Devinez ce que je fais ce matin!

Je vous laisse juger de vous-même.

Bon dimanche gris!

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Le gout mitigé des Golden Spice

Ça y est! J’ai enfin pu gouter aux poires Golden Spice. Les critiques que j’avais trouvées les décrivant étaient souvent mitigées; on les disait des poires à cuisson, tout juste bonnes pour le jus en poiré et parfois, carrément immangeable. Mais d’autres clamaient pouvoir les manger fraiches, j’avais donc hâte de pouvoir m’en faire une idée par moi-même.

Mon père possède un poirier Golden Spice depuis plusieurs années. Malheureusement, l’arbre est le seul poirier du coin et n’a jamais produit beaucoup, mis à part une année ou mon père lui avait acheté un Beauté Flamande (qui a servi à polliniser, mais n’a pas survécu à l’hiver suivant) et une deuxième ou j’avais servi de bourdon lorsque le John de l’autre côté de la rue avait fleuri il y a deux ans de cela.

À l’époque, l’arbre avait produit, mais mes parents n’avaient pas du tout aimé le goût du fruit. C’était avant que je m’intéresse aux poires et je n’avais pas eu la chance d’y gouter.

Il y a environ trois ans, l’hiver très froid avait presque eu raison de l’arbre, si bien que je le croyais en sursis et m’attendais à une mort imminente à tout instant. Revirement inattendu, l’arbre survit et semble même reprendre de la vigueur!

Lors de sa dernière production, les quelques fruits produits avaient été cueillis trop tôt et ils avaient été immangeables. J’avais lu dans un article de quelqu’un qui possède un arbre à Petite-Rivière-Saint-François (au sud de mon terrain, près de Québec) que la récolte dans son coin se faisait mi-septembre. Erreur. À Petit-Saguenay, les fruits ne sont prêts qu’à la fin-septembre, début octobre. J’ai donc un gros deux semaines d’écart, et ce même si je ne suis pas si loin en termes de distance. Dans son cas, la proximité d’une masse d’eau (soit le fleuve Saint-Laurent) change tout, moi je suis dans les montagnes et il y fait beaucoup plus froid l’hiver, parfois au-delà de -40’C.

Le bon vieux Golden Spice ne veut pas mourir et s’accroche à la vie. Il est le seul à avoir fleuri cette année, les boutons floraux des autres poiriers ont gelé, mais pas ceux du Golden Spice.

Donc enfin, cette année, grâce à mon pollen congelé (voir article précédent ICI), j’ai pu récolter sept fruits et surtout, enfin y gouter et me faire une tête sur ces fameuses Golden Spice!

Les poires sont plutôt petites, tout juste 6 cm, mais très jolies, elles tournent au jaune lorsqu’elles mûrissent et ont souvent des joues roses lorsqu’exposées au soleil. Le goût: un beau parfum épicé, d’arôme de miel avec un bon 14 brix (deux lectures à l’appui).

Toutefois, les poires sont acidulées et ont même un côté astringent tout de même tolérable. Par contre, je comprends que ce n’est pas le genre de goût qui plait à tous. Il faut aimer le « surette », car pour ma part, ça me rappelle le goût des pommettes, mais avec un petit côté « foxy » intéressant. Je comprends maintenant pourquoi Claude Jolicoeur les suggère comme ajout intéressant à des mélanges de jus pour un poiré.

Et mes mesures sont comparables aux siennes. Dans son livre Du pommier au cidre, il y décrit la Golden Spice comme ayant une densité spécifique entre (1,056 et 1,066). Avec ma mesure de 14 brix, ça me donne 1,058 comme lecture, soit dans la moyenne.

En passant, je vous suggère ce site comme outil de conversion: https://biere.jg-laurent.com/aide/brix-sg.php

 

Qu’est-ce qu’un brix et un réfractomètre?

Quand on lit des textes sur les fruits, on constate que ceux-ci se voient souvent attribués une valeur de Brix, sans qu’on sache ce que c’est, ou ce que ça représente.

Tout d’abord, on parle en fait de l’Échelle de Brix, et celle-ci sert en fait à mesurer le taux de saccharose (sucre) dans un liquide. Et plus le °Brix est élevé, plus l’échantillon est sucré.

Alors, c’est quoi un réfractomètre et quelle est son utilité?

Un réfractomètre, c’est simplement un tube avec des lentilles qui permettent de mesurer l’indice de réfraction d’un milieu, soit d’ainsi extrapoler la densité d’un liquide (par exemple du jus) et par le fait même, son taux de sucre.

Je vous présente mon nouveau réfractomètre RHB-32ATC

Son fonctionnement est très simple, on dépose quelques gouttes de liquide (jus de fruit en l’occurence) sur la surface bleue de la lentille, soit sur l’extrémité en angle et on referme le clapet transparent sur cette goutte. Le couvercle/plastique crée ainsi une pression sur le liquide. Voir le schéma ici:

C’est super utile quand on veut savoir par exemple si un fruit est bien mûr ou pour la préparation d’un jus ou de moult à fermenter et ainsi, pouvoir extrapoler approximativement quel sera notre taux d’alcool. C’est tout aussi pratique si on désire se garder des statistiques ou son information personnelle.

Et en passant, c’est léger, facile à transporter et ça ne prend pas de batterie.

Chez les fruits, on peut s’attendre à ce type de valeur selon les familles de fruits:

Oranges, poires, fraises, pêches, cantaloup

5 – 15%

Pommes, melons, jus de fruit, vin de raisins

10 – 20%

Raisins

10 – 30%

Par exemple: une pomme dont le taux de sucre est inférieur à 12 Brix est considérée comme une pomme « surette », ce sont souvent des pommes de début d’été tel que les Jaunes transparentes ou Lodi. Normal, ces pommes hâtives n’ont pas le temps d’accumuler de sucre dans le fruit très longtemps.

Vous irez consulter le document suivant qui a justement le degré de Brix de pommes Melba et de pommes jaunes et leurs donnent un taux de 11, donc peu sucrées. Voir le tableau en page 3, mais lors d’autres lectures, la McIntosh n’obtenait pas mieux avec un 11,1 seulement. Voir https://www.cetab.org/system/files/publications/cetab_2013._profil_varietes_ancestrales_pommiers_centre-du-quebec.pdf

Est-ce que ça voudrait dire qu’une bonne pomme contient préférablement un haut taux de sucre, 20 Brix serait excellent par exemple?

Ce n’est pas si simple. C’est qu’un fruit, ça ne contient pas que du sucre. Il faut aussi considérer le taux d’acidité ainsi que l’amertume et le tannin (pensez cerise à grappe ou les spitter en anglais), sans oublier l’umami. C’est donc un ensemble de toutes ces valeurs qu’il faut considérer afin de déterminer si un fruit est bon ou pas. Un fruit qui est très sucré, mais sans acidité et amertume, est, selon moi, inintéressant (un bon exemple, c’est une pomme de variété Délicieuse).

 

Pour plus de détail sur les réfractomètres: https://www.mesurez.com/refractometre-principe-mode-emploi.html

Bonne récoltes et bonne mesures!

Poire Ure, Pomme William’s pride et Ours

Pas facile de cultiver en forêt nordique!

Ma mère a toujours dit: « récolter des fruits par ici, ça tient du miracle. Quand on réussit à faire survivre un arbre au froid, à la sécheresse et aux maladies, après, faut encore qu’il résiste aux insectes, rongeurs et animaux plus gros. Quand c’est pas rendu qu’à la récolte, on se fait voler nos fruits par les porcs-épics, oiseaux,, écureuils ou encore… les ours. »
C’est plein de sagesse, parce que c’est vrai. La fin de semaine dernière, j’était même à mon terrain, sur place. Je venais tout juste de cueillir ma première William’s pride, qui était enfin prête. On la disait partout une pomme d’été, prête en août. Et bien à Petit-Saguenay, c’est à la mi-septembre, soit effectivement deux semaines après la saison des Norland.
En plus j’avais bien protégé mes pommes contre les oiseaux ou chevreuils avec un filet, ce qui fonctionne très bien.

J’ai donc cueilli une première pomme que j’ai amené chez mes parents qui habitent en face afin de la déguster au souper. Miam et quelle couleur! J’imagine que le fait de l’avoir greffé sur un pommetier pourpre a intensifié les teintes rouges à l’intérieur. Sinon, un bon goût sucré, tannin et un peu acidulé vraiment chouette. Miam! J’avais hâte de cueillir les autres pommes.

William’s pride (la fierté de William) – un pomme hâtive, mi-septembre au Saguenay, dont la peau est d’une belle couleur rouge-pourpre foncé et dont la chair se teinte également de rouge à l’intérieur. On voit, par la coloration des pépins, que la pomme est bien mûre.

Par contre, on était en plein souper quand ma mère (ou mon père) ont remarqué qu’un gros ours rodait près du poulailler. Le simple fait de sortir sur la galerie l’a fait fuir et quelqu’un l’a même poursuivi jusqu’à l’orée de la forêt, piqures de guêpe en bonus.

J’ai quand même pris le temps de finir mon souper, en me disant qu’il valait mieux récolter mes pommes, avant que l’ours ne revienne.

Au retour au chalet, un autre ours, plus petit, était en train d’émonder gaiement le pommetier en cassant les branches du haut pour manger les pommettes au sol. Vite! On le chasse, lui aussi, avant de se rendre compte qu’il avait déjà plumé mes précieuses greffes et donc toutes les grosses pommes sur autre pommetier. Même les Honeycrisp y sont passées, malgré qu’elles n’étaient pas encore mûres, mais pas du tout. Ça ne devait pas gouter très bon, mais apparemment, l’ours, il est pas difficile.

NOTE: En passant, le William’s pride est limite rustique, j’ai réussis à le faire fructifier, mais greffé en tête d’arbre seulement.

Au moins, jaurai pas tout perdu. Ma consolation, c’est que j’en aurai goûté au moins une et qu’il n’est pas parti avec la branche greffée.

Sauf que ça remet en perspective.

J’ai lu quelque part qu’un fil électrique, comme pour les vaches, ça fonctionne bien.

En tout cas, c’est pas simple de produire des fruits dans le bois.

Sinon, sur une note plus joyeuse, j’ai enfin trouvé des poires Ure au marché public de Québec! C’est la ferme François Bélanger, de l’Ange-Gardien (coin de la côte de Beaupré) qui les produit. J’étais super content. Enfin! Depuis le temps que j’en cherchais.

Les poires Ure, de petits fruits, sucrés et un peu acide, avec presqu’un goût de miel! La pelure est un peu dure, mais c’est tant mieux pour le transport de toute façon. Très peu de cellules pierreuses en plus.

Du bonbon!

Les fruits sont petits, mais on leur pardonne tellement ils sont bons. Miam! Que du bon, pas de cellule pierreuses, une bonne balance de sucré/amer, pas âpre du tout. J’adore! Ça me donne encore plus hâte que mon arbre produise. Peut-être l’an prochain?

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Ure – Du bonbon! 17 brix au réfractomètre, une bonne balance de sucré et acide, pas ou peu d’arrière goût âpre. Ferait probablement un très bon poiré, j’ai hâte d’essayer ça… un de ces jours.

Et sinon, j’ai récolté mes kiwis. J’ai finalement la preuve que le kiwi Kolomikta est cultivable au Saguenay. C’est surtout, donc, une question de taille et de les protéger avec la neige. J’avais récolté une poignée de fruits début septembre et après quelques jours, ceux-ci s’étaient attendris, donc ils étaient prêt à manger. Rendu à la mi-septembre, certains fruits étaient déjà trop mûrs. J’ai donc tout récolté et mis au frigo. On les sort à mesure qu’on veut les manger en les laissant température pièce. Ils sont prêt quand ils ont ramolli.

Mes kiwis kolomikta tardifs. La taille a bien fonctionné, j’ai enfin une récolte.

Peut-être pas faramineux, mais pour quatre buisson, c’est pas si mal. J’en aurais eu davantage si je n’avais pas fait de l’échantillonnage depuis le début août. Et… ça goûte pareil à des kiwi du magasin.

Autre coup de cœur cette année, les achochas. Comme on dit, ça produit tempête! J’ai vécu la même situation que la blogueuse que j’avais lu l’hiver dernier. Été sec, concombres qui n’ont rien produit alors que mes deux plants d’achochas ont produit une quantité impressionnante de petits concombres.

Seul défaut, ce n’est pas juteux. Ça goûte un mélange de concombre et de courge chlorophyllée, mais sans jus au centre. Donc, ça se mange frais, ou sinon on le fait cuire en sauté et c’est pas mal. Même vapeur.

Au final, de belles récoltes, je garde le moral et maintenant, c’est l’heure de la popote et de la préparation des pommettes et autres légumes surabondants. J’ai bien hâte de faire mon vin, cette année, ce sera cerise à grappe et aronia, ainsi qu’une autre recette probablement au cassis. À suivre!

Je termine avec une photo de mes coings japonais. J’en aurai encore une production monstre cette année, plus encore que l’an dernier. Gelée et autres recettes à venir. J’attends qu’ils gèlent avant de les récolter pour un maximum de saveur. Des intéressés?

Bonnes récoltes, bon équinoxe et bonne popote! 🙂

Atelier de greffage pour débutant à la fête des semences de Québec – dimanche le 5 mars 2017

Tout frais, tout chaud! Ça y est, la date et l’heure sont sortis.

Ma conférence sur le greffage pour débutant sera le dimanche 5 mars 12:30 à la Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec. Rendez-vous à la salle « Espace Jardin« , à l’Université Laval.

Le lien: Fête-des-semences-de-quebec-2017

C’est gratuit, venez en grand nombre! Pour plus d’info, voir: www.facebook.com/ events/465205413867067

ou http://fete.agricultureurbaine.net/conferences/espace-jardin/

Et d’ici là, voici quelques photos de mes plantations d’hiver.

Mon figuier LSU Gold (greffé sur semis de figue de Turquie) est en pleine forme!

Tellement, que suite à une taille d’automne un peu drastique, il a repoussé et a produit une fructification d’hiver. J’avais une belle figue de prête ce matin. Encore plusieurs à venir. Miam!

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LSU Gold, un bon achat pour moi, il produit bien à l’intérieur; de belles grosses figues sucrées au bon goût de miel.

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Aussi, c’était ma semaine d’embouteillage de ma dernière recette de vin de la saison, mais aussi ma première recette de vin de framboise-cassis. C’est une bonne façon de recycler un surplus de production. La recette: moitié-moitié framboise-cassis, avec un peu de raisin secs ajoutés, tout juste pour aider le moult. Ma production n’aura donné qu’une demi-recette (environ 10 litres). Alors j’ai acheté de jolies petites bouteilles, des fillettes de 375ml. Comme ça, je pourrai étirer un peu la dégustation (sinon ça part trop vite). Rendez-vous en décembre pour déguster le tout, le temps de laisser vieillir.

Jolie couleur, non?

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Et je termine avec mon amaryllis qui se préparer à refleurir. Je suis d’accord, c’est peut-être purement esthétique comme plante, mais de jolies fleurs en hiver, c’est bon pour le moral!

Ce sera sa deuxième année et floraison. J’avais prévu le composter après que les fleurs se soient fanées l’an dernier, mais quelqu’un m’a convaincu de lui donner une chance. Finalement, ça en valait la peine.

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Bon jardinage!

Le circuit du Paysan – visite de vergers partie 2 – les poires

Lors de la ma visite de la région du Suroit, j’ai aussi eu le très grand plaisir de visiter la Cidrerie Entre Pierre et Terre.

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La cidrerie entre Pierre et Terre à Franklin, en Montérégie

Je m’y suis entretenu longuement avec Loïc Chanut, le propriétaire, tout en visitant les installations et le verger.  C’était vraiment chouette d’échanger avec un autre passionné de la culture et de la vinification des poires, mais aussi de l’expérimentation au niveau de la vinification de vins de petits-fruits.

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moi et Loïc Chanut, d’Entre Pierre et Terre

J’en ai aussi profité pour goûter à un peu tout, j’avais bien sûr, très hâte de voir ce qu’il avait accompli avec les poires. J’ai donc goûté et même acheté de son poiré de Glace, ainsi que son Poiré mousseux, les deux étant des valeurs sûres. Je me suis aussi laissé tenter par le mousseux de Cidre à la canneberges, un pure délice, ainsi que par le Cidre de glace. Et ce n’est que sur le chemin du retour que je me suis rappelé que je voulais aussi attraper une bouteille de son vin/liqueur de griotte qui était vraiment chouette. Le fait d’avoir concassé les noyaux change totalement le goût et le rend vraiment parfumé et beaucoup plus intéressant. Je dis ça, puisque je fais moi-même du vin de cerises à grappe (prunus virginiana) depuis des années, mais sans jamais en briser les noyaux. Ça rappelle un goût d’amaretto ou d’amandes. Miam!

Mais sinon, disons que ce n’était pas les choix qui manquaient. Une visite vraiment stimulante et certainement d’autres échanges à venir pour ce qui est de la culture des poires.

J’ai été aussi très impressionné par les plantations du nouveau verger. Je dis nouveau, car la plupart des plantations de poiriers ne dataient que de quelques années, tout au plus. Une impressionnante installation de poteaux et de fils de fer pour la culture en espalier. Beaucoup de travail de taille en perspective afin d’essayer de maintenir les poiriers en ligne!

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Sur place, j’ai aussi récupéré une poire inconnu dont Loïc avait quelques caisses. La poire en question avait une vague ressemblance à une poire asiatique (plutôt picotée) avec une forme semblable à celle des poires Ya ou encore des Poires fragrantes. Elle était décrite comme une poire qui ne mûrit pas, donc qui restait croquante et dont le goût n’était pas très bon. Ma curiosité était piquée. J’avais tôt fait d’en récupérer une afin de l’identifier.

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De retour à la maison, j’avais tôt fait de la couper en deux et de la goûter.

Et déjà, de par la texture, je pouvais confirmer que c’était très probablement une poire Kieffer. Très près de la poire asiatique, un goût mangeable, mais pas très sucrée, qui goûtait peut-être un peu « fort », pas si éloigné de ce que peut goûter une John ou une Golden Spice, donc avec de l’astringence et avec de l’acidité présente. Au final, pas désagréable, mais pas enlevant. Enfin dernier point, les graines sont immenses! Donc, encore là, un indice de sa parenté avec les poires asiatiques.

Je n’ai donc pas pu résister et j’ai récupéré les graines. Peut-être les ferai-je pousser quelque part sur mon terrain, es espérant que l’un des cinq graines soit peut-être plus résistante que son parent (j’ai déjà essayé de faire pousser la Kieffer sur mon terrain en surgreffage sur mon Ure et malgré le porte-greffe résistant, la branche était morte gelée et n’a pas survécu à un hiver à -40’C).

Au final, une belle visite donc. Une visite riche en rencontres et stimulante au niveau connaissances et échanges. Une visite qui donne envie de continuer mes cultures et expériences. Une visite qui donne déjà hâte au printemps…

Le circuit du Paysan – visite de vergers et réflexions sur la culture commerciale

Il y a deux semaines déjà, je profitais de notre automne doux pour aller visiter un ami virtuel comme j’aime les appeler, soit un connaissance faite via les forums de discussions et les blogues. Cet ami est nul autre que Loïc Chanut, le propriétaire de la Cidrerie Entre Pierre et Terre. Tant qu’à me rendre à plusieurs heures de route de chez moi, nous en avons profiter pour louer une chambre dans un bed and breakfast (café couette), au gite au Petit Ruisseau, du verger du même nom, situé à quelques kilomètres. Il n’en fallait pas plus pour découvrir une région insoupçonnée puisque nous nous trouvions directement sur le Circuit du Paysan (dont j’ignorais tout avant d’y aller).

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Le gite Au petit ruisseau, tenu parles sympathiques Johanne et Richard.

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Pour un début novembre, la température était splendide.

Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir un coin de pays à tout juste une heure de Montréal regorgeant de vergers! Wow! Un trésor caché inconnu jusqu’alors que je découvrais avec grand plaisir. Un verger, puis un autre, puis encore.

Ce fut donc une fin de semaine entière passée à visiter les quelques vergers encore ouverts et surtout, à profiter de la saison tardive pour discuter avec les propriétaires et viticulteurs sur place. Une fin de semaine riche en échanges et en connaissance. J’ai pu échanger sur des sujets qui me tiennent à cœur tel que la permaculture, l’application et al gestion de pesticides, mais aussi de lutte intégrée.

Des belles discussions qui confirment mes craintes. Plus l’entreprise est grande, plus la gestion est « chimique » et préventives donc plus on épand avec ou sans symptômes. Si une bibitte ou maladie est détectée dans le coin, on vaporise. Aucune chance à prendre sur une culture de 10 000 arbres, voire plus.

Même pour ce qui est des petits vergers (je parle de 400-600 arbres), râres sont ceux qui utilisent les méthodes de lutte intégrée. On épand systématiquement. Les cultivars cultivés sont presque tous les mêmes et dictés par le marché. J’avoue avoir été un peu déçu à ce sujet. Mais ce qui dicte ce qu’on plante, c’est le consommateur et pour boire il faut vendre.

Un autre point intéressant discuté, est que la plupart des gens qui exploitent de petits vergers en vivent tout juste, à moins de bénéficier de revenus d’appoint, comme un revenu de retraite. Presque tous les vergers visités avaient un kiosque ou ils vendaient des produits transformés de la pomme: compote, gelée, jus, vinaigre, cidre, pour faire un peu plus. Et plusieurs exploitaient également une portion de terrain avec des érables afin aussi d’en vendre aussi les produits transformés (sirop, sucre, beurre d’érable). De plus, la plupart offraient des service d’auto-cueillette, d’activités de groupes et autres.

Le constat: un verger, c’est beaucoup de travail et peu/pas payant.

Donc, ça fait du bien une douche froide de réalité. L’agriculture, c’est beaucoup de labeur, gérer beaucoup d’inconnus (la température, les ravageurs, récolte jamais certaine). Et qu’il ne faut pas trop en dépendre pour vivre.

Malgré tout ça, j’ai adoré ma visite.

J’ai adoré puisque j’ai aussi fait une visite et rencontre intéressante en ce qui a trait au raisins et vins. Nous sommes allés visiter le vignoble le Chat botté, et avons discuté un bon moment de cépages et de vigne avec Normand Guénette, le propriétaire. Des belles discussions s’en sont suivies, d’échanges inspirants qui m’ont presque donné envie de me lancer dans mon propre projet de vignoble tant Normand est passionné. J’ai adoré leur vin rouge, particulièrement la cuvée 2014 en vente à la SAQ. Je vous le recommande chaudement. Un assemblage de Frontenac noir, de Marquette, de Sabrevois et de Radisson vieilli en fut de chêne.

C’était d’autant plus inspirant que je fais déjà pousser du Marquette et Sabrevois, donc deux cépages prometteurs qui pourraient éventuellement être mélangé à du vitis riparia rustique ou à un autre cépage… À suivre!

Pour en savoir plus sur l’histoire du vignoble et leur parcours: http://www.vignoblelechatbotte.ca/la-petite-histoire-du-chat-botte-le-vignoble.html

La référence en cépage à vin rustiques au Québec: Alain Breault et Mariette: http://www.viticultuream.ca/

La suite de ma visite à venir bientôt…

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