre chose. Leurs recherches ont produit des cultivars peu connus dont plusiers n’ont jamais connu la popularité, excepté peut-être pour Convoy, qui est un hybride d’origine Canadienne de toute façon (du Manitoba). Vous remarquerez les commentaires sur les qualités des hybrides en question, sous « Flavor ». On note du bitter (amer), poor (ordinaire), disagreable (désagréable), nearly sweet (presque sucré)…

Le lien: PRUNUS HYBRIDS, SELECTIONS AND CULTIVARS, AT THE UNIVERSITY OF MINNESOTA FRUIT BREEDING FARM – 1967

L’intérêt des pruniers besseyi comme porte-greffes (incluant les pêches et abricots):

Même en étant pas nécessairement les meilleurs fruits pour la consommation, les pruniers des sables ont l’avantage de s’hybride avec un peu tout et comme je l’avais mentionné dans un autre article sur les portes-greffes, plusieurs cultivars issus de croisements avec le p. besseyi font d’excellent porte-greffe.
Mon billet précédent sur les portes-greffe nanisant pour les pêches: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/10/24/porte-greffe-rustique-et-nanisant-pour-les-peches/
Et ma grande découverte en lisant ce document, c’est que le p. besseyi se croise avec le pêcher et bien que les hybrides qui en résultent sont infertiles, ils font de très bons PG rustiques et nanisant pour les pêches.

Semis de pêche 2017

Et en parlant de pêche, j’ai craqué. Et de un, j’ai à nouveau fait germé un noyau, cette fois de pêche jaune du Chili. C’est une variété inconnue, mais peu importe. Depuis qu’un contact de Port-Rouge m’a annoncé que lui aussi avait réussi à conserver des pêcher plusieurs années en les couchant et en laissant la neige les protéger, il fallait que je l’essaie à mon tour.

Mon nouveau semis de pêche 2017:

Et en plus, je me suis commandé un plant de pêches plates (p. persica Saturn) greffé sur un p. persica Lovell (un nouveau cultivar utilisé comme porte-greffe de pêcher; Lovell serait mieux que la variété de pêcher Bailey).

J’ai l’intention de le planter à mon terrain en lui faisant un girdling (légère entaille circulaire du cambium, petite annélation) afin de favoriser au moins une repousse du PG lovell. C’est dans le but d’en obtenir une repousse/branche, dont je pourrai greffer quelques yeux (avec mon semis et mon saturn) en août sur un prunus Convoy, au cas ou mon plant de pêcher gèlerait. Par contre, j’avoue qu’avec la quantité hallucinante de neige qui a tombé encore cette année sur mon terrain (plus de 2m de neige), je crois que le pêcher sera sauf. D’autant plus que j’ai réussi à hiverner depuis maintenant deux ans un figuier Marseille Black!

Et pour ce qui est du goût de Lovell, j’ai lu sur le forum Houzz (nouveau Gardenweb) ici que quelqu’un avait laissé fructifier son PG Lovell et que le fruit goutait l’abricot, ce qui pas mal mieux que ce que j’ai lu et entendu dire à propos des fruits du PG Bailey qui apparemment, ne sont pas bons du tout. Tout juste utilisable en cuisson.

Commande de Boughen Nurseries

Et sinon, je me suis aussi commandé (naturellement) un prunier besseyi pur, ainsi qu’un Sapa, le chum de première génération dont je parlais plus haut. Ils arrivent en autobus de la pépinère Boughen Nurseries, de Nipawen en Saskatchewan. Je ne sais pas encore comment ça va me coûter, c’est une surprise – en espérant qu’elle ne soit pas trop mauvaise. Je n’en ai commandé qu’un seul (p. besseyi), comme ça, mes fruits obtenus seront nécessairement des hybrides, si jamais l’envie me prend d’essayer des semis. Car dans ce cas précis, je sais pertinemment que les chances sont minces d’arriver à quelque chose de bien. Au mieux comestible, au pire j’obtiendrai des spécimens de collection/curiosités.

J’aimerais bien un hybride tomentosa x besseyi (on le trouve parfois vendus sous le nom de black tomentosa ou black nanking). C’est plus rustique que du tomentosa pur et c’est fort joli. Est-ce que ça goute bon? Reste à voir.

Photo publiée par l’utilsateur Intotheark sur le forum Houzz – source: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

En haut, le fruit du Black Nanking (besseyi x tomentosa). Le fruit y est décrit comme un peu plus gros que du besseyi avec la chair plus foncée sans trop de détails sur le gout. Source forum Houzz: http://forums.gardenweb.com/discussions/1889647/new-favorite-bush-fruit

Description de Sapa (tiré de Culture du Prunier et Variétés recommandées pour les différentes parties du Canada avec leur description, 1925).

Sapa (prunus Besseyi x Sultan – domestica) Fruit 1″ x 1″ pruine bleuâtre, mince; peau mince, modérément coriace; chair de couleur pourpre foncé, très juteuse; noyau de grosseur moyenne, ovale, adhérent; saveur nettement acidulé, piquante, acide près de la peau, légèrement astringente; qualité surmoyenne. A beaucoup de la saveur des meilleures cerises des sables mais est plus grosse.

Et… j’ai tout de même fait pousser un semis de croisement entre deux Chum: Opata/Kappa (nom incertain) x Convoy. Je me risque tout de même avec celui-là, mais avec un seul, des fois que j’obtiendrais quelque chose d’intéressant. Stratification humide 3 mois au frigo avant que les noyaux ne s’entrouvrent. J’en ai ensuite semé plusieurs et c’est celui-là qui a poussé.

Mon semis de Chum X 2017

Les chromosomes et l’hybridation; tentative d’explication en toute humilité…

La plupart des variétés sauvages de pruniers sont des diploïdes (2n=16) et j’avais lu que ce serait le cas pour le besseyi. En gros, lors de la pollinisation, si les chromosomes des deux parents (ovaire et pollen) ne se divisent pas par deux à la méiose (division initiale après la fécondation), les gènes s’additionnent lorsqu’il y a tout de même compatibilité.

Prenons le cas d’un des premier cultivar/ancêtre de plusieurs variétés de chum, soit le Sapa. Il s’agit d’un semis de Sultan x besseyi. Le p. domestica est supposé être un hexaploide naturel (2n=48). Ce qui fait que Sapa serait donc un polyploide (tetrahexacontaploide) avec Besseyi (2n=16) + p.domestica (2n=48) qui donnerait une ploïdie de (2n=64) à la première génération d’hybride. Et si on considère que Sapa est le parent de plusieurs autres croisements, ça expliquerait le faible taux de compatibilité!

Je m’explique avec un deuxième exemple: si à la deuxième génération de croisement avec un autre Chum de 2n=16 (dans le meilleur des cas), on aurait Sapa (2n=64) + ChumX (2n=16) qui se divise, donc on reste avec un (2n=64). Par contre, si on a un Chum de (2n=48) + (2n=64), on aurait alors un (2n =112) – du moins je crois et si c’est seulement possible. Car éventuellement, la pollinisation ne se fait plus, c’est pour ça que les croisements inter-espèces a ses limites.

Enfin, je ne suis pas expert en la matière et j’arrête tout de suite mes tentatives d’explications. Ce dont il faut se souvenir, c’est que les variétés sauvages sont en général davantage compatibles avec les hybrides pour la pollinisation. C’est encore plus vrai avec le prunus besseyi, qui se croise avec presque tout.

Sur la ploïdie dans Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Plo%C3%AFdie

Et sur la ploïdie des pruniers (voir dans la section « origine biologique »): https://fr.wikipedia.org/wiki/Prunier

Mot de la fin

Je termine avec un document d’archive qui est une mine d’or de recherche du siècle dernier sur le prunier des sables. Des milliers de semis et cultivars, croisements, greffage, hybridation ont été effectués à divers endroits, mais plus particulièrement à la college de recherche et d’expérimentation du Dakota du Sud. Ces travaux ont été supervisés par le célèbre N. E Hansen, un horticulteur célèbre pour ses travaux sur les fruitiers rustiques, ainsi que sur l’hybridation des pruniers, de la luzerne, des pommes rouges (même s’il a été battu en vitesse par Albert Etter sur ce point) et enfin, directeur du South Dakota Experiment Station à Brookings à partir de 1895. Oui, ça fait plus d’un siècle déjà.

Le document est en ligne et accessible à tous ici:

http://openprairie.sdstate.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1086&context=agexperimentsta_bulletins

Sol vivant et permaculture – la radis d’hiver (daikon) et l’importance d’un bon couvre-sol

Je suis tombé par hasard sur des graines de radis d’hiver/japonais, ou de daikon (Raphanus sativus var. longipinnatus), dans une grande surface, que je me suis empressé d’acheter.

Radis japonais ou daikon (source: https://i.ytimg.com/vi/nveaDBNbSrQ/maxresdefault.jpg)

C’est qu’au fil de mes expériences de cultures et de défrichage sur mon terrain sec et montagneux, j’ai réalisé que celui-ci ne comportait qu’une très fine couverture de matière organique de surface.

Et malheureusement, lors de ma première expérience de dessouchage et de grattage de racines, presque tout avait été enlevé. On apprend à la dure! C’est là que j’ai appris que le sol est vivant et une plante a besoin de matière organique. Planter un fruitier dans du sable et des roches, il ne fera rien. Survivre tout au plus.

Dans mon cas, j’ai donc du reconstruire la matière organique avec l’aide des couvres-sols. Et c’est possible!

Après avoir expérimenté les bienfaits du trèfle, j’avais lu quelques articles et regardé quelques vidéos sur l’ivraie (ray grass), sur l’avoine, la luzerne et le seigle, ainsi que sur le Daikon, dont j’avais déjà pu lire et constater les bienfaits en utilisation comme couvre-sol. Le radis d’hiver possède une longue racine profonde qui peut « creuser » jusqu’à trois pieds (91 cm) de profondeur. Et n’étant pas vivace, la plante meurt au printemps et se décompose doucement jusqu’en été tout en laissant un trou, qui aère le sol. Dans le cas de cette plante, le processus de décomposition peut paraitre un peu long pour de la culture maraîchère, mais peut-être idéal pour un fruitier, ce que j’ai bien l’intention d’essayer.

D’autant plus que le radis en question est comestible, alors rien n’empêche d’en récolter et manger quelques uns!

D’ici là, voici quelques liens intéressants sur ce sujet:

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/cover_crops01/cover.htm

http://articles.extension.org/pages/64400/radishes-a-new-cover-crop-for-organic-farming-systems

http://dirtsecrets.com/2015/03/daikon/

Et quelques vidéos (en anglais):

Échanges sur les pruniers européens en zone 3

Aujourd’hui, pour faire suite à mon article récent sur les semis de mirabelles, je me permets de partager une question qui m’a été posée récemment par un contact web à propos dela culture des pruniers européens en zone 3.

Je me suis dit que la question pourrait en intéresser d’autres que nous deux, alors je partage.

Q: Bonjour, je vois que vous travaillez avec plusieurs types d’arbres fruitiers et dans une zone assez limitrophe en plus. Je m’intéresse aussi beaucoup à la propagation des arbres fruitiers, les pruniers entre autres. Sur mon terrain de Portneuf, j’ai greffé plusieurs variétés parmi les hybrides américains/japonais. J’ai quelques difficultés avec les types européens comme Mont-Royal par exemple mais je sais qu’il peut être sensible au site de plantation; cultivez-vous cette variété ? si oui, se comporte t-elle bien dans votre secteur ?

R: Oui, nous cultivons des pruniers de type Européen à Petit-Saguenay.

Nous avons deux Mont-Royal qui ont très bien résisté à -45’C depuis plusieurs années. Par contre, d’expérience, les autres européens (prunus domestica) testés à ce jour sont à la limite de leur rusticité à Petit-Saguenay en zone 3b environ.
Mon père a réussi à garder un abricotier Harcot 20 ans, mais je ne sais pas sur quoi il était greffé et l’arbre est maintenant mort.
Sinon, d’expérience, les autres pruniers européens sont limite chez nous:
Le Reine-Claude n’est pas assez rustique (zone 4-5)
Le mirabelle survit tout juste (probablement plus zone 4), tout comme le damas (le québécois et le damas Européen). Je prévois aussi tester la Stanley (prune de type Européenne, supposée rustique), tandis que je teste présentement d’autres variétés comme le Pershire yellow egg. J’ai plusieurs semis à différents stade de développement en test, ainsi que d’autres semis en route à partir de graines de mirabelles, de myrobolan et de prunes de style italienne nommée « Rompré », achetée au Marché du vieux port (en provenance de l’île d’Orléans).

La prune de style italienne, dont j’ai parti des semis, est originaire de l’île d’Orléans, près de Québec.

Mon objectif: tomber, peut-être, sur des mirabelliers ou p. domestica/insititia plus rustiques afin de complémenter le Mont-Royal.
Pour les porte-greffes, les Européens poussent assez biens sur leurs propres racines. Toutefois, le damas (le québécois de style prune d’Ente ou insititia) se greffe sur prunier japonais également, je l’ai testé avec succès avec greffe en oeil dormant en août.
Pour les autres, il faut greffer sur myrobolan ou européen ou nigra. Ça fonctionne peut-être sur americana, je ne l’ai pas testé.
Salutations!

mer 08:16

Q: (…) Vous parlez des abricotiers, vous en avez ? J’ai un pêcher et un nectarinier que je couche au sol chaque automne et les relève au printemps; çà fleurit souvent trop tôt lorsque les gelées ne sont pas encore toutes terminées. J’ai deux jeunes prune / abricot de Green Barn à l’essai depuis l’an dernier; on verra ce qu’ils feront. Pershire yellow egg est une prune jaune ? Tenez-moi au courant sur comment elle se comportera. Si cela ne vous embête pas, j’aimerais continuer à échanger des informations avec vous sur la propagation et le comportement des arbres fruitiers rustiques. Je vous remercie beaucoup encore et bonne journée vous !

mer 09:43

R: Bonjour! (…) Content d’entendre ça pour les pêches. Je veux justement en faire l’essai greffé sur chum Convoy. Et oui, il me fera plaisir d’échanger à nouveau sur ce sujet!

Germination d’akène de fraise ; ce faux-fruit-réceptacle charnu

Ça fait drôle à dire, mais quand on mange une fraise, on mange un faux-fruit.
Le vrai fruit est en fait l’akène, les petites graines réparties tout le tour de celle-ci, et dont on ne se soucie pas trop.
C’est que l’été dernier, Pascal a acheté un panier de fraises Cabot, une relativement nouvelle variété de fraises de saison GÉANTES!

La Cabot, une fraise naturellement géante et… contre toute attente, savoureuse!

J’avoue j’étais sceptique: des fraises géantes, pour moi, c’est synonyme de « boost » aux hormones et ça n’a rien de naturel. Pourtant, dans ce cas précis, ces fraises sont naturellement géantes lorsque cultivées en champ. Les plants produisent des monstres, voilà tout. Et en plus, elles ont bon gout!

Les Cabot nous ont tellement surpris, que je me suis laissé convaincre d’en récupérer des graines (des akènes) et d’essayer d’en faire pousser.

Car, mettons une chose au clair, la fraise, ce n’est pas un fruit. La fraise est « un réceptacle charnu sur lequel sont disposés régulièrement des akènes » (source Wikipédia), qui sont, eux, les vrais fruits d’un fraisier. Et c’est justement ça qu’il faut récupérer et stratifier au frigo si on veut faire pousser quelque chose (sinon ça marche peut-être quand même, mais le traitement augmente nos chances).

Gros plan sur les akènes d’une fraise, les vrais fruits (les graines). Source: wikipédia, par Scott Bauer de United States Department of Agriculture

Disons tout de même que j’étais un peu dubitatif et je ne pensais pas obtenir des résultats intéressants avec des graines de fraises du marché, dont la pollinisation est ouverte (parent inconnu). Mais ça, c’était avant de creuser un peu plus et avant de découvrir l’histoire de ce nouveau cultivar.

Cabot a été développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Kentville, en Nouvelle-Écosse et introduit commercialement en 1998. D’ailleurs, le brevet de Cabot arrivait justement à échéance en 2016.

La variété donc, est issue de croisements complexes, cherchant à combiner fermeté (K86-19), grosseur de fruit (K87-5) et résistance au stèle rouge du fraiser (Phytophthora fragariae), un champignon qui infecte les plants jusqu’à les tuer. Ceux-ci se flétrissent et produisent alors pas ou peu de fruits.

J’étais donc très content d’apprendre que la variété était résistante à cette maladie! Un plus, donc, pour mon expérience. Les fruits de Cabot sont tellement gros, que peu importe le résultat; si mes graines sont croisées avec un autre cultivar commercial, j’ai de fortes chances d’avoir de gros fruits. Alors que s’ils sont croisés avec des fraisiers sauvages, même à 50% de 20 grammes en moyenne, j’ai des fruits de 10 grammes, potentiellement hyperparfumées et savoureux, sans compter 10 x plus rustiques et résistants. En gros, que du bon.

Déjà 5 petits plants de Cabot X. Et… probablement plusieurs autres à venir! (après 3 mois de stratification froide)

L’hybridation et la culture de nouveaux cultivars de petits fruits n’étaient peut-être pas dans mes projets, mais en termes de résultats, c’est tout de même beaucoup plus gratifiant, car rapide à fructifier qu’avec le croisement des poiriers.

IMG_4736

Mes semis de Cabot en date du 9 avril 2017

Pour en savoir plus sur le cultivar Cabot:

http://hortsci.ashspublications.org/content/39/7/1778.full.pdf

Sur la stèle rouge du fraisier:

http://www.omafra.gov.on.ca/IPM/french/strawberries/diseases-and-disorders/red-stele.html

https://www.agrireseau.net/lab/documents/Phytophthora%20petits%20fruits%20E.pdf