Faire pousser son jardin intérieur de verdure comestible

D’ici l’arrivée de l’été, c’est toujours agréable de se faire pousser quelques primeurs, c’est à dire de la verdure et des légumes un peu plus tôt que prévu en jardin.
À cet effet, je n’ai pas résisté à l’envie de me planter quelques graines de verdure à l’intérieur, histoire de profiter d’un peu de croquant avant les récoltes du début d’été.

Mon cœur de chou, environ une semaine après sa plantation le 14 avril dernier.

Mes semis et cœur de chou. En haut, du gombo, au centre mon chou déjà repoussé. En bas et à droite, des semis de Kale et de choux à feuillage.

Et pour y arriver, rien de mieux que les membres de la famille des choux: les brassicaceae (https://fr.wikipedia.org/wiki/Brassicaceae) ! Cette vaste famille de plantes comprend les choux, brocolis, radis, navets et choux-fleurs, mais aussi les moins connus légumes à feuillages tels que les bok choy, choux chinois, kale et cie!

Quelques graines de Kale Red russian, de bette à carde et voilà! J’avais déjà une petite réserve à venir de feuillage vert vitaminé dans laquelle je pourrais piger tout le printemps, sans avoir à me soucier des insectes et des vers à choux!

J’en ai profité pour recycler un cœur de choux qui voulait vivre! J’avais un vieux chou au frigo et qui avait commencé à faire des racines. Je l’ai dépouillé de ses feuilles et ne lui ai laissé que sa tête ou presque. Une fois replanté, il a aussitôt repris vie. Bien qu’il essaiera immanquablement de fleurir, d’ici là, je peux déjà récolter un plant de chou frais gratuit qui a repoussé en à peine un mois, alors que je m’apprêtais à le jeter de toute façon.

Mon chou ressuscité: prêt à manger après un mois et demi; à récolter avant qu’il ne prenne toute la place de mon « potager » d’intérieur et surtout, qu’il ne monte en fleur.

Cette idée m’a inspiré à essayer de trouver un article intéressant sur le sujet. L’Internet regorge de liste de légumes à repousser soi-disant facilement à la maison. Toutefois, d’expérience, ce n’est pas toujours le cas et ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le dit. Plusieurs articles vantent la plantation du gingembre par exemple, ou du poireau ou encore du fenouil avec lesquels je n’ai jamais eu bien du succès. C’est donc dire que ce n’est pas si facile qu’on le dit.

Par contre, le céleri vaut la peine d’essayer. Voire mon autre billet sur le sujet ici: https://poirespetitsag.wordpress.com/2015/09/20/des-nouvelles-du-verger-2/

J’ai trouvé un article intéressant, inspiré du livre de Bernard Lavallée – que je n’ai pas lu – mais dont la liste de légumes qu’on peut faire pousser à la maison parait plutôt réaliste et que je vous recommande (l’article du moins):

Article du Huffingtonpost: « Faire pousser soi-même des légumes… dans sa cuisine! inspiré du livre de Bernard Lavallée http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/24/legumes-cuisine-jardinage_n_6932710.html

PS: À noter que faire repousser les têtes de légumes racines fonctionne assez facilement. Par contre, le plant qui en résultera essaiera quasiment toujours de « monter en fleur ». C’est bien parfait si on veut en récolter les graines, ou encore si on veut en consommer le feuillage et/ou les fleurs. Il ne faut pas s’attendre à une nouvelle production de ladite racine, voilà tout.

Récolter soi-même ses graines, c’est facile et surtout, gratuit!

La base du jardinage, c’est bien les graines.

Et si c’est quelque chose que la nature produit en abondance, c’est bien ça, les semences. La plupart des plantes en produisent en quantité phénoménale et surtout, celles-ci sont faciles à récupérer. Il suffit de se donner un peu la peine.*

Moi je suis dans la catégorie des gens qui aiment tout faire pousser de zéro. Du coup, je sais que j’aurai toujours besoin de graines pour le printemps suivant et suis toujours à la recherche de graines à ramasser, comme un écureuil qui amasse ses réserves pour plus tard.

Pour la plupart des plantes, il est vraiment, mais vraiment très facile de récupérer des graines, comme c’est le cas pour les tomates. Toutefois, et surtout quand on en plante plusieurs variétés, celles-ci risquent de se polliniser entre elles, soit de se croiser. Peu importe dans mon cas, puisque sur mon balcon, je fais toujours pousser des tomates cerises. Au pire, mes deux variétés préférées seront mélangées, ce qui n’aurait rien de dramatique.

Un exemple d’une récolte de graines de tomates cerises Tiny Tim:

 

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Je récolte toujours des graines de mes tomates chaque année, histoire de garder des graines fraiches qui germeront facilement. Les vieilles graines germent souvent quand même, mais après plus de temps/jours.

Toutefois, même si plusieurs variétés des tomates d’épicerie germent à la maison, j’évite ces inconnues qui sont souvent de type indéterminé et sans aucune résistance aux maladies. Les cultivars du magasin ont été sélectionnés pour leur facilité de culture en serre, souvent presque hydroponiques et ne donnent pas de bon résultat en culture en pleine terre.

Pour une grande majorité de plantes, la récolte des graines est très facile et sans soucis, comme c’est le cas pour l’aneth!

Et dans certain cas, il suffit de partir d’une seule graine afin d’en récolter une quantité phénoménale en retour.

Dans le cas de la plupart des plantes incluant l’aneth, il est préférable d’attendre que les graines soient à maturité, soit lorsqu’elles commencent à noircir ou brunir et qu’elles tombent d’elles-mêmes. Pour les fruits, ceux-ci doivent être très mûrs. Dans le cas de l’aneth pour la consommation, je récolte les hampes lorsqu’elles brunissent, soit avant que les graines ne tombent d’elles-mêmes. Je les laisse un peu plus longtemps si c’est pour resemer.

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Ma récolte d’aneth 2016. Tout ça à partir d’Un seul plant, soit une seule graine!

Dans certains cas, récolter des graines est un peu plus compliqué.

En gros, il faut attendre que le fruit soit le plus mûr possible, afin que la graine soit vraiment prête. Si la graine est recouverte de pulpe, il vaut toujours mieux la nettoyer afin d’en enlever le plus possible à l’aide d’un linge humide. Ceci évitera la formation de pourriture lors de la germination future.

Dans le doute, j’aime bien utiliser un sac. Voici un exemple avec mes choux chinois Choy sum, une variété de chou à feuillage dont la fleur est comestible. Je le cultive à l’intérieur, car le feuillage est très prisé des chenilles et papillons à choux. Les graines de celui-ci sont très faciles à récupérer.

 

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Le chou à feuillage Choy Sum fleurit très rapidement

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Les graines sont presque prêtes lorsque la capsule change de couleur et tourne au brun. Celle-ci va bientôt s’ouvrir pour libérer ses graines

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J’utilise un sac de papier brun, car le papier respire et permet de récupérer les graines lorsque les capsules s’ouvriront. Dans certains cas, les capsules explosent et projettent les graines un peu partout…

Pour vous aider, voici un lien vraiment intéressant à consulter qui explique et donne des trucs sur la production de semence à la maison. J’y ai appris plein de choses utiles, entre autres comment faire pour éviter la pollinisation croisée des courges.

Le lien: https://potagersdantan.wordpress.com/category/production-de-vos-semences/

Bonnes récoltes! 🙂

* Notez que je n’aborderai pas dans ce billet le sujet des multinationales et ou gouvernements qui prétendent s’approprier et édicter les droits/brevets sur les semis de plantes. Ce débat existe et est bel bien d’actualité, toutefois, je me limite à la culture de variétés ancestrales et non OGM.

Comment réussir la production de figue chez soi (culture à l’intérieur)

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Après trois ans d’essais et erreurs, j’ai enfin une dizaine de figues en route sur mes plants. Étant donné que ça m’a pris pas mal de temps avant d’y arriver, je me suis dit que ça pourrait peut-être aider les autres de partager un peu mon expérience sur le sujet afin d’arriver à de bons résultats plus rapidement.

  1. l’emplacement: SOLEIL! SOLEIL! SOLEIL! Les figuiers ont besoin du plein soleil. Si vous n’avez pas de fenêtre au sud ou à l’ouest, laissez tout de suite tomber. Par contre, si c’est le cas, vous pouvez tenter votre chance et vous essayer à faire pousser un figuier à l’intérieur. Car s’il manque de soleil, votre figuier poussera quand même, produira peut-être quelque chose, mais les figues seront fade et sans sucre, donc sans goût. Donc, autre conseil important, ne tournez pas votre plante lorsqu’elle a commencé à préparer des fruits.

    Le figuier cherchera naturellement à pousser vers le soleil.

  2. la variété: Pour réussir vos figues à l’intérieur, il faut d’abord une variété parthénocarpique (qui produit des fruits sans pollinisation), mais aussi préférablement une variété bifère, soit à deux récoltes, donc qui produit au printemps ET à l’automne. C’est pour maximiser vos chances d’obtenir des résultats. Pour ma part, j’ai de très bons résultats avec Brown Turkey et LSU Gold.

    La variété bifère LSU Gold, LSU pour Louisiana University, production de 2015 à la maison!

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  3. La culture/pot: Le figuier n’est pas trop exigeant pour ce qui est du terrain, mais préfère un sol qui se draine bien et dont l’eau ne stagne pas. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’aime pas l’eau! Autre détail important: le figuier aime être à l’étroit. Donc, ne pas l’installer dans un trop grand pot, sinon il ne produira pas. Pour ma part, je préfère un pot de terre cuite qui s’assèche bien et je laisse toujours sécher entre les arrosages. NOTE: Dans un pot trop grand, la plante ne fera que pousser et ne cherchera pas à produire de fruits. J’ai installé mes figuiers dans un grand pot et ils n’ont presque pas produit pendant trois ans, soit tant qu’ils n’ont pas épuisé les réserves de terre du pot.
    BrownTurkey

    La variété Brown Turkey – mes premiers fruits en 2015 (culture en pot). J’ai tourné la plante et les fruits qui n’étaient plus au soleil n’ont jamais réussi à devenir sucrés et étaient fades.

    Le figuier aime être à l’étroit. Le mien est dans un pot de terre cuite, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’arroser souvent, au contraire!

  4. Fertilisation: Je fertilise mes figuiers à l’engrais à tomate en cristaux qui se diluent dans l’eau avec de très bons résultats. Je laisse les plants se reposer l’hiver et fertilise au printemps et en été jusqu’au début de l’hiver.
  5. L’arrosage: Oui, les figuiers sont des plantes très résilientes. Toutefois, si vous voulez une belle production, il faut arroser régulièrement, surtout lorsque les plants ont commencé leur production fruitière. Une sécheresse subite fera avorter les fruits. Généralement, je laisse la surface du sol sécher entre les arrosages, mais un arrosage régulier est primordial.

Traitements et maladies:

Les deux problèmes que j’ai vécu avec les figuiers, ce sont la pourriture/champignons au niveau du sol et les araignées rouges. Voici comment j’ai réussi à surmonter ces problèmes de façon biologique.

  1. La pourriture/moisissure systémique des racines: En hiver, le sol de mon plus gros pot avait tendance à trop garder l’eau, d’autant plus que les plants en dormants buvaient et absorbaient beaucoup moins l’eau. En conséquence, j’ai donc développé un problème de champignon dans le sol, au grand détriment de mes figuiers qui semblaient dépérir. La solution: le thé! Je leur ai fait un arrosage de thé vert/noir asiatique, dilué dans l’eau d’un arrosoir. Ma recette, préparer une théière de thé vert ou noir en feuilles assez concentré qu’on laisse refroidir. Ensuite, on retire les feuilles et on dilue dans un arrosoir. On arrose simplement les plants « malades » avec ce thé tiède, en aillant préférablement laissé sécher le sol au préalable. Une fois le traitement complété, les racines/motte devrait être complètement « arrosé » d’eau au thé.
  2. Les araignées rouges adorent mes figuiers, plus particulièrement la variété LSU Gold qui semble davantage sensible que les autres. Ma recette bio: Du savon insecticide. J’ai découvert que le savon à vaisselle Palmolive aux pommes fonctionne très bien. Quelques gouttes diluées dans un litre d’eau et je pulvérise sur la plante. Attention, il faut vraiment pulvériser PARTOUT et répéter le traitement deux autres fois à une semaine d’intervalle, pour un total de trois. Pourquoi? Parce que la première fois, le savon tue les insectes vivants. Le deuxième traitement tuera la deuxième génération, soit celle qui n’était pas encore éclose. La troisième, c’est pour ceux qui auraient été échappés. Le truc ultime: pulvériser l’hiver. Pourquoi? parce que en hiver, le figuier perd presque toutes ces feuilles. Personnellement, en décembre-janvier, j’enlève tout ce qui peut rester de feuilles sur les figuiers pour « le mettre en hiver de force ». C’est le meilleur moment pour traiter contre les araignées rouges, puisque sans les feuilles, c’est tellement plus facile d’arroser partout! 🙂
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Je ne sais pas pourquoi, mais le Palmolive aux pommes est efficace contre les acariens.

Attention! Ce n’est pas toutes les sortes de savon à vaisselle qui fonctionnent. Certains ne feront que brûler les feuilles sans vous débarrasser des acariens.

Multiplication et greffes: Les figuiers sont hyper facile à bouturer! Donc c’est une super plante pour partager entre amis. Le figuier se greffe aussi très facilement et j’ai eu de très bons résultats de greffe sur figues d’Izmir (mini-figues séchées achetées au magasin dont j’ai fait pousser les graines).

Pour les boutures, un simple bout de branche de 20-30 cm peut être planté dans le sol en ne gardant que 3-5 cm hors de la terre. Si c’est en vert, on enlève toutes les feuilles sous la terre et on n’en conserve qu’une (ou pas du tout). On installe le tout à l’ombre avec un plastique sur le dessus pour ne pas que ça sèche (cloche) pendant au moins un mois. Ça, c’est pour une bouture en vert. Pour le bois en dormance, donc sans feuilles, on peut bouturer sans cloche de la même façon (enterré) et attendre que ça repousse au printemps. J’ai même fait le test de mettre une bouture dans l’eau et ça fonctionne aussi! Dans l’eau, on met en terre aux premiers signes de racines et ne gardant que les derniers cm hors de terre.

Pour les greffes, j’ai testé la greffe en écusson ainsi que la greffe en Z, les deux fonctionnent très bien. Le seul conseil que je donnerais par contre, c’est qu’il ne faut absolument pas laisser repousser le porte greffe tant que le greffon n’est pas bien repris.

En voici un exemple:

Notes

La technique de la greffe en Z:

La greffe une fois reprise. Il s’agit d’un LSU Gold sur un semis de figue d’Izmir. La feuille du bas est celle du porte-greffe.

La greffe quelques mois plus tard. Le point de contact est bien guéri et il reste de la cire sur le PG, qui partira éventuellement.

Taille et entretien: après quelques années, vous devrez raccourcir les branches pour les rajeunir, sinon le figuier a tendance à pousser ‘en orgueil’. Wiki du comment tailler un figuier et voir aussi comment tailler les arbres pour favoriser la fructification des variétés bifères (en anglais), How to prune figs in cool climate: https://www.youtube.com/watch?v=RB0D_tuKgtQ

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Le défaut du figuier, car je me dois de le mentionner, c’est que lorsque la plante est en mode croissance au printemps, le plant dégage une odeur qui ressemble à du « pipi de chat », particulièrement lorsque le soleil plombe sur les nouvelles feuilles. La bonne nouvelle, c’est que l’odeur finit par passer, mais est un peu surprenante quand on ne s’y attend pas.

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Pour choisir ou en savoir plus sur les variétés de figues:

https://www.pommiers.com/figue/figuier.htm

Sites pour acheter des figuiers au Québec/Canada:

Brugmansia-Québec

FloraExotica

Adriano’s World of Fig

PS: Certaines variétés de figuiers résistent à l’hiver en zone 5, mais en étant couché au sol et/ou rentrés à l’intérieur. Mon Black Turkey survit depuis deux ans à Petit-Saguenay. Toutefois, la saison est trop courte pour la récolte d’automne, il faut donc impérativement conserver les branches qu’on couche au sol si on espère une production fruitière. J’en reparlerai dans un autre article quand j’aurai réussi à produire des fruits sur mon terrain.

petit glossaire du semeur, calendrier des semences et compostage domestique

C’est la saison des semences! 🙂 Les journées rallongent et c’est aussi le temps de reprendre la fertilisation de ses plantes d’intérieur qu’on avait laissé en punition tout l’hiver.

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Mes tomates cerises pour le balcon. Je les décolle en février et en général, je récolte dès la St-Jean.

J’ai déjà quelques tomates et poivrons germés – et c’est sans parler de mes semis de poiriers et de pommiers expérimentaux. Bientôt, s’y ajoutera des herbes et aromates pour le balcon et enfin mes greffes de courges, jusqu’à ne plus avoir de fenêtres disponibles. C’est ma petite tradition à moi et ça m’aide à passer les rudes journées froides de l’hiver.

Je me permets ici de partager deux sites d’intérêt.

Le premier, c’est le site du populaire chroniqueur horticole Larry Hodgson, le jardinier paresseux. Son site regorge d’idée, de trucs et de conseils. Et je vous partage ici un de ses derniers articles de saison: le petit glossaire du semeur et calendrier des semences (http://jardinierparesseux.com/2015/04/14/petit-glossaire-du-semeur-neophyte/)

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Quelques uns de mes semis. En avant plan, un semis d’une poire Kieffer.

En second lieu, je vous partage le Calendrier des semences pour la ville de Québec (de Craque-bitume):
http://www.craquebitume.org/agriculture-urbaine/trucs-et-conseils-pratiques/calendrier

CraqueBitume

Le collectif CraqueBitume de Québec. Source: http://www.craquebitume.org

CraqueBitume est un collectif de Québec dont la mission est de « Développer et promouvoir des actions écoresponsables favorisant l’engagement citoyen et l’adoption d’un mode de vie durable. « 

Les trois valeurs qui y sont misent de l’avant:

  • Le respect des êtres vivants et de leur environnement par des rapports harmonieux et la reconnaissance de l’autre;
  • L’autogestion par la recherche du consensus, de la transparence, des rapports égalitaires, de l’écoute et d’un mode de fonctionnement décentralisé;
  • L’innovation par la créativité, l’expérimentation et l’ouverture aux nouvelles idées tout en valorisant les savoirs traditionnels.

C’est d’ailleurs grâce à Craquebitume que je composte à Québec depuis plus de six ans. La Ville n’a toujours pas mis en place de système de compostage municipal et ce, malgré des projets pilotes dont on entend plus du tout parler. Mais bon, pourquoi jeter le blâme sur autrui, alors qu’on peut prendre l’initiative et composter quand même. OK, j’avoue que dans mon cas, c’est pas évident. En condo et sans terrain extérieur, il faut beaucoup de détermination mais c’est faisable.

Le lien à propos du compostage urbain: http://www.craquebitume.org/compostage-urbain

Super document qu’ils ont créé sur les bases du compostage domestique: http://www.craquebitume.org/wp-content/uploads/2013/06/compostagedomestique.pdf

C’est donc une initiative citoyenne que je salue et que je vous invite à découvrir. Et si vous n’habitez pas à Québec et que ce genre de collectif n’existe pas chez vous, pourquoi pas en créer un? 🙂

Bon jardinage!

Les framboises noires de Lévis

Wow! Moi qui pensait que ces fruits n’existaient que dans le sud de l’Ontario, j’ai fait une découverte extraordinaire hier. Il pousse à l’état sauvage des framboises noires en plein cœur du vieux Lévis, tout près de chez moi, de l’autre côté du Fleuve.

Framboises noires de Lévis

Framboises noires trouvées à Lévis

En fait, la découverte revient à mon amie, qui était convaincue d’avoir trouvée des mûres sauvages près de chez elle, sur un terrain municipal appartenant à hydro-Québec. Elle avait remarqué les petits fruits noirs en faisant prendre la marche de son chien.
Étant passé faire un tour hier, je l’ai accompagnée dans sa promenade journalière, curieux de voir les mûres en question, étant donné que j’en ai déjà récupéré ce printemps de St-Tite. Elle m’avait confirmé que cette variété était très épineuse, donc forcément différente de la mienne.
Une fois sur place, j’ai constaté que les petits fruits étaient différents et aussi la plante. D’abord, les feuilles de mûres ont cinq lobes, alors que cette plante n’en avait que trois. Ensuite, les fruits ne goutaient pas la même chose, plus parfumés et sucrés que ceux d’une mûre. Enfin, en les récoltant, le coeur ne reste pas dans le fruit, comme pour une mûre.
Conclusion: c’était une « talle » de framboises noires qu’elle avait découverte. La confusion n’est pas surprenante! Peu de gens savent que les framboises noires existent et en plus, les fruits des framboises noires et des mûres se ressemblent terriblement.

Le quartier du vieux Lévis recèle beaucoup de plantes fruitières ancestrales, cachées dans les cours arrière des maisons centenaires. La plupart de ces arbres fruitiers sont des variétés traditionnelles; hier encore, j’ai vu plusieurs pruniers damas (pruneaux) et mirabelles qui produisent encore généreusement après des décennies. Des pommiers, des poiriers – aux noms oubliés qui produisent tout autant. Mon hypothèse de l’origine des framboises noires, c’est qu’elles ont été plantées. Un amateur habitant dans le coin, les auraient planté chez lui/elle, quelque part entre maintenant et le siècle dernier. Les plants ont survécu tout ce temps et ont même prospéré dans ce sous-bois accueillant.

Alors, Wow! Des framboises noires à Québec! Ça a fait ma fin de semaine.

D’autant plus que vu qu’elles produisent assez tardivement (d’habitude ça produit en juillet), ça veut dire que c’est peut-être une variété de framboisier à production continue ou « remontant » (« everbearing » ou « primocane fruiting » en anglais) – je vous recommande ce texte de Michel Lareau pour en savoir plus à ce sujet: http://www.agrireseau.qc.ca/petitsfruits/documents/Framboisiers%20remontants.pdf

C’est certain que si je repasse dans le coin cet automne (ou au printemps prochain), je m’en récupèrerai quelques plants. Le sous-bois ne devrait pas trop en souffrir. Et d’ici là, j’ai précieusement gardé quelques fruits dont j’ai récolté les graines. J’aurai certainement le plaisir d’en faire pousser au printemps prochain, tout comme je l’ai fait pour les mûroise (hybride mûres x framboises) au printemps 2014.

Je dois bien l’avouer, j’aime toujours ça faire pousser des graines au printemps. Ça m’aide à patienter en attendant le jardinage du printemps et d’été! 🙂

Je termine avec un article/blogue sur la distinction entre les mûres et les framboises noires. Plusieurs ont été écrits sur le sujet, alors je ne réinventerai pas la roue, sauf qu’une distinction importante souvent oubliée, c’est les feuilles.  Dans mon cas, mes plants de mûres ont des feuilles à cinq lobes, alors que mes framboisiers ont invariablement trois lobes seulement.

http://leblogdegrandmerecinderella.blogspot.ca/2009/08/framboises-noires-et-mures-cest-pas.html

et

http://www.wikihow.com/Tell-Raspberries-and-Blackberries-Apart

Des figues Brown Turkey à Petit-Saguenay

De retour de Petit-Saguenay ou nous avons pu déguster une vingtaine de figues bleues mûres juste à point. Canicule aidant, les figues ont décidé de mûrir à grande vitesse. Et… c’était très bon.

Figues Black Turkey récoltées à Petit-Saguenay

Quelques unes de mes figues Black Turkey récoltées à Petit-Saguenay

Vous l’avez deviné, le figuier n’avait pas passé l’hiver là et je ne l’avais pas non plus semé au printemps. C’était un de mes figuiers que j’avais déjà à l’intérieur (en double). J’avais lu quelque part que le Black Turkey et le hardy Chicago étaient zoné 5 et que plusieurs personnes dans le coin de Montréal réussissaient à les faire hiverner en les couchant (déracinant partiellement) ou sinon en les cachant.

Justement, l’hiver dernier, ma soeur Caroline qui habite à Rivière-Baudette près de Montréal, a réussi à faire hiverner son figuier. C’est aussi un Black Turkey et celui-ci a très bien résisté à l’hiver en restant dehors, en zone 5, sans protection. Bien qu’il a fait très froid en dehors de la couverture neigeuse, le sol, lui, n’était pas gelé. Il avait fait chaud en automne jusqu’en novembre et une épaisse couche de neige est tombée sur le sol, isolant tout ce qui s’y trouvait jusqu’au printemps.

Voici une photo de mon figuier une fois transplanté.

Le figuier Black Turkey

Le figuier Black Turkey

Comme vous pouvez le voir, il était déjà chargé de fruit, une trentaine de figues au total. Quand on dit que les figuiers aiment la misère! Celui-là était dans un pot pas très grand et je lui avais enlevé toutes ses feuilles en février pour le traiter au savon d’une infestation aux araignées rouges (traitement réussi, d’ailleurs)

Détail des figues avant qu'elles ne finissent de mûrir

Détail des figues avant qu’elles ne finissent de mûrir

Alors, j’ai toujours l’intention de lui faire passer le test de l’hiver en pleine terre en zone 3b-4a. J’ai prévu lui creuser une tranchée et le coucher dedans. Ensuite, je le recouvrerai de branchages ou de paille. Avec un peu de chance, il repoussera au printemps, même si c’est à partir du sol.

PS: On peut bien rêver! Et sinon, j’ai un plan B; me repartir des boutures cet automne et le remplacer au printemps prochain. 🙂

*

« la culture du figuier à Argenteuil »

Pour pouvoir les protéger facilement contre le froid, on cultivait les figuiers dans de larges tranchées peu profondes. Les arbres étaient plantés obliquement sur un des talus, et taillés de manière à former une touffe de branches souples. Aux premiers froids, on effeuillait les dernières feuilles, puis on couchait les arbres en les attachant au fond de la tranchée, et on les recouvrait de paille sèche et d’une couche de feuilles à décomposition lente (platane). Au printemps, on découvrait les arbres, par temps gris pour leur éviter les brûlures. »

source: La figue, du nord au sud: http://www.agencedesarbres.org/dossiers/la_figue.htm

La pomate – jardinage urbain

La lecture d’un article de la société d’horticulture de Bas-Léon, en Bretagne,sur la pomate, m’avait inspiré cet hiver. La pomate, c’est une tomate greffée sur une patate. Étant tous deux de la même famille (les solanacées), la tomate et la patate sont compatibles et peuvent pousser ensemble, sur un même plant.

L’article en question: http://hortimail.over-blog.com/article-pomate-pommes-de-terre-et-tomates-sur-une-meme-plante-106015480.html

Ce qui est bien avec cette combinaison, c’est que ça permet à ceux qui n’ont pas beaucoup d’espace de combiner la culture des tomates-cerises avec un plant de pommes de terre. Je sais, ce n’est pas « rentable » au niveau monétaire, les patates, me direz-vous, ça coute rien. Mais bon, tant qu’à faire pousser des tomates, pourquoi pas en profiter pour AUSSI faire pousser des patates dans le même bac/pot? 🙂 On joint l’utile à l’agréable, rien de meilleur que des bonnes patates fraîches.

Et surtout, je suis un homme de défi. J’avais bien envie de voir si j’y arriverais moi aussi, à greffer une tomate sur un plant de patate.
Alors, ça y est, j’ai suivi les instructions et je me suis lancé.

 

Les pré-requis - un plant de tomate pour les boutures et des patates germées

Les pré-requis – un plant de tomate pour les boutures et des patates germées

Patates germées

Les patates germées, avant greffage et transplantation

boutures de tomates

Mes boutures de tomates, des Whipper Snapper, des tomates cerises hâtives

les pomates

Les tomates, greffées sur leurs hôtesses patates

la pomate rempotée

La pomate rempotée – surtout on n’enterre pas le point de greffe tout de suite

C’est dans deux semaines que je verrai si mes greffes ont repris. D’ici là, je les garde à l’ombre, avec un taux d’humidité élevé.

Instructions:

  • On laisse pousser des patates en leur gardant un seul germe.
  • On greffe ensuite à l’anglaise des « gourmands » de tomates cerises d’environ une dizaine de centimètres. On attache avec une pince ou du ruban adhésif qui s’enlève facilement (sinon du buddy-tape, comme je l’ai fait).
  • Sans enterrer le point de greffe, on laisse guérir pendant environ deux semaines, à l’ombre voire même dans un milieu assez humide pour ne pas que les greffons ne se dessèchent. Moi je leur mets un sac de plastique avec des petits trous pour que ça respire.
  • Quand on voit qu’un cal s’est formé, on enterre le point de greffe et on laisse la tomate se faire ses propres racines, puisque les patates seront prêtes avant les tomates. Dans les champs de patates, les plants (verdure) se flétrissement assez rapidement et on veut que la tomate puisse continuer de pousser et produire d’elle-même vers la fin de l’été.
  • Dernier point, il est recommandé d’utiliser des tomates cerises, pour se rapprocher le plus possible des fruits naturels que produisent parfois les patates. Car oui, des pommes de terre, ça fleurit et ça produit occasionnellement des fruits.

Bon jardinage! Je mettrai des photos plus tard des résultats.